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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

montmartre monuments. cabarets. lieux

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux
L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.

En choisissant ce thème le musée de la Vie Romantique, rue Chaptal ne pouvait imaginer qu'il serait en phase avec la réalité, avec l'horreur que Paris allait vivre le 13 novembre 2015 et qui nous frapperait d'effroi.

L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.

Des fanatiques capables de décapiter des innocents parce qu'ils ne partagent pas leurs idées ou leur religion massacreraient des hommes et des femmes "idolâtres" de musique, des "pervers" amoureux de la vie...

L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.
L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.

Ils regarderaient leurs victimes.

Ils croiseraient leurs regards effrayés.

Je pense à ce qu'écrivit une écrivaine connue après le massacre de Charlie et de l'hyper casher, prise dans un grand élan compassionnel

(...) "J'ai été Charlie, le balayeur et le flic à l'entrée. Et j’ai été aussi les gars qui entrent avec leurs armes. Ceux qui venaient de s’acheter une kalachnikov au marché noir et avaient décidé, à leur façon, la seule qui leur soit accessible, de mourir debout plutôt que vivre à genoux. J’ai aimé aussi ceux-là qui ont fait lever leurs victimes en leur demandant de décliner leur identité avant de viser au visage. J’ai aimé aussi leur désespoir. Leur façon de dire – vous ne voulez pas de moi, vous ne voulez pas me voir, vous pensez que je vais vivre ma vie accroupi dans un ghetto en supportant votre hostilité sans venir gêner votre semaine de shopping soldes ou votre partie de golf (...)"

L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.

Ecrira-t-elle les mêmes lignes après le 13 novembre?

Aura t-elle même compassion pour les tueurs?

Remplacera t-elle le shopping-golf des victimes par le concert-bistro?

L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.

Bon! Je me laisse aller et j'isole dans son article des Inrocks un passage qui doit être remis dans l'ensemble et la continuité.

Mais j'avoue que depuis des mois, ce passage (qui n'est pas le seul) m'est resté en travers de la gorge.

L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.

J'y ai pensé en visitant l'expo du musée de la Vie Romantique. Sur beaucoup de toiles, les tueurs sont debout et leurs victimes à genoux ou à terre.

Avaient-elles le choix?

Mais je m'égare, je désire simplement partager quelques œuvres présentées rue Chaptal. En voici donc, sans commentaire anachronique!

Ecole française. Début XIXème siècle. Damné. Etude pour la barque de Dante.

Ecole française. Début XIXème siècle. Damné. Etude pour la barque de Dante.

Charles Brocas. 1774-1835. Le supplice de Prométhée.

Charles Brocas. 1774-1835. Le supplice de Prométhée.

Emile Signol. 1804-1892. La folie de la fiancée de Lammermoor.

Emile Signol. 1804-1892. La folie de la fiancée de Lammermoor.

Jean Pierre Victor Huguenin. 1802-1860. Scène du massacre des innocents. Plâtre.

Jean Pierre Victor Huguenin. 1802-1860. Scène du massacre des innocents. Plâtre.

L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.
Pierre Antoine Augustin Vafflard. 1774-1817. Young et sa fille. (4ème nuit du recueil  "Les Nuits" d'Edward Young.)

Pierre Antoine Augustin Vafflard. 1774-1817. Young et sa fille. (4ème nuit du recueil "Les Nuits" d'Edward Young.)

Philippe Auguste Hennequin. 1762-1833. Le triomphe du peuple français au 10 août. La fureur.

Philippe Auguste Hennequin. 1762-1833. Le triomphe du peuple français au 10 août. La fureur.

L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.
Géricault. 1791-1824. Etude de bras et jambe coupés.

Géricault. 1791-1824. Etude de bras et jambe coupés.

Alexandre Correard? 1788-1857. Géricault mourant.

Alexandre Correard? 1788-1857. Géricault mourant.

Philippe Auguste Jeanbon. 1808-1877. Décollation de saint Jean-Baptiste.

Philippe Auguste Jeanbon. 1808-1877. Décollation de saint Jean-Baptiste.

Léon Cogniet. 1794-1880. Scène de massacre des Innocents.

Léon Cogniet. 1794-1880. Scène de massacre des Innocents.

Saumier. 1808-1879. Rue Transnonain 15 avril 1834.

Saumier. 1808-1879. Rue Transnonain 15 avril 1834.

Le musée de la Vie romantique.

Le musée de la Vie romantique.

L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.

En sortant du musée, nous sommes allés boire un verre à la santé des amoureux de la vie. Montmartre avait les couleurs de l'automne et invitait à la promenade, au repas en terrasse et à la musique!

L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.
L'Effroi. Musée de la Vie Romantique.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

Le square avec ses allées tortueuses, ses bosquets, ses rochers et ses grottes n'est pas seulement un lieu de détente pour les familles et un terrain de jeux pour les enfants, c'est aussi un endroit idéal pour les trafics divers comme pour les règlements de compte!

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

L'Humanité (janvier 1938) relate la découverte d'un jeune italien fasciste, assassiné dans les fourrés :

"Hier matin vers 7h.30, un gardien a découvert dans les taillis le cadavre d'un jeune homme. Le commissaire du quartier et son secrétaire se rendirent immédiatement sur place et constatèrent que le corps portait la trace d'une balle de revolver tirée à la base du sein gauche...

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

... Dans les poches ils trouvèrent des papiers au nom d'Astolfo Butti, 19 ans, et une carte établissant que la victime appartenait au groupe des jeunes fascistes italiens vivant à Paris et dont le siège est à Rome...

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

On apprend à la lecture des communiqués de presse de l'époque que les gardiens n'étaient pas seulement armés d'un sifflet mais qu'ils possédaient aussi une arme!

"Hier soir vers 11 heures, alors que des travailleurs se trouvaient au square Saint-Pierre, un gardien leur intima l'ordre de sortir. Alors que les ouvriers ne s'étaient livrés à aucun geste, le garde avait sorti brusquement son revolver et tiré sur la foule. Deux promeneurs auraient été blessés dont l'un, Simonnet Roger, 18 ans, serait dans un état grave à l'hôpital Lariboisière.

On ignore le motif du geste homicide du gardien." (​L'Humanité. Août 1935)

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

Parfois, c'est le gardien qui sert de cible!

"M. Eugène Moteil, gardien du square Saint-Pierre, a essuyé hier soir deux coups de revolver, au moment où il fermait les grilles du square. M. Moteil n'a pas été atteint." (Le Figaro. Avril 1904)

Nous voilà rassurés!

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

Les jardins attirent également de curieux personnages, parfois névrosés! Comme cette femme à l'allure anodine qui guettait les fillettes "les éloignait de leur mère, les embrassait puis leur arrachait leurs boucles d'oreilles et leur coupait les nattes."

Après de nombreuses plaintes, elle fut arrêtée. Il s'agissait de Jenny Bourafour, âgée de soixante-six ans chez qui on retrouva "de nombreuses boucles d'oreilles en or et quantité de nattes de cheveux." (Gil-Bas. Septembre 1900)

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

La plupart des faits divers ont pour instrument non pas une paire de ciseaux mais un revolver... ou plus rarement un rasoir!

"Le 29 septembre dernier, un ouvrier italien nommé Dominique Izzi, âgé de 28 ans, avait tiré quatre coups de revover sur Mme Laubat, hôtelière, 23 rue des Abbesses, qui lui avait ordonné de cesser de la poursuivre de ses assiduités.

Izzi avait disparu. Des agents de la Sûreté l'ont arrêté, hier matin, au moment où il traversait le square Saint-Pierre.

Il fallut entamer une véritable lutte avec le misérable qui tentait de faire usage d'un rasoir, pour le mettre hors d'état de nuire. Izzi est au dépôt. (L'Humanité. Novembre 1904)

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

Un pistolet remplace le "revolver" dans cette histoire plus triste...

"Des gardiens de la paix ont trouvé étendu sur le sol, vers une heure du matin, le cadavre d'un jeune homme d'une vingtaine d'années environ. Près de lui, dans la boue, ils découvrirent un pistolet automatique de fort calibre.

L'enquête ne tarda pas à établir qu'on se trouvait en présence d'un suicide. Le désespéré est un élève de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales, M. A. dont les parents habitent Montmartre. Pendant que ses parents étaient allés au théâtre, le jeune homme était parti pour mettre son projet à exécution, leur laissant une lettre dans laquelle il leur faisait part de sa funeste détermination.

On croit qu'elle est le résultat d'un surmenage intellectuel. (Le Petit Parisien. Octobre 1922)

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
Croisement Muller (aujourd'hui Utrillo) et Saint-Marie (aujourd'hui Paul Albert.

Croisement Muller (aujourd'hui Utrillo) et Saint-Marie (aujourd'hui Paul Albert.

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

Et pour terminer en feu d'artifice comme il s'en donne dans le square le soir des vendanges...

"Une violente explosion qui mettait en émoi les habitants de la butte Montmartre, s'est produite hier soir, vers sept heures et demie dans une vespasienne située à l'intersection des rues Muller et Sainte-Marie, contre la clôture du square Saint-Pierre.

Les grilles du square ont été immédiatement fermées et des agents ont été placés pour en surveiller les abords et empêcher également que l'on approche de l'endroit où s'est produite l'explosion." (Gil-Blas. Octobre 1910)

Tant pis pour ceux qui étaient saisis d'une envie pressante!

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

Aujourd'hui avec l'afflux des touristes, le square Saint-Pierre devenu Louise Michel est le théâtre de vols, de trafics et d'arnaques en tout genre. Ils ne font pas l'objet d'articles de presse tant ils sont banals!

Quand même je ne résiste pas au plaisir de mentionner un article du Point :

L'uniforme n'impressionne plus. C'est le constat établi par des riverains du square Louise-Michel. Samedi après-midi, vers 16 heures, le préfet de police Bernard Boucault, accompagné de Jacques Meric, ancien conseiller police de Manuel Valls et actuel patron de la sécurité publique de l'agglomération parisienne, débarquent à proximité du Sacré-Coeur.

Au bas de la butte Montmartre, les habitants et les touristes sont régulièrement importunés -certains agressés verbalement ou physiquement - par des joueurs de bonneteau ou par des "tresseurs". Ces derniers nouent des bracelets autour du poignet des promeneurs, lesquels, une fois ferrés, doivent les "acheter". Lorsqu'ils refusent, la situation peut dégénérer.

C'est dans ce contexte que le préfet effectue sa sortie. Le trio - Boucault, son chauffeur et Meric - descend de son véhicule afin de mettre fin au manège des tresseurs. Mais les contrebandiers ont du répondant. Le préfet de police reçoit alors une gifle, Jacques Meric un coup de pied et le chauffeur un coup de poing. S'il est impuissant à mettre hors d'état de nuire ce commerce illicite, le préfet Boucault peut désormais poursuivre ses agresseurs pour violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique.

Le Point (septembre 2014)

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.
. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

Par chance, les agresseurs n'avaient pas de "revolver"!

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

Liens : Crimes et faits divers dans le quartier :

Rue Paul Albert

Rue André Del Sarte

Les rues de Montmartre

Tous les articles par ordre alphabétique

Les informations proviennent du petit livre édité par les éditions Baleine, rue Muller : "C'est arrivé près d'ici" (faits divers, drames et accidents à travers le presse de l'époque entre 1880 et 1940).

. Square Saint-Pierre(Louise Michel) Crimes et faits divers du passé.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux, #MONTMARTRE. Rues et places.
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
Les vitraux de l'église de Saint-Jean des briques, comme l'appellent les vieux Montmartrois, (à l'exception de la verrière du chevet) sont l'oeuvre de Jac Galland.
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
Réalisés entre 1918 et 1926, ils sont d'inégale valeur artistique. Nous avons vu la série du Rosaire, un peu conventionnelle, et les grands vitraux de la nef...
Mais les plus expressifs, les plus puissants sont sans doute ceux qui à l'arrière de l'église représentent deux des quatre Cavaliers de l'Apocalypse.
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.

Les 4 cavaliers de l'Apocalypse. Détail du vitrail d'Alain Makaraviez et Edwige Walmé (Cathédrale de Clermont Ferrand)

L'artiste qui a réalisé ces vitraux n'a pas reçu commande des quatre Cavaliers qui par tradition sont toujours représentés ensemble, chevauchant des montures de couleurs différentes : 
Le cheval blanc, symbole de la Conquête.
Le cheval rouge, symbole de la Guerre.
Le cheval noir, symbole de la Famine.
Le cheval blême, symbole de la Mort.
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.

Les Cavaliers de l'Apocalypse. Nicolas Greshny.

Pour les deux emplacements qui lui ont été proposés, il a choisi le deuxième Cavalier, celui qui apporte la guerre entre les hommes et le quatrième, celui qui achève les survivants et assure le triomphe de la Mort.
Les massacres de la première guerre sont présents dans les mémoires avec le traumatisme provoqué par l'hécatombe dans toutes les familles.
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
"Alors surgit un autre cheval, rouge feu, celui qui le montait, on lui donna de bannir la paix hors de la terre et de faire que l'on s'entr'égorgeât. On lui donna une grande épée." 
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
 
Le guerrier au regard terrifiant brandit son épée tandis que sa cape rouge et tumultueuse annonce les torrents de sang.
 
Le cheval puissant est lancé comme une machine de guerre.
 
Le vitrail est une dénonciation des massacres provoqués par les combats et les guerres civiles.
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
Le quatrième Cavalier est l'allégorie de la Mort.
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
"Voici que parut un cheval de couleur pâle, celui qui le montait s'appelait la Mort et le séjour des morts l'accompagnait."
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
La représentation est celle du Moyen-Âge.
La Mort est un squelette habillé en guerrier, harnaché d'armes de guerre et porteur de la faux qui n'épargne personne...
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
C'est ici le thème le plus décliné par toutes les religions qui s'acharnent à nous rappeler, comme si c'était nécessaire, la fragilité de l'existence et  son inéluctable terme.
Devant le néant promis et l'absurdité de la vie, la foi permet de donner au croyant un sens à son passage terrestre en lui promettant dans l'au-delà un avenir lumineux 
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
Libre à chacun d'interpréter le Cavalier de la Mort comme il lui plaira!
Certains lui prêteront main forte en rejetant ceux qui n'ont pas leur croyance, voire en massacrant au nom de Dieu!
D'autres verront en lui la dénonciation d'un système qui impose à la planète le règne de l'égoïsme et du profit, générateurs de pollution, de souffrances, d'exil et de mort!
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
Le cheval blême lancé au grand galop n'a pas de bile à se faire...
Il passe au-dessus de la nature violentée où son meilleur allié n'est pas son cavalier mais l'homme au front buté dont le regard est rivé sur les cours de la Bourse.
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
Comme si souvent dans l'Art
la mort, la guerre et la violence donnent plus d'inspiration et de talent aux artistes que la paix et l'amour!
Alors, admirons les cavaliers funestes et laissons-les passer au-dessus de nos têtes!
Et au-dessus du square qui en face de l'église abrite le mur des "je t'aime"!
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.
Cavaliers de l'apocalypse. Vitraux. Saint Jean de Montmartre.

Laemlein. La vision de Zacharie, version originelle dans l'Ancien Testament des 4 cavaliers de l'Apocalypse (musée Hèbre de Saint-Clément, Rochefort)

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Square Louise-Michel. (avril 2015)

Square Louise-Michel. (avril 2015)

Montmartre n'oublie pas qu'il a été un village en pleine nature avec des sources, des vignes, des moulins qui ne battaient pas de l'aile....

A chaque printemps, les souvenirs du passé refleurissent dans les jardins et les cours....

Manquent les fleurs rouges

Celles de la Semaine Sanglante

Celles qui pour toujours ont transformé notre Butte en Mémorial des révoltés et des épris de justice...

Place Saint-Pierre (avril 2015)

Place Saint-Pierre (avril 2015)

Rue Ronsard (mars 2015)

Rue Ronsard (mars 2015)

Square Louise-Michel (mars 2015)

Square Louise-Michel (mars 2015)

Rue Ronsard (mars 2015)

Rue Ronsard (mars 2015)

Félix dans le square Louise-Michel (mars 2015)

Félix dans le square Louise-Michel (mars 2015)

Robin dans le square Louise-Michel (mars 2015)

Robin dans le square Louise-Michel (mars 2015)

Square de la Turlure (mars 2015)

Square de la Turlure (mars 2015)

La Turlure (mars 2015)

La Turlure (mars 2015)

Allée des Brouillards (mars 2015)

Allée des Brouillards (mars 2015)

Escalier de la rue utrillo...(mars 2015)

Escalier de la rue utrillo...(mars 2015)

Place Saint-Pierre (6 avril 2015)

Place Saint-Pierre (6 avril 2015)

6 avril cimetière Saint-Vincent

6 avril cimetière Saint-Vincent

6 avril cimetière Saint-Vincent

6 avril cimetière Saint-Vincent

6 avril square Louise-Michel

6 avril square Louise-Michel

6 avril square Louise Michel

6 avril square Louise Michel

Rue André Del Sarte (14 avril 2015)

Rue André Del Sarte (14 avril 2015)

Square Louise Michel (début mai 2015)

Square Louise Michel (début mai 2015)

Début mai 2015.

Début mai 2015.

Début mai 2015

Début mai 2015

Julie en mai 2015

Julie en mai 2015

Début mai 2015

Début mai 2015

Début mai 2015

Début mai 2015

Le long du funiculaire

Le long du funiculaire

Le printemps à Montmartre. Photos.
Le printemps à Montmartre. Photos.
Square Nadar (mai 2105)

Square Nadar (mai 2105)

Rue Ronsard depuis le square Louise-Michel (mai 2015)

Rue Ronsard depuis le square Louise-Michel (mai 2015)

Place Saint-Pierre (mai 2015)

Place Saint-Pierre (mai 2015)

Mais il reviendra le temps des cerisiers en fleurs

Et la promesse des fruits

Rouges comme l'espoir!

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Ellen Andrée fut une actrice d'un certain renom, interprète de Courteline, de Guitry, et choisie par André Antoine pour jouer dans Poil de Carotte de Jules Renard ou La Terre de Zola.

Pourtant, si son nom reste connu aujourd'hui c'est parce qu'elle a servi de modèle à quelques uns des plus grands peintres de son temps.

Ellen Andrée par Nadar

Ellen Andrée par Nadar

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Ellen Andrée (1857-1925) commence tôt sa carrière d'actrice. Elle a 17 ans quand elle débute au théâtre du Palais Royal.

Elle jouera par la suite aux Variétés, à la Renaissance, aux Folies Bergères...

Elle est vite remarquée par les artistes qui sont attirés par sa "présence", sa sensualité et sa bonne humeur.

Parmi les premiers à lui demander de poser, Manet n'est pas le moindre !

Manet. La parisienne (Ellen Andrée) 1874

Manet. La parisienne (Ellen Andrée) 1874

Dans la Parisienne (1874) elle est une femme élégante et digne, vêtue de noir. Etonnant tableau qui prend le contrepied de ce que son titre peut suggérer. La Parisienne n'est pas la coquette, piquante et accueillante qui fait fantasmer l'Europe mais une femme endeuillée, figure austère et hiératique, un portrait qui évoque Goya (la Marquise de la Solana).

Elle semble sortir du poème "A une passante" de Baudelaire:

(...) Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

Une femme passa, d'une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l'ourlet.

(...)

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais.

Manet. La Prune. (Ellen Andrée) 1878

Manet. La Prune. (Ellen Andrée) 1878

Peint quatre ans plus tard, le tableau "La Prune" donne une autre image de la femme. Ellen Andrée en bonne comédienne, peut jouer tous les rôles!

Elle est attablée dans un café, le verre avec le fruit et l'eau de vie devant elle. Le décor est celui de la Nouvelle Athènes que fréquentait Manet, place Pigalle. Les lignes du cadre à l'arrière-plan mettent en valeur le visage de la femme, une femme du peuple, soeur de celles que décrit Zola. Fatiguée, dans une attitude de laisser-aller, elle s'abandonne un moment, la cigarette éteinte, au plaisir d'un moment de solitude et de rêverie.

Manet. Chez le père Lathuille (1879)

Manet. Chez le père Lathuille (1879)

Dans le célèbre tableau peint chez Lathuille en 1879, on la retrouve avec à ses côtés Louis Gauthier-Lathuille, le fils du cabaretier.

Elle est de nouveau vêtue en bourgeoise, un peu raide, à la fois intéressée et sur la réserve devant un jeune homme sensuel et dragueur. A l'arrière plan, un garçon de café observe la scène. Il est l'image même du peintre ou de l'écrivain naturaliste (Zola, Manet) qui observent la société!

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Quittons Manet et revenons en arrière, en 1874, quand Gervex (un authentique Montmartrois, né en 1852 dans le village que Paris n'avait pas encore annexé) peint Rolla en s'inspirant du poème de Musset. C'est Ellen Andrée qui pose pour lui mais exige que son visage ne soit pas reconnaissable!

.

"Henri Gervex répandit mon anatomie sur le lit de son "Rolla". Je ne tenais pas à être reconnue en cette Manon d'une tenue si abandonnée. Je recommandai à Gervex : surtout ne lui donnez pas ma figure!

Bref, pour le visage, c'est une brune qui posa...." Ellen Andrée.

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Elle n'a que 21 ans quand elle pose pour ce tableau et elle ne tient pas à compromettre sa jeune carrière.

De plus, elle subit encore l'influence du milieu familial et d'un père officier qui ne badine pas avec la morale!

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Le tableau fait scandale et il est exclu du salon, ce qui assure sa célébrité! Les curieux émoustillés défilent en rangs serrés dans l'atelier de Gervex pour l'y voir!

Le poème de Musset nous présente un jeune débauché qui, écoeuré par sa vie sans idéal, décide de se suicider alors que Marie, la prostituée avec qui il a une liaison est étendue, abandonnée sur le lit.

J.K. Huysmans remarque surtout la figure masculine dans le tableau de Gervex. Il écrit :

"Le jeune homme regarde, regrettant et dégoûté, la fille inerte, avachie dans un long somme. Cette figure ravagée et sombre, détachée dans un flux de lumière blanche est vraiment belle. Dans ce dépoitraillé de costume, dans cette chemise au plastron et aux manches froissées, cet homme a grande allure et je vois dans cette fille éboulée, après des intimités haletantes, sur un lit, un coin de parisianisme et de modernité qui évoque en moi des souvenirs du grand et divin poète Charles Baudelaire."

Gervex. Avant l'opération. 1887.

Gervex. Avant l'opération. 1887.

Ellen Andrée pose pour un autre tableau de Gervex quelques années plus tard. Le tableau "Avant l'opération" s'intitulait en réalité "Le docteur Péan enseignant à ses élèves à l'hôpital Saint-Louis, sa découverte du pincement des vaisseaux"!

C'est un hommage à Rembrandt et à sa Leçon d'anatomie.

La fin du déjeuner; Renoir.

La fin du déjeuner; Renoir.

Renoir ne manque pas de la remarquer chez ses amis et il la fait poser pour plusieurs de ses toiles comme "la fin du déjeuner"....

Ellen andrée. Renoir

Ellen andrée. Renoir

Le déjeuner des canotiers. Renoir.(1881)

Le déjeuner des canotiers. Renoir.(1881)

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Dans le célèbre déjeuner des canotiers, elle est présente parmi les 4 personnages du groupe principal, autour de la table. A droite, assis à califourchon sur sa chaise, le peintre Caillebotte semble plus intéressé par la femme en face de lui que par sa voisine (Ellen Andrée) vers laquelle se penche le journaliste italien, Maggiolo.

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Renoir privilégie sa sensualité et sa grâce. Ell sera satisfaite du résultat et considérera que c'est lui qui aura été le plus fidèle à sa nature de femme libre et vivante.

L'Absinthe. Degas. 1873

L'Absinthe. Degas. 1873

Elle ne pense pas la même chose de Degas qui la fait poser pour son tableau "l'Absinthe".

Elle est assise à côté de Marcellin Desboutin dans le café de la Nouvelle Athènes, place Pigalle, où Manet avait déjà peint "la Prune".

Degas donne à voir l'isolement des buveurs enfermés dans leur monde. Zola apprécie l'oeuvre et il dira à Degas, à propos de "l'Assommoir" : "J'ai tout bonnement décrit quelques uns de vos tableaux."

Ellen Andrée s'inquiète d'être assimilée à la femme alcoolique que le peintre a représentée. Elle insiste pour qu'il précise qu'elle était une femme tout à fait sobre et qu'il lui avait fait jouer un rôle de composition!

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)
Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

A force de fréquenter les peintres, Ellen Andrée finit par en épouser un!

En 1887, elle devient la femme de Henri Drumont, un vrai Montmartrois puisqu'il est né en 1859 dans la commune libre (comme Gervex), un an avant qu'elle ne soit rattachée à la capitale!

Près de la barque; Henri Drumont.

Près de la barque; Henri Drumont.

Laissons les derniers mots à Ellen Andrée qui évoque son existence d'artiste et de modèle :

"J'ai toujours été fourrée dans les peintres : Degas, Renoir, Manet... Ils m'ont tous fait mon portrait plus ou moins, souvent plutôt deux fois qu'une, mais j'ai perdu tout cela en des ventes, je partais pour l'Amérique, j'étais amoureuse..."

(Ellen Andrée par Jean d'Arc. Le Courrier Français 1891

Un coin d'atelier (1887) Edouard Joseph Dantan (Ellen Andrée)

Un coin d'atelier (1887) Edouard Joseph Dantan (Ellen Andrée)

Ellen Andrée. Degas (1876)

Ellen Andrée. Degas (1876)

Femme dans la rue. Degas. 1879. (Ellen Andrée)M

Femme dans la rue. Degas. 1879. (Ellen Andrée)M

Au café. Manet (1878) (Ellen Andrée)

Au café. Manet (1878) (Ellen Andrée)

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Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Le mur des je t'aime est devenu un lieu incontournable, passage obligé des amoureux ou des aspirants à l'amour venus visiter Paris.

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Jehan-Rictus (Steinlen)
Jehan-Rictus (Steinlen)

Il est élevé dans le square Jehan-Rictus, place des Abbesses.

Pas sûr que Jehan-Rictus, le poète de la misère et de la révolte soit le meilleur gardien de cette "oeuvre" qui sans doute le ferait sourire.

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Laissons-le soliloquer dans son coin...

La plupart des visiteurs ne savent pas qui il est... et veulent croire qu'ils entrent dans un jardin romantique et bohême...

Paris (Montmartre en particulier) a l'art de se fabriquer des images!

L'ancienne mairie du 18ème place des Abbesses.

L'ancienne mairie du 18ème place des Abbesses.

En cet endroit s'élevait l'ancienne mairie du XVIIIème, où siégea Clémenceau en 1870 et Jean-Baptiste Clément, le poète du Temps des Cerises, pendant la Commune.

Sur un mur pignon assez laid, ont été posés des carreaux de lave émaillée.

Il y en a 612... (je n'ai pas vérifié! mais les matheux peuvent s'y coller : sachant que le mur a une superficie de 40 m2 et que chaque plaque mesure 21cm x29,7cm.... )

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

En 1992, un jeune homme, Frédéric Baron, a fait la vendange d'un millier de "je t'aime" exprimés en 311 langues et dialectes, du mandarin au navajo, du berbère au basque...

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Une artiste, Claire Kito les a calligraphiés....

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Et voilà notre mur habillé pour l'hiver!

Il a la superficie moyenne d'un petit deux pièces parisien pour jeune couple pas trop fauché...

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Des éclats rouge vif sont projetés sur le fond bleu marine.

Ils forment les pièces d'un puzzle qui si on les réunissait, dessineraient un coeur parfait,

un coeur irrigué de sang,

un coeur battant!

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

C'est la belle idée de cette oeuvre et c'est ce qui lui évite de tomber dans la miévrerie.

On pense à Babel, à toutes ces langues qui séparent les hommes.

Pourquoi tant de mots différents pour dire la même chose?

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Devant ces taches rouge, je pense au Temps des Cerises...

Au sort qu'on réserva sur notre Butte aux hommes et aux femmes qui luttèrent pour qu'un jour tous les habitants de la Terre puissent se dire "Je t'aime".

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

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Tombe de Maman Perdon. Division 2.

Tombe de Maman Perdon. Division 2.

Voilà une femme hors du commun qui ne trouvait pas exceptionnel de se dévouer pour les autres.

Sa tombe dans le petit cimetière attire l'attention du visiteur.

La veilleuse sur la tombe

La veilleuse sur la tombe

Jeanne Lepailleur est née en 1872 à Paris, dans le XVIIème arrondissement.

Elle épousa à 20 ans monsieur Perdon, un brave homme sans histoire.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Elle choisit d'être infirmière par vocation et elle donne la mesure de son dévouement pendant la guerre de 1914.

Les témoignages de nombreux soldats blessés rendent hommage à sa disponibilité et à son attention.

Les hommes souffrants ou angoissés appellent leur mère à leur chevet et c'est l'infirmière qui tente de les rassurer. Très vite, les hommes la surnomment "Maman Perdon".

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.
Monument aux infirmières (Pierrefonds)
Monument aux infirmières (Pierrefonds)

Elle est infirmière major à proximité du front. Une de ses amies,Elisabeth Jalaguier est tuée non loin d'elle lors d'un bombardement sur le centre de soins.

Maman Perdon s'engagera après la guerre pour qu'un monument soit érigé à la mémoire des infirmières tuées, à l'emplacement précis où sa camarade avait trouvé la mort.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

En 1915, à l'hôpital de Villers-Cotterets, elle fait preuve d'un courage exemplaire. Les journaux publient sa citation à l'ordre du jour :

"Madame Juliette Perdon a contribué avec le plus grand dévouement, à soigner les malades et les blessés de l'hôpital d'évacuation, ne reculant devant aucune besogne. Au cours du bombardement du 17 juin 1915, elle vit éclater à moins de dix mètres d'elle un obus de 380 millimètres dont l'explosion l'a couverte de débris de terre, n'en continua pas moins, sans manifester aucune émotion, à donner ses soins aux malades et blessés et ne consentit à quitter l'hôpital qu'après une évacuation complète."

Maman Perdon à 67 ans.

Maman Perdon à 67 ans.

Après la guerre, à Montmartre où elle habite, elle ne compte pas son temps et sa peine pour soigner les malades.

Il n'est pas surprenant qu'en 1939, lors de l'exode, elle apporte du secours aux blessés sur les routes.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Elle prend sous son aile des gosses de la Butte, des petits Poulbots particulièrement vulmérables. Elle veille sur eux et les emmène loin de Paris, à l'abri des bombardements. C'est pendant cette "mission" qu'elle est renversée par un camion militaire. Elle est heurtée au visage et perd la vue.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Après la guerre, bien que modeste, elle n'est pas insensible aux honneurs. Elle porte avec fierté ses nombreuses médailles!

En 1948, elle est nommée Chevalier de la Légion d'honneur et c'est Robert Schuman qui la décore.

Elle reçoit : la Croix de guerre avec palme, la médaille interalliée, la médaille de la Victoire, la Croix d'honneur du dévouement national et... les Palmes académiques...

L'arrière du 3 (à gauche) donne sur l'est de la Butte.

L'arrière du 3 (à gauche) donne sur l'est de la Butte.

Les dernières années sont un peu tristes. Elle vit seule, sans famille, dans une petite chambre tapissée de souvenirs, 3 place du Tertre.

Sa fenêtre ne donne pas sur la place mais sur l'église Saint-Pierre et le Sacré-Coeur.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.
Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Elle meurt à 82 ans, le 30 novembre 1954.

Elle est enterrée dans le cimetière Saint-Vincent.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

La stèle sculptée qui orne sa tombe ne la flatte pas!

La bonne infirmière y paraît sévère et raide.

Celle qui apporta tendresse et compassion aux grands blessés apparaît ici, sur une pierre couleur d'ossements...

Elle porte des lunettes rondes qui font penser à des orbites creuses...

Sur son visage, un sourire esquissé se transforme en rictus...

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Par chance, maman Perdon a perdu la vue et si l'envie lui prenait de sortir de sa tombe à l'appel d'un voisin qui aurait besoin de réconfort, elle n'y verrait que du feu...

Le feu de la veilleuse que des mains reconnaissantes allument parfois sur sa pierre...

La dernière photo de maman Perdon

La dernière photo de maman Perdon

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La Folie Sandrin en 1830

La Folie Sandrin en 1830

La Folie Sandrin aujourd'hui

La Folie Sandrin aujourd'hui

La Folie Sandrin!

Qui ne connaît à Montmartre cette imposante construction sise au 22 rue Norvins, tournant fièrement son fronton vers Paris, l'air de dire qu'aucune demeure, aucun hôtel de la capitale ne jouira jamais d'une telle situation ni d'une telle vue?

Au 1er plan le réservoir. La grille d'entrée telle qu'elle est restée depuis le sieur Sandrin.

Au 1er plan le réservoir. La grille d'entrée telle qu'elle est restée depuis le sieur Sandrin.

Les bâtiments dont une partie remonte au XVIIIème siècle se sont d'abord appelés Palais Bellevue. C'est sous ce nom qu'ils deviennent la propriété en 1774 d'Antoine Gabriel Sandrin (parfois orthographié Cendrin).

Notre homme a fait fortune dans la bougie! Il est en effet Maître et marchand chandelier.

Atelier du Maître Chandelier (ou cirier).

Atelier du Maître Chandelier (ou cirier).

La propriété acquise par Sandrin était telle qu'elle avait été édifiée à la fin du XVIIème siècle, un peu austère au goût du chandelier, homme des lumières avant la lettre, qui rasa quelques bâtiments annexes et fit édifier une demeure vaste et claire dans ce village de Montmartre où elle fut appelée aussitôt "Folie Sandrin".

Rappelons s'il en était besoin que la folie n'est pas la maladie que tentera de soigner en ce lieu le célèbre Docteur Blanche, mais une "feuillée" c'est à dire une maison de campagne sous les arbres !

Des rocailles ensauvageaient les jardins et furent à l'origine du nom de maison des rochers que certains Montmartrois donnèrent alors à la folie.

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue Norvins.
La Folie Sandrin. Montmartre. Rue Norvins.

Une description notariale a été rédigée pour la vente de la propriété en 1795 à un marchand de vin (clin d'oeil de l'histoire puisque le réservoir situé devant la folie est devenu le siège de la commanderie pinardière du Clos Montmartre, soucieuse de promouvoir dans l'univers la production des vignes locales).

Elle nous donne une idée de l'opulence de cette demeure qui comportait 24 pièces et était entourée d'un vaste jardin aménagé, à l'arrière, dans le goût anglais.

Arrière de la folie rue des saules. Les jardins.

Arrière de la folie rue des saules. Les jardins.

La folie depuis la rue des Saules.

La folie depuis la rue des Saules.

Philippe Pinel (1745-1826) dont le docteur Prost est disciple.

Le marchand de vins ne fit pas fortune et, en 1805, revendit sa propriété au docteur Prost, aliéniste disciple de Philippe Pinel qui,s'insurgeant contre les traitements inhumains réservés aux "fous" (chaînes, électricité...) prônait un traitement "moral" de la folie. Il importait pour lui de traiter les malades avec bienveillance et compassion, leur parler, vivre avec eux...

Le docteur Prost partageait ses repas avec ses pensionnaires, les écoutait, les traitait avec respect. Il obtint des résultats si encourageants que son établissement devint célèbre.

Pinel libère de leurs chaînes les aliénés de la Salpétrièree. (Robert Fleury 1795)

Pinel libère de leurs chaînes les aliénés de la Salpétrièree. (Robert Fleury 1795)

Au coeur du village, la maison de santé du docteur Prost. (gravure 1820)

Au coeur du village, la maison de santé du docteur Prost. (gravure 1820)

Esprit Sylvestre Blanche (seule photo connue du docteur)

En 1820 le docteur Prost cèda son établissement qui avait acquis une réputation flatteuse à un autre docteur, Esprit Blanche (1796-1852).

Avec lui, la Folie Sandrin entra dans l'histoire littéraire. Un des plus grands poètes du XIXème siècle, Gérard de Nerval y séjourna en effet

Il la décrivit dans "La Bohême Galante" comme une "villa fashionable et même aristocratique"!g>

La Folie Sandrin. Entrée 22 rue Norvins.

La Folie Sandrin. Entrée 22 rue Norvins.

Utrillo (1910)

Utrillo (1910)

C'est en 1841 qu'il est accueilli à la Folie Sandrin. La maison lui paraît luxueuse, en contraste total avec les asiles d'aliénés où les malades sont à peine mieux traités que des animaux. Les tarifs sont si élevés que le poète n'aurait jamais pu y payer sa pension si la générosité du docteur Blanche n'avait acccordé la gratuité aux artistes.

Nerval est atteint de psychose maniaco-dépressive doublée de schizophrénie, une maladie que l'on traite aujourd'hui par la chimie. Le docteur Blanche le juge incurable.

Maison de santé du docteur Blanche à Passy.

Maison de santé du docteur Blanche à Passy.

Emile Blanche (John singer Sargent)

Nerval apprécie le calme et le charme de Montmartre au point qu'il choisira d'y séjourner en 1846, au Château de Brouillards.

Quand il subira sa grande crise en 1853-1854, il retrouvera le docteur Blanche.

Mais la maison de soins aura déménagé à Passy et le docteur Blanche ne se prénommera plus Esprit mais Emile (fils du précédent).

C'est pendant ce dernier séjour qui précèdera sa mort qu'il écrira Aurélia où rêve et réalité se mêlent, où sont percées les "portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible".

Jacques Arago

Jacques Arago

Portrait du chef hawaïen Ooro (Jacques Arago. 1819)

Portrait du chef hawaïen Ooro (Jacques Arago. 1819)

Parmi les pensionnaires célèbres du docteur Blanche à Montmartre, on trouve Jacques Arago (1790-1854)

Frère de Jean et de François (le plus célèbre des trois) il est à la fois écrivain et explorateur. Il rapporte de ses voyages de nombreux croquis.

C'est lui qui nous laisse dans son ouvrage "Paris ou le livre des cent et un" la description la plus complète du docteur Blanche, de sa femme et de la "maison de fous" comme il l'appelle :

Au haut de la butte Montmartre, sur un tertre dominé par les bras gigantesques de plusieurs moulins à vent, est un édifice irrégulier de quelque apparence, dont la façade blanche, assez élégante, appelle les regards des curieux (...) Le derrière de la maison donne sur un jardin à l’anglaise, petit, mais agréable. Les malades, les idiots, les fous, s’y promènent à volonté ; ceux dont la folie est dangereuse sont séparés des autres par une haute palissade de planches, qu’ils ne peuvent ni franchir, ni abattre. D’un côté la douleur, de l’autre le </em>désespoir (...)

En 1899. Dessin de Pierre Vidal.

En 1899. Dessin de Pierre Vidal.

La Maison du docteur Blanche en 1906

La Maison du docteur Blanche en 1906

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue Norvins.

Monrose dans l'Etourdi de Molière.

Un autre pensionnaire célèbre fut Claude Barizain (1783-1843) acteur du théâtre Français connu sous le nom de Monrose.

Il était spécialisé dans les rôles impertinents de valets, tels Scapin, Crispin ou Sganarelle. Spirituel et primesautier sur scène, il était dans la vie d'une grande mélancolie. Une "mélancolie incurable" diagnostiquera le docteur Blanche.

Quand sa femme meurt en 1841, il reste prostré, frappé d'amnésie. Il est conduit en 1842 dans la maison de Montmartre.

En janvier 1843, le docteur Blanche l'accompagne au théâtre où devant son public, Monrose, retrouvant soudain la mémoire, joue sans une faute le rôle de Figaro dans le Barbier de Séville. Il connaît un immense et ultime succès dû à sa performance et à l'émotion de ses admirateurs qui savaient qu'ils assistaient à un adieu.

Trois mois et demi plus tard, Monrose meurt dans son refuge montmartrois. Il est enterré au cimetière Montmartre.

Emilie de Lavalette.

Parmi les hôtes célèbres de la Maison Blanche, mention doit être faite d'une grande amoureuse : Emilie de Lavalette (nièce de Joséphine de Beauharnais, 1781-1855)

Emilie de Lavalette à la Conciergerie. D'après Dévéria.

En 1815, pendant la "Terreur Blanche", son mari, Antoine de Lavalette, ancien aide de camp de Napoléon, est arrêté et condamné à mort. Emilie se rend avec sa fille à la Conciergerie où il est incarcéré. Après avoir dit adieu à son mari elle quitte la prison. On découvrira, trop tard pour le rattraper, qu'Antoine est ressorti déguisé en femme avec sa fille tandis qu'Emilie prenait sa place dans sa cellule!

Après des mois d'emprisonnement éprouvant où elle est traitée sans ménagement, Emilie a recours aux soins du docteur Blanche qui dans un premier temps la remet d'aplomb. Mais après la mort de sa fille, sa raison défaille de nouveau. Elle ne reconnaîtra pas son mari revenu d'exil.

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue Norvins.
La Folie Sandrin. Montmartre. Rue Norvins.

Après le départ du docteur Blanche, sa maison connaît divers avatars.

Elle devient jusqu'en 1875 une institution de demoiselles de bonne famille, sous la houlette d'une certaine veuve Mathieu.

La veuve disparue, une fabrique de broderies avec de jolies brodeuses style Mimi Pinson, occupa les lieux. Elle appartenait à un Monsieur Gilbert dont je n'ai trouvé aucune trace!

Folie Sandrin. Cours Normal de Montmartre (1964)

Folie Sandrin. Cours Normal de Montmartre (1964)

La fabrique fait faillite. Un institut normal de jeunes filles prend possession des lieux dans les décennies 1950 et 60.

Hélène, une Montmartroise qui y fut élève se rappelle son école :

"J'ai été élève au Cours Normal de Montmartre dans les années 58-60. J'en ai gardé le souvenir de bâtiments vétustes (le plafond de la salle de classe menaçait de s'effondrer!) et d'un immense jardin où nous faisions la gym et allions en récré.

Le jardin était boisé et mal et moins bien entretenu mais il avait plus de charme."

Cours Normal de Montmartre. Les jardins.

Cours Normal de Montmartre. Les jardins.

La Folie avant les travaux de réhabilitation

...et puis Montmartre devient la proie des promoteurs aux longues dents. La folie est rachetée, restructurée, modernisée et vendue en appartements de luxe!

Les travaux. En route vers la Résidence de luxe!

Les travaux. En route vers la Résidence de luxe!

Jean Marais. Orphée.

Jean Marais. Orphée.

Respectons l'anonymat de ses heureux habitants.

Parmi ceux qui après y avoir vécu ont quitté à tout jamais la Butte, retenons le plus flamboyant d'entre eux, Jean Marais, qui partageait sa vie entre Vallauris et Montmartre!

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue Norvins.
Folie Sandrin. Jardins.

Folie Sandrin. Jardins.

La propriété se protège derrière ses grilles et ses murs.

Le prix du m2 peut y flirter avec les 22 000 euros.

Le bon docteur Blanche n'aurait plus les moyens d'y installer sa maison de soins et Nerval irait se pendre ailleurs!

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue Norvins.
La Folie Sandrin. Montmartre. Rue Norvins.

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Le Château des Brouillards. Montmartre.

C'est un des lieux les plus romantiques de la Butte.

Son nom fait rêver.

On imagine, émergeant de la brume un palais de contes de fées, avec quelques sorcières rôdant aux alentours.

Le Château des Brouillards. Montmartre.

La réalité est plus prosaïque et pourtant...

Montmartre en 1789. Les canons.

Montmartre en 1789. Les canons.

A l'origine, c'est à dire au début du XVIIème siècle, il y avait sur ce versant de la Butte un terrain vague où se délabraient une vieille ferme abandonnée et un moulin qui battait de l'aile!

Il s'était appelé "moulin des brouillards" avant d'être baptisé "moulin du vin".

Nous sommes à l'époque des "folies", ces résidences campagnardes que les nobles ou les bourgeois enrichis se font construire à proximité des villes.

Un avocat au Parlement de Paris, un certain Legrand Ducampjean, tombe amoureux de l'endroit. Il achète le terrain de 7000 m2, rase les ruines de la ferme et du moulin pour faire construire sa "folie".

Bien que relativement modeste elle est vite appelée "château" par les villageois.

La fontaine du But (autrefois du Buc)

La fontaine du But (autrefois du Buc)

En contrebas se trouve la Fontaine du But.

Cette fontaine, à l'origine Fontaine "du buc" est située dans le tournant de la rue de l'Abreuvoir et de la rue Girardon, au pied de l'escalier qui aujourd'hui permet de rejoindre la place Constantin Pecqueur (jadis place de la Fontaine du but).

Le Château des Brouillards. Montmartre.

C'est là que les meuniers de la Butte amenaient leurs ânes, c'est encore là que les éleveurs venaient laver leurs boeufs avant de les conduire à l'abattoir.

De la fontaine s'élevaient des vapeurs qui certains jours d'hiver formaient un rideau de brume. Il n'en fallait pas plus pour que la rue fût appelée rue des Brouillards de même que le "château" construit à proximité.

Certains adorateurs de la dive bouteille prétendent que le nom de "brouillards" daterait du moulin du vin où le soir de joyeuses compagnies vidaient force tonneaux et se retrouvaient dans un état comateux dû à la boisson sacrée!

Le Château des Brouillards. Montmartre.

L'avocat fait édifier un bâtiment central et deux pavillons au milieu de ses terres et de ses vignes qui descendaient au-delà de la rue Caulaincourt actuelle.

Notre homme est bien placé pour sentir tourner le vent!

Il liquide ses biens avant que n'éclate la Révolution, place son argent en pièces d'or et attend à l'écart que s'éloigne la tourmente.

On ignore alors ce que devient sa "folie".

Le Château des Brouillards. Montmartre.

On ne retrouve des traces de son histoire qu'en 1818. Le domaine est alors divisé en deux parties et vendu à deux acquéreurs.

C'est vers 1828 que Nerval serait venu y résider.

En bon Montmartrois dont la bonne foi est égale à celle des Marseillais, j'estime que c'est une certitude!

Nerval y a vécu pendant presque 10 ans et c'est en ce lieu champêtre qu'il a écrit son Voyage en Orient, parole de Montmartrois!

Il a tellement aimé l'endroit qu'il l'a évoqué dans Promenades et Souvenirs :

..."Ce qui me séduisait avant tout, dans ce petit espace abrité par les grands arbres du château des Brouillards, c'était le reste du vignoble lié au souvenir de Saint-Denis qui, au point de vue philosophique, était peut-être le second Bacchus..."

Le Château des Brouillards. Montmartre.

C'est un éclairage intéressant sur saint Denis dont le nom, comme chacun sait, vient du grec Dionysos, c'est à dire le dieu du vin, le Bacchus des Latins.

Qu'il ait perdu la tête au milieu des vignes apporte de l'eau (!) au moulin de ceux qui affirment que les "brouillards" sont ceux de l'ivresse!

Entrée du Château des Brouillards rue Girardon

Entrée du Château des Brouillards rue Girardon

Montmartre en 1848 (photo le Gray, bnf)
Montmartre en 1848 (photo le Gray, bnf)

En 1848, pendant la révolution, le Club Républicain de Montmartre siège dans le "château" sous la direction de Léon Chautard.

Allée des Brouillards
Allée des Brouillards

En 1850 le parc est en partie sacrifié, les bâtiments annexes sont détruits pour laisser place à une série de modestes pavillons, là où s'élèvent aujourd'hui les immeubles très recherchés de l'Allée des Brouillards.

Château des Brouillards (Parisienne de photos)

Château des Brouillards (Parisienne de photos)

Le Château des Brouillards. Montmartre.

Les pavillons de bois sont proches du Maquis fait de cabanes et de constructions hétéroclites qui couvraient toute l'avenue Junot actuelle.

Il n'est donc pas étonnant qu'ils aient été parfois occupés par des artistes sans le sou. Steinlen, l'homme au grand coeur, passionné de justice et de chats y aurait vécu avant de s'établir plus bas, dans son Cat's Cottage ouvert aux miséreux et aux matous faméliques.

Le Château des Brouillards. Montmartre.

En 1889 Renoir débarque avec sa petite famille dans le pavillons 6.

L'entrée se fait par la grille du Château au 13 rue Girardon.

Jean Renoir (Auguste Renoir)

Jean Renoir (Auguste Renoir)

Son fils Jean y voit le jour et c'est là qu'il passe les trois premières années de sa vie.

Il garde le souvenir du jardin sauvage, des chèvres qui y venaient brouter. Le panthéisme qui inspirera certains de ses plus beaux films doit sans doute quelque chose à la Butte encore sauvage où vivaient artistes et marginaux.

Aline Renoir, modèle pour les Canotiers.

Aline Renoir, modèle pour les Canotiers.

Le Château des Brouillards. Montmartre.

Parmi eux le pittoresque Bibi la Purée qui s'invite parfois dans la cuisine d'Aline Renoir.

Jean parlera plus tard d'un couple moderne de deux gentils garçons, toujours tirés à 4 épingles et qui avaient entouré leur pavillon de clochettes et de sonnailles qui les avertissaent de l'approche d'un visiteur, fût-il un petit garçon qui savait à peine marcher!

Un beau matin la police débarqua et malgré le tintement des cloches, investit le pavillon. Les deux oiseaux n'étaient plus dans le nid! Ils avaient pris la poudre d'escampette et l'on ne retrouva au logis que du matériel d'imprimerie et des liasses de faux billets!

Dorgelès se souviendra de cette histoire dans son roman "Le Château des Brouillards"!

Gabrielle et Jean Renoir (Auguste Renoir)

Gabrielle et Jean Renoir (Auguste Renoir)

Gabrielle
Gabrielle

La femme de Renoir fait venir de sa province pour la naissance de son deuxième fils, Gabrielle qui servira de nourrice au petit Jean et de modèle maintes fois brossé au grand Auguste!

Zola et Alexis
Zola et Alexis

Parmi les voisins de Renoir figure Paul Alexis, écrivain naturaliste surnommé "l'ombre de Zola" qui participe aux Soirées de Médan et qui comme son maître défend avec véhémence Dreyfus. Sa fille Paule est parfois présente dans les toiles de Renoir.

Château côté Girardon

Château côté Girardon

Entrée, rue Girardon

Entrée, rue Girardon

Le Château des Brouillards. Montmartre.

Les pavillons ont abrité d'autres hôtes qui deviendront illustres. Léon Bloy y résida de 1904 à 1905 pavillon 3)

De retour de ses années danoises il s'était installé à Lagny ("Cochons sur Marne") qu'il fuit en 1904 pour vivre à Montmartre où il rencontre Rouault le peintre qui lui ressemble le plus.

Cocteau y fit un bref passage et puis... Montmartre devint à la mode et le maquis fut détruit.

Le château trembla plusieurs fois sur ses fondations car de nombreux projets le rayaient de la carte pour laisser place à des immeubles cossus.

Il importe de rendre hommage à Victot Perrot, notaire, historien et président du Vieux Montmartre qui l'acheta, le restaura et, une fois ruiné, en vendit une partie.

Le Château des Brouillards. Montmartre.

L'allée des Brouillards se transforma en ruelle, les pavillons légers disparurent, remplacés par de petits immeubles pour artistes et bourgeois désireux de se donner une image de bohême (de luxe).

Citons par exemple Jean-Pierre Aumont. Une plaque commémorative rappelle au passant qui risquerait de l'oublier, que le comédien y vécut (n° 4) de 1980 à 2000.

La suite n'a que peu d'intérêt... mais beaucoup d'intérêts...

En 2002 le château est racheté par un nabab belge enrichi par les jeans de luxe.

En 2012 il le revend à un prix astronomique après une restauration luxueuse qui n'a pas toujours respecté le charme du vieux bâtiment.

Mais où sont les brouillards d'antan?

Neige et brouillard

Neige et brouillard

Entrée hier

Entrée hier

Entrée aujourd'hui

Entrée aujourd'hui

Allée des Brouillards et rue de l'Abreuvoir

Allée des Brouillards et rue de l'Abreuvoir

Vu par Utrillo

Vu par Utrillo

A quels seins se vouer?

A quels seins se vouer?

Côté Place Casadesus

Côté Place Casadesus

L'arrière sur le square... le grand n'importe quoi architectural

L'arrière sur le square... le grand n'importe quoi architectural

Le Château côté rue Girardon par Utrillo

Le Château côté rue Girardon par Utrillo

Le Château des Brouillards. Montmartre.
Le Château des Brouillards. Montmartre.
Le Château des Brouillards. Montmartre.

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Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Inutile de présenter François Gabriel (1883-1964) le "Roi des Photographes de la Butte Sacrée" comme le proclame l'enseigne peinte par Matho qui était accrochée sur la façade de l'immeuble du 36 rue Muller (aujourd'hui 2 rue Utrillo) où le photographe avait sa boutique, son labo et son appartement.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Pendant plus de 50 ans il a photographié le même escalier avec les promeneurs, les habitants du quartier, les visiteurs qui redescendaient du Sacré-Coeur.

On voit sur ses clichés passer les années, changer les modes vestimentaires, sourire pour les amis ou la famille tant et tant de passants aujourd'hui disparus.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Le jour où je serai maire de Montmartre, je veillerai à ce qu'une rue porte son nom ! Il est une partie de la mémoire de notre quartier et il a un nom d'archange!

1918

1918

La guerre est à peine terminée, on se presse sur les marches, les enfants de l'avenir au premier plan!

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

En haut de la photo, à gauche, une femme tient un bébé bien éveillé qui semble regarder l'objectif.

1920

1920

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Deu ans plus tard, le garçon a grandi.

Sa famille habite rue Muller.

Il n'a que trois pas de souris à faire pour atteindre les escaliers et en bas-des marches, le domaine enchanté du square Saint-Pierre avec ses buissons, ses ponts rustiques, son cours d'eau et ses fontaines...

1920

1920

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Il a bientôt trois ans. Il est au premier plan dans le groupe d'enfants devant le réverbère. c'est lui qui lève le museau, à droite vers des copains plus grands que lui.

Poulbot qui passait par là a dû le remarquer!

1921

1921

L'oncle Charles mort en 1914
L'oncle Charles mort en 1914

En 1921 nous reconnaissons sa petite bouille sur la photo.

Il s'appelle Charles comme son oncle mort à la guerre de 14.

Son père a eu plus de chance, il en est revenu après avoir contribué à sauver des vies comme infirmier. Il n'y a que trois ans que la guerre est finie!

Combien de passantes, vêtues de noir, portent le deuil d'un époux, d'un frère ou d'un fils!

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Charles est encore un "petit".

Il a droit à la place d'honneur, au centre de la photo devant le réverbère inamovible.

1924

1924

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Les années passent. Les photos des années 22 et 23 ont disparu. Peut-être en retrouvera t-on au hasard des brocantes ou des ventes sur des sites spécialisés.

Nous sommes en 1924.

L'enfant est devenu un gars de la Butte, avec gouaille et casquette.

Il n'est plus au premier rang avec les petits. Il les domine d'une bonne casquette, le coude appuyé contre le réverbère.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

C'est la plus belle brochette de poulbots dont on puisse rêver!

1926

1926

enfants réunis autour de Poulbot. Casquette et béret sont à la mode!
enfants réunis autour de Poulbot. Casquette et béret sont à la mode!

Deux ans plus tard, Charles prend de la hauteur.

Il est sur les marches avec un camarade de butte.

Il porte un béret bien enfoncé sur la tête.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Les deux copains saluent le photographe, pressés d'en finir et de retourner à leurs activités!

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
1926

1926

La même année 1926, Charles a changé de tenue.

Il a revêtu un costume marin.

Il est si beau dans ses nouveaux habits que le photographe le place de nouveau au premier plan.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Bien campé sur ses jambes, les mains dans les poches, il est prêt à prendre la mer!

1929

1929

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Trois ans plus tard le marin a retrouvé son béret!

Nous sommes en 1929, l'année du krach de Wall Street mais que New-York est loin de la Butte!

1930

1930

Même rue, en haut! Un copain de Charles?
Même rue, en haut! Un copain de Charles?

1930. Il a plu sur les marches. Charles se prend à rêver qu'il est dans la jungle! Le réverbère est un cocotier.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Quelques mois plus tard, on retrouve Charles devant l'escalier

1931

1931

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Il a grandi. Il ne porte plus le béret enfoncé comme un casque sur la tête mais il l'arrange avec coquetterie!

Il tient par les pattes un petit chien qui regarde comme lui vers l'objectif et le petit oiseau qui va sortir!

1932

1932

La dernière photo de Charles rue Muller date de 1932. Il a presque 16 ans. Il n'a plus l'âge de jouer dans le square avec les petits poulbots.

Il est devenu un jeune homme à qui les lunettes donnent un air sérieux.

Charles à gauche,, mains dans les poches.

Charles à gauche,, mains dans les poches.

C'est la dernière photo retrouvée où on voie encore Charles dans les escaliers. Les clichés des années suivantes se sont perdus ou peut-être le garçon devenu un homme n'aimait-il plus se faire photographier dans les escaliers de son enfance...

Vous avez deviné son nom....

Il s'appelait Charles Gabriel, fils de François Gabriel

Il était prince

Il était fils du Roi des Photographes de la Butte Sacrée!

Charles à 4 ans

Charles à 4 ans

Un jour de 1959, le roi quitta son royaume après 56 ans de règne. Il descendit les marches pour aller vivre plus bas, rue du Baigneur. C'est là qu'il mourut 5 ans plus tard en laissant à des milliers de gens qu'il avait photographiés un éclat d'éternité!

36 rue Muller (2 rue utrillo)

36 rue Muller (2 rue utrillo)

La boutique du photographe. Hier et aujourd'hui.
La boutique du photographe. Hier et aujourd'hui.

La boutique du photographe. Hier et aujourd'hui.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
La plus belle photo du fils du photographe!
La plus belle photo du fils du photographe!

Liens : François Gabriel.

François Gabriel, le chien de la rue Muller

François Gabriel. Le réverbère de la rue Muller

La rue Utrillo (ancienne rue Muller)

Liens : Montmartre

Montmartre lieux typiques

Montmartre, rues et places.

Montmartre. Artistes, personnalités.

(Merci à Hélène, fille de Charles, Montmartroise de souvenirs et de coeur, pour ces documents et pour la passion que je lui dois pour les photos de son grand-père François Gabriel)

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

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