asie

Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 07:50
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                           "Les Grues" (musée Guimet)

J'aime ce paravent.
J'aime son apparente simplicité, son fond d'icônes
Ses  grands oiseaux élégants...

 Il est du début de l'époque Edo (17ème siècle) et porte au revers une calligraphie extraite des Poèmes des 12 mois de Fujiwara Teika.
 Ce poète (1162-1241)  est considéré comme l'un des plus grands.
 Sa poésie s'inspire de la nature et des saisons. Souvent, le mois de janvier est symbolisé par les grues.



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                                   Première feuille

   Le paravent compte six volets ou feuilles.
   Les dessins sont tracés avec de l'encre et des couleurs légère sur papier couvert de fines lamelles d'or.
 
  Huit grues y sont représentées.
  Certaines se lissent les plumes, d'autres cherchent de la nourriture...


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                                         Première feuille

 Harmonieux mouvement du cou, calotte rouge, oeil vif...
 L'arabesque est soulignée par la ligne noire des plumes.
 Le blanc est pureté.
 Le rouge est l'énergie vitale, la régénération.
.
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                                       Deuxième feuille

La grue semble danser, légère...
Ses ailes s'ouvrent...
Sa tête serpentine se retourne...
Son corps est posé sur la tige frêle d'une patte...
L'oiseau est à la fois mouvement et suspension...
Il appartient à la terre et au soleil. 

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                                       Troisième feuille

 Une grue plus jeune, immature, elle aussi sur une patte...
 Elle est tournée vers la terre où elle recherche sa nourriture...
 Etonnante composition qui se ferme sur elle-même, le bec touchant la patte.



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                         Quatrième, cinquième et sixième feuilles

Presque au centre du paravent, une grue, tête tendue vers le ciel,  bec ouvert sur le fond de feuilles d'or.

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Tandis, qu'encadrée par deux oiseaux au plumage sombre, une grue blanche danse à son tour, une patte posée dans un buisson de fleurs moins blanches qu'elle.

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 Beauté du mouvement du cou, des couleurs, de l'épaisseur chaude du corps et de la légéreté des ailes.
 Il y a trois grues blanches dans la composition.
 Elles sont les vedettes du spectacle.
 Mieux que les autres, elles sont le symbole qu'aiment tant les Japonais...  Symbole de la longévité heureuse et de la guérison...

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  Un dernier regard vers les oiseaux sacrés, et l'on s'éloigne sur la pointe des pieds du paravent où ils vivent leur éternité fragile.


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Liens :

Un paravent japonais. Ecole de Kano.Guimet

 Paravent Corée. Epoque Choson.





 
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /2010 08:52
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    Un paravent coréen du musée Guimet "Le coq jaune" attire l'attention des visiteurs et si j'en crois le léger sourire qui éclaire leur visage, les rend heureux.
    Il est de l'époque Choson, fin 17ème, début 18ème.

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    Huit panneaux de 131,5 sur 042,5 déplient un paysage paisible, autour d'un lac.
    Les couleurs que le temps a atténuées, restent nettes, tandis que l'arrière plan de ciel et de bosquets donnent une profondeur impressionniste à la composition.

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    Le 5ème panneau nous montre, presque au centre, le fier coq "jaune" qui donne son nom au paravent.
    Il attend sur son rocher qu'approche la femelle énamourée du 4ème panneau.


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    Elle vient entre l'herbe et l'eau, dans son plumage de mariée, bec en avant, oeil vif.


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   Les autres animaux sont des canards.
   Sur le 2ème panneau, celui là qui semble sourire, se tourne vers l'autre qui nage vers lui, sous les feuilles rouges.


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   Ces feuilles rouges que l'on retrouve sur les huit panneaux et qui donnent à l'ensemble son côté joyeux de fête sous les lampions.

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A la rencontre sur les eaux, correspond la rencontre dans le ciel.

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   La composition est encadrée par les arbres aux feuilles colorées (3 panneaux de droite et 3 panneaux de gauche) qui se penchent vers le lac.


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   La vie est là calme et tranquille... 
   Les fleurs, les eaux, les animaux...

   Le visiteur se pose sur le banc qui fait face au paravent et je suis sûr qu'il se prend un instant pour le coq jaune! 





Lien : Guimet : Un paravent japonais. Ecole de Kano.Guimet  





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Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /2010 17:37


Dimanche au musée Guimet...
Un des plus beaux musées de Paris.
Et pour les amoureux de l'Asie, une inépuisable source d'émerveillement. Nous nous promenons longtemps au rez-de-chaussée parmi les statues d'Angkor que nous aimons et qui nous rappellent un de nos plus beaux voyages.
Avant d'aller déjeuner au restaurant des porcelaines, nous nous arrêtons un instant devant ce paravent japonais de l'école de Kano.

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 Il date du XVIIème siècle et représente des hérons sur un saule enneigé. Le titre à lui seul est un poème. Quelques mots vous introduisent dans un monde de silence et de mystère.
 L'art japonais est souvent l'art de l'ellipse.
 A vous d'entrer ou non dans la tristesse que ces quelques mots suggèrent. La tristesse, le froid et la vie.

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Le fond du décor est recouvert de feuilles d'or.
 Il a pâli avec le temps. Comme pâlissent les icônes.
 Imaginez la lumière du jour venant éveiller l'or.
 Imaginez la nuit, les flammes des bougies miroitant entre les branches de  l'arbre mort.
 Le héron se réfugie dans ses plumes chaudes.
 Son bec est tourné vers le ciel.
 Il guette peut-être le premier souffle du printemps.


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  Celui-là regarde vers le sol gelé.
 Il lui faut survivre.
 Il va survivre, malgré l'arbre couvert de neige
 Malgré la branche qui se penche devant lui, dans le même mouvement, comme un squelette d'oiseau
 Malgré le soleil plus blafard que la lune.
 La beauté et la vie sont ici symbolisés par cet oiseau fragile qui traversera l'hiver.


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 L'arbre se tord prisonnier de ses racines... Les hérons s'y reposent, reprennent des forces avant de s'envoler dans le ciel d'or. 



Lien : paravent coréen : Paravent Corée. Epoque Choson.

Lien : La chaussée des géants. Guimet. Preah Khan.  
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Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /2009 08:10


    Selon les pays et les cultures, on trouve de très nombreuses représentations de Bouddha.
Cependant, on peut considérer qu'il existe six mudras (position des mains) essentielles :

BHUMISPARSA  Geste de la prise de la terre à témoin.

La main droite, paume en dedans, touche la terre pour la prendre à témoin. La main gauche repose sur les jambes, paume tournée vers le ciel. c'est une des représentations les plus courantes. C'est le geste de l'Illumination.



Paume tournée vers le Ciel


Main droite dirigée vers la terre    (Bouddha de Vientiane)



ABHAYA ou Apaisement des querelles.



Bouddha est debout ou en marche. Une ou deux mains levées, la paume en avant. C'est le geste de l'absence de crainte, de l'apaisement.












DHYANA ou Attitude de méditation.


 
Les deux mains reposent l'une sur l'autre, les paumes tournées vers le ciel. La main droite est posée sur la main gauche. Les jambes sont pliées en tailleur (position du lotus).
C'est la mudra que les occidentaux connaissent le mieux.  Celle de la plupart des bouddhas en plastique ou en laiton que l'on achète dans les bazars avec des bâtonnets d'encens... 









VITARKA ou Geste de l'Argumentation.
Bouddha peut être assis ou debout. Le bras droit est levé, main à demi ouverte pour que le pouce et l'index se joignent et forment un cercle. Ce cercle symbolise la roue, l'enseignement. La main gauche peut faire le même geste, comme ici  pour le Bouddha Amitâbha du musée Guimet.


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Varada. Geste du don ou de la Charité. La main droite est pendante, paume en dehors.




Bouddha laotien, dit Bouddha de la pluie. C'est une variation de la 
VARADAMUDRA.
 Les mains au lieu de se présenter la paume en avant, sont dirigées le long du corps.

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Dharmaçakra. La Prédication.

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         Position proche de la Vitarka (l'argumentation).
         Les mains rapprochées devant la poitrine font tourner la Roue de la Loi. La main droite, paume en dehors, pouce et index se touchant et l'autre main, paume en dedans, pouce et index se touchant et venant contre ceux de la main droite.


    Ces six mudras sont celles que vous rencontrerez le plus souvent mais parmi les autres, deux peuvent être encore mentionnées, car assez fréquentes : 

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ANJALI. L'Adoration.
  Les deux mains sont jointes, paume contre paume.
 Cette mudra est représentée le plus souvent dans les attitudes debout.

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VAJRA. La mystique du sixième élément.


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Les cinq doigts de la main droite symbolisent les cinq éléments. Ils se referment autour de l'index de la main gauche qui est le sixième élément. Cette mudra représente l'union de la matière et du spirituel.

Oserai-je dire que cette union me semble très sensuelle, pour ne pas dire plus... Il y a là du yoni et du lingam... union mystique du féminin et du masculin. Extase mystique qui n'est pas sans rappeler le Cantique des Cantiques...



... Le Bouddha Amida (Amitâbha) Cernushi.



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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 08:35

                                  Cheval debout. Sichuan. Han postérieurs (1er-3ème siècle).

  Après une visite au musée Cernuschi ( Art chinois. Chevaux. Cernuschi.
), J'ai eu envie d'aller au Musée Guimet pour y rencontrer d'autres chevaux chinois.
 Je n'ai pas été déçu.
 Tout un haras m'y attendait!


                            Chevaux debout. Sichuan. Han postérieurs (1er-3ème)

  Ces deux premiers nous accueillent dans le grand escalier. Leur stylisation très moderne est le fruit d'une observation attentive...
 
  Il y a en eux quelque chose de spirituel...
  Ce n'est pas étonnant quand on se rappelle qu'ils datent de cette dynastie des Han postérieurs qui introduisit le bouddhisme en Chine.





          Cheval sellé. Wei (VIème siècle). Terre cuite moulée. cheval harnaché pour la parade.

   Oeuvre étonnante par la déformation du cou et du visage. Tout le corps semble projeté en avant dans un mouvement de danse.




                                 Cavalier musicien. Wei (VIème). Terre cuite moulée.

    Même déformation pour ce cheval qui ne respecte pas les proportions académiques et qui malgré ses jambes trop courtes et son encolure trop large donne une impression d'élégance et de force. 





        Cavalier. Shaanxi. Han antérieurs. (IIème siècle avant notre ère). Terre cuite polychrome.

    Ce cavalier nous rappelle que la dynastie des Han antérieurs fut fondée par un paysan devenu officier (Lieou Pang) qui  ne quittait son cheval qu'à regret, lorsqu'il fallait dormir, et qui ne pouvait gouverner que juché sur son animal favori!


         Cheval blanc debout. Shaanxi. Han antérieurs (IIème siècle avant notre ère). Terre cuite.


    Ce cheval me fait penser à une légende chinoise bouddhiste.
    Un cheval blanc porta sur son dos, à travers l'Asie, les textes sacrés. A l'endroit où il s'arrêta, fut bâti le Monastère du Cheval Blanc, un des plus anciens centres bouddhiques du pays.


                                    Tête de cheval. Sichuan. Han postérieurs (Ier-3ème siècle). Terre cuite.






                                         Joueuses de polo. Dynastie Tang (VIIIème siècle). Terre cuite.

    La dynastie Tang accorde une grande place au cheval.
    Le polo devient un sport très apprécié.
    Il permet de se divertir tout en restant lié à son animal favori!
    Les joueuses de polo sont souvent représentées.
    Alliance parfaite de la puissance et de la grâce.
   "Le galop volant" montre la cavalière sur un cheval dont les pattes sont tendues, presque à l'horizontale.
   Ces figurines, comme les musiciennes de Cernuschi faisaient partie des objets déposés dans les tombeaux, pour accompagner le mort dans sa nouvelle existence. 








                                                                    Cheval bondissant. Tang. Terre cuite.

Quelle force et quelle vie dans ce cheval libre malgré sa selle...




                                                   Cheval sellé. Tang. (VIIIème siècle).

    La crinière de celui-là est nouée en trois touffes (les trois fleurs) selon une mode venue des steppes.
    La couleur rouge fait allusion à la légende populaire des chevaux volants et peut évoquer la sueur de sang, ou la robe pommelée.
    Les chevaux célestes étaient d'une longévité exceptionnelle qu'ils pouvaient communiquer à leur cavalier.



                          Cavalier à l'oiseau. Tang. 2ème moitié du VIIème siècle. Terre cuite.

     Ce groupe est un peu raide malgré la présence de l'oiseau. Le cheval semble mécontent. Rassurons-le, il est beaucoup plus beau que son cavalier dont une bonne ruade pourra le débarrasser!









                                              Cheval et palefrenier. Tang (VIIIème siècle).

    Celui-là montre son meilleur profil. On ne peut en dire autant du palefrenier, malgré son sourire forcé.


                          Cavalier musicien. Tang (fin VIIème) Terre cuite à glaçure "trois couleurs".

     L'époque Tang marque l'apogée de la céramique chinoise.
     Les pièces les plus typique de l'art funéraire sont des chevaux montés par des musiciens, des musiciennes ou des joueuses de polo.
     On les appelle les "minqji".
     Les trois couleurs les plus fréquentes sont le jaune, le vert et le brun.
  
    Les siècles passés et la distance n'empêchent pas ce musicien et ce cheval d'accompagner dans son exil intemporel, le mort pour lequel ils ont été créés. 



                     Cavalier europeen.Dynastie Qing. Ière moitié XVIIIème. Porcelaine.

    Redescendons sur terre avec ce groupe un peu ridicule.
    Un Europeen qui ressemble à Guignol sur son cheval hippopotamesque.     Nous sommes loin du grand art des dynasties précédentes. Il s'agit sans doute d'un produit conçu pour l'exportation et qui en annonce bien d'autres!

   Impossible de quitter le musée avec ce personnage.
   Heureusement qu'une joueuse de polo accourt au grand galop pour nous saluer avant de reprendre sa partie commencée il y a 14  siècles....







Le Bouddha Amida (Amitâbha) Cernushi.




 
Par chriswac - Publié dans : asie - Communauté : Voyages
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