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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 08:30
     Au coeur de Grand Village, un ensemble de vieux bâtiments remontés pierre à pierre, rappellent ce qu'était la vie d'une famille de petits cultivateurs oléronnais dans un passé qui n'est pas si lointain.

 

     La maison paysanne est simple et comporte peu d'ouvertures. De ce côté, on peut voir l'escalier qui conduit au grenier. Remarquez la perche qui se dresse contre le mur. C'est le parour qui servait à pendre le poisson afin de le faire sécher au soleil et au vent marin. En vous promenant dans l'île, vous aurez l'occasion de voir sur quelques vieilles maisons, les pierres de maintien.

 




Il n'y a qu'une pièce dans la maison. On l'appelle la thieuzine
(ce qui signifie cuisine en patois charentais).



Une seule fenêtre....



Avec, juste au-dessous, une pierre creusée en son centre par une gorge qui permet l'évacuation des eaux usées de l'évier (  crouéssée ou  lavrasse) installé de manière à recevoir la lumière et à permettre aux femmes de faire la vaisselle tout en épiant ce qui se passe à l'extérieur!

 

Un seau est posé sur l'évier. On y puisait l'eau à l'aide d'une louche de métal, la cassotte.
A côté de l'évier, l'égouttoir (la vaissié
) qui ressemble à un lit d'enfant. 



Le coeur de la pièce est la grande cheminée près de laquelle l'aïeule reste assise, occupée à entretenir le foyer et à réchauffer sa carcasse, tout en jetant un oeil sur les petits, les drôles
comme on les appelle encore aujourd'hui... ce qui ne leur convient pas toujours!





Dans l'âtre, il était d'usage de poser de gros galets de granit, les grisons
qui, les nuits d'hiver réchauffaient les lits glacés. Ils étaient utilisés pour servir de lest aux navires venus chercher le sel avant d'être récupérés par les Oléronnais.

 

A côté de la cheminée, le pothager
, astucieusement conçu pour recevoir dans ses niches les braises qui permettaient de cuisiner et de garder les plats au chaud.



Accrochée aux poutres, la planche permet de maintenir le pain hors de portée des rongeurs et des drôles...



Le lit à quenouilles
(les colonnes supportent le ciel de lit et les tentures) peut paraître court. les Oléronnais n'étaient pas particulièrement petits, mais, comme dans les autres provinces, on avait l'habitude de dormir presque assis, appuyés contre de gros oreillers. On pensait sans doute que la position allongée pouvait porter malheur, évoquant les morts et les gisants.

 

Non loin du lit la coulisse
qui permettait au jeune enfant d'apprendre à marcher. Il était maintenu dans la planche trouée qu'il faisait aller et venir en tricotant de ses petites gambettes.


Bien des objets encore sont exposés dans la thieuzine
. Ils se couvrent de poussière et meurent doucement de n'être plus touchés par des mains vivantes. 

Jouxtant la thieuzine
, vous pourrez visiter le chai puis la forge et le ballet (hangar qui a donné son nom à une coiffe oléronnaise). Vous terminerez par le musée du costume et de la coiffe, plus riche et mieux présenté que celui de Saint-Pierre.

Avant de partir, jetez un regard sur le travail
. C'est là qu'on maintenait les animaux rétifs pour les ferrer en les sanglant et en les soulevant... Je pense à l'origine même du mot travail : tripalium, pieux de bois qui servaient justement à l'immobilisation et éventuellement à la torture! 



Bon! Il est temps de partir!
Un dernier regard à la maison paysanne... Et vivent les vacances!




lien : Plage de Grand Village. La Giraudière.

 
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 07:30



Mais... Je rêve!
Que se passe-t-il?
Que font ces ânes dans la citadelle?
Aurais-je découvert le pays de Cocagne où Pinocchio a été transformé en âne avec tous ses copains? 

 

"Ne sois-pas stupide... Tu mériterais le bonnet d'humain avec tes sornettes!
Nous sommes les ânes de Nicolas. Enfin, c'est ce qu'il croit. Disons plutôt que Nicolas est notre homme. Nous nous laissons bichonner par lui dans l'asinerie de Cheray, près de Saint-Georges. Nous ne sommes ici, dans cette citadelle un peu austère que pour divertir les touristes en les promenant sur les sentiers. Ils adorent ça, surtout les enfants.
Nous aussi on préfère les enfants parce que parfois, d'énormes individus bedonnants exigent qu'on les balade et c'est galère!



Bon, je ne t'ai pas dit le nom de mon Nicolas. Il s'appelle Seguier. C'est drôle non? Mon fils me dit en riant : Je suis le petit âne de MonsieurS
eguier comme la petite chèvre était celle de Monsieur Seguin...
Mais lui, mon fiston, il n'a aucune envie de s'enfuir parce que s'il n'y a plus de loups, il existe toujours des charcutiers qui font du saucisson d'âne....

Je te laisse un instant; je vois venir mon âne à moi....



Quoi?   Il exagère! En public et devant le jeunot!
 Si tu ne te détournes pas, au moins reconnais que vous êtes ridicules, vous les mâles humains, question proportions!
Je vous ai vus sur la plage naturiste de Saint-Trojan et je dois t'avouer que j'ai eu pitié!

 

Bien! C'est fini!   Ce n'était pas si mal. Maintenant, il me remercie en me faisant des mamours sur la croupe.

 

Celui-là c'est un baudet du Poitou.
Il paraît qu'il a failli disparaître. Après la guerre, ils n'étaient plus qu'une quarantaine...
Grâce au travail de l'Asinerie nationale de Dampierre où notre Nicolas a passé plusieurs années, sa race est sauvée aujourd'hui.

 

D'ailleurs, tu vois qu'il n'y a pas de souci à se faire!



Quand la saison touristique est terminée, nous allons dans les écoles ou les collèges et les enfants apprennent à nous connaître.
L'hiver dernier, à la fin de la journée, il y en a un qui m'a murmuré à l'oreille qu'il était fier, depuis qu'il m'avait rencontré, d'être traité d'âne par son professeur...

 

Je vois arriver Nicolas! il va falloir se mettre au boulot.
je suis ravi d'avoir fait ta connaissance.
Salue pour moi ton ânesse et tes ânons!
Euh! Pardon c'est un lapsus...
Je veux dire ta femme et tes enfants!"


Balade à vélo. Oléron. Du Château à Grand Village. (1)  

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 09:35


Il est impossible de donner en un article tous les itinéraires cyclables de l'île. Je vais donc les suivre un à un, comme des étapes qu'il vous sera facile de relier...

Au départ du Château, rue de la Libération, la piste serpente dans les marais.



Et les rencontres n'y manquent pas!

 

 

Les oies sauvages. On les appelle bernaches chez nous mais leur nom le plus commun est outardes. Ce sont des oiseaux très solidaires qui protègent les plus faibles pendant les migrations. Quand un couple se forme, il reste uni pour la vie et fidèle! Les petits ne quittent leurs parents qu'à la couvée suivante et quand par malheur, ils s'égarent, ils sont aussitôt recueillis par une autre famille.

Je pense à la chanson d'amour de Félix Leclerc :

Plus fragile que la feuille à l'arbre
LA VIE
Plus lourde que montagne au large
LA VIE
Légère comme plume d'outarde si
Tu la lies à une autre vie
 TA VIE. 

 

Une rencontre improbable entre un ragondin et une cane...

Le myocastor devrait se méfier des humains qui après l'avoir introduit en Europe ont décidé de l'éliminer (piégeage, déterrage, empoisonnement, tir au fusil...) à cause des dégâts qu'il provoque en creusant son terrier sur les berges. Parfois, les mêmes humains l'élèvent pour lui prendre sa peau et préparer des pâtés avec sa chair!
On comprend que notre ami préfère la compagnie des palmipèdes...

 

C'est l'heure où les chevaux du domaine de Montravail se promènent presque librement...



La piste continue dans la nature et bientôt vous rencontrez le berger et ses moutons :



Image du Bon Pasteur et de ses brebis... Sauf que, me semble-t-il, le Bon pasteur évangélique ne destine pas ses animaux à la tonte et à la boucherie!



La piste s'interrompt sur près d'un km pour suivre la route de La Chevalerie, village qui dépend du Château et où vous découvrez quelques jolies maisons...



Vous traversez ensuite la route du viaduc et le chenal d'Ors avec ses cabanes ostréicoles :



La route continue sur quelques centaines de mètres et franchit le chenal du Nicot. Vous retrouvez ensuite la piste protégée :



Et vous arriverez bientôt au port des Salines à Petit Village :



Le restaurant sur pilotis un tantinet snobinard et qui prévient les prolos : "Nous ne servons pas de moules-frites" n'est pas encore ouvert. Passez votre chemin et laissez vous glisser vers Grand-Village et la plage de la Giraudière. Vous aurez le choix de prendre une autre direction, vers Saint-Trojan, Gatseau, les Bris... Mais nous nous y aventurerons une prochaine fois!



Parce que moi, je remise ma monture au garage et je vais déguster un petit pineau bien frais...
A votre santé!

Si vous préférez continuer vers Saint-Trojan, faites la balade n°2 :




Lien : balade à vélo Oléron

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 12:15


Au nord de l'île subsistent encore quelques vieux moulins. Les mieux conservés peuvent se voir non loin de Saint-Pierre. Il s'agit de ceux de Pierre- Levée et de La Brée.
A Saint-Denis se dresse, à l'entrée de la petite ville ce beau moulin, bien appareillé dont la toiture et les ailes ont depuis longtemps disparu.





Sans doute est-il désolé de ne plus pouvoir déployer ses ailes. Je suis sûr qu'il aimerait prendre son envol et aller se poser dans les champs ou dans les vignes.
Il pense parfois à son cousin du Château, le moulin de la Quille du Chien qui, comme lui a perdu ses ailes et comme lui se trouve planté au milieu d'un parking.



Mais ne soyons pas grincheux... Il aurait pu être détruit ou transformé en pissotières le bon vieux Moulin Neuf!
Et puis, lui qui en a vu d'autres, ne doit pas ignorer qu'un jour les voitures disparaîtront et que les roses trémières reviendront...

Lien  :
Oléron. Le Château. Moulin.


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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 07:40



Au XVIème siècle, le Château d'Oléron regroupait un ensemble de demeures de pierres, protégées par les remparts. La ville était alors une seigneurie maritime soumise à un Prévôt qui assurait la double fonction de maire et de juge.



La maison du prévôt, située à l'angle des rues Gambetta et Marceau (anciennement rue Marchande et rue du Paradis) abrite un étonnant four à pain datant du XVIème.
La visite est une vraie surprise. Surprise du lieu, Surprise de la rencontre avec une femme artiste et érudite qui vous parlera amoureusement de sa maison.

 

 Un chat blanc, installé dans le jardin, bien décidé à ne pas se laisser expulser de sa rêverie, feint d'ignorer la présence des visiteurs.
Il se sent bien chez lui. Il sait que sa maîtresse a recouvert les murs de l'ancienne demeure de dessins et de tableaux qui lui rendent hommage ainsi qu'à ceux qui l'ont précédé. 





Un escalier raide comme une échelle vous conduit dans la cave où un autre chat dénommé Tilleul vous précède.



Un petit musée qui sent bon le vieux bois ciré expose des meubles charentais comme ce banc où s'asseyait l'aïeule quand les contrôleurs de la Gabelle venaient vérifier qu'il n'y avait pas de réserve cachée dans la maison. Evidemment le sel était dissimulé dans le coffre, sous les augustes fesses qu'il eût été inconvenant de déranger...
 


Vous aurez tout loisir d'apprendre à quoi servait tel ou tel instrument... Vous subirez un test d'intelligence : parviendrez-vous à ouvrir un collier de chèvre, apparemment cadenassé?



Et vous verrez enfin ce fameux four...



Derrière la lourde porte de fonte, l'assemblage harmonieux des briques fait penser à une voûte romane. C'est là que flambent pendant trois jours les ceps de vigne. Quand les briques blanchissent, que la température est à point, le boulanger peut alors se mettre au travail.
Une fois par an, la fête se renouvelle et réunit des amis heureux de partager un pain chaud au goût d'antan...  




La cheminée d'évacuation est surprenante. Elle ne part pas à la verticale mais presque à l'horizontale. Et pourtant, elle tire parfaitement.



A la fin de la visite, Tilleul reprend possession de son domaine et vérifie que vous fermez bien la porte...



Renseignements pratiques :  Visites guidées le mardi à 11h et le vendredi à 15h pendant la saison touristique. Réservation à l'office de tourisme (Place de la République). Attention l'endroit n'est pas accessible aux personnes handicapées. Les marches de l'escalier sont très hautes et très raides.
( Un petit film vidéo montre la fabrication du pain dans le four de la maison du prévôt.)



Lien : Eglise Notre-Dame Le Château d'Oléron. Le retable.





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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 07:35


Il y avait sur la commune du Château 15 moulins à vent. Il n'en subsiste que 4 aujourd'hui. Restauré il y a quelques années, voici le moulin de la Quille du chien, rue des Romains.

 

La maison du meunier avec son puits est toujours blottie à l'ombre du moulin qui a perdu ses ailes. Ii y avait là un grand terrain sauvage envahi de roses trémières et d'herbes folles. Il y avait là, solide sur ses vieilles jambes, Mimile, toujours d'accord pour bavarder et partager...

 

Un jour, la porte est restée fermée. Mimile est mort. Les fleurs et les herbes folles lui ont rendu hommage en poussant plus haut et plus éclatant, comme pour l'accompagner vers les nuages.

J'ai revu la vieille maison.
J'ai revu le vieux moulin.
Ils ont été restaurés et repeints.

Et devinez ce qu'est devenu le jardin extraordinaire...
Faîtes un effort. Pensez à la Place de la République au Château, pensez à la lanterne des morts à Saint-Pierre... Pensez à cette spécialité des municipalités oléronnaises d'aujourd'hui...



Mais oui! Vous ne rêvez pas (enfin, vous ne cauchemardez pas).... C'est un PARKING!!!




Un parking de super marché.
Il faut bien vivre avec son temps, ma bonne dame!


Lien : Oléron. Mur peint. Le Château.  
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 07:05


Voilà un endroit étonnant et qui lentement s'efface... Au coeur de la ville du Château, là où des ruelles fleuries de roses trémières se croisent, un vieil hôtel a fermé ses volets depuis des années et lentement perd la mémoire...


 
A la fenêtre une femme qui pleure peut-être, regarde s'éloigner son amant. Ou bien fixe-t-elle le vide et l'absence ?

 

Ou bien encore ne parvient-elle pas, comme si elle restait sur le quai, à détacher son regard de ces rails qui fuient vers la forêt et la nuit.
Etonnante composition. De l'intérieur vers l'extérieur : la femme à sa fenêtre. De l'extérieur vers l'intérieur : la voie ferrée qui entre dans l'hôtel avec le sable, la forêt de Saint-Trojan, les dunes et l'océan. 



Si vous êtes réaliste, vous comprendrez qu'il ne s'agit là que de panneaux touristiques... Une charentaise en quichenote à l'étage et la reproduction de l'affiche publicitaire du petit train de Saint-Trojan au rez-de-chaussée. Mais le réalisme réduit la réalité comme un Jivaro réduit la tête coupée de son ennemi...

Quoi qu'il en soit, le mur ne racontera bientôt plus rien. Il sera nettoyé et crépi. Il sera repeint de blanc, comme la banalité, comme l'amnésie...



Lien :
Saint-Pierre Oléron. Portes.

Merci à Frédérique qui a dirigé mes pas vers ce mur! 
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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 07:32

        Si vous désirez voir des femmes "coiffées", vous sillonnerez en vain les routes et les chemins oléronnais. Plus une coiffe à l'horizon. Vous n'en rencontrerez quelques-unes en action que si vous acceptez de subir les groupes folkloriques locaux ou si vous visitez les deux musées qui en exposent : le musée de Saint-Pierre et celui de la maison paysanne de Grand-village.
Celles que j'ai photographiées sont dans une vitrine du musée de Saint-Pierre, petit musée assez pédago, conçu essentiellement pour les enfants.





La plus connue est la quichenote ou le quichenot. Le féminin l'emporte aujourd'hui alors que le masculin était d'usage au XIXème siècle. Elle existe depuis la fin du XVIIIème. La plus courante (1ère photo) était simple et formée d'un cylindre de tissu. Peu à peu, il a été remplacé par des bandes qui servaient d'étuis dans lesquels étaient glissés des rectangles de carton (2ème photo).



D'où vient ce nom de quichenote? La belle histoire voudrait qu'il évoquât la résistance des belles Charentaises aux avances britanniques, grâce à cette protection de tissu rigide et dissuasif : "Kiss not"!
La réalité est plus prosaïque. Le quichon en patois charentais est un tas de foin. Le quichenot serait simplement la coiffe de la faneuse.

 

Et voici la coiffe de deuil. Elle abrite peut-être
le fantôme invisible de la veuve qui le porta...

 

Le ballet est la coiffe la plus rustique. Il date lui aussi de la fin du XVIIIème siècle et doit son nom à l'appentis qui servait à remiser le matériel agricole en Saintonge.

 

Le grand ballet ressemble à une mitre!

 

Modèle plus courant...

 

Cette photo de Pierre Loti (à gauche) prise lors d'une fête paysanne permet de reconnaître, au premier rang, à gauche, Samuel, le fils de l'écrivain et Blanche Franc de Ferrière, sa femme. Elle permet également de voir comment se portaient les coiffes et notamment le ballet...

 

Le ballon était la coiffe de cérémonie, celle des mariages...

 



A l'arrière de la coiffe, un noeud fantaisie et sur la coiffe elle-même, il était d'usage d'accrocher les bijoux en or... On donnait déjà à cette époque dans le bling bling!

 

La coiffe de dentelle se fixait sur la calotte.

Mentionnons pour terminer le bonnet :



Et la coiffette :



Coiffes moins spécifiques de la région et qu'on rencontrait dans de nombreuses provinces...

Et voilà... Fin de la visite. Oléron ne se coiffe plus depuis longtemps.

Comme dirait le poète : "Mais où sont les coiffes d'antan...?" 


Lien : Eglise de Saint-Trojan. Oléron.  

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 08:30


Par un jour d'été un peu gris, pourquoi ne pas se promener dans les vieilles rues de Saint-Pierre? Les maisons y ont souvent gardé leur authenticité malgré la tendance irrésistible des propriétaires à remplacer les vieilles portes de bois par des portes de plastique blanc, pratique et consternant.
Je commence la balade par la rue Pierre Loti où l'écrivain est enterré, dans le jardin de la maison familiale : "Ici, dans le jardin de la maison des aïeules, Pierre Loti repose sous le lierre et le laurier."

 

Derrière cette porte, datée de 1739, nous savons, sans pouvoir entrer, que l'écrivain, tant attaché à son île, passe son éternité avec quelques uns des chats qu'il aimait.
Derrière les autres portes, nous ignorerons quelles joies ou quelles peines se réfugient... Nous resterons à la surface des apparences...

 

 

 

Comme presque partout dans l'île, les roses trémières grimpent vers le ciel. Celle-ci a choisi sa couleur rose pour être assortie au bleu de la porte.






 
Une de mes portes préférées... J'imagine derrière les murs, un bassin entre les palmiers...Un air d'Orient, une odeur de jasmin...



 

 

 

A vous de découvrir d'autres portes dans les ruelles et les impasses de la capitale de l'île! Mais avant de vous lancer, jetez un oeil sur cette porte en trompe-l'oeil  qui ne s'ouvrira jamais que sur le rêve et admirez ce chat qui ne tuera jamais les oiseaux bleus et insouciants...

 

 

Lien : Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.  

... 
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10 août 2008 7 10 /08 /août /2008 12:02

 

















    Comme chaque matin en Oléron, je vais me lancer sur les pistes cyclables pour une balade de deux heures, celle que je préfère entre toutes et qui va de Grand Village à St Trojan en passant par la plage. La chatte Titiche me regarde partir avec réprobation. Elle se demande ce que je peux trouver de plaisant loin d'elle alors qu'elle a encore tant de confidences à me couiner à l'oreille...

 















      Je quitte malgré tout ma petite bavarde. Ma monture m'attend déjà et piaffe à la porte bleue. Je n'ai plus qu'à me laisser guider vers le centre de la commune où commence la piste qui mène à la plage.

 

 

 










      La piste a été refaite il y a deux ans et n'est plus envahie de piétons comme elle l'était quand elle ressemblait à un chemin de randonnée caillouteux. Elle traverse la forêt avant d'arriver aux dunes qui en cette saison fleurissent jaune :

 

 

 

 

 

 

 

    Les dunes de Grand Village sont aujourd'hui menacées. Elles reculent chaque année avec les marées, les vents et le sable qui les étouffe. Il est étrange de se dire qu'une dune peut mourir ensablée... Mais c'est une agonie visible... Les pins meurent les premiers; Ils se dessèchent et noircissent. Ils ressemblent à certains endroits à une forêt de Max Ernst ou à des barbelés dérisoires.  Oléron est en première ligne pour subir la montée des eaux et les conséquences de nos folies industrielles. Je pense à Léo Ferré en regardant la lente dégradation de la nature sauvage : "Le capital qui joue aux dés notre royaume"....

















     Allons! Adoptons une positive attitude  comme dit la chanson débile citée en son temps par le très cultivé et très distingué  Raffarin..          La piste débouche sur la plage, l'espace, les oiseaux. C'est beau comme un premier matin du monde. Il suffit d'arriver vers 9 heures et l'univers est à vous. Aucun pêcheur, aucun baigneur ( les gens du pays les appellent les baignassous!) aucun chasseur (ils attendront Septembre pour se mesurer avec courage et vaillance aux terribles invasions de canards et d'oies qui menacent notre planète).

 



















     Le sable dur de l'estran permet de filer à bonne allure sur la plage de la Giraudière qui change de nom quand elle dépend de la commune de St Trojan et devient la Grande Plage. Une épave marque la frontière entre les deux communes.



















    De nombreux navires ont connu un triste sort à l'approche de Maumusson où les courants sont violents et les vents puissants. Cette silhouette noire est le fantôme d'un cargo uruguayen, le Presidente Vieira qui vint s'échouer sur la Grande Plage une nuit de novembre 1916. Les prisonniers allemands détenus dans la citadelle du Château furent alors requis pour vider le navire. 





















       Un mat permet aux nageurs de situer la carcasse rouillée lorsque la marée haute la dissimule et devient dangereuse. Un goéland apprécie la vue imprenable... 

                                                                                                                    

















 Il faut parfois mettre pied à terre et franchir les baïnes le vélo à bout de bras.
       En voici une qui permet de comprendre pourquoi chaque été des nageurs sont emportés au large. La baïne est ici en train de se vider dans l'océan mais lorsque la mer monte , les vagues dévalent dans le lit creusé dans le sable et ce mouvement provoque un fort courant d'évacuation auquel aucun nageur ne peut résister. La seule solution est alors de se laisser entraîner en mer et de faire signe aux bateaux de pêche ou aux plaisanciers....

 

 

 















 

 

















    Vous arrivez à la pointe de l'île, face aux dunes du continent, un des endroits les plus préservés qui soient : le sable, la mer, la forêt, pas une construction à l'horizon.... C'est pour moi le lieu privilégié où vous pouvez un instant exposer votre tête et votre corps au vent et à la lumière. Vous êtes seul au monde avec le chant des vagues et le cri des oiseaux.




 


















       Après cette halte aux confins de l'île, la balade continue sur la plage qui longe le pertuis. Une petite anse mène vers Gatseau. A marée basse les chasseurs de coquillages envahissent l'espace et débusquent coques et louisettes (palourdes locales).





















       Devant la plage de Gatseau, comme un rappel du saccage des côtes dans les année 70, se dresse le centre de thalassothérapie. Il est heureusement une exception dans l'île où les rivages restent peu construits et où aucun complexe touristique à l'espagnole ne vient détruire irrémédiablement  la nature.























      Après l'hôtel, la piste longe la plage du soleil où les bains ne sont possibles qu'à marée haute et un peu dangereux à cause des parcs à huîtres. Nous sommes au sud de l'île, à l'endroit le plus abrité des vents du nord-ouest avec un petit air méditerranéen.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le circuit passe ensuite par le digue Pacaud qui vient d'être refaite et vous permet d'observer les oiseaux des marais d'un côté et de l'autre les effets de lumière entre Marennes, la Seudre et Oléron. Parfois le clocher de Marennes émergeant au dessus des eaux me rappelle Venise et San Giorgio. Modestement.
Un regard sur cette villa et son clocher, ma préférée de St Trojan.

 

 


















Maintenant je dois filer vers la maison car l'heure de l'apéro approche et je connais quelqu'un qui commence à regarder sa montre.

 

 

 

 

 

 

 

     



      Après le port de St Trojan et la forêt, la piste passe par Petit Village et le port des Salines, quelques cabanes pour touristes avec écomusée, boutiques, restaurant et grenier à sel. Tout est faux mais c'est un beau décor qui plaît aux parigots (dont je suis) et aux producteurs locaux qui viennent chaque mercredi vendre les produits du terroir.

 

 

 

 

 

 

 







Maintenant je file vers Grand Village et je lèverai mon verre de Pineau  à la santé de tous ceux que j'aime.

lien : La chapelle de Grand Village (Oléron) Elie Murat.  

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