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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #POEMES Chats.. photos..articles




MINOUCHE

Connaissez-vous Minouche
Elle est un peu manouche
Elle est née quelque part
Entre avril et hasard

Morte de peur et sans papiers
Elle s'est glissée dans un jardin
Où une femme abandonnée
L'a ramassée un beau matin

La vieille dame, la jeune chatte
Ont entremêlé leurs chagrins
Elles ont avancé pas à patte
Sur l'herbe folle des chemins

Connaissez-vous Minouche
Elle est un peu manouche
Côté blanc pour l'espoir
Côté noir le cafard



La jeune chatte, la vieille dame
Ont harmonisé leurs silences
Et quand la nuit se fait trop dense
La chatte veille comme une flamme

La femme a 88 ans
Ses yeux égarent les couleurs
Ses jambes lourdes de douleur
Ne savent plus d'où vient le vent

"Pour toi mon amie de toujours
J'ai deux yeux clairs la nuit le jour
J'ai quatre pattes de velours
Pour te guider sans un détour"

Connaissez-vous Minouche
Elle est un peu manouche
Dieu l'a posée sur terre
Dans le coeur de ma mère.



Lien : Poème à mon chat.

Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE. Rues et places.



Ah! les escaliers de la Butte! Qui ne les a chantés... Ils sont durs paraît-il aux miséreux qui aujourd'hui s'y font rares, remplacés par les touristes numérisés qui n'ont pas le courage d'attendre le funiculaire dont une des cabines est toujours en panne depuis 4 ans!!!


 
L'escalier le plus proche de chez moi, part de la rue André Del Sarte. Il porte le nom de Paul Albert, littérateur (!) et professeur au Collège de France. On le confond parfois avec un autre Paul Albert, fonctionnaire et socialiste (!) né à toulouse et mort à Grasse. Bref, le professeur a remplacé la Vierge qui avait, à l'origine, donné son nom à l'escalier et à la rue qui le prolonge. L'escalier Sainte-Marie ne se nomme plus ainsi que sur les cartes postales anciennes.

 

Que les chastes yeux se ferment et ignorent les lignes qui suivent. Cet escalier aurait des vertus particulières et maintes fois vérifiées. Il suffit de le gravir et d'être un mâle pour, à l'insu de son plein gré, se retrouver en état d'érection incontrôlable. Je n'ai osé demander à cet homme si son sourire était dû à la magie de ces marches.
Nino, le héros de mon roman, ne manquait pas d'être victime consentante de l'étrange escalier
Lien :
Lucie et Nino. Roman. Deux amoureux à Montmartre.  



Arrivé sur la placette, vous trouvez sur votre gauche l'escalier de la rue Utrillo. L'un des plus raides. Lui aussi a changé de nom. Il faisait partie de la rue Muller qui descend vers la rue de Clignancourt. Muller est un inconnu dont la renommée relative vient de son statut de propriétaire des terrains sur lesquels furent édifiés les immeubles plâtreux, si typiques de Montmartre, paraît-il.
La partie en escaliers de la rue fut rebaptisée Utrillo. Ce qui est plus montmartrois, il faut bien l'avouer. Maurice, d'ailleurs peignit maintes fois cet endroit... 



Sur la placette, vous aurez le choix entre quatre restaurants. Le plus branché, l'Eté en pente douce, a investi une ancienne boulangerie dont subsistent quelques éléments du décor 1900, comme un plafond de verre peint. Le Botak a remplacé les canons de la Butte. Il possédait un étonnant décor de toiles, représentant un épisode héroïque de la Commune que l'actuel propriétaire a fait disparaître. Vous trouverez encore, la passerelle, plus simple et le Soleil de la Butte, sympathique et bruyant.



En remontant la rue paul Albert, vous arrivez au Passage Cottin. C'est un escalier étroit qui porte, lui aussi, le nom d'un propriétaire. Ce qui est navrant dans ce quartier qui fut communard. Utrillo, encore lui, a peint l'endroit. Sa toile s'intitule : Impasse Utrillo!


 

Sur un mur du passage, un pochoir :

 

Apparemment, c'est spirituel. En fait c'est idiot! Le créateur de cette pensée immortelle n'a jamais fréquenté les camps naturistes. Il pense que le bonheur de se mettre à poil, de sentir le soleil sur la peau, de nager nu dans l'océan est réservé aux voyants! Qu'il aille dans mon île, sur la plage de Saint-Trojan...s'il n'est pas aveugle, il changera d'avis! 



Un peu plus haut, l'escalier de la rue du Chevalier de la Barre. Il déboule devant le jardin de la Turlure, à deux pas du Sacré-Coeur. Il faut venir la nuit regarder ses pavés qui se transforment en ciel étoilé. C'est Alekan, chef opérateur, entre autres de Cocteau, Carné, Abel Gance qui y a, avec des fibres optiques, reproduit les constellations du 1er janvier et du 1er juillet.


Lien :
Chevalier de la Barre à Montmartre

En redescendant la rue Lamarck, vous tombez sur les escaliers de la rue Becquerel. Cette fois, ce n'est pas un propriétaire mais un physicien qui lui a donné son nom, dans un quartier où ont été groupés des noms de savants.



De l'autre côté de la rue Lamarck, un terrain de pétanque toujours fréquenté et un autre escalier, rue de la Bonne.

 

 

Le nom n'est pas celui d'une employée de maison! Il y avait là une des fontaines de Montmartre dont l'eau était réputée. On l'appelait Fontaine de la bonne eau. N'est restée que la bonne! Qu'est devenue la fontaine?

Un peu plus bas, l'escalier de la rue du Mont-Cenis. Un des plus longs de la Butte. Il est plus orienté vers le nord que vers l'est, c'est donc le dernier de notre série pour aujourd'hui!

 


La rue se nommait, dans sa partie haute qui va jusqu'à l'église Saint-Pierre, Petite rue Saint-Denis et dans sa partie basse, rue Saint-Denis! C'était la voie qu'empruntaient les processions qui allaient de l'abbaye d'en haut jusqu'à la Basilique de Saint-Denis à quelques kilomètres de là, en suivant le chemin qu'aurait emprunté le saint, portant sa tête tranchée.
Une plaque sur un immeuble bourgeois ("Des maisons d' six étages, ascenseur et chauffage, ont r'couvert les anciens talus" comme chante Bruant) rappelle que dans une petite maison rurale, vécut Hector Berlioz. C'était l'époque où le village de Montmartre accueillait les artistes fauchés.


 
Aujourd'hui, Berlioz passe son éternité non loin de là, dans le cimetière Montmartre où il discute peut-être avec Truffaut, Delibes, Brauner et....qui sait? Dalida!

lien :
cimetière de montmartre (3) promenade aléatoire



Il ne nous reste plus qu'à redescendre par la rue Utrillo et la rue Paul Albert. Un petit verre au No problemo...et retour à la maison où mon chat doit s'impatienter!

A suivre... côté nord...



Lien :  Escaliers de Montmartre (2) côté sud.

Escaliers de Montmartre (3) Côté Nord.

Les escaliers de Montmartre. Cartes et photos anciennes. (1) 

Les escaliers de Montmartre (2). Cartes postales. Passage Cottin. Rue Chevalier de la Barre. Rue de la Fontaine du But. Girardon.

Escaliers de Montmartre (3) cartes postales, photos anciennes. Rue du Calvaire, rue Drevet, rue Antoine.

Escaliers de Montmartre (4) Cartes postales, photos anciennes. Rue Chappe. Rue de la Bonne. Saules. etc...

Escalier rue Muller (rue Utrillo) Photos de François Gabriel. Le réverbère.

 

Rues de Montmartre. Classement alphabétique.

lien : La rue Paul Albert et Monique Morelli



lien : http://www.dixhuitinfo.com/spip.php?article50

A cette adresse, vous découvrirez un photographe montmartrois qui a posé dans les années 20 et au-delà sa caméra dans les escaliers de la Butte et notamment rue Muller. Un véritable artiste!

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER


La vie a passé sur le jeune-homme qu'il était le jour de son mariage, quand il dessine ses dernières lithographies pour illustrer "LE MYTHOMANE" de Pascal de Blignières. Ou bien en est-il plus proche que ja
mais? Avec la même gravité, le même amour. Les deux étant inséparables.



"LE MYTHOMANE" est une histoire de maladie et de mort. Les corps y sont souffrants et dégradés. Mais l'hôpital, en pleine nature, est traversé de lumières et de chants d'oiseaux.
Le malade dans son lit pense à la liberté de l'oiseau : "Voilà en tout cas une interrogation à laquelle peut mener une grande fatigue maladive, savoir : Faut-il regretter de ne pas être un oiseau?"



"La tranquillité fragile d'un héron me fascine..."



Pour illustrer un moment plus léger du texte, un poème de fuite et de vent, Jean-Loup se souvient de Lascaux. Il y a dans son trait une vivacité un peu brouillonne, comme la course éperdue des biches qui ne savent dans quelle direction fuir.
Je me rappelle cette année-là. Sa main est moins sûre mais il la pose sur le papier et ne la détache
 qu'une fois le croquis achevé.
Ses dessins sont faits d'un seul trait qui ne reprend pas son souffle. Ils sont un cri continu. Une course sans relais qui ne cesse que lorsque le coureur s'écroule.



"Le mythomane est mort cet après-midi..." Le dernier dessin de Jean-loup illustre le poème ultime :

Un oiseau de nuit
Serre-t-il dans ses plumes
Un moignon d'idée
Nommée autrefois
"Regrets éternels"?

Minuit.
L'automne est vieux
D'un mois
Pénombre.

Oiseau, porte léger sur tes rémiges
L'on ne sait quoi
Qui fait les âmes,
Dans le vol silencieux
Où tu dois aller.




Jean-Loup est mort avant que ne soient éditées ses lithos.

Son dernier dessin: il y a tant de tourmente et tant d'élan dans cet envol... Un oeil qui semble pleurer de laisser ceux qu'il aime... un battement d'aile qui est dispersion vers la lumière. 

Lien :
Jean Loup Wacrenier. Huile. "Les passants"

(LE MYTHOMANE, de Pascal de Blignières avec onze lithographies de Jean-Loup Wacrenier. Editions Champfleury. Paris)

 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER


Sur ce montage, Jean-Loup est penché sur le maçon qu'il fait naître et le maçon semble s'approcher avec délicatesse et prudence de cette main qui le crée.
Pourquoi Jean-Loup a-t-il été à ce point fasciné par le monde des travailleurs? Quelle fraternité rêvait-il? Imaginait-il que l'artiste faisait partie de la grande famille du monde ouvrier? Se revendiquait-il simple artisan du quotidien? A-t-il fait semblant d'ignorer que le maçon élève un mur dont il n'a pas fait le plan, alors que l'artiste détruit les murs pour y ouvrir des portes dont il est le seul architecte?
Je crois qu'il était avant tout romantique et passionné. Il rêvait le monde. Il était du côté de ceux qu'on exploite et qui n'ont pour survivre que le strict minimum. Il avait la tête dans les grandes révoltes prolétaires et les pieds sur la panse des bourgeois. Dans sa tête et dans son coeur claquaient les drapeaux rouges et les drapeaux noirs. Les couleurs de la vie et de la mort.


 
Ses ouvriers sont massifs, comme emmurés en eux-mêmes. Ils n'ont pas de visages. Ils sont leur geste. Ces simples dessins révèlent un grand dessinateur, capable en quelques traits de donner à voir et à sentir la force et la solitude.



Sur ce petit tableau, il a représenté des "passants". Un fond terreux, une palissade de chantier et trois hommes qui semblent faits de glaise. Ceux de gauche paraissent imbriqués l'un dans l'autre, comme les pièces d'un puzzle. Celui de droite, plus léger, s'est détaché et "passe", déjà courbé et fatigué. Pas de regard, pas une attention pour celui qui les observe et les peint. Je ne sais pas quelle tristesse et quelle résignation sont les plus profondes. Celles des passants ou celles du passeur?


Lien : Jean-Loup Wacrenier. Dernières lithos.

Je lance un appel à ceux qui me liraient et posséderaient une toile ou plusieurs de Jean-Loup, de me contacter sur le blog ou de m'envoyer des photos. Le temps est venu de rassembler une oeuvre qui a été trop longtemps méconnue et de lui rendre un hommage mérité.
Mon adresse : chris.wac@orange.fr

Lien :
Jean Loup Wacrenier. Le crucifié.




 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MES ROMANS et RECUEILS
Il a été publié en décembre 2008. Il raconte une histoire en grande partie auto biographique, une histoire que je portais depuis plus de vingt ans sans pouvoir la dire. C'est l'histoire d'un amour et d'une trahison. Une histoire banale au fond, comme en connaissent bien des terriens. 

 

Comme il ne m'était pas possible de la raconter à la première personne, j'ai demandé à mon chat, mon petit compagnon de ces années tragiques de prendre la plume... C'est donc lui le témoin de la catastrophe, lui qui porte un jugement juste sur les êtres. 



Le voilà au Liban, sur la terrasse. Tout ce qu'il raconte, ma chienne massacrée, les cigognes dégommées comme au casse-pipe, son incursion dans une famille intégriste qui a voulu le tuer... tout cela est vrai.



Sur cette photo il est en Bulgarie. J'aurais dû le garder avec moi et ne pas le confier à l'être que je croyais digne d'amour et de confiance.
Il est mort de mon histoire, à cause de mon aveuglement. Je l'ai tenu contre moi quand l'aiguille a transpercé sa veine.
Après, c'est toujours lui qui raconte... Un chat ne meurt jamais tout à fait... Il me voit rentrer chez moi, il me voit aligner les somnifères et les avaler un à un, à grandes rasades de whisky...
Quand je l'entends à ma porte, il fait tout pour me dissuader de le suivre. Il sait qu'il habite de l'autre côté, chez les morts et que si je le rejoins, c'est que je serai mort à mon tour. Je ne peux résister, je le suis, je le saisis, nous ronronnons tous les deux, bien loin de la réalité blessée. Nous nous retrouvons tous les deux dans notre jardin volé. Morts mais libres!



Evidemment je n'ai pas réussi mon suicide. Il a dû prévenir avec ses pouvoirs de chat, mon amie, devenue ma femme, de forcer ma porte et d'appeler le SAMU.
Je ne l'ai jamais oublié. 20 ans après, c'est à lui que je dois d'avoir pu écrire ce roman. C'est à lui que je dois de m'être libéré. 
J'ai écrit des poèmes pour lui. Je le retrouverai, je le sais. Il m'attend sans impatience.

Lien :
 poèmes pour mon chat. Mort.  

lien : les chats. Poèmes, photos, histoires.


 

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux


Au 24 de la rue André Del Sarte, à quelques pas des rochers et des arbres du square Louise Michel, s'ouvre devant vous, comme une caverne d'Ali Baba, sans sésame à prononcer, le magasin des surprises...
 
Je vous invite à une visite, incomplète évidemment, sous le regard de Richard, grand voyageur qui a jeté l'ancre dans ce quartier touristique où l'on entend parler le monde entier.

 

C'est en utilisant le fer de barils que les artisans d'Haïti créent ces motifs étonnants. Les matériaux sont pauvres et l'imagination est riche... Elle irrigue le métal, comme une sève.



Les matriochkas (petites mamans) sont alignées dans la vitrine et vous regardent de tous leurs yeux. Elles ont envie de vous poser une colle. Quelle est leur origine? Vous répondrez peut-être comme moi qu'elles sont russes. Vous aurez raison et vous aurez tort!
Elles viennent en effet de Russie où un ambassadeur de retour de Tokyo aurait eu l'idée de les inventer en s'inspirant des tables gigogne et d'en offrir à la tsarine qui attendait un enfant.
Une autre version plus cruelle prétend qu'au Japon où la misère était grande, des femmes qui ne pouvaient nourrir leurs enfants, les tuaient à la naisance. On gardait le souvenir du bébé sacrifié en sculptant une poupée (kokeshi). Des familles japonaises émigrées en Russie, auraient apporté avec elles cette tradition.
Mais plutôt que de voir dans le ventre de la matriochka, tous ses enfants assassinés, qu'il nous soit permis d'y découvrir tous les trésors, toute l'humanité et tous les espoirs qu'abrite le ventre de la femme!

 

Avec les crèches, pas de problème, le bébé est bien né ! Les personnages de celle-là pourraient sans difficulté abriter plusieurs jésus dans leur ventre confortable!


 
Bouddha semble voler ou léviter sous les décors haïtiens.

Et maintenant, un inventaire à la Prévert  : des hamacs du Brésil, des sacs du Bengla Desh, des bijoux de partout, des automates de Chine et d'Allemagne, des lampes d'Indonésie, des miroirs d'Alice au Pays des merveilles, des robes de Thaïlande et .... aucun raton laveur!






 Pour la fin je garde mes petits favoris, mes petits sorciers qui tant de fois m'ont aidé : les mangeurs de chagrin du Guatemala.
Les enfants (et les grands) peuvent leur confier avant de s'endormir leurs soucis et leurs peines. Le matin , croyez-moi, le soleil se lève, les nuages noirs ont disparu. Sous l'oreiller les petits mangeurs ont bien travaillé! 


 
Ah oui! J'allais oublier! Si vous voulez connaître ce Monde en Couleurs, vous oublierez le mercredi et le dimanche mais tous les autres jours, vous y serez accueilli de 10H30 à19H30. 

lien : rue André Del Sarte Montmartre.  

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Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Monuments. Cabarets. Lieux


11 rue Yvonne Le Tac, au pied de la Butte, cette plate façade sans inspiration s'élève à l'endroit ou exista jadis une abbaye de grande renommée. Les pélerins s'y rendaient pour vénérer le lieu du martyre de Saint-Denis.
La modeste chapelle bâtie sur les lieux présumés de la décapitation de Denis et de ses compagnons, fut remplacée au XVIIème siècle par un édifice considérable et des annexes capables de recevoir le flot des fidèles venus parfois de très loin. On l'appela "l'abbaye d'en-bas", par opposition à "l'abbaye d'en-haut" qui fut abandonnée et dont ne subsista que l'église.( Visite de l'église Saint Pierre de Montmartre. 1) Des origines à la Renaissance. 


Comme la maladie d'Alzheimer saccage les souvenirs, l'histoire parfois fait passer un tsunami sur les témoins de pierres. La révolution qui avait bien des ra
isons de s'attaquer à l'Eglise, laboura ce lieu (de superstition, selon elle) au point de n'en rien laisser subsister. Enfin! pas tout à fait! Dans la crypte, vous pouvez voir un bas-relief du XIIIème siècle qui représente la décollation de Denis.


La pierre est usée et s'efface. Les pierres sont comme les hommes. Elles vivent plus longtemps mais retournent, elles aussi à la poussière ou au sable. On voit ici, l'évêque qui baisse humblement la tête et accepte le martyre. La manie de couper des têtes n'est donc pas un phénomène récent et islamiste!



La tête semble être déposée sur un autel. Est-ce là que Saint-Denis, la tête dans les mains, s'est arrêté? C'est à dire, dans la ville qui aujourd'hui porte son nom et où s'élève la Basilique dans laquelle les Rois de France sont inhumés?
La chapelle qui commémorait son martyre avait été édifiée sur "le champ des morts", un cimetière des premiers martyrs chrétiens, situé à proximité du Temple de Mercure qui donna son nom à la Butte, même si la polémique continue à ce sujet. 
Le nom de Montmartre. Origine.




A l'intérieur de la chapelle, très sobre, la pierre d'autel est un vestige de l'ancienne crypte. A gauche, Zygmunt attend que la photo ait été prise pour traverser ce lieu qu'il "habite". Il dirige en effet le Théâtre du Regard qui donne régulièrement des représentations inspirées dans la chapelle. Ce sont le plus souvent des récitals de poésie. J'ai assisté récemment à l'un d'eux. Les poèmes de Milosz étaient vécus par Zygmunt Blazynsky, accompagné d'une chanteuse lithuanienne bouleversante.



L'endroit s'il ne présente que peu d'intérêt archéologique, vous invite à la pause et au recueillement. C'est en ce lieu qu'Ignace de Loyola en août 1534 est venu avec six de ses compagnons (dont François Xavier, apôtre des Indes) prononcer un voeu d'engagement au service de Dieu et des hommes. On considère que c'est l'acte de naissance de la Compagnie de Jésus.


 
Si vous voulez vous recueillir un instant, à l'écart du bruit et du courant de ce quartier touristique, vous devrez vous libérer un vendredi, seul jour d'ouverture de la crypte (de 15h à 18h).
C'est un lieu modeste et clair où, si vous vous asseyez et fermez les yeux, vous pourrez entendre le chant lointain des pélerins du passé...


Saint Pierre de Montmartre (3) Le Guerchin, Ribéra, Parrocel...

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Publié le par chriswac
Publié dans : #ASIE

De retour à Paris, j'ai le Laos dans la tête, dans le coeur, dans les yeux. Il faut laisser les images, les regards, les sourires voler comme des papillons qui se poseront quand ils le voudront dans la mémoire. La gentillesse et la douceur des gens est ce qui immédiatement nous libère de nos défenses et de notre cuirasse d'occidental. En les rencontrant, j'ai pensé aux Béatitudes des Evangiles : "Heureux ceux qui ont une âme de pauvre...Heureux les doux..." Moi qui manque tant de douceur et de patience, je devrais faire retraite parmi eux!

Le matin, à l'aube, les moines quittent leur temple pour quêter leur nourriture. Dans le moindre village ou comme ici à Luang prabang, ils passent dans les rues où les fidèles agenouillés leur offrent du riz, des gâteaux et parfois des billets. Cette générosité leur permettra d'acquérir des mérites qui leur éviteront une mauvaise réincarnation et hâtera leur accession au Nirvâna.
Ce qui est frappant quand on rencontre ces moines et ces novices, c'est leur beauté. Tant de religieux par le monde ont triste figure et sinistre tenue! Ces hommes là sont beaux. Ils donneraient envie de les suivre. Sans doute la doctrine de Bouddha les aide-t-elle à être présent au monde sans y être inutilement attachés. Ils sont à la fois graves et gais. Aucune ostentation en eux, aucun enjeu dans leur relation.

Ils ne demandent qu'à vous parler, à vous sourire, comme celui-là qui nous interrogea sur notre pays qu'il connaissait bien mieux que les Français ne connaissent le Laos dont ils ignorent souvent quelle est la capitale! Bien sûr il ne faut pas idéaliser ce Bouddhisme (le plus authentique, celui du petit Véhicule) qui peut dans sa pratique nous irriter. Ainsi, une femme de notre groupe qui posa la main sur le bras d'un jeune moine, le fit-elle bondir comme si le diable l'avait agressé, rougir de confusion et disparaître au plus vite. Dans cette religion comme dans les autres il vaut mieux ne pas naître femme!

Mais aujourd'hui je ne veux garder que les couleurs et la douceur de ces rencontres.
Un moine, dans un petit temple sur les rives du Mékong, arrache les mauvaises herbes, doucement, sans se presser, comme si cet exercice allait de pair avec le lent arrachage en nous des pensées néfastes
.

Avant de replonger dans l'agitation parisienne, ce visage me rappelle le sens profond de la vie. Il nous dit que chaque minute est grave et précieuse.


Lien : Laos. Visages. Pirogues. Moines.

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Publié le par chriswac
Publié dans : #WACRENIER

Le trajet pour aller à Sceaux est devenu pour moi comme un chemin de pélerinage vers un lieu sacré.
Pour accéder au Sacré-Coeur, à deux pas de chez moi, il me faut gravir trois cents marches.
Pour m'approcher de mon père, de son coeur de père, il me faut emprunter le RER B avant de débarquer dans la lumière printanière.



Sous le soleil, à la sortie de la gare, me reviennent les paroles d'Aragon: 
Il fait beau à n'y pas croire
Il fait beau comme jamais
Quel temps! Quel temps sans mémoire...

Un temps sans mémoire pour un vieil homme qui a perdu la sienne et pour moi qui essaye d'en grappiller encore quelques miettes dans les mots qu'il me donne.



Je vois son studio, au troisième étage. Le store qu'une bourrasque a détérioré il y a deux mois n'a toujours pas été réparé. Il est inutilisable et pour se protéger de la chaleur et du soleil, mon père doit baisser le rideau métallique qui plonge sa pièce dans l'obscurité. Inutile de se plaindre, de réclamer. Voilà Quatre mois qu'il n'a plus de serrure à sa porte et que n'importe qui peut entrer à n'importe quel moment chez lui, alors le store.... Pensez donc! 



Je vais dans son studio. Il n'y est pas. j'en profite pour y mettre un peu d'ordre et faire le lit. Une rose fanée trempe dans un flacon d'eau de Lourdes. Des papiers sont éparpillés sur le sol. 
Je vais chez son amie. Il est là. Il a mis deux chemises l'une sur l'autre malgré la chaleur et il porte autour du cou un foulard rose surprenant.Il se lève et m'embrasse en me disant qu'il est heureux de me voir enfin parce qu'aucun de ses enfants ne lui rend visite. "Mais Dad, Vincent vient te voir chaque semaine!
- Ah bon!
-Et moi aussi!
-Oui. J'ai de la chance d'avoir des fils comme vous. Tu es un de mes préférés.
-Comme tu as trois fils aujourd'hui, chacun de nous est un de tes préférés!"



Son amie me dit qu'il ne faut pas laisser sa porte sans serrure car il y a des vols fréquents dans la résidence. Il dit qu'il n'y a rien à voler chez lui. Elle s'étonne : Tu n'as rien de précieux?
Il répond que si, il a ses enfants et il l'a, elle.
Nous descendons au restaurant.
Au bras de son amie, il ne s'égare pas dans les interminables couloirs.

 

Pendant le repas, il ne parle presque pas. Une seule fois, il me pose une question : As-tu des nouvelles de notre bonne ville d'Arras?
Ce sont les plus anciens souvenirs, les plus forts qui remontent à la surface quand la maladie balaye les souvenirs récents. Arras, c'est son enfance, ses parents, ses amis. J'essaye de retrouver des noms, de les lui donner. Il sourit quand je lui parle de son père. Avec lui, il retrouve des images, des moments : la maison familiale, les soirées de poésie, les Rosati..
Je souris avec lui.

 

Un chat vient nous regarder à la fenêtre. Un loubard sans doute à en juger à son oreille déchirée! Mon père le regarde. Le chat le regarde.
"Je devrais le prendre pour ta mère!
-Tu as déjà recueilli un chat à Oléron, tu te rappelles? C'est Minouche. Elle fait équipe avec maman.
- Oui, ta mère aime les animaux. "
C'est tout ce qu'il dit pendant les deux heures du repas. Il me paraît presque toujours absent, anesthésié par le flot intarrissable des considérations ésotériques ou philosophiques que déverse son amie qui parfois me pose une question piège pour vérifier que je suis attentif.



 Quand je suis enfin avec lui, seul à seul, je lui donne des nouvelles des uns et des autres. Je ne suis pas sûr qu'il comprenne ce dont je lui parle, mais il réagit aux noms de ses enfants et trouve quelque chose de gentil ou de tendre pour chacun d'eux.

Papa, garde-nous quelque temps encore dans un recoin de ta mémoire. Et quand nous n'y serons plus, ne crains rien, c'est dans ton coeur que tu nous retrouveras. 

Lien:

Visite à mon père. Alzheimer. 9 avril.










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