Le blog de chriswac
Bon ! Les vacances sont bien finies et ce retour à
Montmartre pendant la semaine des vendanges pourrait être plus sinistre. Avant de repartir en explorateur dans les rues de la butte, pourquoi ne pas prendre quelques minutes
pour étudier un instant son nom qui paraît clair à tous et ne l'est pas du tout. Selon la légende, le mont qui aurait été témoin du martyre de St Denis et de ses compagnons aurait gardé à jamais la
mémoire de l'événement dans son patronyme. Il serait devenu le Mont des Martyrs et la paresse langagière aidant se serait au fil des ans simplifié en Mont-Martyrs, puis
Montmartre.
C'est faux et archi-faux!!!
L'origine du nom est bien plus ancienne. Il y avait sur la butte peu après la conquête romaine quelques villas et un temple dédié à Mercure. Ce dieu était très populaire en Gaule où il était confondu avec le dieu gaulois Lug, latinisé en Lugus qu'on trouve par exemple à Lugu-Dunum, la forteresse de Lugus (Lugdunum puis Lyon).
Si l'on cherche d'autres Montmartre en France, on en trouve plusieurs dans la même zone linguistique : un village près de Cléré en Indre et Loire, un autre près de Chamigny en Seine et Marne et un troisième près d'Avallon. Ce dernier nous intéresse particulièrement. En effet, il est situé sur une éminence de plus de 350 mètres où des fouilles ont été conduites au début du XIXème siècle. Elles ont mis à jour les débris d'un temple romain consacré à...Mercure! Les inscriptions relevées sur un fragment de pierre sculptée ne laissent aucun doute : DEO MERCURIO.
Nous avons donc la preuve que ce Montmartre de l'Yonne emprunte son nom au dieu romain et non à un martyr qui en ce lieu n'eut pas la chance de donner sa vie et gagner l'éternité béate. Le Mercure en question était comme chacun sait, le messager des dieux, le conducteur des âmes des morts dans les enfers et, chose bien plus sympathique le dieu des voleurs (et du commerce, ça va de soi).
Colonne antique du temple de Mercure réemployée dans le choeur de l'église St Pierre de Montmartre.
Mais revenons à notre Montmartre aujourd'hui parigot. En 840, Halduin abbé de St Germain des Prés relate la vie de St Denis et de ses compagnons. Il précise le lieu de la mise à mort : Mons Mercurii. Dès la fin du IXème siècle, la prononciation populaire le simplifiait en Mont Mercre (ce qui n'est pas joli mais peut porter bonheur si on marche dessus) puis en Montmertre. Voilà qui nous fait déjà penser à la chanson de Bruant : Elle portait sous sa toque de mertre, sur la Butte Montmertre, un p'tit air innocent...
La vénération dont fut entouré St Denis ne tarda pas à susciter des pélerinages, d'autant plus achalandés que la découverte du lieu précis du supplice suscita la création d'une abbaye. La ferveur populaire ne s'interrogea plus sur l'origine du nom de Montmartre. Ce ne pouvait être que le Mont des Martyrs. La Révolution le transforma très provisoirement en Mont Marat (ce qui est plus sanglant que marrant). Mercure avec ses petites ailes aux pieds est venu, comme une fée Clochette me souffler à l'oreille son indignation et me demander de rappeler au monde entier que c'est lui qui a donné son nom à une colline qu'il n'a jamais quittée et où les marchands du temple lui rendent hommage toute l'année. Que cette vérité soit donc proclamée et publiée pour les siècles des siècles! Amen!
Deux colonnes antiques dans le choeur, surmontées de chapiteaux mérovingiens de la première église alors appelée St Denis. On les distingue à la couleur gris vert de la pierre. Deux autres colonnes ont été utilisées de part et d'autre du buffet d'orgue.
Il est là Mercure, au pied de sa butte,sculpté par Dalou sur le fronton des Galeries Dufayel, aujourd'hui B.N.P. C'est lui qui a protégé cette banque dans la tourmente qui a malmené tant de ses consoeurs. Il est vraiment le dieu des voleurs! Pas de doute!
C'est faux et archi-faux!!!
L'origine du nom est bien plus ancienne. Il y avait sur la butte peu après la conquête romaine quelques villas et un temple dédié à Mercure. Ce dieu était très populaire en Gaule où il était confondu avec le dieu gaulois Lug, latinisé en Lugus qu'on trouve par exemple à Lugu-Dunum, la forteresse de Lugus (Lugdunum puis Lyon).
Si l'on cherche d'autres Montmartre en France, on en trouve plusieurs dans la même zone linguistique : un village près de Cléré en Indre et Loire, un autre près de Chamigny en Seine et Marne et un troisième près d'Avallon. Ce dernier nous intéresse particulièrement. En effet, il est situé sur une éminence de plus de 350 mètres où des fouilles ont été conduites au début du XIXème siècle. Elles ont mis à jour les débris d'un temple romain consacré à...Mercure! Les inscriptions relevées sur un fragment de pierre sculptée ne laissent aucun doute : DEO MERCURIO.
Nous avons donc la preuve que ce Montmartre de l'Yonne emprunte son nom au dieu romain et non à un martyr qui en ce lieu n'eut pas la chance de donner sa vie et gagner l'éternité béate. Le Mercure en question était comme chacun sait, le messager des dieux, le conducteur des âmes des morts dans les enfers et, chose bien plus sympathique le dieu des voleurs (et du commerce, ça va de soi).
Colonne antique du temple de Mercure réemployée dans le choeur de l'église St Pierre de Montmartre.
Mais revenons à notre Montmartre aujourd'hui parigot. En 840, Halduin abbé de St Germain des Prés relate la vie de St Denis et de ses compagnons. Il précise le lieu de la mise à mort : Mons Mercurii. Dès la fin du IXème siècle, la prononciation populaire le simplifiait en Mont Mercre (ce qui n'est pas joli mais peut porter bonheur si on marche dessus) puis en Montmertre. Voilà qui nous fait déjà penser à la chanson de Bruant : Elle portait sous sa toque de mertre, sur la Butte Montmertre, un p'tit air innocent...
La vénération dont fut entouré St Denis ne tarda pas à susciter des pélerinages, d'autant plus achalandés que la découverte du lieu précis du supplice suscita la création d'une abbaye. La ferveur populaire ne s'interrogea plus sur l'origine du nom de Montmartre. Ce ne pouvait être que le Mont des Martyrs. La Révolution le transforma très provisoirement en Mont Marat (ce qui est plus sanglant que marrant). Mercure avec ses petites ailes aux pieds est venu, comme une fée Clochette me souffler à l'oreille son indignation et me demander de rappeler au monde entier que c'est lui qui a donné son nom à une colline qu'il n'a jamais quittée et où les marchands du temple lui rendent hommage toute l'année. Que cette vérité soit donc proclamée et publiée pour les siècles des siècles! Amen!
Deux colonnes antiques dans le choeur, surmontées de chapiteaux mérovingiens de la première église alors appelée St Denis. On les distingue à la couleur gris vert de la pierre. Deux autres colonnes ont été utilisées de part et d'autre du buffet d'orgue.
Il est là Mercure, au pied de sa butte,sculpté par Dalou sur le fronton des Galeries Dufayel, aujourd'hui B.N.P. C'est lui qui a protégé cette banque dans la tourmente qui a malmené tant de ses consoeurs. Il est vraiment le dieu des voleurs! Pas de doute!
Jeu 9 oct 2008
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