Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 08:22
Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.

C'est un cabaret qui a laissé son nom dans l'histoire (politique et artistique) mais sans le tableau de Manet, ce nom aurait sans doute moins d'éclat!

Tout commence au XVIIIème siècle quand la frontière de Paris s'arrête à ce qui sera plus tard la place de Clichy.

Le village de Clichy la Garenne a sur son territoire plusieurs hameaux dont celui des Batignolles où une ferme accueille les parisiens pour leur servir le petit vin guinguet.

Les affaires étant rentables, la ferme se transforme en cabaret, vraisemblablement vers 1765, "Au père Lathuille".

La construction de la barrière des Fermiers Généraux est une aubaine pour le cabaret où viennent de plus en plus nombreux les parisiens qui apprécient de payer moins cher le vin et les alcools qui n'ont pas eu à passer la barrière de l'octroi.

La barrière de Clichy (bureau de l'octroi, pavillon de Ledoux)

La barrière de Clichy (bureau de l'octroi, pavillon de Ledoux)

Horace Vernet.30 mars 1814
Horace Vernet.30 mars 1814

Le cabaret entre dans l'histoire le 30 mars 1814.

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.

Le tableau d'Horace Vernet rappelle ce jour héroïque.

On y voit le maréchal Moncey dirigeant la défense de Paris et donnant des ordres à un colonel.

On remarque le pavillon de l'octroi de Ledoux sur la gauche et au fond le cabaret du père lathuille.

Le peintre rend hommage au cabaretier qui ouvre les portes de son établissement aux gardes nationaux, leur sert à boire et à manger sans lésiner. On lui prête la phrase historique adressée aux combattants qui allaient affronter l'armée russe :

"Mangez, buvez, mes enfants! Il ne faut rien laisser à l'ennemi!"

La résistance menée par Moncey fut assez héroïque pour tenir jusqu'à l'armistice. Des boulets russes détruisirent une partie du cabaret, l'un d'eux se ficha dans le comptoir. On l'y laissa et il put être caressé comme une relique par les clients jusqu'en 1860!

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.

Le cabaret se trouvait au n°7 actuel de l'avenue de Clichy qui s'appelait alors grande rue des Batignolles.

Aujourd'hui à son emplacement s'élève un cinéma militant qui promeut les oeuvres de création, c'est le Cinéma des Cinéastes, apprécié des cinéphiles,

Chez Aubry
Chez Aubry

La paix revenue, le cabaret accueille une clientèle plus large et son restaurant est apprécié pour ses plats originaux comme "la sole Moncey" ou "le poulet Lathuille" (aux fonds d'artichaut).

Jouxtant l'établissement, au n°9 de l'avenue actuelle, Aubry, gendre du père Lathuille ouvre en 1830 un café au décor luxueux. La grande salle est décorée de peintures et, comble de luxe, éclairée au gaz. On peut jouer au billard dans une deuxième salle ou profiter du soleil dans un jardin à l'arrière.

Une porte de communication permet de passer du cabaret du père Lathuille au café Aubry. Ce café deviendra célèbre quand Guerbois le rachètera.

Beaucoup d'artistes fauchés habitent le quartier où les loyers sont moins élevés que dans la Nouvelle Athènes voisine. Les peintres, s'approvisionnent en matériel chez Hennequin, ami de Manet, dont la boutique est au 11 rue Grande des Batignolles.

De la boutique au café Guerbois, il n'y a qu'un pas. Entre 1866 et 1875, le café est un lieu de rencontres et de réunions. On y voit Monet, Cézanne, Degas, Renoir, Pissaro, Sisley, Manet!

Le café figurera dans le roman de Zola "l'Oeuvre" sous le nom de café Baudequin (contraction de Baudelaire qui fréquenta le café Guerbois et Hennequin le marchand de peintures)

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.

Manet peint son fameux tableau en 1880.

Zola le décrit ainsi :

"Il y a au salon de cette année une scène de plein air, Chez le père Lathuille, deux figures à une table de cabaret, d'une gaieté et d'une délicatesse de tons charmantes (...) "

Manet représente Louis, le fils du patron attablé à côté d'Ellen Andrée, actrice de renom qui joue notamment dans les pièces de Courteline et qui sert de modèle à de nombreux peintres comme Renoir ou Degas. Manet l'a déjà représentée dans un tableau peint en 1875 : la Prune.

Manet. La prune. (Ellen André)

Manet. La prune. (Ellen André)

La jeune-fille en blanc.
La jeune-fille en blanc.

Manet habitué du cabaret choisit encore pour modèle la fille du père Lathuille, Marguerite Gauthier-Latuille, pour son tableau, "La jeune-fille en blanc".

Louis Gauthier-lathuille (1879)
Louis Gauthier-lathuille (1879)

Il peint une nouvelle fois Louis, le fils du père Lathuille, déjà représenté avec Ellen Andrée, dans un autre tableau...

Le restaurant du père Lathuille cesse d'être à la mode dans les dernières années du XIXème siècle et Louis Gauthier-Lathuille qui a succédé à son père ne parvient pas à lui redonner le lustre d'antan.

Il est vrai que la plupart des grands peintres qui fréquentaient l'établissement sont morts!

avenue de Clichy (à gauche le Kursaal)

avenue de Clichy (à gauche le Kursaal)

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.

Le cabaret ferme ses portes en 1906.

Il est remplacé entre 1907 et 1927 par un Music-Hall, le Kursaal où se produisent, entre autres, Maurice Chevalier, Fréhel, Lucienne Boyer ou Berthe Silva...

Tampon de l'Eden.

Tampon de l'Eden.

Le music-hall périclite comme la plupart des établissements montmartrois quand la vogue du 7ème art se répand. Il est transformé en cinéma-music-hall, l'Eden, avant de n'être plus qu'un cinéma le Mirage puis le Pathé Clichy (1943).

En 1987 Claude Berri en prend la direction avec la Société des Auteurs réalisateurs et producteurs (l'ARP)

Dernière métamorphose en 1996 quand le cinéma est baptisé par sa marraine Fanny Ardant : Le Cinéma des Cinéastes!

On y trouve au 1er étage "le bistrot des cinéastes" sympathique mais un peu terne, sans un père Lathuille pour lui donner du panache!

Y aura t-il des cinéastes pour utiliser son décor et lui assurer comme l'ont fait les Impressionnistes pour le cabaret du père Lathuille une renommée internationale?!!!

Fresque dans le Cinéma des Cinéastes.

Fresque dans le Cinéma des Cinéastes.

En complément les panneaux historiques (pelles Starck) devant le 7 et le 9 de l'avenue de Clichy....

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
7 avenue de Clichy. Le Père Lathuille.

7 avenue de Clichy. Le Père Lathuille.

Le cabaret du père Lathuille. Avenue de Clichy.
9 avenue de Clichy. Guerbois.

9 avenue de Clichy. Guerbois.

Repost0
9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 08:21

Ellen Andrée fut une actrice d'un certain renom, interprète de Courteline, de Guitry, et choisie par André Antoine pour jouer dans Poil de Carotte de Jules Renard ou La Terre de Zola.

Pourtant, si son nom reste connu aujourd'hui c'est parce qu'elle a servi de modèle à quelques uns des plus grands peintres de son temps.

Ellen Andrée par Nadar

Ellen Andrée par Nadar

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Ellen Andrée (1857-1925) commence tôt sa carrière d'actrice. Elle a 17 ans quand elle débute au théâtre du Palais Royal.

Elle jouera par la suite aux Variétés, à la Renaissance, aux Folies Bergères...

Elle est vite remarquée par les artistes qui sont attirés par sa "présence", sa sensualité et sa bonne humeur.

Parmi les premiers à lui demander de poser, Manet n'est pas le moindre !

Manet. La parisienne (Ellen Andrée) 1874

Manet. La parisienne (Ellen Andrée) 1874

Dans la Parisienne (1874) elle est une femme élégante et digne, vêtue de noir. Etonnant tableau qui prend le contrepied de ce que son titre peut suggérer. La Parisienne n'est pas la coquette, piquante et accueillante qui fait fantasmer l'Europe mais une femme endeuillée, figure austère et hiératique, un portrait qui évoque Goya (la Marquise de la Solana).

Elle semble sortir du poème "A une passante" de Baudelaire:

(...) Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

Une femme passa, d'une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l'ourlet.

(...)

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais.

Manet. La Prune. (Ellen Andrée) 1878

Manet. La Prune. (Ellen Andrée) 1878

Peint quatre ans plus tard, le tableau "La Prune" donne une autre image de la femme. Ellen Andrée en bonne comédienne, peut jouer tous les rôles!

Elle est attablée dans un café, le verre avec le fruit et l'eau de vie devant elle. Le décor est celui de la Nouvelle Athènes que fréquentait Manet, place Pigalle. Les lignes du cadre à l'arrière-plan mettent en valeur le visage de la femme, une femme du peuple, soeur de celles que décrit Zola. Fatiguée, dans une attitude de laisser-aller, elle s'abandonne un moment, la cigarette éteinte, au plaisir d'un moment de solitude et de rêverie.

Manet. Chez le père Lathuille (1879)

Manet. Chez le père Lathuille (1879)

Dans le célèbre tableau peint chez Lathuille en 1879, on la retrouve avec à ses côtés Louis Gauthier-Lathuille, le fils du cabaretier.

Elle est de nouveau vêtue en bourgeoise, un peu raide, à la fois intéressée et sur la réserve devant un jeune homme sensuel et dragueur. A l'arrière plan, un garçon de café observe la scène. Il est l'image même du peintre ou de l'écrivain naturaliste (Zola, Manet) qui observent la société!

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Quittons Manet et revenons en arrière, en 1874, quand Gervex (un authentique Montmartrois, né en 1852 dans le village que Paris n'avait pas encore annexé) peint Rolla en s'inspirant du poème de Musset. C'est Ellen Andrée qui pose pour lui mais exige que son visage ne soit pas reconnaissable!

.

"Henri Gervex répandit mon anatomie sur le lit de son "Rolla". Je ne tenais pas à être reconnue en cette Manon d'une tenue si abandonnée. Je recommandai à Gervex : surtout ne lui donnez pas ma figure!

Bref, pour le visage, c'est une brune qui posa...." Ellen Andrée.

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Elle n'a que 21 ans quand elle pose pour ce tableau et elle ne tient pas à compromettre sa jeune carrière.

De plus, elle subit encore l'influence du milieu familial et d'un père officier qui ne badine pas avec la morale!

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Le tableau fait scandale et il est exclu du salon, ce qui assure sa célébrité! Les curieux émoustillés défilent en rangs serrés dans l'atelier de Gervex pour l'y voir!

Le poème de Musset nous présente un jeune débauché qui, écoeuré par sa vie sans idéal, décide de se suicider alors que Marie, la prostituée avec qui il a une liaison est étendue, abandonnée sur le lit.

J.K. Huysmans remarque surtout la figure masculine dans le tableau de Gervex. Il écrit :

"Le jeune homme regarde, regrettant et dégoûté, la fille inerte, avachie dans un long somme. Cette figure ravagée et sombre, détachée dans un flux de lumière blanche est vraiment belle. Dans ce dépoitraillé de costume, dans cette chemise au plastron et aux manches froissées, cet homme a grande allure et je vois dans cette fille éboulée, après des intimités haletantes, sur un lit, un coin de parisianisme et de modernité qui évoque en moi des souvenirs du grand et divin poète Charles Baudelaire."

Gervex. Avant l'opération. 1887.

Gervex. Avant l'opération. 1887.

Ellen Andrée pose pour un autre tableau de Gervex quelques années plus tard. Le tableau "Avant l'opération" s'intitulait en réalité "Le docteur Péan enseignant à ses élèves à l'hôpital Saint-Louis, sa découverte du pincement des vaisseaux"!

C'est un hommage à Rembrandt et à sa Leçon d'anatomie.

La fin du déjeuner; Renoir.

La fin du déjeuner; Renoir.

Renoir ne manque pas de la remarquer chez ses amis et il la fait poser pour plusieurs de ses toiles comme "la fin du déjeuner"....

Ellen andrée. Renoir

Ellen andrée. Renoir

Le déjeuner des canotiers. Renoir.(1881)

Le déjeuner des canotiers. Renoir.(1881)

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

Dans le célèbre déjeuner des canotiers, elle est présente parmi les 4 personnages du groupe principal, autour de la table. A droite, assis à califourchon sur sa chaise, le peintre Caillebotte semble plus intéressé par la femme en face de lui que par sa voisine (Ellen Andrée) vers laquelle se penche le journaliste italien, Maggiolo.

.

Renoir privilégie sa sensualité et sa grâce. Ell sera satisfaite du résultat et considérera que c'est lui qui aura été le plus fidèle à sa nature de femme libre et vivante.

L'Absinthe. Degas. 1873

L'Absinthe. Degas. 1873

Elle ne pense pas la même chose de Degas qui la fait poser pour son tableau "l'Absinthe".

Elle est assise à côté de Marcellin Desboutin dans le café de la Nouvelle Athènes, place Pigalle, où Manet avait déjà peint "la Prune".

Degas donne à voir l'isolement des buveurs enfermés dans leur monde. Zola apprécie l'oeuvre et il dira à Degas, à propos de "l'Assommoir" : "J'ai tout bonnement décrit quelques uns de vos tableaux."

Ellen Andrée s'inquiète d'être assimilée à la femme alcoolique que le peintre a représentée. Elle insiste pour qu'il précise qu'elle était une femme tout à fait sobre et qu'il lui avait fait jouer un rôle de composition!

Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)
Ellen Andrée. Modèle à Montmartre. (Manet, Degas, Renoir...)

A force de fréquenter les peintres, Ellen Andrée finit par en épouser un!

En 1887, elle devient la femme de Henri Drumont, un vrai Montmartrois puisqu'il est né en 1859 dans la commune libre (comme Gervex), un an avant qu'elle ne soit rattachée à la capitale!

Près de la barque; Henri Drumont.

Près de la barque; Henri Drumont.

Laissons les derniers mots à Ellen Andrée qui évoque son existence d'artiste et de modèle :

"J'ai toujours été fourrée dans les peintres : Degas, Renoir, Manet... Ils m'ont tous fait mon portrait plus ou moins, souvent plutôt deux fois qu'une, mais j'ai perdu tout cela en des ventes, je partais pour l'Amérique, j'étais amoureuse..."

(Ellen Andrée par Jean d'Arc. Le Courrier Français 1891

Un coin d'atelier (1887) Edouard Joseph Dantan (Ellen Andrée)

Un coin d'atelier (1887) Edouard Joseph Dantan (Ellen Andrée)

Ellen Andrée. Degas (1876)

Ellen Andrée. Degas (1876)

Femme dans la rue. Degas. 1879. (Ellen Andrée)M

Femme dans la rue. Degas. 1879. (Ellen Andrée)M

Au café. Manet (1878) (Ellen Andrée)

Au café. Manet (1878) (Ellen Andrée)

Repost0
15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 12:14
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Le mur des je t'aime est devenu un lieu incontournable, passage obligé des amoureux ou des aspirants à l'amour venus visiter Paris.

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Jehan-Rictus (Steinlen)
Jehan-Rictus (Steinlen)

Il est élevé dans le square Jehan-Rictus, place des Abbesses.

Pas sûr que Jehan-Rictus, le poète de la misère et de la révolte soit le meilleur gardien de cette "oeuvre" qui sans doute le ferait sourire.

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Laissons-le soliloquer dans son coin...

La plupart des visiteurs ne savent pas qui il est... et veulent croire qu'ils entrent dans un jardin romantique et bohême...

Paris (Montmartre en particulier) a l'art de se fabriquer des images!

L'ancienne mairie du 18ème place des Abbesses.

L'ancienne mairie du 18ème place des Abbesses.

En cet endroit s'élevait l'ancienne mairie du XVIIIème, où siégea Clémenceau en 1870 et Jean-Baptiste Clément, le poète du Temps des Cerises, pendant la Commune.

Sur un mur pignon assez laid, ont été posés des carreaux de lave émaillée.

Il y en a 612... (je n'ai pas vérifié! mais les matheux peuvent s'y coller : sachant que le mur a une superficie de 40 m2 et que chaque plaque mesure 21cm x29,7cm.... )

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

En 1992, un jeune homme, Frédéric Baron, a fait la vendange d'un millier de "je t'aime" exprimés en 311 langues et dialectes, du mandarin au navajo, du berbère au basque...

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Une artiste, Claire Kito les a calligraphiés....

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Et voilà notre mur habillé pour l'hiver!

Il a la superficie moyenne d'un petit deux pièces parisien pour jeune couple pas trop fauché...

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Des éclats rouge vif sont projetés sur le fond bleu marine.

Ils forment les pièces d'un puzzle qui si on les réunissait, dessineraient un coeur parfait,

un coeur irrigué de sang,

un coeur battant!

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

C'est la belle idée de cette oeuvre et c'est ce qui lui évite de tomber dans la miévrerie.

On pense à Babel, à toutes ces langues qui séparent les hommes.

Pourquoi tant de mots différents pour dire la même chose?

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Devant ces taches rouge, je pense au Temps des Cerises...

Au sort qu'on réserva sur notre Butte aux hommes et aux femmes qui luttèrent pour qu'un jour tous les habitants de la Terre puissent se dire "Je t'aime".

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Le Mur des Je t'aime. Montmartre.
Repost0
9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 09:08
Tombe de Maman Perdon. Division 2.

Tombe de Maman Perdon. Division 2.

Voilà une femme hors du commun qui ne trouvait pas exceptionnel de se dévouer pour les autres.

Sa tombe dans le petit cimetière attire l'attention du visiteur.

La veilleuse sur la tombe

La veilleuse sur la tombe

Jeanne Lepailleur est née en 1872 à Paris, dans le XVIIème arrondissement.

Elle épousa à 20 ans monsieur Perdon, un brave homme sans histoire.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Elle choisit d'être infirmière par vocation et elle donne la mesure de son dévouement pendant la guerre de 1914.

Les témoignages de nombreux soldats blessés rendent hommage à sa disponibilité et à son attention.

Les hommes souffrants ou angoissés appellent leur mère à leur chevet et c'est l'infirmière qui tente de les rassurer. Très vite, les hommes la surnomment "Maman Perdon".

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.
Monument aux infirmières (Pierrefonds)
Monument aux infirmières (Pierrefonds)

Elle est infirmière major à proximité du front. Une de ses amies,Elisabeth Jalaguier est tuée non loin d'elle lors d'un bombardement sur le centre de soins.

Maman Perdon s'engagera après la guerre pour qu'un monument soit érigé à la mémoire des infirmières tuées, à l'emplacement précis où sa camarade avait trouvé la mort.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

En 1915, à l'hôpital de Villers-Cotterets, elle fait preuve d'un courage exemplaire. Les journaux publient sa citation à l'ordre du jour :

"Madame Juliette Perdon a contribué avec le plus grand dévouement, à soigner les malades et les blessés de l'hôpital d'évacuation, ne reculant devant aucune besogne. Au cours du bombardement du 17 juin 1915, elle vit éclater à moins de dix mètres d'elle un obus de 380 millimètres dont l'explosion l'a couverte de débris de terre, n'en continua pas moins, sans manifester aucune émotion, à donner ses soins aux malades et blessés et ne consentit à quitter l'hôpital qu'après une évacuation complète."

Maman Perdon à 67 ans.

Maman Perdon à 67 ans.

Après la guerre, à Montmartre où elle habite, elle ne compte pas son temps et sa peine pour soigner les malades.

Il n'est pas surprenant qu'en 1939, lors de l'exode, elle apporte du secours aux blessés sur les routes.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Elle prend sous son aile des gosses de la Butte, des petits Poulbots particulièrement vulmérables. Elle veille sur eux et les emmène loin de Paris, à l'abri des bombardements. C'est pendant cette "mission" qu'elle est renversée par un camion militaire. Elle est heurtée au visage et perd la vue.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Après la guerre, bien que modeste, elle n'est pas insensible aux honneurs. Elle porte avec fierté ses nombreuses médailles!

En 1948, elle est nommée Chevalier de la Légion d'honneur et c'est Robert Schuman qui la décore.

Elle reçoit : la Croix de guerre avec palme, la médaille interalliée, la médaille de la Victoire, la Croix d'honneur du dévouement national et... les Palmes académiques...

L'arrière du 3 (à gauche) donne sur l'est de la Butte.

L'arrière du 3 (à gauche) donne sur l'est de la Butte.

Les dernières années sont un peu tristes. Elle vit seule, sans famille, dans une petite chambre tapissée de souvenirs, 3 place du Tertre.

Sa fenêtre ne donne pas sur la place mais sur l'église Saint-Pierre et le Sacré-Coeur.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.
Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Elle meurt à 82 ans, le 30 novembre 1954.

Elle est enterrée dans le cimetière Saint-Vincent.

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

La stèle sculptée qui orne sa tombe ne la flatte pas!

La bonne infirmière y paraît sévère et raide.

Celle qui apporta tendresse et compassion aux grands blessés apparaît ici, sur une pierre couleur d'ossements...

Elle porte des lunettes rondes qui font penser à des orbites creuses...

Sur son visage, un sourire esquissé se transforme en rictus...

Maman Perdon. Cimetière Saint-Vincent.

Par chance, maman Perdon a perdu la vue et si l'envie lui prenait de sortir de sa tombe à l'appel d'un voisin qui aurait besoin de réconfort, elle n'y verrait que du feu...

Le feu de la veilleuse que des mains reconnaissantes allument parfois sur sa pierre...

La dernière photo de maman Perdon

La dernière photo de maman Perdon

Repost0
4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 05:35
La Folie Sandrin en 1830

La Folie Sandrin en 1830

La Folie Sandrin aujourd'hui

La Folie Sandrin aujourd'hui

La Folie Sandrin!

Qui ne connaît à Montmartre cette imposante construction sise au 22 rue Norvins, tournant fièrement son fronton vers Paris, l'air de dire qu'aucune demeure, aucun hôtel de la capitale ne jouira jamais d'une telle situation ni d'une telle vue?

Au 1er plan le réservoir. La grille d'entrée telle qu'elle est restée depuis le sieur Sandrin.

Au 1er plan le réservoir. La grille d'entrée telle qu'elle est restée depuis le sieur Sandrin.

Les bâtiments dont une partie remonte au XVIIIème siècle se sont d'abord appelés Palais Bellevue. C'est sous ce nom qu'ils deviennent la propriété en 1774 d'Antoine Gabriel Sandrin (parfois orthographié Cendrin).

Notre homme a fait fortune dans la bougie! Il est en effet Maître et marchand chandelier.

Atelier du Maître Chandelier (ou cirier).

Atelier du Maître Chandelier (ou cirier).

La propriété acquise par Sandrin était telle qu'elle avait été édifiée à la fin du XVIIème siècle, un peu austère au goût du chandelier, homme des lumières avant la lettre, qui rasa quelques bâtiments annexes et fit édifier une demeure vaste et claire dans ce village de Montmartre où elle fut appelée aussitôt "Folie Sandrin".

Rappelons s'il en était besoin que la folie n'est pas la maladie que tentera de soigner en ce lieu le célèbre Docteur Blanche, mais une "feuillée" c'est à dire une maison de campagne sous les arbres !

Des rocailles ensauvageaient les jardins et furent à l'origine du nom de maison des rochers que certains Montmartrois donnèrent alors à la folie.

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.
La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.

Une description notariale a été rédigée pour la vente de la propriété en 1795 à un marchand de vin (clin d'oeil de l'histoire puisque le réservoir situé devant la folie est devenu le siège de la commanderie pinardière du Clos Montmartre, soucieuse de promouvoir dans l'univers la production des vignes locales).

Elle nous donne une idée de l'opulence de cette demeure qui comportait 24 pièces et était entourée d'un vaste jardin aménagé, à l'arrière, dans le goût anglais.

Arrière de la folie rue des saules. Les jardins.

Arrière de la folie rue des saules. Les jardins.

La folie depuis la rue des Saules.

La folie depuis la rue des Saules.

Philippe Pinel (1745-1826) dont le docteur Prost est disciple.
Philippe Pinel (1745-1826) dont le docteur Prost est disciple.

Le marchand de vins ne fit pas fortune et, en 1805, revendit sa propriété au docteur Prost, aliéniste disciple de Philippe Pinel qui,s'insurgeant contre les traitements inhumains réservés aux "fous" (chaînes, électricité...) prônait un traitement "moral" de la folie. Il importait pour lui de traiter les malades avec bienveillance et compassion, leur parler, vivre avec eux...

Le docteur Prost partageait ses repas avec ses pensionnaires, les écoutait, les traitait avec respect. Il obtint des résultats si encourageants que son établissement devint célèbre.

Pinel libère de leurs chaînes les aliénés de la Salpétrièree. (Robert Fleury 1795)

Pinel libère de leurs chaînes les aliénés de la Salpétrièree. (Robert Fleury 1795)

Au coeur du village, la maison de santé du docteur Prost. (gravure 1820)

Au coeur du village, la maison de santé du docteur Prost. (gravure 1820)

Esprit Sylvestre Blanche (seule photo connue du docteur)
Esprit Sylvestre Blanche (seule photo connue du docteur)

En 1820 le docteur Prost cèda son établissement qui avait acquis une réputation flatteuse à un autre docteur, Esprit Blanche (1796-1852).

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.

Avec lui, la Folie Sandrin entra dans l'histoire littéraire. Un des plus grands poètes du XIXème siècle, Gérard de Nerval y séjourna en effet

Il la décrivit dans "La Bohême Galante" comme une "villa fashionable et même aristocratique"!

La Folie Sandrin. Entrée 22 rue Norvins.

La Folie Sandrin. Entrée 22 rue Norvins.

Utrillo (1910)

Utrillo (1910)

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.

C'est en 1841 qu'il est accueilli à la Folie Sandrin. La maison lui paraît luxueuse, en contraste total avec les asiles d'aliénés où les malades sont à peine mieux traités que des animaux. Les tarifs sont si élevés que le poète n'aurait jamais pu y payer sa pension si la générosité du docteur Blanche n'avait acccordé la gratuité aux artistes.

Nerval est atteint de psychose maniaco-dépressive doublée de schizophrénie, une maladie que l'on traite aujourd'hui par la chimie. Le docteur Blanche le juge incurable.

Maison de santé du docteur Blanche à Passy.

Maison de santé du docteur Blanche à Passy.

Emile Blanche (John singer Sargent)
Emile Blanche (John singer Sargent)

Nerval apprécie le calme et le charme de Montmartre au point qu'il choisira d'y séjourner en 1846, au Château de Brouillards.

Quand il subira sa grande crise en 1853-1854, il retrouvera le docteur Blanche.

Mais la maison de soins aura déménagé à Passy et le docteur Blanche ne se prénommera plus Esprit mais Emile (fils du précédent).

C'est pendant ce dernier séjour qui précèdera sa mort qu'il écrira Aurélia où rêve et réalité se mêlent, où sont percées les "portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible".

Jacques Arago

Jacques Arago

Portrait du chef hawaïen Ooro (Jacques Arago. 1819)

Portrait du chef hawaïen Ooro (Jacques Arago. 1819)

Parmi les pensionnaires célèbres du docteur Blanche à Montmartre, on trouve Jacques Arago (1790-1854)

Frère de Jean et de François (le plus célèbre des trois) il est à la fois écrivain et explorateur. Il rapporte de ses voyages de nombreux croquis.

C'est lui qui nous laisse dans son ouvrage "Paris ou le livre des cent et un" la description la plus complète du docteur Blanche, de sa femme et de la "maison de fous" comme il l'appelle :

Au haut de la butte Montmartre, sur un tertre dominé par les bras gigantesques de plusieurs moulins à vent, est un édifice irrégulier de quelque apparence, dont la façade blanche, assez élégante, appelle les regards des curieux (...)
Le derrière de la maison donne sur un jardin à l’anglaise, petit, mais agréable. Les malades, les idiots, les fous, s’y promènent à volonté ; ceux dont la folie est dangereuse sont séparés des autres par une haute palissade de planches, qu’ils ne peuvent ni franchir, ni abattre. D’un côté la douleur, de l’autre
le
désespoir (...)

En 1899. Dessin de Pierre Vidal.

En 1899. Dessin de Pierre Vidal.

La Maison du docteur Blanche en 1906

La Maison du docteur Blanche en 1906

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.
Monrose dans l'Etourdi de Molière.
Monrose dans l'Etourdi de Molière.

Un autre pensionnaire célèbre fut Claude Barizain (1783-1843) acteur du théâtre Français connu sous le nom de Monrose.

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.

Il était spécialisé dans les rôles impertinents de valets, tels Scapin, Crispin ou Sganarelle. Spirituel et primesautier sur scène, il était dans la vie d'une grande mélancolie. Une "mélancolie incurable" diagnostiquera le docteur Blanche.

Quand sa femme meurt en 1841, il reste prostré, frappé d'amnésie. Il est conduit en 1842 dans la maison de Montmartre.

En janvier 1843, le docteur Blanche l'accompagne au théâtre où devant son public, Monrose, retrouvant soudain la mémoire, joue sans une faute le rôle de Figaro dans le Barbier de Séville. Il connaît un immense et ultime succès dû à sa performance et à l'émotion de ses admirateurs qui savaient qu'ils assistaient à un adieu.

Trois mois et demi plus tard, Monrose meurt dans son refuge montmartrois. Il est enterré au cimetière Montmartre.

Emilie de Lavalette.
Emilie de Lavalette.

Parmi les hôtes célèbres de la Maison Blanche, mention doit être faite d'une grande amoureuse : Emilie de Lavalette (nièce de Joséphine de Beauharnais, 1781-1855)

Emilie de Lavalette à la Conciergerie. D'après Dévéria.
Emilie de Lavalette à la Conciergerie. D'après Dévéria.

En 1815, pendant la "Terreur Blanche", son mari, Antoine de Lavalette, ancien aide de camp de Napoléon, est arrêté et condamné à mort. Emilie se rend avec sa fille à la Conciergerie où il est incarcéré. Après avoir dit adieu à son mari elle quitte la prison. On découvrira, trop tard pour le rattraper, qu'Antoine est ressorti déguisé en femme avec sa fille tandis qu'Emilie prenait sa place dans sa cellule!

Après des mois d'emprisonnement éprouvant où elle est traitée sans ménagement, Emilie a recours aux soins du docteur Blanche qui dans un premier temps la remet d'aplomb. Mais après la mort de sa fille, sa raison défaille de nouveau. Elle ne reconnaîtra pas son mari revenu d'exil.

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.
La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.

Après le départ du docteur Blanche, sa maison connaît divers avatars.

Elle devient jusqu'en 1875 une institution de demoiselles de bonne famille, sous la houlette d'une certaine veuve Mathieu.

La veuve disparue, une fabrique de broderies avec de jolies brodeuses style Mimi Pinson, occupa les lieux. Elle appartenait à un Monsieur Gilbert dont je n'ai trouvé aucune trace!

Folie Sandrin. Cours Normal de Montmartre (1964)

Folie Sandrin. Cours Normal de Montmartre (1964)

La fabrique fait faillite. Un institut normal de jeunes filles prend possession des lieux dans les décennies 1950 et 60.

Hélène, une Montmartroise qui y fut élève se rappelle son école :

"J'ai été élève au Cours Normal de Montmartre dans les années 58-60. J'en ai gardé le souvenir de bâtiments vétustes (le plafond de la salle de classe menaçait de s'effondrer!) et d'un immense jardin où nous faisions la gym et allions en récré.

Le jardin était boisé et mal et moins bien entretenu mais il avait plus de charme."

Cours Normal de Montmartre. Les jardins.

Cours Normal de Montmartre. Les jardins.

La Folie avant les travaux de réhabilitation
La Folie avant les travaux de réhabilitation

...et puis Montmartre devient la proie des promoteurs aux longues dents. La folie est rachetée, restructurée, modernisée et vendue en appartements de luxe!

Les travaux. En route vers la Résidence de luxe!

Les travaux. En route vers la Résidence de luxe!

Jean Marais. Orphée.

Jean Marais. Orphée.

Respectons l'anonymat de ses heureux habitants.

Parmi ceux qui après y avoir vécu ont quitté à tout jamais la Butte, retenons le plus flamboyant d'entre eux, Jean Marais, qui partageait sa vie entre Vallauris et Montmartre!

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.
Folie Sandrin. Jardins.

Folie Sandrin. Jardins.

La propriété se protège derrière ses grilles et ses murs.

Le prix du m2 peut y flirter avec les 22 000 euros.

Le bon docteur Blanche n'aurait plus les moyens d'y installer sa maison de soins et Nerval irait se pendre ailleurs!

La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.
La Folie Sandrin. Montmartre. Rue du Mont Cenis.
Repost0
21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 09:15
Le Château des Brouillards. Montmartre.

C'est un des lieux les plus romantiques de la Butte.

Son nom fait rêver.

On imagine, émergeant de la brume un palais de contes de fées, avec quelques sorcières rôdant aux alentours.

Le Château des Brouillards. Montmartre.

La réalité est plus prosaïque et pourtant...

Montmartre en 1789. Les canons.

Montmartre en 1789. Les canons.

A l'origine, c'est à dire au début du XVIIème siècle, il y avait sur ce versant de la Butte un terrain vague où se délabraient une vieille ferme abandonnée et un moulin qui battait de l'aile!

Il s'était appelé "moulin des brouillards" avant d'être baptisé "moulin du vin".

Nous sommes à l'époque des "folies", ces résidences campagnardes que les nobles ou les bourgeois enrichis se font construire à proximité des villes.

Un avocat au Parlement de Paris, un certain Legrand Ducampjean, tombe amoureux de l'endroit. Il achète le terrain de 7000 m2, rase les ruines de la ferme et du moulin pour faire construire sa "folie".

Bien que relativement modeste elle est vite appelée "château" par les villageois.

La fontaine du But (autrefois du Buc)

La fontaine du But (autrefois du Buc)

En contrebas se trouve la Fontaine du But.

Cette fontaine, à l'origine Fontaine "du buc" est située dans le tournant de la rue de l'Abreuvoir et de la rue Girardon, au pied de l'escalier qui aujourd'hui permet de rejoindre la place Constantin Pecqueur (jadis place de la Fontaine du but).

Le Château des Brouillards. Montmartre.

C'est là que les meuniers de la Butte amenaient leurs ânes, c'est encore là que les éleveurs venaient laver leurs boeufs avant de les conduire à l'abattoir.

De la fontaine s'élevaient des vapeurs qui certains jours d'hiver formaient un rideau de brume. Il n'en fallait pas plus pour que la rue fût appelée rue des Brouillards de même que le "château" construit à proximité.

Certains adorateurs de la dive bouteille prétendent que le nom de "brouillards" daterait du moulin du vin où le soir de joyeuses compagnies vidaient force tonneaux et se retrouvaient dans un état comateux dû à la boisson sacrée!

Le Château des Brouillards. Montmartre.

L'avocat fait édifier un bâtiment central et deux pavillons au milieu de ses terres et de ses vignes qui descendaient au-delà de la rue Caulaincourt actuelle.

Notre homme est bien placé pour sentir tourner le vent!

Il liquide ses biens avant que n'éclate la Révolution, place son argent en pièces d'or et attend à l'écart que s'éloigne la tourmente.

On ignore alors ce que devient sa "folie".

Le Château des Brouillards. Montmartre.

On ne retrouve des traces de son histoire qu'en 1818. Le domaine est alors divisé en deux parties et vendu à deux acquéreurs.

C'est vers 1828 que Nerval serait venu y résider.

En bon Montmartrois dont la bonne foi est égale à celle des Marseillais, j'estime que c'est une certitude!

Nerval y a vécu pendant presque 10 ans et c'est en ce lieu champêtre qu'il a écrit son Voyage en Orient, parole de Montmartrois!

Il a tellement aimé l'endroit qu'il l'a évoqué dans Promenades et Souvenirs :

..."Ce qui me séduisait avant tout, dans ce petit espace abrité par les grands arbres du château des Brouillards, c'était le reste du vignoble lié au souvenir de Saint-Denis qui, au point de vue philosophique, était peut-être le second Bacchus..."

Le Château des Brouillards. Montmartre.

C'est un éclairage intéressant sur saint Denis dont le nom, comme chacun sait, vient du grec Dionysos, c'est à dire le dieu du vin, le Bacchus des Latins.

Qu'il ait perdu la tête au milieu des vignes apporte de l'eau (!) au moulin de ceux qui affirment que les "brouillards" sont ceux de l'ivresse!

Entrée du Château des Brouillards rue Girardon

Entrée du Château des Brouillards rue Girardon

Montmartre en 1848 (photo le Gray, bnf)
Montmartre en 1848 (photo le Gray, bnf)

En 1848, pendant la révolution, le Club Républicain de Montmartre siège dans le "château" sous la direction de Léon Chautard.

Allée des Brouillards
Allée des Brouillards

En 1850 le parc est en partie sacrifié, les bâtiments annexes sont détruits pour laisser place à une série de modestes pavillons, là où s'élèvent aujourd'hui les immeubles très recherchés de l'Allée des Brouillards.

Château des Brouillards (Parisienne de photos)

Château des Brouillards (Parisienne de photos)

Le Château des Brouillards. Montmartre.

Les pavillons de bois sont proches du Maquis fait de cabanes et de constructions hétéroclites qui couvraient toute l'avenue Junot actuelle.

Il n'est donc pas étonnant qu'ils aient été parfois occupés par des artistes sans le sou. Steinlen, l'homme au grand coeur, passionné de justice et de chats y aurait vécu avant de s'établir plus bas, dans son Cat's Cottage ouvert aux miséreux et aux matous faméliques.

Le Château des Brouillards. Montmartre.

En 1889 Renoir débarque avec sa petite famille dans le pavillons 6.

L'entrée se fait par la grille du Château au 13 rue Girardon.

Jean Renoir (Auguste Renoir)

Jean Renoir (Auguste Renoir)

Son fils Jean y voit le jour et c'est là qu'il passe les trois premières années de sa vie.

Il garde le souvenir du jardin sauvage, des chèvres qui y venaient brouter. Le panthéisme qui inspirera certains de ses plus beaux films doit sans doute quelque chose à la Butte encore sauvage où vivaient artistes et marginaux.

Aline Renoir, modèle pour les Canotiers.

Aline Renoir, modèle pour les Canotiers.

Le Château des Brouillards. Montmartre.

Parmi eux le pittoresque Bibi la Purée qui s'invite parfois dans la cuisine d'Aline Renoir.

Jean parlera plus tard d'un couple moderne de deux gentils garçons, toujours tirés à 4 épingles et qui avaient entouré leur pavillon de clochettes et de sonnailles qui les avertissaent de l'approche d'un visiteur, fût-il un petit garçon qui savait à peine marcher!

Un beau matin la police débarqua et malgré le tintement des cloches, investit le pavillon. Les deux oiseaux n'étaient plus dans le nid! Ils avaient pris la poudre d'escampette et l'on ne retrouva au logis que du matériel d'imprimerie et des liasses de faux billets!

Dorgelès se souviendra de cette histoire dans son roman "Le Château des Brouillards"!

Gabrielle et Jean Renoir (Auguste Renoir)

Gabrielle et Jean Renoir (Auguste Renoir)

Gabrielle
Gabrielle

La femme de Renoir fait venir de sa province pour la naissance de son deuxième fils, Gabrielle qui servira de nourrice au petit Jean et de modèle maintes fois brossé au grand Auguste!

Zola et Alexis
Zola et Alexis

Parmi les voisins de Renoir figure Paul Alexis, écrivain naturaliste surnommé "l'ombre de Zola" qui participe aux Soirées de Médan et qui comme son maître défend avec véhémence Dreyfus. Sa fille Paule est parfois présente dans les toiles de Renoir.

Château côté Girardon

Château côté Girardon

Entrée, rue Girardon

Entrée, rue Girardon

Le Château des Brouillards. Montmartre.

Les pavillons ont abrité d'autres hôtes qui deviendront illustres. Léon Bloy y résida de 1904 à 1905 pavillon 3)

De retour de ses années danoises il s'était installé à Lagny ("Cochons sur Marne") qu'il fuit en 1904 pour vivre à Montmartre où il rencontre Rouault le peintre qui lui ressemble le plus.

Cocteau y fit un bref passage et puis... Montmartre devint à la mode et le maquis fut détruit.

Le château trembla plusieurs fois sur ses fondations car de nombreux projets le rayaient de la carte pour laisser place à des immeubles cossus.

Il importe de rendre hommage à Victot Perrot, notaire, historien et président du Vieux Montmartre qui l'acheta, le restaura et, une fois ruiné, en vendit une partie.

Le Château des Brouillards. Montmartre.

L'allée des Brouillards se transforma en ruelle, les pavillons légers disparurent, remplacés par de petits immeubles pour artistes et bourgeois désireux de se donner une image de bohême (de luxe).

Citons par exemple Jean-Pierre Aumont. Une plaque commémorative rappelle au passant qui risquerait de l'oublier, que le comédien y vécut (n° 4) de 1980 à 2000.

La suite n'a que peu d'intérêt... mais beaucoup d'intérêts...

En 2002 le château est racheté par un nabab belge enrichi par les jeans de luxe.

En 2012 il le revend à un prix astronomique après une restauration luxueuse qui n'a pas toujours respecté le charme du vieux bâtiment.

Mais où sont les brouillards d'antan?

Neige et brouillard

Neige et brouillard

Entrée hier

Entrée hier

Entrée aujourd'hui

Entrée aujourd'hui

Allée des Brouillards et rue de l'Abreuvoir

Allée des Brouillards et rue de l'Abreuvoir

Vu par Utrillo

Vu par Utrillo

A quels seins se vouer?

A quels seins se vouer?

Côté Place Casadesus

Côté Place Casadesus

L'arrière sur le square... le grand n'importe quoi architectural

L'arrière sur le square... le grand n'importe quoi architectural

Le Château côté rue Girardon par Utrillo

Le Château côté rue Girardon par Utrillo

Le Château des Brouillards. Montmartre.
Le Château des Brouillards. Montmartre.
Le Château des Brouillards. Montmartre.
Repost0
5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 08:40
Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Inutile de présenter François Gabriel (1883-1964) le "Roi des Photographes de la Butte Sacrée" comme le proclame l'enseigne peinte par Matho qui était accrochée sur la façade de l'immeuble du 36 rue Muller (aujourd'hui 2 rue Utrillo) où le photographe avait sa boutique, son labo et son appartement.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Pendant plus de 50 ans il a photographié le même escalier avec les promeneurs, les habitants du quartier, les visiteurs qui redescendaient du Sacré-Coeur.

On voit sur ses clichés passer les années, changer les modes vestimentaires, sourire pour les amis ou la famille tant et tant de passants aujourd'hui disparus.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Le jour où je serai maire de Montmartre, je veillerai à ce qu'une rue porte son nom ! Il est une partie de la mémoire de notre quartier et il a un nom d'archange!

1918

1918

La guerre est à peine terminée, on se presse sur les marches, les enfants de l'avenir au premier plan!

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

En haut de la photo, à gauche, une femme tient un bébé bien éveillé qui semble regarder l'objectif.

1920

1920

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Deu ans plus tard, le garçon a grandi.

Sa famille habite rue Muller.

Il n'a que trois pas de souris à faire pour atteindre les escaliers et en bas-des marches, le domaine enchanté du square Saint-Pierre avec ses buissons, ses ponts rustiques, son cours d'eau et ses fontaines...

1920

1920

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Il a bientôt trois ans. Il est au premier plan dans le groupe d'enfants devant le réverbère. c'est lui qui lève le museau, à droite vers des copains plus grands que lui.

Poulbot qui passait par là a dû le remarquer!

1921

1921

L'oncle Charles mort en 1914
L'oncle Charles mort en 1914

En 1921 nous reconnaissons sa petite bouille sur la photo.

Il s'appelle Charles comme son oncle mort à la guerre de 14.

Son père a eu plus de chance, il en est revenu après avoir contribué à sauver des vies comme infirmier. Il n'y a que trois ans que la guerre est finie!

Combien de passantes, vêtues de noir, portent le deuil d'un époux, d'un frère ou d'un fils!

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Charles est encore un "petit".

Il a droit à la place d'honneur, au centre de la photo devant le réverbère inamovible.

1924

1924

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Les années passent. Les photos des années 22 et 23 ont disparu. Peut-être en retrouvera t-on au hasard des brocantes ou des ventes sur des sites spécialisés.

Nous sommes en 1924.

L'enfant est devenu un gars de la Butte, avec gouaille et casquette.

Il n'est plus au premier rang avec les petits. Il les domine d'une bonne casquette, le coude appuyé contre le réverbère.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

C'est la plus belle brochette de poulbots dont on puisse rêver!

1926

1926

enfants réunis autour de Poulbot. Casquette et béret sont à la mode!
enfants réunis autour de Poulbot. Casquette et béret sont à la mode!

Deux ans plus tard, Charles prend de la hauteur.

Il est sur les marches avec un camarade de butte.

Il porte un béret bien enfoncé sur la tête.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Les deux copains saluent le photographe, pressés d'en finir et de retourner à leurs activités!

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
1926

1926

La même année 1926, Charles a changé de tenue.

Il a revêtu un costume marin.

Il est si beau dans ses nouveaux habits que le photographe le place de nouveau au premier plan.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Bien campé sur ses jambes, les mains dans les poches, il est prêt à prendre la mer!

1929

1929

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Trois ans plus tard le marin a retrouvé son béret!

Nous sommes en 1929, l'année du krach de Wall Street mais que New-York est loin de la Butte!

1930

1930

Même rue, en haut! Un copain de Charles?
Même rue, en haut! Un copain de Charles?

1930. Il a plu sur les marches. Charles se prend à rêver qu'il est dans la jungle! Le réverbère est un cocotier.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Quelques mois plus tard, on retrouve Charles devant l'escalier

1931

1931

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.

Il a grandi. Il ne porte plus le béret enfoncé comme un casque sur la tête mais il l'arrange avec coquetterie!

Il tient par les pattes un petit chien qui regarde comme lui vers l'objectif et le petit oiseau qui va sortir!

1932

1932

La dernière photo de Charles rue Muller date de 1932. Il a presque 16 ans. Il n'a plus l'âge de jouer dans le square avec les petits poulbots.

Il est devenu un jeune homme à qui les lunettes donnent un air sérieux.

Charles à gauche,, mains dans les poches.

Charles à gauche,, mains dans les poches.

C'est la dernière photo retrouvée où on voie encore Charles dans les escaliers. Les clichés des années suivantes se sont perdus ou peut-être le garçon devenu un homme n'aimait-il plus se faire photographier dans les escaliers de son enfance...

Vous avez deviné son nom....

Il s'appelait Charles Gabriel, fils de François Gabriel

Il était prince

Il était fils du Roi des Photographes de la Butte Sacrée!

Charles à 4 ans

Charles à 4 ans

Un jour de 1959, le roi quitta son royaume après 56 ans de règne. Il descendit les marches pour aller vivre plus bas, rue du Baigneur. C'est là qu'il mourut 5 ans plus tard en laissant à des milliers de gens qu'il avait photographiés un éclat d'éternité!

36 rue Muller (2 rue utrillo)

36 rue Muller (2 rue utrillo)

La boutique du photographe. Hier et aujourd'hui.
La boutique du photographe. Hier et aujourd'hui.

La boutique du photographe. Hier et aujourd'hui.

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
La plus belle photo du fils du photographe!
La plus belle photo du fils du photographe!

Liens : François Gabriel.

François Gabriel, le chien de la rue Muller

François Gabriel. Le réverbère de la rue Muller

La rue Utrillo (ancienne rue Muller)

Liens : Montmartre

Montmartre lieux typiques

Montmartre, rues et places.

Montmartre. Artistes, personnalités.

(Merci à Hélène, fille de Charles, Montmartroise de souvenirs et de coeur, pour ces documents et pour la passion que je lui dois pour les photos de son grand-père François Gabriel)

Rue Utrillo. Rue Muller. François Gabriel. Photos d'un enfant de 1918 à 1932.
Repost0
11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 08:32
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.

Dans l'allée très fréquentée du cimetière Montmartre qui mène à la tombe la plus visitée, celle de Dalida, se trouve une tombe étrange....

Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.

Il s'agit de la tombe du psychanalyste et endocrinologue Guy Pitchal.

La stèle porte ces mots : "Le docteur Guy Pitchal nous a quittés le 26 février 1989"

Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.

L'homme ne serait pas connu s'il ne s'était frotté à la célébrité de ses patients et patientes, vedettes en souffrance.

Sa voisine de cimetière, Dalida, fit appel à lui dans une période particulièrement tragique de sa vie. Si l'on en croit Jacqueline Pitchal, femme du psychanalyste, après quelques consultations, Dalida s'est trouvé "une famille de substitution". Un lien "fraternel" d'amitié "indéfectible" aurait uni les Pitchal et la chanteuse.

Un lien qui ne fut pas suffisant cependant pour écarter les démons et tenir à distance la mort!

Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.

Est-ce pour plaisanter, pour se moquer de la mort psycho-rigide que le praticien a choisi pour monument funéraire une statue en trompe l'oeil, dont le visage sculpté en creux suit du regard, un sourire aux lèvres, le passant étonné?

L'air de lui dire :

Ceci n'est pas une pipe !

Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Guy Pitchal. Cimetière de Montmartre. Dalida.
Repost0
19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 13:03
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Carherine (30 décembre 2014)

La Mère Carherine (30 décembre 2014)

La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.

" La mère Catherine" est une légende et une réalité.

Le restaurant existe bel et bien depuis 1793 (une année de sinistre mémoire!) mais autour de lui sont venues se greffer des histoires à la montmartroise, faites d'exagération ou d'invention pure et simple.

Montmartre et Marseille auraient-ils des points communs?

Soleil des derniers jours de 2014 à la terrasse de la Mère Catherine

Soleil des derniers jours de 2014 à la terrasse de la Mère Catherine

Revenons aux origines et au n°6 de la Place du Tertre (en réalité rue Norvins qui forme le côté nord de la place).

Avant la Révolution, c'était la rue Trainée, parfois appelé Trenette, allusion à la façon dont on chassait le loup qui au début du XIXème siècle s'aventurait encore sur la Butte.

On traînait sur le sol une charogne que l'on déposait dans un piège. Maître loup par l'odeur alléché suivait la piste et se faisait prendre. La méthode a été abandonnée trop tôt. Elle aurait été fort utile pour piéger les promoteurs qui firent main basse sur Montmartre. Il aurait suffi de traîner sur le sol une bonne liasse de billets de banque.

Jacques Maillet de Montbreton de Norvins (Ingres)

Jacques Maillet de Montbreton de Norvins (Ingres)

En 1868 la rue reçut le nom de l'illustrissime jacques Maillet de Montbreton de Norvins (1768-1854) connu pour avoir écrit une Histoire de Napoléon 1er. C'était une manière comme une autre de rappeler au Napoléon n°2, surnommé par Hugo "le petit", qu'il n'arrivait pas à la cheville du 1er!

La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.

Les maisons où le restaurant s'est installé sont de vieilles demeures villageoises. Au XIVème siècle à l'époque où Montmartre était loin de Paris, il y avait à l'emplacement du n°6 un presbytère où vivait le curé de l'église voisine qui était placée sous la double protection de Saint-Pierre (partie abbatiale) et Saint-Denis (partie paroissiale).

La Révolution passant par là guillotina quelques abbesses, prit possession des bâtiments dont le presbytère qu'il vendit au plus offrant.

La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.

C'est ici qu'apparaît la fameuse mère Catherine. Nous sommes en 1793. Catherine Lamotte qui est alors trop jeune pour mériter le nom qui la rendra célèbre acquiert la maison vendue comme bien national. Elle la transforme en café puis en restaurant.

Elle a le temps de voir s'attabler un client célèbre devant lequel on se tient à carreaux. C'est Danton en personne qui rend visite à son ami Félix Desportes qui habite toujours Montmartre après en avoir été le 1er maire de 1790 à 1792 (en réalité il a succédé à Valeteau révoqué après trois jours!)

Ces amicales visites et ces moments passés chez la mère Catherine faillirent coûter la tête à Desportes lorsque Danton fut condamné pour traîtrise!

La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.

En 1814 après la défaite de Napoléon pendant la Bataille de Paris, les Alliés entrent dans la capitale et parmi eux les Cosaques grands amateurs de boissons fortes! Ils occupent la Butte et par la même occasion fréquentent le café de la mère Catherine. Une plaque apposée sur la façade du restaurant proclame haut et fort que c'est là que pressés d'être servis et resservis ils auraient crié de leur belle voix de basse : "Bistro" ce qui dans leur langage signifie "vite".

Le premier bistro de France serait donc né chez la mère Catherine!

Acceptons la légende même si l'apparition attestée du mot date de 1884! Même si les linguistes se disputent pour savoir si le mot vient du provençal "bistroquet" ou du poitevin "bistraud"...

Pour nous Montmartrois qui ne sommes pas à une légende près, le bistro est né chez nous et peu importe la triviale réalité!

La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.

Catherine Lamotte, bonne vivante qui aime plaisanter avec ses clients devient vite un personnage haut en couleurs (avant les peintres!) de la Butte. Elle n'hésite pas à boire (modérément) avec les habitués et elle devient naturellement "la mère" des amateurs de piquette.

En 1844, elle a alors 76 ans, elle meurt au combat sans abandonner ses troupes. En effet, alors que l'on est occupé à boire dans les salles du restaurant, elle transporte à la cave une pièce de vin qui la déséquilibre et lui passe sur le corps.

Vérité ou légende? C'est en tout cas ce que l'on dit à Montmartre depuis que la mère Catherine l'a quitté.

La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.

Le café-restaurant continua sa carrière malgré le rattachement de Montmartre à Paris (à moins que ce ne fût le contraire) et la perte de l'avantage de la détaxation.

Parmi les successeurs de Catherine Lamotte, on a retenu le nom de "Gros Guillaume". Il s'appelait Guillaume, il était gros et il était auréolé du prestige d'avoir été Garde National en 1870 (ne pas confondre avec Robert Guérin dit "Gros Guillaume", un des plus populaires acteurs français du XVIIème siècle).

Que les amis des animaux lui pardonnent d'avoir, pendant la disette qui suivit la Commune, fait disparaître de Montmartre tous les chiens, tous les chats, tous les rats et souris. Il paraît que sa gibelotte était fameuse et attirait les bourgeois des beaux quartiers!

La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.

Au début du XXème siècle le restaurant change de propriétaire. C'est Lemoine (un nom qui sied à un ancien presbytère) qui en prend la direction et gère le bureau de tabac attenant.

Il est connu pour avoir été le 2ème maire de la Commune libre de Montmartre fondée en 1920 par Dépaquit.

Il est aussi connu pour avoir installé dans son bistro un billard en bois, jeu qui était alors très populaire et qui servait d'annonce à la bonne Franquette rue Saint-Rustique.

Aux Billards en Bois (la Bonne Franquette)

Aux Billards en Bois (la Bonne Franquette)

Guillaume est surnommé le Père la Bille. Il est populaire sur la Butte où il assiste à toutes les festivités. Son surnom lui serait venu de son goût pour le fameux billard...

Hélas le billard ne suffit pas à faire marcher les affaires qui périclitent et à vendre une partie du restaurant, la grande salle, qui devient une boulangerie.

Le père La Bille!

Le père La Bille!

Pendant la guerre, Montmartre est apprécié des Allemands et des collabos. Ils apprécient cabarets et bistros sans oublier celui de la Mère Catherine!

Juin 1940. La Commune libre ne l'est plus.

Juin 1940. La Commune libre ne l'est plus.

L'établissement changera ensuite de patron. Albert Mériguet et Thérèse jusqu'en 1950 puis Jacques Mériguet jusqu'en 1960... Mais la grande époque est terminée pour Montmartre.

Ni Leprin ni Gen Paul ne sont là pour accrocher leurs toiles dans le bistro de la Mère Catherine, ni Utrillo pour le peindre, ni Léon Bloy pour s'y installer et y écrire.

Le restaurant accueille les touristes à l'heure où sur la place les barbouilleurs barbouillent. La cuisine y est moyenne et sans inventivité, l'accueil y est parfois revêche (les avis sont partagés et ma malheureuse expérience est peut-être accidentelle!)

Son principal atout reste le décor et l'emplacement...

Un Starbuck a ouvert ses portes à quelques mètres...

Souhaitons qu'aucun Père Macdo ne prenne un jour la place de la Mère Catherine!

La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.

....Un jour qui sait la Mère Catherine remontera de sa cave, se remettra aux fourneaux et offrira une tournée à tous les amoureux de Montmartre!

La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.
La Mère Catherine. Le plus vieux "bistro". Légende et réalité.

En l'attendant.... voici quelques toiles représentant le célèbre restaurant...

Utrillo

Utrillo

Utrillo

Utrillo

André Renoux

André Renoux

Utrillo

Utrillo

Gazi

Gazi

Renoux

Renoux

Monique Langlois

Monique Langlois

Monique Langlois

Monique Langlois

Jacqueline Remon

Jacqueline Remon

Jean Jacques Marie (voir lien ci-dessous)

Jean Jacques Marie (voir lien ci-dessous)

Repost0
3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 20:43
Avenue Junot. Montmartre. (1) du 1 au 14bis.

C'est une des artères les plus célèbres de Montmartre, l'une des plus recherchées et des plus opulentes. Sur les terrains où vivaient les plus pauvres des Montmartrois s'est construite une avenue réservée aux plus riches!

En effet c'est le "nettoyage" du Maquis qui a libéré un espace offert aux spéculateurs. Quelques irréductibles maquisards ont résisté aussi longtemps qu'ils ont pu et c'est grâce à eux que subsistent au milieu des immeubles et des villas quelques arpents de nature!

Le maquis. L'avenue Junot se termine là, en rejoignant la rue Caulaincourt.

Le maquis. L'avenue Junot se termine là, en rejoignant la rue Caulaincourt.

Fin de l'avenue Junot, rue Caulaincourt et place Constantin Pecqueur..

Fin de l'avenue Junot, rue Caulaincourt et place Constantin Pecqueur..

... Par bonheur, le projet initial qui prévoyait la destruction du château des Brouillards et de l'impasse Girardon a été modifié in extrémis!

La destruction du maquis se réalisa en plusieurs étapes.

En son centre fut tracé un axe qu'on appela "rue" Junot en 1893 mais ce n'est qu'en 1910 que commença le lotissement de la portion comprise entre les rues Simon Dereure et Caulaincourt et en 1912 entre Girardon et Dereure.

Le maquis. L'impasse Girardon.

Le maquis. L'impasse Girardon.

C'est par un décret de 1910 que la rue est promue en "avenue" Junot!

Promotion imméritée pour ses 450 mètres de long et ses 20 mètres de large!

Le général Junot et sa femme, la duchesse d'Abrantès.  (Marguerite Gérard)

Le général Junot et sa femme, la duchesse d'Abrantès. (Marguerite Gérard)

Le nom de Junot convient à cette avenue tracée à grands coups de sabre dans le village de bric et de broc où survivaient ferrailleurs, chiffonniers, rempailleurs, marchands des 4 saisons et leur marmaille joueuse et frondeuse qui inspira à Poulbot ses plus beaux dessins.

Le général Junot (1771-1813) surnommé La Tempête par Napoléon est un guerrier audacieux , colonel général des Hussards, toujours aux avant-postes, prêt à recevoir tous les coups. Et il en reçut tant que de Campagne d'Egypte en Campagne de Russie, il en perdit la tête et se jeta par la fenêtre du logis paternel où sa santé mentale l'avait exilé.

Sa femme la duchesse d'Abrantès mériterait autant que lui de donner son nom à une rue! A la mort de son mari, elle a une liaison avec le jeune Balzac qui pense à elle en écrivant "La femme de trente ans". Elle a rédigé ses mémoires, corrigés par le même Balzac, Elle a tenu un salon à la mode. Elle a sa demeure éternelle au cimetière Montmartre voisin, contrairement à son mari enterré en Bourgogne, à Montbard.

La Duchesse d'Abrantès. (Goya)

La Duchesse d'Abrantès. (Goya)

Le début de l'avenue peut déconcerter car côté impair il porte le nom de l'impasse Girardon.

Début de l'avenue (à dte impasse Girardon) photo de Kertesz

Début de l'avenue (à dte impasse Girardon) photo de Kertesz

Impasse Girardon (côté pair de l'avenue Junot!)

Impasse Girardon (côté pair de l'avenue Junot!)

Quelques maisons modestes de l'ancien village y ont survécu et c'est au 2, que Gen Paul avait son atelier.

L'atelier de Gen Paul.

L'atelier de Gen Paul.

Gen Paul (1895-1975) de son vrai nom Eugène Paul est un authentique Montmartrois né 69 rue Lepic (immeuble peint par Van Gogh) et qui a vécu toute son existence sur la Butte. En simplifiant on peut le classer parmi les Expressionnistes et, hélas sans simplifier, parmi les artistes antisémites qui ne voyaient pas d'inconvénient moral à rencontrer Otto Abetz. Pas étonnant qu'il ait eu pour ami Céline, son voisin de la rue Girardon qui lui rendait visite régulièrement.

Alors qu'à l'épuration Céline dut s'enfuir, Gen paul resta à Montmartre et ne fut pas inquiété !

Cette "injustice" nourrira le ressentiment de l'écrivain qui se vengera en donnant à "Jules" personnage de sa "Féérie pour une autre fois" les traits peu flatteurs et peu flattés du peintre!

Paysage Montmartre. Gen Paul.

Paysage Montmartre. Gen Paul.

Les fans de Céline continuent de crier à la discrimination en constatant qu'aucune plaque commémorative n'est apposée sur son immeuble alors qu'il y en a une, sur la maison de Gen Paul et que des lettres de belle taille : "ATELIER DE GEN PAUL" peintes au-dessus des fenêtres rendent hommage au peintre qui ne se contentait pas de créer en cet endroit mais qui y recevait en même temps que Céline quelque amis collaborateurs!

Pochoir sur l'immeuble de la rue Girardon. (Photo du blog "Le petit Célinien").

Pochoir sur l'immeuble de la rue Girardon. (Photo du blog "Le petit Célinien").

.

Ils tentent de réparer cet affront avec des pochoirs qui rappellent le passage de l'écrivain sur la Butte et commémorent avec émotion le couple qui s'aima en ce lieu pendant les années terribles et les rafles. Ils pourraient ajouter que de leur fenêtre avec vue imprenable, les tourtereaux purent voir stationner sur l'avenue les bus de la rafle du Vel d'Hiv chargés de nettoyer Montmartre de sa "juiverie".

Impasse Girardon. Le jardinet de l'atelier de G.P

Impasse Girardon. Le jardinet de l'atelier de G.P

Côté impair, au n° 1, derrière le moulin de la Galette, le Ciné 13 théâtre qu'on appelle plus simplement "le 13" est proche de l'ancien théâtre du Tertre, transformé dans les années 70 en cinéma par Claude Lelouch qui le décora dans le style des années 30 pour servir de cadre à son film "Edith et Marcel". Il est aujourd'hui dirigé par la fille du réalisateur, Salomé Lelouch, elle -même metteur en scène.

J'ai connu le temps pas très éloigné où l'on pouvait regarder des films, installés dans de grands fauteuils de cuir rouge, une flute de champagne à la main!

Avenue Junot. Montmartre. (1) du 1 au 14bis.
Avenue Junot. Montmartre. (1) du 1 au 14bis.
Avenue Junot. Montmartre. (1) du 1 au 14bis.

Une allée privée s'ouvre à côté du 13. De petits immeubles ont été construits sur le parc qui entourait le Moulin de la Galette.

Le parc installé sur la propriété du meunier Debray peu avant sa destruction

Le parc installé sur la propriété du meunier Debray peu avant sa destruction

Le moulin vu de la rue Lepic. Derrière lui passera l'avenue Junot.

Le moulin vu de la rue Lepic. Derrière lui passera l'avenue Junot.

Arrière du moulin où sera tracée l'avenue Junot.

Arrière du moulin où sera tracée l'avenue Junot.

Entrée bien gardée de l'allée privée

Entrée bien gardée de l'allée privée

Immeubles construits sur les anciens terrains du moulin

Immeubles construits sur les anciens terrains du moulin

le moulin qui montre son derrière à l'avenue Junot!

le moulin qui montre son derrière à l'avenue Junot!

Côté pair, passé le square, un immeuble moche et sans aucun style, le n° 10, s'est élevé là où des fouilles archéologiques avaient retrouvé le plan d'une villa gallo romaine, rappel de l'occupation antique de la Butte quand des temples dédiés à Mercure et à Mars s'y élevaient, ancêtres païens du Sacré coeur!

(quelques colonnes antiques ont été remontées dans l'église Saint-Pierre.)

Le 10 à l'emplacement d'une villa gallo romaine.

Le 10 à l'emplacement d'une villa gallo romaine.

Le 12 a été construit en 1925. Ses lignes fortes et rythmées sont typique de l'Art Déco.

Le 12.
Le 12.

Le 12.

La grande guerre ayant interrompu les travaux, c'est dans les années 20 qu'ils reprirent et firent de cette "avenue" un véritable musée Art Déco.

Le 5

Le 5

Il n'y a rien à dire du 5, banal et BCBG, sinon qu'il est sur la ligne jadis marquée par des repères de bronze du méridien de Paris.

Il subsiste ici et là quelques médaillons à l'effigie d'Arago.

Le 9.
Le 9.

Le 9.

Le 9 est un bel immeuble des années 20. C'est une belle architecture dominée par une tour avec vue panoramique....

Le 11. Accès interdit!
Le 11. Accès interdit!

Le 11. Accès interdit!

Passez votre chemin devant le 11. C'est tout juste si quelques ouvertures dans le blindage vous permettent d'y jeter un oeil! C'est pourtant là que vécut Suzanne Valadon de 1925 jusqu'à sa mort en 1938.

La maison fut achetée par Maurice Utrillo qui profita des moyens que lui apporta un contrat passé avec Bernheim.

Avenue Junot. Suzanne Valadon et son fils!

Avenue Junot. Suzanne Valadon et son fils!

11 et 13 avenue Junot. La maison de Poulbot. (Utrillo)
11 et 13 avenue Junot. La maison de Poulbot. (Utrillo)

Le 13 est un des immeubles les plus photographiés. C'est la maison de Poulbot sans qui Montmartre ne serait pas Montmartre (il est vrai que le contraire est vrai, Poulbot ne serait pas Poulbot sans Montmartre!)

Là où vivaient les gosses qu'il avait tant dessinés, Poulbot se fit construire cette imposante villa.

Le 13

Le 13

En même temps qu'il faisait construire cette maison, il finançait pour les gosses un dispensaire, rue Lepic.

Il dessina pour la façade quelques mioches dont les gros visages en mosaïques forment une frise. Ils ont perdu l'insolence et la fraîcheur des premiers dessins et préfigurent les poulbots botoxés qui sont vendus aux touristes place du Tertre et qui sont reproduits sur les cartes postales.

Le 13 et ses gros poulbots

Le 13 et ses gros poulbots

Avenue Junot. Montmartre. (1) du 1 au 14bis.

..

Traversons la rue poursuivis par ce cauchemar ... et réfugions-nous au 14bis.

Avenue Junot. Montmartre. (1) du 1 au 14bis.
Avenue Junot. Montmartre. (1) du 1 au 14bis.

... et reposons-nous avant de poursuivre la visite de l"avenue Junot! 

(à suivre)

l'avenue Junot (photo de Kertesz). On reconnaît à gauche la maison de Poulbot et, mitoyenne, celle d'Adolf Loos pour Tzara.

l'avenue Junot (photo de Kertesz). On reconnaît à gauche la maison de Poulbot et, mitoyenne, celle d'Adolf Loos pour Tzara.

Repost0

Présentation

  • : Montmartre secret
  • Montmartre secret
  • : Pour les Amoureux de Montmartre, des Chats.de l'île d'Oléron, des Voyages. Les Amis Inconnus et les Poètes...
  • Contact

Recherche