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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 11:19


Aujourd'hui grand soleil sur la butte. Ce temps me rappelle les hivers de Téhéran, clairs et glacés et les kakis orange vif sur le bleu du ciel. Près de chez moi, il y avait une école élémentaire. A la sortie, des petites filles hautes comme trois pommes et déjà enveloppées dans leur tchador, s'égaillaient en piaillant.
 
A propos de tchador, j'ai un "joli" souvenir. Il y avait une jeune femme très rieuse qui venait parfois faire le ménage dans le grand appartement sinistre où je logeais. Elle gardait son tchador pendant son travail et surtout en présence d'hommes, qui plus est d'occidentaux.

Je précise que le tchador n'a rien à voir avec la burka; ce n'est qu'un grand tissu de couleur sombre en général dont se drapent les femmes et qu'elles maintiennent en mordant les bords. 

Un jour je suis rentré plus tôt de l'université où je travaillais. Je suis entré dans la grande pièce du rez de chaussée. Chirine (ainsi s'appelait-elle, vous l'avez deviné!) était au travail. Elle me tournait le dos et frottait le sol. Elle portait son tchador mais ne s'était pas rendu compte que sa position l'avait relevé et laissait à nu son superbe postérieur. Or, elle ne portait pas de culotte.

Je me suis éloigné très discrètement afin de revenir en me faisant remarquer en heurtant bruyamment la porte.

Quant je suis entré de nouveau, elle s'était redressée et souriait en me souhaitant la bienvenue et en me demandant si j'allais bien : "allé shoma rubé"?

Voilà.
Le tchador réserve bien des surprises! 

 
Lien : Le nouvel an hindouiste à Bali, les ogoh ogoh.


005.JPG  Un regard de ma chatte Missou que j'ai peinte sur son fauteuil favori.
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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 09:20

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    Un jour d'octobre à Grand Village.

 

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oleron-2007-030.JPG    Les touristes partis, les chars à voile reprennent possession de la plage (à Saint Trojan)

oleron-2007-033.JPG    L'épave échouée sur la grande plage à Saint Trojan.

 

oleron-2007-041.JPG   Sur le port, à Saint Trojan, une cabane ostréicole.

oleron-2007-050.JPG    Les goélands se reposent sur une barque retraitée.



oleron-2007-035.JPG     Un sage en contemplation.

LIEN : Eglise Saint-Pierre. Oléron. Nicolas Greschny.  

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16 décembre 2007 7 16 /12 /décembre /2007 16:02

                 Dimanche 16 décembre, rue André Del Sarte,un jour glacé mais lumineux qui m'emporte par la pensée bien loin des escaliers de la butte, dans un pays que j'aime et où j'ai longtemps vécu : le Liban.
C'était pendant des jours sombres et rouges où la mort et le sang s'insinuaient dans l'air que l'on inspirait par habitude et par nécessité. Quelles images sont restées comme des griffes sur la cornée ? Quelles horreurs ont laissé leur résille noire  dans la mémoire ?  Il suffit d'en susciter une pour qu'aussitôt reviennent comme les vagues toutes celles que l'on essayait tant bien que mal de maintenir dans leur coffre cadenassé. Cet homme tiré par une voiture au bout d'une corde et dont le corps se disloquait au gré des cahots et des pierres... Ces morceaux de viande humaine accrochés aux branches d'un arbre mort...

                 Dans ce Liban civilisé où la barbarie se vautrait en riant, les animaux n'étaient pas épargnés. Chats lapidés, cigognes abattues de la première à la dernière alors qu'un vent hostile les rabattait sur la côte, chiens pendus et jetés dans le port de Byblos...

                  Aujourd'hui ce sont deux chiennes qui frottent leur museau à ma mémoire, deux libanaises aux yeux de larmes et de lumière. La première est venue à ma rencontre un soir d'octobre. Elle était maigre et résignée. Elle s'approchait cependant, la tête basse, la queue serrée entre ses pattes et s'attendant à recevoir la pierre ou le bâton. Je me suis accroupi et lui ai parlé. Elle a paru très surprise puis est venue très doucement avec une interrogation angoissée dans le regard. Quand elle fut assez près de moi, je la caressais délicatement et promenais la paume sur son crâne chaud. Alors... Je n'oublierai jamais la longue plainte qui sortit de sa gueule. Il y avait là dedans une telle souffrance mêlée à une telle joie que je sentis aussitôt que nos deux vies se rencontraient.

                       Je ne pouvais la faire entrer dans mon immeuble habité par des palestiniens très religieux. Je décidais donc de l'installer dans ma voiture en attendant de trouver un autre appartement dans un autre quartier. Elle entra dans la Datsun et se coucha sur la banquette arrière. Elle ne put s'empêcher alors que je lui parlais et la caressais de s'abandonner et de laisser une flaque d'urine sur le sol.  Je montai chez moi, trouvai dans le frigo un peu de fromage, redescendis et lui offris ce festin qu'elle avala sans me quitter des yeux.

                         En sortant de la voiture, je vis à la fenêtre du deuxième étage un homme dont je ne compris pas les vociférations mais dont je vis clairement le poing serré  dirigé vers moi et l'autre main passée à l'horizontale sur le cou. Me menaçait-il de mort pour oser nourrir un chien au pied de son immeuble?

                          Je reçus assez vite la réponse. Je n'étais pas menacé n'étant pas encore classé parmi les animaux impurs mais ma chienne elle, elle l'était... J'étais allé faire quelques courses non loin de là  afin de nous trouver pour tous deux de quoi manger plus correctement. Quand je revins, je vis que la porte de ma voiture avait été forcée. Je me précipitai et vis le corps de ma chienne étendu sur les cailloux, la tête cachée par un carton. Je soulevai le carton et vis sa pauvre tête fracassée. La pierre qui avait servi à cet exploit était posée sur le capot de la voiture.
 
                         J'ai vomi. J'ai porté ma chienne qui n'avait même pas reçu de nom sur la banquette où elle avait cru trouver un refuge. J'ai roulé longtemps, longtemps. Je détestais ce pays. Il y avait en moi comme une absence de couleurs, la présence blanche et froide de la douleur.



     La deuxième chienne avait un nom et vivait une vie de chienne pénarde chez Hélène, une amie qui enseignait au centre culturel français de Tripoli. Elle s'appelait Pussy et ce nom lui allait à ravir, tant elle était câline et je dirais même féline!

          Un soir, Hélène vint sonner à ma porte. Il fallait que je vienne de toute urgence chez elle. Des soldats syriens  en longeant le jardin à peine clos avaient tiré sur Pussy pour s'amuser. Nous revînmes en courant. Pussy était étendue devant la porte, un énorme trou d'où s'échappait un sang lourd entre les omoplates. Nous la portâmes dans la voiture... La nuit était tombée et nous ne savions où aller. L'unique vétérinaire de Tripoli n'était plus chez lui et il n'existait aucune clinique vétérinaire. Nous décidâmes d'aller à l'hôpital. J'allai à l'accueil. Il y eut des murmures. Je pensais que nous allions être insultés et je l'aurais compris. Arriver ainsi dans un hôpital qui voyait chaque jour tant de mutilations, tant de blessures et qui ne savait comment faire face...

                       On prévint un médecin. Il arriva et me dit d'aller avec le chien derrière l'hôpital devant une porte de service dont il m'indiqua l'emplacement. Nous l'y retrouvâmes. Il était accompagné d'un autre homme et d'une infirmière. Ils prirent le chien et l'emmenèrent dans une salle d'opération. Une heure et demie plus tard, ils rapportèrent Pussy, déguisée en momie égyptienne... Ils nous expliquèrent qu'elle allait s'en tirer, que la blessure était spectaculaire mais bénigne. Nous voulûmes payer mais ils refusèrent catégoriquement. Nous nous perdîmes en remerciements et en sourires. C'est alors que le chirurgien nous dit : "Excusez-nous pour ce qu'est devenu le Liban."

                   Je n'oublierai jamais cette phrase, les risques qu'avaient acceptés ces Libanais en soignant une chienne dans un hôpital, leur gentillesse et leur générosité.

                    La face sombre et la face lumineuse d'un même pays. La mort et la vie. La grimace et le sourire. Ce liban auquel je pense par ce beau dimanche glacé et que j'aime comme une seconde patrie....



                 
Montmartre-d--cembre-07-009.JPG

LIEN : Lucie et Nino. Roman. Deux amoureux à Montmartre.

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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 09:41

oleron-2007-021.JPG   Tous les amoureux de Montmartre connaissent les chats du square Louise Michel au pied du Sacré Coeur. Il y en a de toutes sortes, des plus farouches aux plus familiers, des plus robustes aux plus faméliques que de braves femmes dont se moquent les imbéciles viennent nourrir par tous les temps.
                                                                                                     Aujourd'hui c'est l'histoire de Titiche, la mystérieuse et authentique histoire de Titiche que je veux vous raconter. Vous la voyez endormie (ou faisant semblant de l'être) sur une bonne couette bien chaude dans l'appartement où elle m' héberge, rue André Del Sarte. Elle aime d'autant plus son appartement qu'il ouvre par tous ses velux sur le ciel, les toits, les oiseaux et le spectacle hypnotisant des petites voitures et des petites personnes qui passent en contrebas.

                                                                                                    Un 14 mai pas si lointain, il faisait un soleil clair et parfumé, un soleil de printemps parisien, tout frémissant d'ailes et de chansons. Un oiseau se posa sur une cheminée et se mit à entonner un chant roucoulant et excitant. Titiche le vit et bondit comme catapultée vers cet imprudent animal. Que se passa-t-il exactement ?  Je ne saurais le dire, absorbé que j'étais par la lecture du Chat du Rabbin de Sfar. J'ai entendu un bruit étouffé, comme un glissement, puis le silence....

                                                                                                   J'ai alors appelé ma chatte, en me hissant sur le toit aux tuiles tièdes. Pas de réponse. Je ne m'inquiètais pas outre mesure ; les chats, vous le savez, ne répondent que lorsque bon leur chante, et encore... Je savais qu'à l'heure du repas, la petite anarchiste reviendrait et avalerait très élégamment sa délicieuse pâtée. Mais ...elle ne vint pas. Ni le soir, ni la nuit, ni le lendemain matin. Inutile de vous dire que j'ai passé une très mauvaise nuit, imaginant toutes sortes de scénarii. Etait-elle tombée? Je me précipitais dans la rue et examinais anxieusement la chaussée, les trottoirs...

                                                                                                Je devais aller travailler et fus contraint d'abandonner ma recherche pour un temps. Ici se situe un épisode de ma vie professionnelle assez bouleversant et que je voudrais vous raconter brièvement. J'étais en poste au collège Henri Barbusse à Saint Denis, un de ces collèges pas très beaux, pas très faciles et qui accueillent des jeunes pas très favorisés. J'entrai dans ma classe avec ma sale gueule chiffonnée du type qui n'a pas dormi et qui ne pense qu'à sa petite compagne disparue. J'ai l'habitude d'entrer en souriant dans ma classe et de saluer gaiment les élèves. Je ne le fis pas. L'un d'entre eux me demanda ce qui se passait. Je racontais alors l'histoire de Titiche disparue. Je  confiais ma crainte de la savoir tombée dans un conduit de cheminée et peut-être coincée sans possibilité de remonter. Quelle mort serait alors la sienne? Longue à venir et terrible...

                                                                                             "Monsieur, donnez-nous une rédac et ne vous occupez plus de nous!"Trois élèves avaient déjà disposé au fond de la classe quelques  chaises recouvertres de blousons afin que je puisse m'y étendre et essayer de récupérer un peu de sommeil. J'ai écrit au tableau un sujet de rédac et je suis allé m'allonger sur cette couche improvisée. Pendant une heure, il n'y eut pas un bruit et quand la sonnerie retentit, les copies étaient déjà  ramassées et posées sur le bureau.  Ce cadeau de banlieue, cette attention, je ne les oublierai jamais.

                                                                                          Mais revenons à Titiche. De retour chez moi, je fis le tour du quartier et des commerçants. Je prévins une amie amoureuse de la gent féline et qui porte un nom de fleur. Elle fit aussitôt des tracts qu'elle colla sur les réverbères, les entrées de boutiques... Je me persuadais peu à peu qu'elle n'était pas tombée et que mon hypothèse de la cheminée était la bonne. J'allais sur le toit, appelais en me penchant sur les mitrons de terre cuite... Rien. Je visitais tous les appartements de l'immeuble. Il n'y subsistais aucune cheminée!!! Toutes avaient été bouchées! J'avais une envie folle de casser les murs, tous les murs...

                                                                                      Et le temps passa. 2 jours, une semaine, deux semaines, trois semaines
... Je ne vivais pas vraiment. Je faisais les gestes de la vie, obsédé par ce petit corps aimé qui avait sans doute fini son agonie atroce. Tout dans l'appartement me parllait d'elle : les coussins qu'elle préférait, la chaise sur laquelle était posée son assiette, la trace noircie de ses frottements de museau à certains endroits comme les angles de murs... 

                                                                                    Un 16 juin pas si lointain... Il faisait beau, tous les velux étaient ouverts. J'entendais la Savoyarde cogner sourdement dans le campanile du Sacré Coeur. Il y eut un miaulement. Un infime miaulement. Je me dis que je rêvais. Le silence de nouveau et la cloche en arrière fond... Tout à coup, tomba du velux, sur la moquette de la mezzanine une sorte de chiffon en boule. Je me précipitais... C'était elle!!! Je la reconnus tout de suite à ses deux points noirs si caractéristiques sur son museau. Elle était noire de suie et ses yeux paraissaient vitreux, comme aveugles. Je suis tombé à genoux et l'ai prise dans mes mains qui tremblaient. Je l'ai posée dans le lavabo où elle a bu goulument, comme si elle tétait le robinet. Avec un gant humide, je l'ai peu à peu nettoyée de cette noirceur grasse qui lui abimait le poil. Je lui ai parlé et elle qui est si bavarde habituellement, m'a répondu très discrètement avec un petit miaulement cassé, enroué. Je l'ai couchée sur la couette et j'ai attendu qu'elle reprenne des forces dans son appartement retrouvé et que ses yeux reviennent peu à peu à la lumière.

                                                                                   La suite n'a plus d'importance puisqu'elle est en pleine santé, plus espiègle et bavarde que jamais et qu'elle roupille au moment où je vous parle sur sa couette bleue.

                                                                                    J'ai essayé de comprendre comment elle avait survécu plus d'un mois dans sa cheminée. Peut-être était-elle tombée en force dans le conduit et avait-elle trouvé au fond de l'eau qui lui aurait permis de survivre. Peut-être a-t-elle attendu pour pouvoir remonter d'être assez amaigrie et assez légère..; Peut-être...peut-être...

                                                                                   Mais ce mystère lui appartient à ma petite montmartroise. Elle n'en parlera jamais. J'ai remarqué cependant qu'elle était très circonspecte lorqu'elle se baladait autour de la cheminée et qu'elle se contentait de regarder les oiseaux perchés en tremblant de toutes ses mandibules mais sans chercher à se catapulter sur eux.

Poème à mon chat.

Steinlen. Dessins de chats. (5)

Liens: Chats. Poèmes, Art, photos....

 

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