Le blog de chriswac






Tu me regardes tu ne me connais pas
Suis-je méchant suis-je bon
Suis-je venu te tourmenter
Te saisir par le bras
Te conduire à la douche
Suis-je venu pour t'emmener
Dans le couloir aux portes noires

Tu m'écoutes tu ne me comprends pas
Les noms que je te jette
N'atteignent pas ton coeur
Ils tombent dans tes yeux
Cailloux gris dans un puits
Ils ne font pas un bruit
Pas une ride à la surface

Tu me souris tu ne me connais pas
Tu me souris comme un enfant
Qui craint la punition
Et demande pardon
Sans être sûr du mal qu'il a pu faire

Je te regarde  Je te connais
Tu es celui qui souvent me manqua
Celui que j'espérais quand j'avais peur la nuit
Celui qui habitait une terre étrangère
Dont je ne savais pas traverser la frontière
Celui qui me donna si peu que j'ai gardé
Ces quelques braises comme un feu

Je t'écoute et je t'entends
J'entends les mots qui ont perdu leurs feuilles
Les mots de bois brûlé que les oiseaux désertent
J'entends le froid la faim la question et la peur
La fuite et le désir de se cacher sous terre
Comme une bête en terrain découvert
Comme un enfant perdu qui appelle sa mère

Je te souris je te connais
Tu es celui qui fuit sur le chemin
Que je prendrai demain
Quand tu l'auras quitté

Tu es celui qui a donné
tout ce qu'il possédait
Et que la mort déçue
Observe avec dédain

Tu es celui que j'aimerai
jusqu'à l'heure dernière
Tu es mon disparu
Ma souffrance
Mon père.





Lien :
Alzheimer. Un poème. (2)





...
 
Lun 19 oct 2009 7 commentaires

Vous trouvez les mots que je n'ai pas pour dire ce que je vis avec mon père. Je vous remercie.

franck - le 19/10/2009 à 10h37
Complexité de l'amour et fatalité de l'amour. Vous dîtes beaucoup et c'est universel. Je vous aime.
Edith - le 20/10/2009 à 19h07
je le regarde,il dort,je tiens sa main ,je la carese,je suis la devant lui et je le trouve beau,je fais silence, je me fais petite toute petite pour ne pas lui faire peur,
ses yeux s'entrouvent, je le rassure,je continue de prendre ses mains entre les miennes,
il me réchauffe, je le réchauffe,je chante,
je chante et il s'apaise,
il n'est plus avec moi, mais il est la, apaisé, il s'endort,
sa main n'a pas quitté la mienne,ma main n'a pas quitté la sienne,je le regarde, je chante, il dort
un jour ,il y a 27 ans ,j'ai découvert ce que c'était qu'aimer,devant mon fils si fragile ;si petit ,si démuni,si dépendant de moi,
,petit papa aujourd'hui si fragile, si petit ,si dépendant de moi, de nous,
comme je voudrais savoir être la plus souvent ,plus longtemps,car tu es la
et tu me manques tellement!!!
merci à mon grand frère de parler de toi ,de te rendre si vivant, ,et de parler de toi si joliement
je suis si loin, et je voudrai seulement êtr la ,ta main dans la mienne et ma main dansla tiennec'est merveilleux d'aimer, pouquoi est ce si douloureux?
sylvie wacrenier - le 21/10/2009 à 19h23
Beau texte, beaux commentaires... Que de souffrance et d'amour! 
charlie - le 21/10/2009 à 20h32
Jamais facile cette descente vers la mort. Pourquoi est-ce si long? 
vera - le 23/10/2009 à 19h11
pour mon grand frère, pour répondre à la poésie qu'il distille en ces moments difficiles et qui me réchauffent.

   même absent,il est là! il est encore là!
même loin de moi,il est là, toujours là!
même si je ne suis plus là, pour lui
même si je n'existe plus pour lui
il est là, encore, toujours là,tellement là,si las,
si mi la ré si sol do fa,chante l'absente
toujours là,tellement là si mi la ré si sol do fa,si mi la ré si sol do fa
les Anges sont autour de toi Papa
ils chantent même si mi la ré tu ne les entends pas,
ils accompagnent tes premiers pas,ceux la si mi la ré qui t'emmènent là,la haut, la bas, je ne sais pas
même absent, tu es là, petit homme si grand dans nos coeurs d'enfants, plus là pour toi mais  tellement la sol do fa, petit homme, petit père,si doux,si beau,si là do si sol do fa.
   même si tu es parti déjà,tu es là toujours là
même si tu pars plus loin, plus haut, là bas, je ne sais pas,
tu es toujours là, tellement là
si tu t'en vas, Papa, on sera toujours là,
si tu te perds, on te retrouvera,si tu,si mi la ré, si do si la si las!si loin sol do si
  Papa si,nous serons toujours prés de toi si  si la,tellement là, encore là,...........
  et même si ,do ré sol do si
nous ne sommes pas tout prés de toi là,do do sol ré do si
nous sommes là, tellement là,encore là,serrés contre toi.

   même si tu ne le sens pas, même si tu ne l'entends pas, nous sommes là Papa et nous chantons si et nous chantons la et nous chantons si la si si la  car même absent  tu es là!

     Papa,
si tu t'en vas plus loin encore,là, je ,nous, sais ,savons ce qui se passera car ce torrent de larmes enlacées entre les notes de nos baisers se cogneront contre des si,des la, et puis aussi des do sol do fa
      
         même si, même do, même si mi la ré si sol do fa tu t'en vas, Papa,là o'u si mi la ré si sol do fa,
si mi la ré si sol do fa,
     l'absence nous imposera le si mi la ré  si mi la ré si sol do fa
    
                   l'absence nous imposera le silence
wacrenier sylvie - le 23/10/2009 à 23h27
Je lis tous vos poèmes de cette communauté. Je suis très émue et très impressionnée. merci.
Vero - le 27/11/2009 à 18h31