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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     C'est par hasard que je suis passé devant sa tombe après être allé rendre visite à Monique Morelli et au chat roux qui dort au pied de son caveau.

 

 

 

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

      Le bonhomme bleu, une main montrant le ciel et l'autre la terre a attiré mon attention.

     J'ai lu le nom de celui qui avait élu domicile sous la pierre étrangement vermoulue où on l'a couché quelques jours après sa mort le 28 décembre 2016.

 

    Quelle belle définition pour un homme que celle-là! Auteur, compositeur, promeneur! L'élégance de ne pas trop se prendre au sérieux et de rappeler que l'on est nomade dans le monde.

 

    Je ne connais pas tous les liens de Pierre Barouh avec Montmartre mais j'imagine que dans sa jeunesse chantante il a fréquenté la Butte où vivaient nombre de ses amis chanteurs et compositeurs.

Il est certain que son studio Saravah était situé sur la Butte, passage des Abbesses où il tiendra le cap entre 1965 et 1977, année de sa vente...

Anouk Aimée et Pierre Barouh. "Un homme et une femme".

Anouk Aimée et Pierre Barouh. "Un homme et une femme".

    Comme tout le monde, j'ai dans la tête le refrain entêtant de la chanson qu'il a écrite pour "Un homme et une femme" de Lelouch (un vrai Montmartrois), avec la complicité de Francis Lai pour la musique. C'est sur le tournage du film qu'il rencontra Anouk Aimée qu'il aima et épousa.

Leur amour dura trois ans comme les amours intenses. 

 

     Et puis, il connut d'autres amours sans jamais renier personne. Dominique bien sûr, dix années de complicité et de créativité. Au sens propre du terme car ils ont un fils qui porte le même prénom que sa mère.

Je crois (bien qu'il soit un peu prétentieux de ma part de l'affirmer alors que je le connais si peu) qu'il n'y avait en lui ni ressentiment ni haine. Ce sont ses poèmes qui m'en convainquent.

 

    Pourtant, la haine, il aurait pu la nourrir....

    En effet, le flâneur, l'amoureux aurait pu ne jamais flâner, ne jamais aimer s'il n'avait été caché en Vendée pendant l'occupation. Il serait parti en fumée comme les milliers d'enfants juifs déportés et assassinés. Anouk Aimée, elle aussi avait été cachée dans un département voisin la Charente.

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     Est-ce la conscience de la précarité de la vie et de ses hasards qui firent de lui un humaniste, un vivant, un homme aux yeux ouverts sur les autres?

 

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     Un homme qui ne cessa d'être un passeur. Il aimait plus que tout faire connaître les artistes qu'il aimait. C'est à cette fin qu'il créa son propre label "Saravah" pour y recevoir Higelin, Brigitte fontaine, Maurane, Caussimon..

 

... les musiciens brésiliens et africains qu'il aimait d'une passion qu'il tenait à partager.

     Il aima également le Japon, pays de sa femme Atsuko Ushioda avec qui il eut trois enfants.

 

Parmi eux sa fille Maïa qui comme lui chante la vie...

 

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     Le 28 décembre 2016, c'est un infarctus qui l'emporta. Le jour de son enterrement, le 4 janvier, il y eut autour de son cercueil décoré de pastels, la petite foule de ceux pour qui il comptait. Sa femme bien sûr et ses enfants, ses amis de toujours...

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

    Claude Lelouch était là, avec Anouk Aimée, avec Francis Lai....

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

    Comment ne pas rappeler un témoignage qui a pris un relief particulier avec les attentats de Paris?

 

    Dans les années 70, une association caritative organise un concert afin de récolter des fonds. Pierre Barouh fait partie des artistes qui ont tenu à y participer. Comme souvent dans ces manifestations, la salle est indisciplinée et brouillonne.

Pierre Barouh prend le micro et chante a capella.

Les spectateurs font soudain silence et l'écoutent jusqu'à la dernière parole, recueillis et attentifs...

Ce concert avait lieu au Bataclan et le titre de la chanson était   "Vivre".

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

" Moi si j'étais de bois

Je serais de ce bois qui fait les goélettes

Et je giflerais l'eau sans penser aux complots

Des grands fonds qui me guettent"

Pierre Barouh. cimetière Montmartre.

     C'est ce qui dit le petit bonhomme bleu sur sa stèle.

Il montre les grands fonds de la main gauche et le ciel de la main droite.

Entre les deux, le promeneur poursuit son voyage.... et prend le temps de faire des ronds dans l'eau!

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière.
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

Elle fait partie des artistes qui vous impressionnent, au sens profond du mot. De ceux qui vous laissent sur la peau et dans la mémoire une trace indélébile, un tatouage en forme de sourire à la fois lumineux et las...

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

Jeanne Moreau!

Nous avons appris sa mort au cœur de l'été, dans la saison du soleil-roi et de l'insouciance.

Baie des Anges... Jules et Jim... Viva Maria...Eva.... Le journal d'une femme de chambre...Ascenseur pour l'échafaud... et... tant d'images dans le désordre qui tournent dans notre mémoire et font partie de notre tourbillon de vie!

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

Visage de celle dont la voix n'a cessé de nous accompagner de sa petite musique...

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

Chacun de nous a ses préférences pour tel ou tel de ses films.... Moi je n'ai pas oublié une seule seconde de Jules et Jim, l'histoire plus vraie que la vie d'un amour libre et joyeux et grave...

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

De retour à Paris, je suis allé au cimetière Montmartre où elle a été enterrée.

Enterrée!

Comme si on mettait dans la terre les écrans de lumière où Jeanne Moreau reste vivante de son éternité de cinéma.

Je pense au si beau film de Noémie Lvovsky : "Demain et tous les autres jours".

La mère qui perd la raison demande à sa fille où sont passés tous les anniversaires, les années de jeunesse... Sa fille répond : "dans une boîte au fond de l'océan".

C'est ça l'enterrement :  Une boîte protégée par les profondeurs de la terre, avec bien vivants tous les moments de nos vies...

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

A quelques mètres de la dalle noire et brillante qui est posée sur Truffaut, elle "repose" ...si près...

 

 

Sous le ciment qui attend de recevoir le monument définitif, le nom de Jeanne Moreau, "Mademoiselle Jeanne Moreau", est gravé sur une plaque provisoire.

 

L'endroit est bien choisi, comme si, avant sa mort, mademoiselle Jeanne Moreau s'y était attardée et avait pensé qu'un jour ou une nuit, elle y serait bien, près de Truffaut qui l'avait aimée...

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

De l'autre côté de l'allée, c'est le cimetière juif.... Ce n'est pas Monsieur Klein mais Brauner qui est là, juste en face, avec sa sculpture du double visage et pourtant unique, celui du ciel et celui de la terre.

 

Si vous voulez vous promener dans le cimetière et vous arrêter un instant devant la tombe, c' est facile.... 

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

Une pleureuse vous montre le chemin, celle qui se penche douloureusement sur la tombe de Meilhac (Halévy son complice repose à une trentaine de mètres de là).

Vous prenez l'avenue Cordier après être passé devant Berlioz emprisonné dans un monument sinistre et noir, lui qui était passion et flamboyance...

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

Le jour où je suis allé au cimetière, il y avait un tournage : des cameramen, cadreurs, scripts.... une équipe était là, autour de Jackie Berroyer qui tournait "le malheur des autres".

 

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

C'est la vie qui continue, celle du cinéma qui respire de toutes les respirations disparues et de toutes celles à venir, le grand fleuve des images qui fertilisent notre vie.

 

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)
Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

Au revoir Madame, vous dont j'aurais aimé recevoir une flèche en plein cœur comme Charles Denner dans "La Mariée était en noir"!

Je n'ai pas la mémoire qui flanche quand je pense à vous... 

Je reviendrai en espérant que sera claire et chaude la pierre que l'on posera sur vous et où les chats du cimetière viendront dormir en rond...

 

Tombe de Jeanne Moreau. Cimetière Montmartre. (mise à jour 30 novembre)

    Je suis revenu le 30 novembre dans le cimetière. La tombe avait été achevée. Elle n'est pas de marbre blanc éclatant, elle n'est pas de marbre noire comme celle de Truffaut.... elle est grise, elle est triste, elle est banale.... 

    Elle vous va si mal que je suis rentré le cœur lourd à Montmartre. Vite j'ai écouté vos chansons. Je suis sûr qu'un arc en ciel s'est posé sur vous...

 

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     C'est une courte rue (249 m) qui va de la rue Pierre Fontaine à la rue Blanche.

     Elle a été créée en 1825 sur des terrains qui appartenaient à la famille Chaptal. Elle recevra le nom de son plus illustre représentant, le chimiste à qui l'on doit l'augmentation du taux d'alcool dans le vin par sucrage. Méthode appelée aujourd'hui "chaptalisation".

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    Notre savant aurait pu ne jamais honorer Bacchus si, conformément à ses vœux il avait persévéré dans la médecine. Mais, un jour où il pratiquait une dissection sur un jeune homme, il vit ce dernier se réveiller et se lever comme Lazare devant le Christ. Jean Chaptal en ressentit un tel effroi qu'il laissa là son scalpel  pour entamer des études de chimie !

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    Bon! Il n'est pas désagréable que notre vignoble montmartrois ait pour presque voisin un tel bienfaiteur du genre humain amateur de bonnes bouteilles.

Le 1

Le 1

     A l'angle de la rue Pigalle, il y avait le grand café "GAVARNIE" connu pour ses belles entraîneuses. C'était un des nombreux repaires à Pigalle des trafiquants en tout genre. Mais si nous le mentionnons aujourd'hui c'est parce qu'il accueillit pendant les années de la 2ème guerre un jeune pianiste plein de talent, amateur de jazz... Louis de Funès!

 

 

Pointe entre la rue Chaptal et la rue Fontaaine

Pointe entre la rue Chaptal et la rue Fontaaine

Les 2 et 4
Les 2 et 4

Les 2 et 4

Les 2 et 4, un peu austères sont dus à l'architecte L. Pelte. Ils datent de 1882.

Le 3
Le 3

Le 3

Le 3 est un immeuble lourdement cossu avec ses stalactites de pierre.

Les 6 et 8

Les 6 et 8

Le 7
Le 7

Le 7

     Le 7 aux larges baies et à l'architecture fin de siècle est dû à Henri Petit (1856-1926) qui avait choisi de vivre et de mourir en Algérie où il réalisa de nombreux bâtiments qui font aujourd'hui partie du patrimoine algérien de style néo mauresque.

L'immeuble est une de ses belles et trop rares contributions au bâti parisien.

 

 

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     Le 9 richement décoré est intéressant à plus d'un titre.

     Il fut le siège de la société Goupil de 1860 à 1890. Adolphe Goupil est célèbre pour avoir été un des plus importants marchands  et éditeurs d'art du XIXème siècle.

 

    C'est dans sa galerie qu'à son arrivée à Paris, désargenté et vivant grâce à Théo son frère, Vincent Van Gogh exerça quelques mois l'emploi de vendeur.

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    C'est encore au 9 que vécut et mourut le grand compositeur grec Iannis Xenakis. On a oublié parfois qu'il fut adepte et collaborateur de Le Corbusier avant de se consacrer à la musique. Il se réfugia en France en 1947 à cause de la terrible guerre civile qui fit plus de 150 000 morts et causa l'exil de nombreux communistes (ce qu'il était).

    S'il habitait dans ce bel immeuble, c'est rue Massé, au 17, qu'il avait un studio où il travaillait.

Le 10

Le 10

     Au 10, il y eut le siège de la Société des Auteurs, Compositeurs, Editeurs, créée en 1850. Il s'agit de l'ancêtre de la SACEM à laquelle Xenakis devait être inscrit!

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    Une belle sculpture rappelle cette histoire, avec muses musiciennes et en médaillon un Beethoven hirsute et mécontent

Le 11

Le 11

    Le 11 reçoit parfois la visite de pèlerins admirateurs de Serge Gainsbourg. C'est en effet à cette adresse que vécut pendant des années la famille Ginsburg. Le père est pianiste et se produit dans les bars du quartier, la mère est chanteuse lyrique, deux artistes passionnés qui donneront à leurs enfants le goût de la musique.

 

Joseph et Olia Ginsburg

Joseph et Olia Ginsburg

    Ils ont quitté la Russie pour se réfugier à Paris où ils n'imaginaient pas que les Juifs seraient un jour persécutés. Ils obtiennent la nationalité française mais sont contraints de porter l'étoile jaune, l'étoile de shérif comme dira Serge.

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     En 1941 ils quittent Paris pour se réfugier d'abord dans la Sarthe, ensuite près de Limoges. L'année de la rafle du Vel d'Hiv qui aurait pu emporter toute la famille si elle avait été présente à Paris, ils sont déchus de leur nationalité.

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

   Juste en face du 11, l'école porte la plaque qui rappelle que 300 enfants de l'arrondissement furent arrêtés et exterminés.

 

Jane birkin et Charlotte Gainsbourg devant le 11.

Jane birkin et Charlotte Gainsbourg devant le 11.

     Quelle belle revanche sur le malheur et sur la haine ce jour où fut apposée sur le mur une simple plaque, en présence de Jane et de Charlotte.... qui rappelait qu'un "artiste majeur" avait vécu à cet endroit!

 

     Serge Gainsbourg a gardé bien des souvenirs de son enfance dans ce quartier. Un des plus marquants fut celui de sa rencontre avec Fréhel, alors très populaire, qui habitait cité Chaptal (elle mourra seule et misérable des années plus tard, rue Pigalle). Le jeune Lulu venait de recevoir la croix d'honneur dans son école et rentrait fièrement, en l'exhibant.

     Fréhel passait par là et émue par le gamin se pencha sur lui.

 

 

    Voici comment en parlera Gainsbourg :

"J'avais neuf-dix ans et voilà que je croise Fréhel qui ressemblait à un tas immonde et qui habitait à deux pas, dans l'impasse Chaptal où il y avait le Grand Guignol. Elle se baladait dans la rue avec un pékinois sous chaque bras, en peignoir, avec un gigolo à distance réglementaire, cinq mètres derrière, comme à l'armée. Je revenais de mon école communale et j'avais la croix d'honneur sur mon tablier. Fréhel m'a arrêté, elle m'a passé la main dans les cheveux, elle m'a dit : T'es un bon petit garçon (elle ne me connaissait pas!). Tu es sage à l'école, je vois que tu as la croix d'honneur, alors je vais te payer un verre. Je revois parfaitement la scène, c'était en terrasse du café qui fait le coin de la rue Chaptal avec la rue Henner. Elle s'est pris un ballon de rouge et m'a payé un diabolo grenadine et une tartelette aux cerises."

 

L'annexe 15 rue Chaptal.

L'annexe 15 rue Chaptal.

     Au 15 rue Chaptal, le café et sa terrasse sont toujours là. A nous d'imaginer Fréhel et ses deux pékinois, assise à côté de Lulu qui arborait sa croix d'honneur, peu de temps avant de la remplacer par l'étoile jaune, son "étoile de shérif".

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

    On pense alors au scandale que provoqua la Marseillaise chantée en reggae...

    On regrette que des esprits étroits n'aient pas compris qu'il s'agissait d'un hymne d'amour pour le pays et les gens qu'il aimait et pour qui il habillait de douceur et de sensualité les paroles guerrières.

Le 14

Le 14

    Le 14 ne paie pas de mine. C'est qu'il a été construit sur un jardin qui agrémentait un petit hôtel particulier qu'on peut apercevoir depuis la Cité Chaptal

    Il fut en 1876 l'adresse de Maurice Barrès. L'écrivain n'aura pas l'occasion de croiser le jeune Lulu qui habitera la rue un demi siècle plus tard ! Il n'aura pas le loisir de lui expliquer pourquoi il écrivit : "Le Juif n'a pas de Patrie au sens où nous l'entendons. Pour nous, la Patrie, c'est le sol et les ancêtres, c'est la terre de nos morts. Pour eux c'est l'endroit où ils placent leur plus grand intérêt." 

 

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
allée du 16

allée du 16

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...

     Ici une allée de grands marronniers conduit à un domaine enchanté où le temps s'est arrêté avec les romantiques.

     Nous sommes dans le jardin qui entoure l'hôtel particulier d'Ary Scheffer, aujourd'hui devenu le musée de la Vie Romantique.

 

    Nous avons consacré plusieurs articles à ce lieu hanté qui semble avoir traversé les années....

 

    Le salon, le bureau semblent encore habités. De nombreuses toiles du peintre ornent les murs et dans les vitrines sont exposés des objets ayant appartenu à Georges Sand. Impressionnants sont les moulages des mains de Chopin et de Sand, si proches et cependant figées, comme interdites de se réunir avant la nuit et le départ des visiteurs, à l'heure où tous les rêves prennent le dessus...

... Et comment n'auraient-ils pas laissé d'empreintes tous ces artistes qui se retrouvèrent ici : Dickens, Tourgueniev, Géricault, Rossini, Delacroix ?

Rue Chaptal. 1ère partie du 1 au 15. Gainsbourg. Xénakis. Fréhel...
Chopin (Ary Scheffer)

Chopin (Ary Scheffer)

   C'est dans le jardin, dans la douceur de l'automne, saison romantique s'il en est, que nous nous arrêtons.... en écoutant chanter le piano de Chopin...

Nous poursuivrons la visite de la rue Chaptal la prochaine fois....

... Suite au prochain numéro!

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places., #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités
La rue d'Aumale vers la rue La Rochefoucaud

La rue d'Aumale vers la rue La Rochefoucaud

...C'est une rue qui ne se monte pas du col et qui sans faire d'histoire suit son petit bonhomme de chemin entre la rue Saint-Georges et la rue de La Rochefoucaud. elle est pourtant exceptionnelle car elle a gardé pour l'essentiel son aspect originel qui fait d'elle un musée architectural de la Restauration et de la Monarchie de Juillet.

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Elle est ouverte en 1846 et porte le nom d'un des fils de Louis-Philippe, Henri d'Orléans, duc d'Aumale (1822-1897).

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Nous sommes dans la période de la colonisation de l'Algérie et le duc D'Aumale s'illustre (si on peut dire) en prenant en 1843 la Smala d'Abd El Kader. Il est considéré comme un héros qui mérite bien que la nouvelle rue porte son nom!

Le jour viendra peut-être où une "communauté" demandera qu'on débaptise la rue, comme si effacer un nom c'était effacer l'histoire avec ses ombres. 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

La rue commence au niveau de la rue Saint-Georges, au cœur du quartier de la Nouvelle Athènes.

Certains immeubles sont construits selon les goût de la Restauration (bien que nous soyons alors sous la Monarchie de Juillet), c'est à dire avec sobriété, peu de décoration mais un rythme régulier. Ils sont en pierre de taille, scandés par des bandeaux d'appui horizontaux.

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Nous sommes dans des années où l'urbanisation se développe avec des immeubles de rapport qui assurent de confortables revenus à la bourgeoisie triomphante. De grands programmes sont lancés dans plusieurs quartiers de Paris, Saint-Vincent de Paul, François 1er et Saint-Georges où se trouve notre rue...

Le 3.

Le 3.

Le 3 est aujourd'hui connu grâce au passage dans ses murs de Wagner, venu à Paris présenter son Tannhäuser.

 

A l'en croire, il n'a pas gardé un très bon souvenir de ce deuxième étage où il déménagea après avoir été chassé de la rue Newton par les travaux du Baron Haussmann!

"Je me suis donc mis à la recherche d'un autre logement et j'en trouvai un, misérable et lugubre, rue d'Aumale. Par un temps exécrable, il nous fallut déménager à la fin de l'automne. Fatigué par ces opérations et les répétitions, je fus finalement terrassé par une fièvre typhoïde."

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Wagner travaille d'arrache-pied pour donner une version en français de son œuvre. Il y ajoute un ballet censé séduire les Parisiens. Mais c'est un fiasco! Sifflets, quolibets, cabale...

Il est vrai que cette cabale prend un tour politique et est menée par les anti-bonapartistes, saisissant l'occasion de s'opposer à Napoléon III qui a voulu que Wagner vienne à Paris et qui a donné l'ordre à l'Opéra de représenter son œuvre.

 

Après la troisième représentation, Wagner retire son œuvre et quitte Paris. Malgré la qualité de ses défenseurs (parmi lesquels Baudelaire, Mendès, Gounod) il ne reviendra pas et ce n'est que trente ans plus tard qu'un de ses opéras sera représenté sur la scène de l'Opéra (Lohengrin en 1891).

 

Le 6

Le 6

Le 6 a pour architecte Emile Godeboeuf (1809-1879) qui s'est illustré en concevant la mairie du XVIème arrondissement et l'église luthérienne de la Résurrection dans le XVème.

Le 8

Le 8

Le 10

Le 10

Les 8 et 10 viennent rompre l'harmonie des immeubles à l'architecture plus simple du début de la rue.  Ils sont spectaculaires et somptueux dans le plus pur style haussmannien. Ce style qui donne à Paris son unité et en fait une ville unique...

 

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Leur architecte est Adrien Sibert et ils ont été construits en 1864, année de l'achèvement du lotissement de la rue.

 

Le 10 possède une remarquable cour en fer à cheval que l'on ne peut pas visiter, hélas. Paris est ainsi fait de trésors cachés derrières des façades hermétiques... 

Mais par chance, je suis repassé par la rue un jour où le portail était entrouvert et où des travaux étaient en cours...

 

J'ai pu admirer la cour aux colonnes corinthiennes, les anciennes remises pour les voitures et la fontaine-abreuvoir pour les chevaux...

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 9

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 11

Le 12

Le 12

Au 12, un historien un peu oublié de nos jours a vécu des années avant d'y rendre l'âme. Il s'agit de François Mignet.

 

Sa grande œuvre est son "Histoire de la Révolution Française" qui se démarque des écrivains-philosophes en privilégiant la narration, aussi objective que possible. Son "Histoire" connaît un grand succès et vaut à son auteur l'admiration du poète Heinrich Heine. tous deux resteront amis et Mignet sera très atteint par la mort de Heine qu'il accompagne lors de son enterrement au cimetière de Montmartre.

 

Une autre amitié indéfectible est celle de Thiers dont l'hôtel somptueux et ses jardins jouxtent la rue d'Aumale. Hôtel qui sera brûlé pendant la Commune. On connaît le rôle que joua Thiers pendant ces jours terribles. Ce personnage ne fait pas partie de ceux que les Montmartrois gardent dans leur cœur!

 

Le 14 qui fait partie du même ensemble ouvre sur une cour classée où étaient construites des écuries autour d'une fontaine-abreuvoir. La cour ouvrait à l'arrière sur les jardins de Thiers, ce qui permettait à Mignet de prendre ce raccourci pour rencontrer son vieil ami!

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
Partie des anciens jardins de l'hötel de Thiers. (aujourd'hui square Alex Biscarre).

Partie des anciens jardins de l'hötel de Thiers. (aujourd'hui square Alex Biscarre).

     Dans cet immeuble a vécu une des créatrice de bijoux les plus célèbres de Paris, Suzanne Belperron. Son histoire est liée à celle de la joaillerie. Venue à Paris (elle habita d'abord rue Lamarck) elle travailla pour Jeanne Boivin, sœur de Poiret, avant de gagner la maison Herz et de "révolutionner le monde du bijou par ses sculptures à la main de pierres précieuses". (Vogue)

 

    Herz fut arrêté par la Gestapo et assassiné dans les camps. Suzanne devint résistante et risqua plus d'une fois sa vie. Après guerre, elle reprend son activité créatrice et travaille pour les stars d'Hollywood, pour les cours d'Europe ou pour les plus grands couturiers.

     Elle meurt en 1985.

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 15 n'est pas très original avec sa façade Louis XIII de briques et de pierres. Il est dû à Pigny architecte qui l'a conçu pour son beau-frère, le peintre chic et snob de la haute bourgeoisie : Edouard Dubufe.

 

Gounod, Pigny et Dubufe

Gounod, Pigny et Dubufe

Notons au passage que ces deux beaux-frères en avaient un troisième, Charles Gounod! Les trois hommes avaient en effet jeté leur dévolu sur trois sœurs Zimmerman. Charles Gounod épousa Anna, Jean-Baptiste Pigny épousa Berthe, Edouard Dubufe épousa Juliette. Il y avait une quatrième sœur, Zéa, qui fut l'épouse de Pigache, un médecin de Napoléon III!

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

     Dubufe avait tant de commandes qu'il ne parvenait pas à les honorer toutes! On faisait queue dans son atelier et toute famille en vue se devait de faire portraiturer la maîtresse de maison...

Zola, ami de Cézanne, parlait de sa peinture "aux effets de crème fouettée"!

     Les amateurs de théâtre auront l'occasion d'y goûter pendant les entractes dans la salle du foyer de la Comédie Française puisque le plafond est l'œuvre de Dubufe!

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

     Un petit arrêt devant le 19, immeuble à pan coupé richement sculpté, dont une partie donne sur la rue Taitbout. Il date de 1854 et les sculptures sont l'œuvre de Joussot. 

 

Il servit de siège à une des premières compagnies d'assurance, le groupe Prévoir créé en 1910, qui devint en 1923 Le Devoir...

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 22

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 23

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

     Le 24 est un bel immeuble post haussmannien (1896) qui écrase un peu ses voisins. Son architecte est Ch. Michel.

 

    C'est ici, au deuxième étage que passa plusieurs années de son enfance et son adolescence une chanteuse qui illustra la période Yéyé mais qui dès ses débuts eut une image à la fois romantique et moderne. Il s'agit de Françoise Hardy dont l'étoile n'a jamais pâli et qui les années passant s'est révélée écrivaine attentive et profonde.

Elle a 16 ans quand elle suit les cours du Petit Conservatoire....

 

Elle a voulu revoir l'appartement où elle vécut avec sa mère et sa sœur. Elle écrit à ce propos :

"Rien n'avait changé. Je me suis arrêtée à la porte de notre ancien appartement. Il y avait du bruit. Je n'ai pas osé frapper."

 

Peut-être pensa t-elle alors à une de ses chansons "La maison où j'ai grandi".

(...) Quand j'ai quitté ce coin de mon enfance

Je savais déjà que j'y laissais mon cœur.

(...)

Le temps a passé et me revoilà

Cherchant en vain la maison que j'aimais..."

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Une plaque rappelle qu'au même 24 vécut Joseph Limon, un jeune homme, arrêté parce que résistant et déporté au camp d'Hersbrück en Bavière, où il mourut.

Savait-il que bien des générations avant lui, un autre Joseph Limon, âgé comme lui de 24 ans, fut fauché sur le champ de bataille de Waterloo?

Mémorail du crématorium d'Hersbrück

Mémorail du crématorium d'Hersbrück

Le camp d'Hersbrück fonctionna moins d'un an mais plus de 4000 déportés y moururent...

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.
La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 26 est représentatif de cette rue dont il est l'un des premiers qui ait été édifié (1849). Il date de Louis-Philippe et il s'orne d'un riche décor néo Renaissance.

 

La rue d'Aumale. Dubufe. Wagner. Françoise Hardy.

Le 27

     Toute la rue pourrait être classée tant elle est harmonieuse dans son unité qui conjugue pourtant plusieurs styles.

   Elle est un bel exemple de la vitalité architecturale de Paris qui au XIXème siècle devint la capitale artistique de l'Occident!

 Et cela malgré la "crème fouettée" d'Edouard Dubufe!

 

 

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Publié le par chriswac
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Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.
Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Il y a dans l'île d'Oléron un endroit unique où l'on a l'impression de marcher dans un paysage de début du monde, fait de sable et de ciel, d'eau et de forêt. C'est la plage qui va de Saint-Trojan à la baie de Gatseau.

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Pas une maison, pas un pylône, pas une trace de présence humaine. La mer parcourue de courants violents n'en fait qu'à sa tête et nul ne s'est avisé de la dompter. Les imprudents qui se sont aventurés à s'y baigner ont parfois été avalés....

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     C'est sur cette plage que l'été, des amoureux de la nature viennent s'installer pour la journée, loin des foules et des cris des baignassoutes (comme on appelle ici les touristes balnéaires)!

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Pour se protéger du soleil et du vent, ils ont construit des cabanes de bric et de broc, élevées avec le bois flotté et les branches des arbres morts. En effet à cet endroit, la dune a été attaquée et la forêt trop proche de la côte a péri peu à peu.

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Une de ces cabanes plus grande que les autres ne manque pas d'attirer l'attention. Amoncellement de bois, bazar de troncs et de branches, improbable construction foutraque et pourtant solide. On peut parler à son sujet d'art brut....

 

     Le toit de serviettes ou de branches qui la couvre pendant l'été a disparu mais il reviendra, espérons-le, l'année prochaine.

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Les promeneurs qui s'y sont arrêtés y ont laissé une trace de leur passage, faisant de ce refuge un lieu de rencontre et de partage...

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Les cabanes sont souvent, pour nous, liées à l'enfance, à ces jours où l'on aimait se construire une maison à soi, à l'abri des adultes, une maison où l'on se réfugiait quand on avait le cœur gros et où on refaisait le monde afin qu'il nous soit plus doux.

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

    Avant de reprendre ma marche je m'y suis arrêté. J'y ai entendu des rires, des chansons, mêlés au rythme des vagues...

     J'ai retrouvé l'enfant qui se cachait dans les dunes de Berck dans une hutte de branches et d'oyats...

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     C'est le pouvoir magique de la cabane du rêve... chacun y retrouve, mélancolique, des instants de sa jeunesse... douceur et solitude... soleil et pluie...

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

     Après les tempêtes de l'hiver, il se peut que la cabane parte à la mer.... 

     Le rêve, lui, reviendra, mouillé d'écume et de sel et il conduira d'autres architectes de l'éphémère à lui construire une nouvelle cabane....

 

 

Oléron. Plage de Maumusson. La cabane du rêve.

Liens : Oléron.

Les plages

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Publié dans : #MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités, #MONTMARTRE. Rues et places.
Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.
Mlle Mars (Gérard)

Mlle Mars (Gérard)

....On  imagine mal aujourd'hui la popularité des grandes actrices de la première moitié du XIXème siècle.

     Lorsque Mademoiselle Mars est conduite au cimetière du Père Lachaise, une foule immense l'accompagne. Une foule dans laquelle sans doute étaient minoritaires ceux qui avaient eu la chance de la voir sur scène. 

 

Mlle Mars (Lagrenée)

Mlle Mars (Lagrenée)

     C'est que la sympathie et l'admiration qu'elle suscitait étaient liées à l'histoire tourmentée de la France et à la fidélité d'un grand nombre de Français à Napoléon. Il se trouve que Mademoiselle Mars avait été l'actrice préférée de l'empereur et qu'elle lui était restée attachée, allant jusqu'à le rencontrer après son retour...

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Elle voit le monde en 1779. Son père est acteur à la Comédie Française et auteur de pièces appréciées de Marie Antoinette. Sa mère est actrice, elle aussi; elle se fait appeler Madame Mars et désespère de perdre l'accent provençal qui nuit à sa carrière.

     Ils ne sont pas mariés et, lorsque son père revient d'un séjour de plusieurs années en Suède (où il aurait fui des poursuites après avoir été surpris en flagrant délit avec un garçon dans les jardins du Palais Royal) il a convolé en justes noces avec une jolie polonaise qui lui a donné trois enfants.

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Mademoiselle Mars est alors une fillette plutôt secrète et taciturne. Le nouveau compagnon de sa mère, Valville, se prend d'affection pour elle et comme il est acteur à Versailles, il lui obtient de petits rôles qui lui donnent à la fois de l'assurance et du goût pour les lumières de la scène.

Mlle Mars en Célimène

Mlle Mars en Célimène

     En 1799, elle entre à la Comédie Française où elle restera pendant plus de 40 ans! Elle excelle dans les pièces de Molière et si à ses débuts elle est une délicieuse Agnès, elle devient plus tard une Célimène spirituelle et charmante. Stendhal qui était exigeant et fin connaisseur écrit à deux reprises dans son journal, après avoir assisté à une représentation : "Elle est divine, elle est parfaite". Il ajoute qu'il fermait les yeux quand l'émotion était trop forte "de crainte de tomber amoureux".

 

     Il n'est pas le seul à apprécier sa grâce, son regard intense, sa diction claire et sensuelle. Napoléon assiste avec plaisir à ses spectacles. Il lui confie son admiration. Sans nul doute lui a-t-elle également confié la sienne! Entre eux deux une estime solide s'établit qui jamais ne se délitera.

     Pendant les Cent jours, elle portera sur scène des violettes nouées à ses rubans, signe de connivence des partisans de l'Empereur.

 

    La vie amoureuse de l'actrice n'est pas des plus simples. A 19 ans elle a pour amant Nicolas Bronner, un homme séduisant mais peu intéressé par le théâtre et occupé à des transactions commerciales qui restent mystérieuses pour son amie. Pendant cinq ans, ils vivent ensemble, pas encore rue de la Tour des Dames mais rue Richelieu (alors rue de la Loi). Trois enfants naissent de cet amour: ils seront plus tard reconnus par leur père. Nul doute que ce fut un amour profond et fécond. On ne sait pourquoi Vicor Bronner disparut mystérieusement en 1801. 

Mlle Mars (Isabey)

Mlle Mars (Isabey)

    Son deuxième amant a un nom romantique, René Ange, et il est le fils d'une actrice de la Comédie Française qui l'avait aidée au début de sa carrière. Nous sommes en 1802. Leur histoire durera 4 ans. Ce qui prouve que mademoiselle Mars n'était pas volage et que ses passions éphémères étaient durables!

Charles de Flahaut

Charles de Flahaut

     Le troisième amant, en 1814, est Charles de Flahaut, lui même amant de la reine Hortense, belle fille de Napoléon. Une lettre enflammée de Mademoiselle Mars tomba subrepticement entre les mains d'Hortense qui mit en demeure son Charles de rompre avec la comédienne. Ce qui fut fait. 

 

     Le quatrième amant se fait appeler Colonel de Brack. Il a toutes les qualités. Il est beau, spirituel, le visage harmonieux et.... il est un ancien de la Garde Impériale! Il a remporté de nombreuses victoires amoureuses et, sûr de ses charmes, il a tendance à profiter des largesses de ses conquêtes!

     C'est à cette époque que Mademoiselle Mars achète le magnifique hôtel de la Tour des Dames  au Maréchal Gouvion de Saint-Cyr. Il avait été construit pour l'explorateur Bougainville en 1820 par Louis Visconti, sur le modèle antique, un peu austère qui plaît dans ce quartier qu'on nommera la Nouvelle Athènes.

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     Le bâtiment harmonieux possède cinq travées sur la rue de la Tour des Dames et son porche d'entrée est entouré de colonnes doriques. Il faut imaginer le grand jardin sur lequel il donnait et qui descendait jusqu'à la rue Saint-Lazare. Il n'en reste que des souvenirs!

 

     L'intérieur était décoré dans le goût du temps avec une certaine sobriété. Le vestibule d'entrée, aujourd'hui classé, est sans doute la plus belle pièce de l'hôtel. 

 

     L'architecte est Louis Visconti, celui-là même à qui l'on doit le tombeau de l'Empereur aux Invalides.

 

     Pendant qu'elle vit dans cet hôtel, proche de celui de Talma, il arrive deux mésaventures à la diva. Celle que l'on surnommait "le diamant" pour son regard et les facettes éclatantes de son jeu, possédait de nombreux bijoux. Elle était coquette et s'habillait avec recherche. Elle donnait souvent le ton et mettait à la mode rubans et couleurs qu'elle arborait

 

     En 1827, première mésaventure. Deux de ses domestiques, François Scipion l'Africain et son épouse lui volent la plus grande partie de son trésor. Et Dieu sait qu'il était somptueux puisque, par crainte d'une occupation par les alliés en 1815, elle fit fabriquer plus de quarante boites de fer pour les cacher!

Gérard par Isabey

Gérard par Isabey

     En 1837, elle est bouleversée par la mort du peintre Gérard, "un de ces êtres qu'on ne remplace pas", son véritable ami, son confident qu'elle rencontrait régulièrement depuis des années et qui avait assisté à toutes ses créations. Leur lien était si profond que la rumeur tenace courut qu'ils étaient amants. 

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

     En 1838, elle est victime d'une deuxième tentative de vol. Le cambrioleur entre par une fenêtre et la menace avec un couteau quand par chance des domestiques alertés par ses cris le font fuir. Ces deux événements marqueront l'actrice et la conduiront à envisager de quitter son hôtel de la tour des Dames. 

     Mais revenons à ses amours. Nous avons laissé le beau colonel de Brack dans les bras de son amante. Nous le retrouvons en 1825, loin de cette rue, courant d'autres aventures, après avoir rompu militairement. Il n'empêche que leur liaison fut plus qu'une passade puisqu'elle dura 9 ans!

 

     Il reste à notre amoureuse éplorée à espérer trouver enfin le dernier homme de sa vie. Et tout arrive!  Mademoiselle Mars a fait mieux que Brigitte Macron puisque c'est avec un homme de 25 ans son cadet qu'elle trouve le réconfort. Il s'appelle Charles de Marnay. Il sera son dernier amant et lui restera attaché jusqu'à sa mort.

 

     Il y a un grand amour dont nous n'avons pas parlé et qui fut sans doute le plus important de sa vie, c'est le théâtre, c'est le public à qui elle aurait pu chanter comme Barbara :  "Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous"!

 

La bataille d'Hernani. Comédie Française. (Besnard)

La bataille d'Hernani. Comédie Française. (Besnard)

    Car elle ne jouait pas que les grands classiques, elle était passionnée par le théâtre de son temps et ses auteurs d'avant-garde. Le plus audacieux de tous s'appelait Victor Hugo. Pas étonnant qu'elle eût voulu participer à la création tapageuse d'Hernani et à la célèbre "bataille". C'est elle qui interpréta Dona Sol, elle qui tint ferme sous les quolibets et les huées, elle enfin qui reçut au dernier acte un triomphe de hourras et de bouquets! 

     Plus tard, elle jouera encore dans "Angelo Tyran de Padoue" du même Victor Hugo. elle aura alors pour rivale Marie Dorval.

 

     En 1841, elle fait sa dernière apparition au théâtre. En dépit son âge, elle continue de tenir des rôles de jeunes femmes. Pourtant, malgré ses talents et l'intensité de son jeu, son étoile pâlit tandis que monte à l'horizon une étoile plus jeune, une étoile noire et lumineuse à la fois : Rachel.

 

     Mademoiselle Mars vend son hôtel de la Tour des Dames. Elle meurt en 1847. On découvre en ouvrant son testament qu'elle a, avec soin, effacé toutes les dettes de ceux qui lui devaient de l'argent et qui étaient nombreux.

Son hôtel est aujourd'hui une auberge de jeunesse... un lieu de vie et d'échanges...

 

Mademoiselle Mars. Rue de la tour des Dames.

Liens :

Personnage célébrités de Montmartre

Rues de Montmartre

 

     Certains sites racontent sans aucune base historique que la mort de Mlle Mars aurait été provoquée par la teinture au plomb qu'elle aurait utilisée pour dissimuler ses cheveux blancs. Je n'ai rien trouvé qui puisse justifier une telle hypothèse. 

   Elle garde pour nous la beauté charnelle à la chevelure noire qu'immortalisa Gérard.

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Publié le par chriswac
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C'est un des tableaux les plus célèbres de la Renaissance, emblématique de l'Ecole de Fontainebleau. Il est une source inépuisable de rêverie, de fantasmes, de questions...

Et une fois qu'on en a donné une explication rationnelle, il garde toute son étrangeté. 

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A gauche la duchesse de Villars, Julienne d'Estrées, pince le téton de sa soeur Gabrielle. La "belle Gabrielle" est la favorite du roi Henri IV depuis 1591 (le tableau est peint en 1594) et elle attend un premier enfant de lui. On la voit dans sa baignoire de cuivre recouverte d'un drap comme on le faisait alors pour éviter tout contact du corps avec le métal.

La duchesse prend délicatement entre pouce et index le téton gonflé de sa soeur qui attend un enfant. 

Ces doigts qui enserrent avec tendresse le téton donnent à la scène sa force troublante. Ils évoquent ceux de l'amant, de l'amoureux des femmes qui connaît la douceur et la délicatesse de ce bourgeon de chair.

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Gabrielle tient avec la même délicatesse une bague. Main de la femme, main de l'amante qui elle aussi connaît la sensibilité de son amant dont elle effleure et touche la "bague" du sexe.

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      Henri IV en Mars (Jacob Bunel. 1605). Tableau peint pour la Galerie de Diane à Fontainebleau. Allusion à peine voilée dans la main droite du sexe royal!

Cette bague a une histoire et rappelle la quasi royauté de la favorite. C'est un cadeau du roi qui désirait l'épouser et en était empêché par l'impossible répudiation de la reine officielle, Marguerite de Valois  avec laquelle il ne vivait plus depuis des années.    

En février 1599, cinq ans après ce tableau et comme pour en réaliser la prédiction, le roi, lors d'un bal donné au Louvre annonce son intention de passer outre aux obstacles dressés par la reine et par le pape. Il offre à Gabrielle l'anneau du sacre. Une fois de plus l'art devance la réalité! 

Ce que n'annoncent pas les corps gracieux et clairs, les chairs épanouies, la sérénité des visages, c'est que six semaines après le bal du Louvre, la belle Gabrielle, enceinte d'un quatrième enfant est emportée par une apoplexie foudroyante. Son agonie est épouvantable. Son beau visage convulsé noircit, au point que les rares témoins diront qu'elle a été étranglée par le diable.

Le roi ne se remettra pas de cette mort. Alors qu'il lui était interdit comme à tous les rois de France, de porter le deuil, il s'habille de noir. Il dit  "la racine de mon coeur est morte". Il ajoute qu'elle ne "rejettera pas", c'est à dire qu'elle ne donnera aucun rejet, aucun espoir de renaissance. Ce roi galant et amateur de femmes est aussi un grand amoureux, fidèle à celle qu'il aime passionnément depuis des années.

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Le tableau se présente comme une scène théatrale. Les rideaux rouges s'écartent et les deux stars apparaissent dans le plus simple appareil, avec un naturel étonnant. Elles sont nues et elles sont belles. Peu importe l'avis des grincheux! Elles se savent regardées et n'en éprouvent aucune gêne, leur regard est tourné vers le spectateur qui entre dans la pièce intime. Un instant nous sommes nous-mêmes, devant le tableau, le roi qui regarde, ému, la beauté de ces corps.

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Dans la perspective une couturière est penchée sur son ouvrage, sans doute un vêtement destiné à l'enfant qui va naître. Au-dessus de la cheminée, un tableau nous laisse entrevoir les jambes écartées d'un homme dont le sexe est recouvert d'un tissu rouge. Allusion au royal amant censé cacher sa relation!

Ce qui frappe dans cette scène, c'est la sensualité et l'élégance. Un équilibre entre hiératisme quasi religieux et érotisme. Les deux femmes sont droites, leur port de tête élancé évoque les tableaux de la Vierge.

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La nudité et le gonflement des seins n'est pas sans rappeler l'Agnès Sorel de Fouquet.

La rencontre de la théâtralité de la scène, des échos mystiques et de la nudité charnelle est sans doute la source de la  fascination qu'exerce cette oeuvre.

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Le tableau s'inspire d'une oeuvre de Clouet fort connue, représentant Diane de Poitiers. 

On y voit Diane au premier plan, la main droite posée sur une planche recouverte d'une toile chargée de fruits et de bijoux. Cette habitude de tendre une toile sur la table avant d'y disposer les parfums, les brosses et les bijoux, a donné en français le mot "toilette".

En perspective une solide nourrice donne le sein à un poupon, tandis qu'un enfant la main sur le rebord de la baignoire louche vers la coupe de fruits et tend la main vers une grappe de raisin. Toujours dans la perspective, comme sur la toile qui nous intéresse, on voit une servante devant une cheminée.

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Le tableau de Clouet est quasiment copié en 1596, Diane étant remplacée par Gabrielle.  Le garconnet gourmand et chapardeur serait alors César, l'enfant annoncé dans le premier tableau. Le poupon dans les bras de la nourrice serait Catherine Henriette, soeur de César.

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Le thème est souvent traité par les peintres de Fontainebleau. On en voit ici une autre version. On reconnaît le même geste de la main dont les doigts tiennent une bague. En perspective une servante est penchée sur un coffre. La nudité de la femme est pudiquement recouverte d'un voile transparent comme on le devine sur le tableau précédent. 

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Il existe au musée de Lyon un 3ème tableau de Gabrielle au bain. L'attitude des jeunes femmes est différente. Julienne ne touche plus sa soeur. Il n'est pas nécessaire de vérifier si elle attend un enfant puisque le rejeton est né. On le voit dans les bras de la nourrice. Le sein de sa mère s'est donc gonflé de lait pour rien! A moins que le royal amant n'en ait profité. Le collier de perles rares est sans doute un cadeau du roi reconnaissant à sa maîtresse de lui avoir donné un garçon.

Ce tableau qui ne manque ni d'élégance ni d'étrangeté a cependant moins de mystère, moins de magie que le premier, celui qui est exposé aujourd'hui au Louvre, là où le roi Henri un soir de février eut l'audace d'annoncer son mariage avec son amoureuse peu de temps avant que sa beauté ne fût saccagée par la souffrance et anéantie par la mort.

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Le peintre qui a réalisé cette oeuvre ne l'a pas signée. Il est un des anonymes les plus célèbres de la longue histoire de la peinture!

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Comme la Joconde, comme beaucoup d'oeuvres célèbres, le tableau se prête à la parodie et à la caricature. Il est particuliérement parodié dans le monde gay. On peut s'en amuser avant de revenir à l'original et à sa trouble sensualité.

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                                                                     Eleazar

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                                 A la manière de Gabrielle d'Estrées. Qiu Mei Xian

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                                                                      Harald

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                                                                Robert Combas

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                                                                            Luzier

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                                         Nils and Phil. Polaroïd. Bertrand David.

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                                                           Francesco Marero

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                               François et Jean-François par Large


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Liens tableaux célèbres :


Chagall. Abraham et les Anges. L'hospitalité.

Camille Bombois. La femme. (II)

Séraphine de Senlis

Fontevraud. Fresques de Thomas Pot.

Tombeau d'Agnès Sorel. Loches.


Gustave Moreau. Le christ et les deux larrons.

Gustave Moreau. La Vie de l'Humanité.

Gustave Moreau. Jupiter et Sémélé.

Gustave Moreau. Prométhée foudroyé.


Lautrec. CHA-U-KAO la clownesse.

Lautrec. André Gill. Le Lapin agile.

 

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Publié le par chriswac
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Montmartre. Octobre. Photos.

Montmartre est un des rendez-vous du monde entier...

Tant de rencontres... tant de surprises... 

Et comment choisir parmi tous ces instants, parmi tous ces passants?

.... Alors c'est un peu au hasard que j'ai choisi ces photos, comme on rapporte à la maison des feuilles d'automne, ramassées parmi d'autres feuilles.... 

 

 

Montmartre. Octobre. Photos.

1er octobre. La rue André del Sarte devient Andrea del Sarto et rend hommage au peintre florentin.

Montmartre. Octobre. Photos.

2 octobre. La musique c'est la couleur!

Montmartre. Octobre. Photos.

3 octobre. Devant le Sacré-Coeur. Le cheval adoucit les mœurs.

Montmartre. Octobre. Photos.

4 octobre. Le croqueur de touristes affiche son autoportrait! Rue du Chevalier de la Barre.

Montmartre. Octobre. Photos.

4 octobre. La chanteuse et son reflet, rue du Calvaire.

Montmartre. Octobre. Photos.

5 octobre. Joconde japonaise sur les marches du Sacré-Coeur.

Montmartre. Octobre. Photos.

6 octobre. Artiste de rue et son mannequin. Rue Ronsard.

Montmartre. Octobre. Photos.

7 octobre. Théâtre des Abbesses. Impératif de Pina Bausch.

Montmartre. Octobre. Photos.

8 octobre. Deux amies. Escalier du Sacré-Coeur.

Montmartre. Octobre. Photos.

9 octobre. Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre. Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

9 octobre. Le reflet du Triton. Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

10 octobre. Square Frédéric Dard. Apparition en bleu.

Montmartre. Octobre. Photos.

11 octobre. Lectrice. Place Goudeau, devant le Bateau Lavoir.

Montmartre. Octobre. Photos.

12 octobre. Fontaine Wallace place Emile Goudeau.

Montmartre. Octobre. Photos.

13 octobre. Mini Poulbot dans les escaliers rue Berthe.

Montmartre. Octobre. Photos.

13 octobre. Le funambule de la place du Calvaire.

Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.

14 octobre. Fête des Vendanges rue Caulaincourt. Danse du Portugal et de Bolivie...

Montmartre. Octobre. Photos.

14 octobre. Rue Caulaincourt. Défilé des Vendanges. Spectateur en tenue camouflage!

Montmartre. Octobre. Photos.

15 octobre. Hindouistes square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

16 octobre. Les sœurs Selfie! Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

17 octobre. Un stupa à Montmartre!

Montmartre. Octobre. Photos.

18 octobre. Au bord du ciel. Parvis du Sacré-Coeur.

Montmartre. Octobre. Photos.

19 octobre. Le saxo de JC Yebga... Square Louise Michel

Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.

20 octobre. Vacances de Toussaint. La fête. Rue Utrillo.

Montmartre. Octobre. Photos.

21 octobre. Les cheveux du soleil. Square du Sacré-coeur;

Montmartre. Octobre. Photos.

22 octobre. Selfie sur les chevaux du carrousel. Square Louise Michel.

Montmartre. Octobre. Photos.

23 octobre. Achar le chat-vedette du square vient saluer son camarade vendeur de sacs Vuitton!

Montmartre. Octobre. Photos.

24 octobre. L'Homme qui rêve. Rue Ravignan.

Montmartre. Octobre. Photos.

25 octobre. Elégance et couleurs de l'Inde sur la Butte

Montmartre. Octobre. Photos.

26 octobre. Sous le regard du squelette cosmonaute. Rue du Calvaire.

Montmartre. Octobre. Photos.

27 octobre. Chaque homme est un mystère. Boulevard Rochechouart. Métro Anvers

Montmartre. Octobre. Photos.

28 octobre. Rue Azaïs. L'homme qui marche dans le ciel.

Montmartre. Octobre. Photos.

29 octobre. Paris mes amours. Square Louise Michel

Montmartre. Octobre. Photos.

30 octobre. Rencontre black and white. Place Suzanne Valadon

Montmartre. Octobre. Photos.

31 octobre. Boulevard de Clichy. "Cachez cette cigarette que je ne saurais voir".

Montmartre. Octobre. Photos.
Montmartre. Octobre. Photos.

Et maintenant... en noir et blanc, le corbeau du cimetière du Calvaire annonce Novembre et ses brumes...

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La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

Les amoureux de Paris connaissent le somptueux hôtel de la Païva sur les Champs- Elysées. On sait que les Goncourt à la langue vipérine, devant l'abondance d'œuvres d'art et la qualité des décors, le qualifièrent de "Louvre du cul"...

 

Hôtel de la Païva (Atget).

Hôtel de la Païva (Atget).

J'ai tendance à préférer la courtisane, aussi arriviste qu'elle eût été, à ces deux commères! 

Mais comme nous nous arrêtons aux frontières de Montmartre, nous ne suivrons cette grande dame que pendant les premières années de son séjour parisien, dans notre quartier.

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

Celle que l'on connaît sous un nom chatoyant et exotique est née Esther Lachmann (1819) dans une famille modeste de Juifs polonais en Russie. Ses parents, à une époque où on demandait peu leur avis aux jeunes filles, la marient  (elle a 16 ans) à un tailleur français établi à Moscou. Elle mettra au monde un fils, Antoine, qu'elle ne verra quasiment jamais.

Esther a des rêves plein la tête et elle supporte mal son rôle d'épouse soumise. Elle rencontre un bel aventurier qui la convainc sans mal de laisser tomber mari, fils, parents, Russie, pour courir le monde plein de surprises et de promesses.

Les Tuileries sous Louis-Philippe.

Les Tuileries sous Louis-Philippe.

 En ces temps romantiques, tous les chemins mènent à Paris. C'est là que nous retrouvons Esther, lestée de son aventurier et livrée à elle même.

Ici commence son passage de météore dans nos parages.

Rue des Martyrs et le clocher de Notre-Dame de Lorette

Rue des Martyrs et le clocher de Notre-Dame de Lorette

Notre-Dame de Lorette

Notre-Dame de Lorette

Que peut faire une jolie femme sans métier et sans ressources dans un Paris tumultueux et en pleine mutation?

Elle se réfugie dans le quartier à la mode, celui des lorettes, prostituées au cœur généreux puisqu'elles ont par leurs dons contribué à l'édification de l'église Notre-Dame de Lorette dont les caissons dorés, les colonnes de marbre et les fresques témoignent des largesses!

 

Esther a du talent et elle est remarquée. Sur les conseils d'une amie de fortune, elle change de nom et troque Esther contre Thérèse (aujourd'hui c'est le contraire que l'on ferait bien qu'en verlan le premier prénom puisse se métamorphoser en mon deuxième!)

Bref, la jolie femme rencontre en 1840 un pianiste qui tombe amoureux fou de sa beauté sensuelle et de ses mœurs libres et inventives.

Henri Herz.

Henri Herz.

Il s'appelle Henri Herz. Il est le plus fêté des pianistes de la Restauration et il faudra attendre deux géants, Liszt et Chopin pour le détrôner. Il créa une manufacture de pianos pour se consoler...

Il est donc le premier amant connu de Thérèse Lachmann. Sa fortune fait partie de ses charmes comme ses relations et les nombreux salons qu'il fréquente. Notre courtisane voit son carnet d'adresses s'enrichir de noms prestigieux. Elle rencontre grâce à lui Liszt, Wagner venu quelques mois à Paris et locataire rue d'Aumale dans la Nouvelle Athènes pour la présentation de son Tannhäuser, Théophile Gautier qui restera son ami...

 

Henri Herz dans un salon en 1830.

Henri Herz dans un salon en 1830.

Elle épouse son artiste à Londres, en cachant soigneusement qu'elle est déjà mariée. Après tout, elle inaugure la bigamie féminine, n'en déplaise aux polygames mâles!

Une fillette voit le jour en 1847. Elle sera nommée Henriette (remarquons au passage que son premier mari s'appelait Antoine, prénom donné à leur fils, et que le 2ème mari s'appelant Henri, leur fille fut baptisée Henriette! Notre Esther-Thérèse voulait sans doute donner à ses maris le signe que ces enfants étaient bien à eux et très peu à elle!)

Il faut mentionner ici qu'elle eut des trésors auxquels elle donna le nom d'enfants! En effet, ce sont deux diamants considérables, parmi les plus fabuleux, qu'elle appela ainsi! 

Ils ont été vendus par Sotheby's en 2007 pour plusieurs millions de francs suisses.

 

En 1848, Herz part pour une tournée aux Etats-Unis. Thérèse dilapide une partie de sa fortune si bien que la famille, scandalisée, la chasse de la demeure familiale et récupère la fillette dont elle ne se préoccupera jamais et qui mourra à l'âge de 13 ans sans avoir connu sa mère.

Thérèse se rend à Londres où elle espère refaire sa vie. Elle trouve naturellement un riche protecteur en la personne d'Edward Stanley, politicien généreux qui la couvre de présents et lui donne en paiement de ses services, paraît-il exceptionnels, de quoi vivre largement. Mais cet homme l'ennuie, comme la langue anglaise et le brouillard sur la Tamise.

 

 

Thérèse revient à Paris où l'attend une surprise dont elle se serait bien passée. Antoine Villoing, le premier mari et le seul  légitime, débarque et la supplie à genoux de revenir au bord de la Moskova où l'attendent son fils et ses parents. La seule idée de retourner dans un passé qu'elle exècre lui fait horreur. Elle repousse le tailleur amoureux qui, désespéré se suicide.

Après quelques larmes de crocodile, Thérèse rencontre un nouvel amant prestigieux, le duc Antoine de Gramont alors marié à une belle Ecossaise et pas encore le grand personnage politique du 2nd Empire en gestation.

 

L'homme qui lui offre de nombreux présents et paie largement sa compagnie n'est pas de ceux qui s'encombrent longtemps d'une relation de plaisir. Thérèse est de nouveau seule. Situation inconfortable et indigne d'une courtisane dont la réputation est maintenant établie.

Voilà que passe sur le trottoir l'homme providentiel qui allait transformer sa vie, à commencer par son nom.

Il s'agit d'Albino Francisco marquis de Paiva Araujo. Il a 27 ans, il est élégant, il est riche, bref il est paré de toutes les qualités!

 

Thérèse le séduit si habilement qu'après quelques mois il lui propose le mariage, célébré en juin 1851.

Le nouvel époux fait cadeau à sa belle d'un hôtel particulier, élevé place Saint Georges en 1840.

 

C'est un bâtiment remarquable, un des plus beaux du quartier qui pourtant n'en manque pas. Son architecte est Edouard Renaud qui se plie au goût très "Monarchie de Juillet" pour le style néo Renaissance mâtiné de gothique.                                                                                                                                                                                                                                                               

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.
La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

L'Abondance et la Sagesse par Gabriel Garraud.

Les décors théâtraux sont dus aux frères Lechêne et les sculptures sont d'Antoine Desboeufs et Gabriel Garraud.

Antoine Desboeufs est surtout connu comme médailleur, d'où la précision et la finesse de ses réalisations. On peut voir plusieurs de ses œuvres à Paris comme la paix au bas d'une des colonnes de la place de la Nation ...

 

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

L'Architecture par Antoine Desboeufs

La Païva à Montmartre. La plus célèbre courtisane du 2nd Empire.

La Sculpture par Antoine Desboeufs

Gabriel Garraud, plus rare, est un des nombreux sculpteurs ayant participé à la galerie des hommes illustres du Louvre. Son Descartes n'est pas bouleversant d'expressivité!

 

On admire aujourd'hui la fantaisie de cette façade qui associe gothique et renaissance... et on imagine la satisfaction de celle qui se nomme désormais la Païva, lorsqu'elle franchissait les grilles de son hôtel, "soulevant, balançant le feston et l'ourlet"! 

 

Thérèse ne supporte pas longtemps son nouveau statut. Elle donne congé au marquis qui repart au Portugal...

Quelques mois plus tard, elle rencontre un cousin richissime du chancelier allemand Bismarck, le comte Guido Henckel von Donnersmarck.

 

Ici s'arrête le séjour de la courtisane dans nos quartiers! 

Le comte lui fait construire le fabuleux hôtel des Champs-Elysées, avec, pièce centrale et grandiose, un escalier d'onyx. Ce qui fera dire à Emile Augier : "Ainsi que la vertu, le vice a ses degrés".

 

 Abrégeons l'histoire de notre courtisane qui fait annuler son mariage avec le marquis en 1871. L'homme qui revient des Amériques à peu près ruiné se suicide. Elle épouse alors le comte allemand.

Après la guerre de 1870, elle sera soupçonnée d'espionnage et contrainte de quitter la France en 1877. Elle ira vivre en Silésie, dans le château de son mari (surnommé "le Petit Versailles") qu'elle a fait rebâtir selon ses goûts par l'architecte parisien Lefuel. Elle y mourra quelques années plus tard, à l'âge de 65 ans.

 

Reste le mystère de la séduction qu'exerça cette femme qui ne se trouvait pas belle et refusait qu'on la photographie....

Reste son passage rue des martyrs, place Saint-Georges.... où son parfum flotte parfois dans l'air avec celui des lorettes...

Seuls peuvent les percevoir aujourd'hui les amoureux de Montmartre...

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MES ROMANS et RECUEILS
Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Après tout, un peu de pub pour soi-même ne saurait nuire! 

C'est donc avec émotion que je vous informe de la naissance de mon dernier rejeton : Les Lettres de craie.

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Mes fidèles lecteurs seront sans doute surpris d'y retrouver les personnages d'un roman publié il y a quelques années "Une Saison de Neige". Mais tout y est différent : point de vue, intrigue, dénouement.

 

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Une histoire d'amour, c'est banal me direz-vous! Certes mais aimer une mendiante bulgare et accepter qu'elle vienne vivre chez vous avec son compagnon de manche, l'est déjà un peu moins.

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Surtout, ne pas savoir qui elle est, n'obtenir de son enfance que des versions suspectes, toujours tragiques... Ne pas savoir si elle ment, quand elle ment, pourquoi elle ment, mais l'aimer malgré tout, comme si ce sentiment étrange nous dépossédait de nous-mêmes et de notre sens critique.

Il est vrai que la vérité physique est sans appel. Deux corps s'accordent et dansent, se donnent et se prennent... ça marche ou ça ne marche pas mais quand il y a harmonie, alors les mensonges ne sont plus qu'un décor sans importance.

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Pourtant, la vérité, enfin ce qu'on peut appeler ainsi, finit par poindre son nez... Un secret terrible, une tragédie de l'adolescence, sans appel... que l'amoureux ne découvrira que trop tard.

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Il écrit, il écrit... il lui écrit... il lui rappelle leurs moments d'éblouissement et de doute... Il se dépêche de raconter leur histoire, afin qu'elle subsiste quelque temps, afin qu'elle garde trace de leur passion, comme les cailloux ramassés sur la plage de l'île où ils s'étaient réfugiés, gardent encore la trace de leurs deux noms, en lettres de craie....

Mon dernier roman : Les Lettres de craie.

Les Lettres de craie sont disponibles sur Edilivre, Amazon, Fnac... et aussi en me contactant sur mon blog.

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