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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 23:00


lIl y avait jadis un musée du vieux montmartre, kitch et poussiéreux, avec décors en carton et mannequins de cire... Il a cédé la place à quelques créatures étranges imaginées par Dali qui fut un peu montmartrois puisqu'il habita quelque temps rue Becquerel dans l'appartement qu'Eluard avait déniché pour Gala. Dali en bon prédateur s'empara aussi de la femme...



Il faut croire que son érection permanente n'était pas qu'intellectuelle!

 

      Dans un espace sombre les bronzes sont disposés un peu n'importe comment. Il est vrai que l'espace réduit empêche une vraie mise en valeur. Lorsqu'on veut prendre un peu de recul pour apprécier une oeuvre, on se heurte inévitablement à une autre... Ici Saint-Georges se défend en terrassant de sa lance le dragon. Groupe assez classique, peut-être un des plus beaux parce que le moins chargé de théories. Ou alors, vieille métaphore du combat du bien et du mal... 



      La femme en feu se consume avec tous ses tiroirs entrouverts. La fameuse béquille l'empêche de se renverser. La mémoire, l'inconscient, tous ces tiroirs que nous n'ouvrons que la nuit, lorsque l'obscurité nous protège des découvertes trop cruelles et lorsque les flammes sont femmes...



L'escargot en pleine vitesse, ailes déployées, porte l'ange en équilibre, béquille brandie... Fascinant animal, dur à l'extérieur et mou à l'intérieur. Créature privilégiée puisque mâle et femelle à la fois. Plus de problème d'identité sexuelle! L'ange le choisit comme véhicule, comme s'il était un dieu indien qui avait besoin d'un animal pour voyager sur terre. Et cette béquille que l'artiste ne quittait jamais... elle est tenue par le messager du ciel, elle est la réalité, le vecteur entre deux mondes.




Le rhinocéros monté sur des pattes fragiles articulées par plusieurs rotules. Lui aussi porte une carapace qui ne le protège pas des braconniers et ne lui évitera pas une disparition programmée. Il porte sur le dos une pyramide d'oursins, carapace à l'extérieur et chair tendre et fragile au-dedans. L'oursin n'était pas qu'un symbole pour Dali qui en dévorait une bonne douzaine par repas! Nicole va être jalouse!



L'éléphant porteur de pyramide. Ses pattes sont frêles et menacées comme celles du rhinocéros. Si vous lisez toute l'explication qui accompagne la sculpture, vous risquez d'être perdu. On vous parlera de la tentation de Saint-Antoine, de la pyramide qui est le pouvoir (Pharaon) et la maîtrise et patati et patata... Arrête ton char Dali, il risque d'être englouti avec celui de Pharaon dans la Mer Rouge.



Notre amie Alice de Lewis, saute à la corde, les mains et le visage métamorphosés en fleurs. Elle a les seins de Lolita et la coiffure de Marie-Antoinette. A ses côtés, prête à lui servir d'appui, une béquille fichée en terre.



      Terpsichore, muse de la danse est à la fois mâle et femelle. La femelle, sensuelle et brillante, le mâle maladroit et en formation. Il prend forme et vie en essayant d'imiter la belle. C'est le mythe de la création, mais cette fois, c'est l'homme qui naît de la femme. Ce qui est bien plus vraisemblable et bien plus réconfortant!



Attention symboles à gogo : la femme coupée, l'oeuf devant le sexe, la montre molle sur le cou, les fourmis dévoreuses... Amusez-vous avec tout ça, ou plus simplement, lorsque le gardien détourne les yeux, caressez l'oeuf, caressez les seins. Frissons garantis!



Dans une vitrine, cette femme au collier de maïs, coiffée d'une baguette couronnée par un encrier figurant le fameux Angelus. Labeur des paysans pour gagner leur pain; labeur de l'écrivain ou de l'artiste. Indifférence de la belle qui semble participer au carnaval de Venise. Le pain est paraît-il chez Dali un symbole phallique.
Mais enfin, ce n'est pas en cet endroit, madame que le pain doit être placé!

l

L'esclave Michelin... Dali a représenté avec quelques années d'avance la dure condition des ouvriers exploités et jetés. Il suffit de remplacer Michelin par Continental pour être dans l'actualité.



La belle Amanda Lear qui était déjà jeune et portait comme Sainte-Lucie ses yeux (ses oeufs) sur un plat.



Et pour terminer la visite, cette crucifixion. Saint-Jean le bien-aimé devant la souffrance jaillissante, devant la nuit qui encre le jour chaque fois que meurt un homme.

Nous avons quitté les salles sombres pour déboucher rue Poulbot.  Un pigeon sortait d'une poubelle; un chat dormait entre deux géraniums; un enfant s'envolait dans le ciel...Sans béquille, le réel et le surréel se promenaient sur la butte...

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commentaires

loubier 06/05/2009 20:18

D'accord avec vos restrictions sur le côté bazar et toc de Dali. Il est cependant presque génial, de temps en temps. Le Saint-Georges est vraiment impressionnant.

Castelego 02/05/2009 00:00

Il serait peut-être bon que vous revisitiez vos connaissances en poésie !
ainsi, d'ailleurs, qu'un dictionnaire tout bêtement

Frederique 01/05/2009 12:08

Lyrisme, lyrisme... pour moi tes commentaires sont plutôt fulgurants que lyriques, adjectif qui comporte une ambiguïté pouvant vite virer au négatif... tandis que fulgurant...
Et puis pourquoi de bon aloi? A quelle aune est-il jugé, ce lyrisme?
Quand je pense que c'est moi qui t'ai donné l'idée d'aller voir ce musée, je n'ai vraiment pas à le regretter quand je vois la richesse de ce que tu en as transmis ici.

Castelego 01/05/2009 04:28

vous faîtes des progrès, mon cher Chritian ! Bravo pour ce lyrisme de bon aloi.

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