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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

montmartre. rues et places.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.



 Les premiers escaliers attendent les touristes qui montent la rue de Steinkerque, à la sortie du métro Anvers. Sur les marches, vous aurez du mal à échapper aux "tresseurs" qui saisiront votre bras pour y confectionner en quelques minutes un bracelet de brins de laines multicolores. Les tresseurs sont des immigrés africains qui essayent de survivre ainsi...
Il y a quelques jours, une surprise! Le square avait pris des airs d'occupation. Le manège et le jardin étaient de nouveau interdits aux Juifs... Heureusement le cauchemar n'était que cinématographique!

 



Pour échapper à la montée fastidieuse par le jardin, le visiteur se dirige vers le funiculaire. Si ce dernier est en panne, selon sa vieille habitude, il se trouve devant la rue Foyatier et ses deux cents marches...

 



La rue porte le nom d'un sculpteur du XIXème siècle aujourd'hui oublié. Pour éviter l'interminable ascension, vous pouvez emprunter, à gauche l'escalier de la rue Barsacq (modeste) et déboucher sur celui de la rue  Chappe.

 


La rue s'appelait rue du télégraphe avant d'élire son inventeur. Chappe, en effet conçut un système étonnant de communications par sémaphore aérien à l'aide de bras mobiles montés sur des tours. Plus de 500 tours (dites Chappe) permettaient vers 1840 de relier entre elles sur plus de 5000 km les principales villes françaises. Le clocher de l'église Saint-Pierre, à quelques pas de là, fut une de ces tours...






Parallèle à la rue Chappe, la rue Drevet. Ce Drevet est un graveur, à cheval sur le XVIIème et le XVIIIème siècles. A l'origine, l'escalier avait le nom de la rue dont il est l'affluent : Les trois frères. Ne cherchez pas dans les contes de fées ou les romans de cape et d'épée... Les trois frères sont les sieurs Dufour, anciens propriétaires du secteur!



Rue Gabrielle (Hélas ce n'est pas la Belle Gabrielle mais la femme d'un...PROPRIETAIRE!!!) vous voyez l'escalier du Calvaire, qui vous conduit sur la place du...Calvaire, le musée Dali, la place du Tertre. Le jardin sur la gauche est celui de la maison de Neumont  la plus haute de Paris et qui mérite un article complet tant elle est étonnante.


 

Le peintre y avait son atelier sous le toit en terrasse. Il y vécut plus de soixante ans et c'es là qu'il mourut en 1930. Un de ses amis, peintre lui aussi, Louis Icart, y vécut jusqu'en 1950. Une plaque près de la porte d'entrée rappelle au passant le nom oublié de ces artistes amoureux de Montmartre.
Dans la rue Gabrielle, les petits immeubles plâtreux ont souvent abrité poètes et peintres. Et non des moindres! Max Jacob au 17, Picasso au 49...



Un peu plus loin, donnant sur la rue Lepic, l'escalier de la rue de la Mire. Une ruelle plutôt de 46 mètres de long qui rappelle la présence dans le parc du Moulin de la Galette de la mire du nord érigée en 1736 et qui marquait le méridien de Paris, appelé aussi méridienne de France (de Dunkerque à Perpignan). Les Anglais obtinrent grâce à leur clientélisme habituel qu'il fût abandonné, à la fin du XIXème, au profit de celui de Greenwich. Le méridien de Paris garde une grande importance historique puisqu'il servit de base à la détermination de la longueur exacte du mètre, à la fin du XVIIIème siècle.



Place Emile Goudeau (où se trouve le célèbre bateau-lavoir) et rue Ravignan...
La rue qui porte le nom d'un jésuite prédicateur est une des plus vieilles de Montmartre. C'était le chemin Sacalie, devenu Vieux chemin qui menait vers les moulins. Sur un mur de cette rue, max Jacob raconte qu'il a vu apparaître le Christ. Cette apparition sera le prélude de sa conversion.
Sur la place, un immeuble de 5 étages remplace l'hôtel du Poirier où vécurent, entre autres, Reverdy, Mac orlan et Modigliani.



Le dernier escalier débouche rue des Abbesses. C'est celui de la rue Antoine.



A l'emplacement de cet immeuble s'élevait une salle construite en bois qui accueillait le Théâtre Libre créé par Antoine.
Et maintenant, vous pouvez jeter dans le ciel vos "semelles de vent" et redescendre vers Paris et ses grandes avenues sans escaliers!



Lien : les escaliers de Montmartre côté est. (1)

Escaliers de Montmartre (3) Côté Nord.

Les escaliers de Montmartre. Cartes et photos anciennes. (1)

Les escaliers de Montmartre (2). Cartes postales. Passage Cottin. Rue Chevalier de la Barre. Rue de la Fontaine du But. Girardon.

Escaliers de Montmartre (3) cartes postales, photos anciennes. Rue du Calvaire, rue Drevet, rue Antoine.

Escaliers de Montmartre (4) Cartes postales, photos anciennes. Rue Chappe. Rue de la Bonne. Saules. etc...

Escalier rue Muller (rue Utrillo) Photos de François Gabriel. Le réverbère.

 

Rues de Montmartre. Classement alphabétique.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.



Ah! les escaliers de la Butte! Qui ne les a chantés... Ils sont durs paraît-il aux miséreux qui aujourd'hui s'y font rares, remplacés par les touristes numérisés qui n'ont pas le courage d'attendre le funiculaire dont une des cabines est toujours en panne depuis 4 ans!!!


 
L'escalier le plus proche de chez moi, part de la rue André Del Sarte. Il porte le nom de Paul Albert, littérateur (!) et professeur au Collège de France. On le confond parfois avec un autre Paul Albert, fonctionnaire et socialiste (!) né à toulouse et mort à Grasse. Bref, le professeur a remplacé la Vierge qui avait, à l'origine, donné son nom à l'escalier et à la rue qui le prolonge. L'escalier Sainte-Marie ne se nomme plus ainsi que sur les cartes postales anciennes.

 

Que les chastes yeux se ferment et ignorent les lignes qui suivent. Cet escalier aurait des vertus particulières et maintes fois vérifiées. Il suffit de le gravir et d'être un mâle pour, à l'insu de son plein gré, se retrouver en état d'érection incontrôlable. Je n'ai osé demander à cet homme si son sourire était dû à la magie de ces marches.
Nino, le héros de mon roman, ne manquait pas d'être victime consentante de l'étrange escalier
Lien :
Lucie et Nino. Roman. Deux amoureux à Montmartre.  



Arrivé sur la placette, vous trouvez sur votre gauche l'escalier de la rue Utrillo. L'un des plus raides. Lui aussi a changé de nom. Il faisait partie de la rue Muller qui descend vers la rue de Clignancourt. Muller est un inconnu dont la renommée relative vient de son statut de propriétaire des terrains sur lesquels furent édifiés les immeubles plâtreux, si typiques de Montmartre, paraît-il.
La partie en escaliers de la rue fut rebaptisée Utrillo. Ce qui est plus montmartrois, il faut bien l'avouer. Maurice, d'ailleurs peignit maintes fois cet endroit... 



Sur la placette, vous aurez le choix entre quatre restaurants. Le plus branché, l'Eté en pente douce, a investi une ancienne boulangerie dont subsistent quelques éléments du décor 1900, comme un plafond de verre peint. Le Botak a remplacé les canons de la Butte. Il possédait un étonnant décor de toiles, représentant un épisode héroïque de la Commune que l'actuel propriétaire a fait disparaître. Vous trouverez encore, la passerelle, plus simple et le Soleil de la Butte, sympathique et bruyant.



En remontant la rue paul Albert, vous arrivez au Passage Cottin. C'est un escalier étroit qui porte, lui aussi, le nom d'un propriétaire. Ce qui est navrant dans ce quartier qui fut communard. Utrillo, encore lui, a peint l'endroit. Sa toile s'intitule : Impasse Utrillo!


 

Sur un mur du passage, un pochoir :

 

Apparemment, c'est spirituel. En fait c'est idiot! Le créateur de cette pensée immortelle n'a jamais fréquenté les camps naturistes. Il pense que le bonheur de se mettre à poil, de sentir le soleil sur la peau, de nager nu dans l'océan est réservé aux voyants! Qu'il aille dans mon île, sur la plage de Saint-Trojan...s'il n'est pas aveugle, il changera d'avis! 



Un peu plus haut, l'escalier de la rue du Chevalier de la Barre. Il déboule devant le jardin de la Turlure, à deux pas du Sacré-Coeur. Il faut venir la nuit regarder ses pavés qui se transforment en ciel étoilé. C'est Alekan, chef opérateur, entre autres de Cocteau, Carné, Abel Gance qui y a, avec des fibres optiques, reproduit les constellations du 1er janvier et du 1er juillet.


Lien :
Chevalier de la Barre à Montmartre

En redescendant la rue Lamarck, vous tombez sur les escaliers de la rue Becquerel. Cette fois, ce n'est pas un propriétaire mais un physicien qui lui a donné son nom, dans un quartier où ont été groupés des noms de savants.



De l'autre côté de la rue Lamarck, un terrain de pétanque toujours fréquenté et un autre escalier, rue de la Bonne.

 

 

Le nom n'est pas celui d'une employée de maison! Il y avait là une des fontaines de Montmartre dont l'eau était réputée. On l'appelait Fontaine de la bonne eau. N'est restée que la bonne! Qu'est devenue la fontaine?

Un peu plus bas, l'escalier de la rue du Mont-Cenis. Un des plus longs de la Butte. Il est plus orienté vers le nord que vers l'est, c'est donc le dernier de notre série pour aujourd'hui!

 


La rue se nommait, dans sa partie haute qui va jusqu'à l'église Saint-Pierre, Petite rue Saint-Denis et dans sa partie basse, rue Saint-Denis! C'était la voie qu'empruntaient les processions qui allaient de l'abbaye d'en haut jusqu'à la Basilique de Saint-Denis à quelques kilomètres de là, en suivant le chemin qu'aurait emprunté le saint, portant sa tête tranchée.
Une plaque sur un immeuble bourgeois ("Des maisons d' six étages, ascenseur et chauffage, ont r'couvert les anciens talus" comme chante Bruant) rappelle que dans une petite maison rurale, vécut Hector Berlioz. C'était l'époque où le village de Montmartre accueillait les artistes fauchés.


 
Aujourd'hui, Berlioz passe son éternité non loin de là, dans le cimetière Montmartre où il discute peut-être avec Truffaut, Delibes, Brauner et....qui sait? Dalida!

lien :
cimetière de montmartre (3) promenade aléatoire



Il ne nous reste plus qu'à redescendre par la rue Utrillo et la rue Paul Albert. Un petit verre au No problemo...et retour à la maison où mon chat doit s'impatienter!

A suivre... côté nord...



Lien :  Escaliers de Montmartre (2) côté sud.

Escaliers de Montmartre (3) Côté Nord.

Les escaliers de Montmartre. Cartes et photos anciennes. (1) 

Les escaliers de Montmartre (2). Cartes postales. Passage Cottin. Rue Chevalier de la Barre. Rue de la Fontaine du But. Girardon.

Escaliers de Montmartre (3) cartes postales, photos anciennes. Rue du Calvaire, rue Drevet, rue Antoine.

Escaliers de Montmartre (4) Cartes postales, photos anciennes. Rue Chappe. Rue de la Bonne. Saules. etc...

Escalier rue Muller (rue Utrillo) Photos de François Gabriel. Le réverbère.

 

Rues de Montmartre. Classement alphabétique.

lien : La rue Paul Albert et Monique Morelli



lien : http://www.dixhuitinfo.com/spip.php?article50

A cette adresse, vous découvrirez un photographe montmartrois qui a posé dans les années 20 et au-delà sa caméra dans les escaliers de la Butte et notamment rue Muller. Un véritable artiste!

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

     Merci Delanoë pour ce boulevard ressuscité, passé de parking à promenade, de béton à plantations.... C'est un plaisir en ce printemps estival de flâner de l'Elysée Montmartre à la place Clichy, sous les arbres et dans le parfum des massifs de fleurs. Avant de m'élancer, je tiens à pousser un grand coup de gueule contre les cyclistes. Quoi ! On s'est battus pour eux, on a fait le siège des mairies, des élus pour qu'ils aient enfin des pistes cyclables dignes de ce nom, on leur livre la ville aux dépens des bagnoles bruyantes et polluantes et eux, au lieu d'être heureux, de planer sur leur vélo, ils agissent en hordes de barbares, roulant sur les trottoirs, prenant les sens interdits, renversant les grands-mères, jouant de la queue de poisson avec les taxis, flirtant avec les bus... N'importe quoi!!!  On va finir par les haïr, foi de piéton. Aujourd'hui j'ai failli me faire renverser par un énergumène qui non content de brûler le feu rouge m'a engueulé alors que je me hâtais dans le passage réservé aux bipèdes! Bon oublions-les un instant et jetons un oeil sur l'Elysée Montmartre qui, au métro Anvers inaugure la promenade.

  L'Elysée Montmartre eut une histoire mouvementée; il peut être considéré comme le véritable temple du French Cancan qui y fut inauguré sous le nom de quadrille naturaliste avec des artistes comme le fameux Valentin le Désossé ou la môme Vide Bouteille, la Goulue. Tous deux seront débauchés par Ollier qui les entraînera dans son Moulin Rouge. Cette agréable leveuse de jambe orne à juste  titre le fronton de l'établissement qui après un incendie fut reconstruit au début du XIXème siècle.


   Et maintenant, nous empruntons la belle promenade appréciée des touristes et des parisiens. Un démenti à Bénichou et Ruquier qui dans leur émission du soir un tantinet démago (et qui est enregistrée non loin de là, au Moulin Rouge) déclaraient que l'espace  offert aux piétons restait désert et qu'il n'y avait pas un chat sur le boulevard!!! Jetez un petit oeil à gauche sur le lycée Jacques Decour, très représentatif des lycées-casernes du XIXème.

 




  Sur votre droite le Trianon.  Sa façade est aujourd'hui dans un triste état. Il serait grand temps de lui redonner un peu de jeunesse... L'intérieur avec son escalier monumental, ses statues, son foyer, sa salle en fer à cheval donne une idée de son ancienne splendeur. Le Trianon fut affublé de différents noms avant de ne garder que l'essentiel : Trianon-Concert (où triompha la Miss), Trianon-Théâtre, Trianon-Victor Hugo, Trianon-Lyrique....Avec tous ses patronymes flatteurs, il ne mérite certes pas qu'on le laisse se dégrader ainsi. La dernière fois que j'y suis allé, c'était pour Brigitte Fontaine, pour un tour de chant déjanté et parfois génial. Mais c'était dans un autre temps car la Diva encourageait ses fans à fumer dans la salle qui se transforma assez vite en Hammam toxique et très vraisemblablement parfumé d'autres parfums que celui de l'herbe à Nicot!

 




  Un peu plus loin, au 120 du boulevard Rochechouart, nous voyons la Cigale. Il est difficile de l'imaginer telle qu'elle était au début du siècle avec son style art nouveau qui ne craignait ni la fantaisie ni l'exubérance. La salle accueillit tout comme sa voisine du Trianon, les grandes stars de la chanson française comme Mistinguett, Maurice Chevalier ou Arletty. Dans les années 40, la salle déchue devint un cinéma un peu louche qui se spécialisa dans les films de Kung-Fu. Il fallut attendre l'initiative des Rita Mitsouko pour qu'elle retrouve sa vocation. Elle fut rénovée par Philippe Starck et est désormais protégée par son classement Monument Historique...



 

 Quelques mètres plus loin s'ouvre la rue des Martyrs où vous aurez le choix entre Michou et Madame Arthur. Mais c'est le Divan du Monde que vous découvrez d'abord. Au 2nd Empire, il y avait là une brasserie qui devint après s'être habillée de rococo japonisant le Divan Japonais. Vous y étiez accueillis par de charmantes hôtesses plus ou moins nippones et plus ou moins geishas... Baudelaire, Lautrec ou Picasso apprécièrent l'endroit. Lautrec lui assura une renommée durable en créant à la demande du directeur une affiche restée célèbre où l'on voit deux de ses modèles fétiches : Jane Avril au premier plan et à l'arrière, Yvette Guilbert et ses longs gants noirs .







 Contrastant avec le kitch de Madame Arthur, de l'autre côté du boulevard, le consternant immeuble le Bouglione. Ce hideux cube gris posé en pleine ville par des concepteurs sans talent a remplacé le très beau cirque Medrano où Boum Boum le clown eut son heure de gloire. Paris a souffert sous Pompidou et consorts de destructions de vandales qui n'ont jamais connu que leurs intérêts et l'obésité de leur porte monnaie. Je me souviens avoir assisté dans le cirque qui allait disparaître peu après à un très beau spectacle d'Ariane Mnouchkine : le Songe d'une Nuit d'Eté. Un cauchemar d'une nuit d'hiver amena grues et promoteurs qui nous imposèrent cette ignominie glaçante.






  Continuons la balade entre les pistes cyclables.... Côté gauche du boulevard les immeubles abritent de nombreux ateliers d'artistes. Ils sont  toujours orientés vers le nord afin d'accueillir la lumière précise propice à la création picturale. Mais je me demande combien de véritables peintres les occupent aujourd'hui où la spéculation prive les artistes de tels lieux au profit des enrichis du CAC 40 qui très souvent n'ont d'artiste que le lieu qu'ils investissent.




           Sur le côté droit grand soleil sur les immeubles dont les balcons s'en donnent à fleur-joie. Nous arrivons place Pigalle (sculpteur dont la dernière demeure est perchée tout en haut de la butte dans le petit cimetière de l'église Saint Pierre). La station de métro de Guimard qui en son temps fit hurler les gens de goût nous surprend toujours par son délire de fonte  et ses fleurs oranges au bout de leurs tiges, à la fois végétales et mantes religieuses. Un petit coup d'oeil au fameux jet d'eau que chanta Ulmer et qui a repris depuis peu son service rafraichissant.








 

  Le cinéma Atlas, connu pour ses rencontres très sexuelles et très gay (lien : cinéma atlas pigalle me rappelle les films de Jacques Nolot : la Chatte à deux têtes et surtout Avant que j'oublie. La fin de ce dernier film se situe dans l'entrée du cinéma où Nolot qui a accepté de se travestir reste un instant contre le mur avant de descendre vers la salle comme vers un gouffre, un appel de la mort.
  Nous ne serions pas à Pigalle si ne se succédaient les boîtes, les clubs, les temples du porno, les super marchés du sexe. Je ne sais pas pourquoi Ganesh s'est perché sur le Moon City, club libertin de 1200m2 avec hammam, sauna, jaccuzi...(comme dit la pub!)





  Un peu plus loin, une plaque rappelle que le peintre Pascin vécut à Pigalle. Ce peintre des femmes qui fréquenta les cabarets de la butte vécut ses dernières années derrière ces murs où il s'ouvrit les veines un jour de juin.
  Impossible de ne pas remarquer la très belle villa des Platanes construite à la fin du XIXème par Edmond Deloeuvre dans un style néo Renaissance. A travers les grilles on peut apercevoir l'escalier à double volée agrémenté de porte-torchères.





  L'étonnant Hôtel Radio construit dans les années 30 et qui a été récemment réhabilité.


 Le musée de l'érotisme vous permettra de parfaire votre culture en ce domaine primordial. De nombreuses oeuvres de différentes cultures permettent de mesurer l'imagination créatrice et fantasmatique de notre espèce. Deux gros bonshommes très peu érotiques vous attendent à l'entrée et ne semblent pas impressionner ces touristes qui vont leur chemin comme si de rien n'était...

    Bon, nous arrivons au métro Blanche près du célèbre Moulin Rouge qui vit sur sa réputation et qui du point de vue esthétique ne présente que peu d'intérêt. Il eut son heure de gloire et fait partie de la mythologie montmartroise. Ayons une petite pensée pour la Goulue qui passe son éternité à proximité.


 Terminons notre balade en regardant avec consternation l'immeuble de castorama et de l'hôtel Ibis. Il y avait là un cinéma Gaumont d'un remarquable style art deco (il avait lui même succédé à l'hippodrome). La salle était un chef d'oeuvre (j'ose à peine dire que j'y ai vu Ben Hur) et par chance l'orgue a été sauvé et a été remonté dans le survivant des pavillons Baltard à Nogent. En ces temps immémoriaux les salles de cinéma assuraient des spectacle d'entracte avec chanteurs, jeux d'eaux, jeux de lumière... Mais gardons un peu d'espoir, sur le chemin de retour, vous pourrez entrer dans la chapelle sainte Rita très fréquentée par les dames de Pigalle et qui est, comme chacun sait, la patronne des causes désespérées...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.


 18 mars.Avant de parvenir place des Abbesses, je découvre une des voitures du funiculaire sur le pavé ! Elle est donc revenue avec le printemps cette sacrée voiture presque toujours en réparation! Depuis des années, je vous assure que l'on peut compter sur les doigts de la main les jours où les deux voitures ont monté et descendu normalement les pentes de la Butte. Est-ce un tel exploit que de funiculairer sur quelques dizaines de mètres? L'ancêtre doit bien rire, lui qui au début du siècle assurait sans problème sa petite bonne femme d'ascension! Et il le faisait de façon naturelle et écolo... Une cuve de 5m3 d'eau était installée sous le plancher de chaque cabine. Elle était remplie à la station haute, ce qui faisait descendre la cabine lestée et par contrepoids remonter l'autre... C'était lent mais il n'y avait jamais de panne!
Place des Abbesses, la station de Guimard s'est enracinée comme une plante carnivore qui avalerait et recracherait les voyageurs du métro. Les touristes aiment la photographier et ils ont bien raison. Mais ils ignorent qu'elle n'est pas née en cet endroit. C'est une exilée. Elle coulait des jours heureux Place de l'Hôtel de Ville. Elle se rappelle avoir vu passer les amoureux de Doisneau et elle n'a jamais dit qu'ils n'étaient pas de vrais amoureux, mais des figurants choisis par le photographe. Qui a trahi ce secret? En tout cas, elle fut chassée par la construction d'un parking dans les années catastrophiques pour Paris du règne pompidolien. Elle eut cependant plus de chance que les extraordinaires Pavillons des Halles de Baltard, envoyés à la casse pour de sordides raison de fric.
Mais ce qu'ignore peut-être la vedette de la Place des Abbesses, c'est qu'elle-même a pris la place d'un animal disparu. Un fauve qui n'a pas impressionné les fondeurs de statues et fut arraché de cette place où il tendait la patte vers les passants. Ne reste de lui qu'une carte postale et les jours d'orage un rugissement lointain...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

Dimanche 15 mars, place des Abbesses, dans le petit square...  c'est l'anniversaire de notre mariage (16 ans déjà !) et nous nous promenons en amoureux dans ce Montmartre où un jour de mars très doux nous sommes allés à la mairie...

Le mur de l'amour dit "Je t'aime" dans toutes les langues... Comme si les mots étaient utiles entre ceux qui n'ont qu'à se regarder pour lire Le Cantique des Cantiques...

Le café sur la place. Les chaises au soleil sont chères... On y baille, on y écrit, on y parle, on regarde passer le monde entier...
Les amoureux..
Les enfants qui tournent avec la terre sur leur manège...

Les touristes qui s'asseoient sur un banc pour respirer Paris.
Nous rentrons par la rue d'Orsel où Nicole habita (au 49) et où je me suis réfugié quelques mois. Je ne résiste pas au plaisir photographier quelques boutiques dont les noms forment un poème surréaliste :





A l'angle de la rue d'Orsel et Dancourt la boutique de mode masculine a gardé le vieux décor peint du XIXème
Et l'agence immobilière expose des oeuvres fortes et angoissantes de Tessa Zerbib

Et comme aujourd'hui est un jour de soleil et de fête, nous passons par le square Louise Michel et envoyons des primevères à tous ceux que nous aimons, à tous ceux qui nous oublient, à tous ceux que nous oublions...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.


Connaissez-vous l'une des plus petites rues de Paris? Elle parcourt quelques mètres entre la rue Nodier et la rue Ronsard qui longe les jardins du Sacré Coeur.
On la voit ici du début à la fin ! J'allais dire du premier au dernier numéro mais elle n'en affiche qu'un, le 2, au milieu du seul immeuble du côté pair. Un bel immeuble du début du siècle dernier, opulent et bourgeois dans un quartier qui était alors en mutation et avait l'ambition de chasser prolos et poulbots au delà de la barrière.
L'immeuble forme un triangle dont la pointe est dirigée vers les escaliers de la rue Paul Albert. Il ressemble à un navire de pierres dont la proue chercherait à contourner les rochers de la Butte pour aller s'ancrer près de la Basilique.

,Personne n'habite du côté impair qui n'est occupé que par les arrières de la Halle Saint-Pierre et qui n'ouvre que sur un gymnase bien connu des écoliers du quartier. Savent-ils qui est ce Cazotte dont la rue porte le nom? Nicole me dirait, faussement ingénue, que c'est le nom d'un de ses ours en peluche préférés. Elle a lu bien sûr Le Diable Amoureux, une des oeuvres les plus connues du susdit ! Je citerais bien pour le plaisir La patte du Chat, Conte Zinzinois ou Les Mille et Une Fadaises.

Nerval le classa parmi les Illuminés du XVIIIème siècle et apprécia son mysticisme. L'homme ne put échapper à la guillotine. Il avait écrit une prophétie qui annonçait son arrestation. Elle eut lieu un onze septembre (!) et c'est sur la place du Carrousel qu'il perdit la tête en 1792.


Côté rue Nodier, une mercerie et ses galons multicolores... Nodier ! Comme c'est étrange de le retrouver là ! Lui aussi a écrit des contes fantastiques comme La Fée aux Miettes ou Smarra, les Démons de la Nuit. Il a surtout admiré un certain Cazotte à qui il consacra un ouvrage qui s'appelle... qui s'appelle... Monsieur Cazotte. Il dit de lui : "Il avait au moins sur la triste philosophie du siècle passé, l'avantage de parler à l'imagination et à l'âme."


Deux amoureux à queue de cheval viennent de quitter la rue Cazotte. Ils l'ont parcourue sans se méfier. Je les ai retrouvés un peu plus loin dans le jardin...
Encore une facétie de Cazotte !
Méfiez-vous quand vous passerez par là !

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

   Rue  Ramey, par ce jour gris et froid je découvre, à l'angle de la rue du baigneur, un marin qui met soudain du rouge dans l'uniformité du paysage. Il tient contre vents et marées sur le mur d'une ancienne poissonnerie des années trente.

 

 

 

 

 

 

 Il est venu dans cet océan de pierres et de pavés avec le ciel et les nuages de sa Bretagne idéale, avec le phare et les oiseaux.

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un goéland guette sa proie 

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le pêcheur est vigilant et surveille son poisson. Pas question de le laisser emporter dans le ciel. Il est destiné aux braves gens du quartier.

....Mais le quartier a changé. Les vieilles boutiques disparaissent au profit de grandes surfaces  et leur saumon d'élevage. Les poissons sauvages se font rares; ils sont comme cette mosaïque  qui peu à peu se dégrade et perd ses écailles une à une. 

 

Un jour il ne restera plus rien du pêcheur et de son décor.  Paris perd peu à peu sa mémoire.

  

 

 

 

 

 

 

Dans la boutique, des chats ont élu domicile. Sans doute ont-ils été attirés par la poissonnerie et l'espoir de proies bien fraîches. Mais ils n'ont rien trouvé et se sont vitrifiés sous les caresses de leur amie Agathe qui a offert à certains d'entre eux des "charcophages" multicolores.  

 

 

 

 

 

 Alors tout espoir n'est pas perdu. Si une artiste a pris possession de la poissonnerie avec ses animaux fantaisistes et sérieux, le pêcheur au ciré rouge et le goéland criard seront peut-être protégés et continueront de mettre des couleurs dans la grise rue Ramey!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

     C'est assurément un des noms les plus poétiques de la butte et un des endroits les mieux préservés. Depuis un certain temps les touristes y sont de plus en plus nombreux car après avoir touché les seins de Dalida sur la placette qui porte son nom, ils ne peuvent qu'être attirés par cette allée ombragée et mystérieuse qui échappa à la démolition programmée lors du projet de prolongation de la rue Simon Dereure jusqu'à la rue de l'Abreuvoir en 1922. Le propriétaire, un certain Perrot était alors Président du Vieux Montmartre et il obtint l'annulation de cette jonction.



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Le Château a sans doute besoin pour mériter ce titre d'une bonne brume pour tromper le passant et lui dissimuler sa modestie toute campagnarde. A ses côtés plusieurs petites maisons très recherchées aujourd'hui sont venues en 1850 se serrer contre lui.






















L'allée des brouillards donne sur la place Dalida qui est en fait le coude de la rue de l'Abreuvoir, une des rues les plus anciennes et les plus authentiques du quartier. Le point d'eau était proche du Château.   Les troupeaux et les chevaux venaient boire escortés de chiens de la butte qui retrouvaient à cette occasion leur vocation de chiens de bergers... L'origine du nom vient sans doute de cette proximité de l'abreuvoir dont s'élevaient par temps froids des brouillards qui enveloppaient la proche demeure.  





La rue de l'Abreuvoir en hiver.









     Voyageons dans le temps et arrêtons-nous au XVIème siècle. Pas de Château en cet endroit mais un moulin qui avait servi de pressoir et qu'on appelait "le Moulin du Vin" plus souvent que "Moulin des Brouillards" son nom plus ancien. En 1772, le moulin est en ruine  et il est vendu à un avocat au Parlement qui n'a aucune vocation de meunier mais se montre très intéressé par les quelques 7000 mètres carrés qui entourent la ruine. Il y construit sa demeure qui
est très vite appelée Château des Brouillards. Il faut dire que les "folies" n'étaient pas nombreuses dans les parages et que les maisons de la butte étaient modestes quand elles n'étaient pas les misérables cabanes du maquis.
















La folie est vendue avant la Révolution et le domaine partagé. Les communs seront détruits en 1850 pour laisser place aux maisons dont nous avons parlé tandis que le Château qui se dégrade devient le refuge d'artistes désargentés et de toute une faune qui mène en cet endroit une vie de Bohême. Gérard de Nerval qui connaît bien Montmartre pour y avoir séjourné à plusieurs reprises : chez Théophile Gautier, rue de Navarin, dans la maison du Docteur Blanche rue Norvins (alors rue Traînée), rue Pigalle et rue des Martyrs y reviendra en 1846 pour habiter rue Girardon dans le Château des Brouillards dont malgré son court séjour il semble le fantôme le plus vivant. Est-ce dû au nom du lieu qui lui va si bien ou aux réverbères qui évoquent des gibets ?





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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.



 Avant de partir pour les vacances de printemps pour aller explorer les îles charentaises (sans doute moins aventureuses que Bornéo ou Sumatra) je m'offre une petite balade dans le marché Saint Pierre au pied de la butte. Cette photo est prise du 4ème étage du magasin Dreyfus. Elle permet de voir le toit de la halle, les jardins, le clocher de St Pierre qui paraît minuscule à côté de l'opulente basilique.




 
Un petit rappel historique afin de mieux connaître cet endroit où se côtoient femmes d'intérieurs (ou hommes) soucieux de rénover leur home, sweet home, costumiers de théâtre, créateurs de revues et amateurs de carnavals. A l'origine, il y a cette halle de fonte et de briques qui sert de marché à tout le quartier. Marché traditionnel où l'on trouve fruits et légumes, viande et fromages. Deux commerçants, Armand Moline et Edmond Dreyfus venaient vendre des tissus sur les trottoirs à proximité de la halle.




 
Les deux homme arrivaient de Levallois avec leur charrette surchargée de coupons. Leur commerce marchait assez bien et lorsqu'une loge de concierge fut à louer à proximité, ils eurent l'idée d'y stocker leurs tissus.



 
Quand des terrains furent à vendre dans les années 20, Dreyfus est acheteur et fonde la célèbre enseigne en accaparant le nom même de marché Saint Pierre. Aujourd'hui la famille n'est plus propriétaire mais le nom est comme un label et reste fiérement accroché à la façade. C'est un beau nom de France dont les lettres se détachent sur le ciel du Sacré Coeur et rappellent une époque que l'on espère tout à fait révolue où des catholiques français s'acharnèrent, au nom de l'honneur de l'armée nationale contre ce capitaine homonyme qui incarne aujourd'hui la probité et l'innocence bafouée.


Assez rapidement, d'autre marchands vinrent s'installer. Le succès fut considérable car les prix étaient plus qu'avantageux. En effet, la plupart des tissus provenaient de fins de série ou de surstockage d'usine.



 
Aujourd'hui vous jouirez d'une promenade colorée entre strass, paillettes et rideaux en arpentant les quelques rues qui composent le marché. Vous descendez au métro Anvers et prenez la rue de Steinkerque qui monte vers le square Louise Michel, au pied du Sacré Coeur. La 1ère rue à droite est la rue d'Orsel où vous trouverez de nombreuse boutiques de taille assez modeste.


 
Vous arriverez rue Livingstone,  Place Saint Pierre, avec la plupart des enseignes célèbres : Reine, Moline, Dreyfus.


  
Vous découvrirez d'autres enseignes qui pourront vous faire sourire, comme celle-ci qui fait allusion peut-être à un certain Arsène et qui rappelle en jouant sur les mots la proximité de la Basilique!


Si vous voulez participer au Carnaval de Rio, poussez la porte de cette boutique rue Picard. Vous y serez accueilli par un sourire qui vous donnera envie de tout dévaliser !
 
 Et maintenant bonnes vacances à tous et bonne balade dans le marché des couleurs !

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.

Aujourd'hui, je viens dire au revoir aux quelques visiteurs qui sont entrés chez moi  par la porte qui 
reste ouverte et qui ne connaît pas les serrures. Je prépare mon sac de voyage, je plie mes teeshirts et mes futes. Je tasse, j'entasse. A nous deux l'Indonésie, Java et ses volcans, Bali et ses sourires.
Avant de m'évanouir dans les airs, à bord de la Singapour Airline, je suis passé rue Nicolet à deux pas de chez moi et j'ai rencontré Verlaine. L'âme grise de Verlaine comme chante Barbara.
 

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Le petit hôtel est resté tel que Verlaine l'a connu. Il était habité par son ami, Charles de Sivry, musicien au Chat Noir et demi frère de Mathilde Mauté dont Verlaine tombe amoureux et qu'il épouse en 1870 alors qu'elle a à peine 17 ans. Quelques poèmes de la Bonne Chanson lui sont consacrés. 

     ...J'ai presque peur en vérité
     Tant je sens ma vie enlacée
     A la radieuse pensée
     Qui m'a pris l'âme l'autre été...

   
L'irruption de Rimbaud dans la vie de Verlaine va fracasser l'apparent bonheur familial. La naissance d'un fils, Georges, ne change rien au combat impossible du poète fasciné par l'adolescent génial. L'histoire est connue, des départs, des retours, des luttes. Mathilde qui accepte après la Commune de reprendre la vie conjugale mais subit des violences terribles de Verlaine constamment îvre. Mathilde qui ira en Belgique tenter de ramener avec elle un mari qu'elle persiste à aimer. Mathile qui finira par abandonner tout espoir et refusera les repentances et les poèmes...

     ...Ecoutez la chanson bien douce
        Qui ne pleure que pour vous plaire
       Elle est discrète elle est légère
       Un frisson d'eau sur de la mousse...

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Ce matin, j'ai vu passer des ombres derrière cette fenêtre de la chambre. Paul, Mathilde, Georges, ils étaient là tous les trois dans une parenthèse de bonheur.

   

    

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