Lundi 8 mars 2010
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17:57

8 mars, rue Feutrier...Pourquoi ces parisiens stationnent-ils malgré le froid dans la rue Feutrier, devant le 21?
Que vois-je? Pourquoi ces agents de police barrent-ils la rue? Mais est-ce possible? Le maire du 18ème sort d'une voiture noire, ventre en avant....

Il prend place derrière un lutrin transparent et il parle... avec à ses côtés de belles personnes ornées d'une écharpe tricolore.

Il parle de... de... mais oui, il parle de Rosa Luxembourg. Dès le début de son discours, il met les choses au point, au cas où l'on aurait risqué de le soupçonner de dérive
extrémiste (!) : "On peut ne pas être d'accord avec toutes ses idées, mais..."

On appréciera... L'adjointe de Delanoé sera plus directe en rappelant l'assassinat de celle qu'on honore aujourd'hui. Forfait perpétré sous le commandement de Noske, un des responsables de la SPD
(parti socialiste allemand) qui réprima l'insurrection spartakiste de Berlin (la Semaine Sanglante) et donna l'ordre d'exécuter Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg : "Il faut que quelqu'un fasse le
chien sanglant: je n'ai pas peur de mes responsabilités".

On écoute avec attention. Après tout, ces histoires sont si éloignées... Quoique...


Joël, le chanteur-poète qui habite l'immeuble même où vécut Rosa Luxembourg, semble nous rappeler derrière ses grilles que la dame aujourd'hui honorée passa de nombreuses années derrière les
barreaux.

Le maire dévoile enfin la plaque...

Et maintenant, nul ne pourra ignorer que dans notre Montmartre, cette femme exceptionnelle a passé quelques semaines et qu'elle y a croisé quelques Communards de retour du
bagne.
....
lien : Montmartre. Rue Feutrier.
Par chriswac
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Jeudi 25 février 2010
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25
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/2010
07:42

Début de la rue. Les arbres du square Louise Michel et le toit du funiculaire.
Les courageux qui empruntent les escaliers de la rue Foyatier plutôt que le funiculaire, ne peuvent manquer de découvrir cette rue
typique du quartier... elle n'a rien d'exceptionnel sinon son charme dû à la diversité de ses immeubles et au relief du terrain.

Porte du 2 (où vécut A. Barsacq)
Le premier immeuble, le 2 et le 2bis est une opulente construction édifiée vers 1925. On ne craignait pas alors d'écraser le village de
Montmartre, comme le regrettait Fréhel : "Des maisons d'six étages, ascenseur et chauffage, ont r'couvert les anciens
talus"...
Entrée du 2bis. Belle composition inspirée par le style art déco.

L'immeuble imposant à l'angle avec la rue Chappe.
Cette rue, depuis 1879, prolongeait la rue Berthe. Et puis, un beau jour du mois d'août 1978, elle a été rebaptisée. La pauvre Berthe,
fille d'un propriétaire foncier, se trouva amputée de 140 mètres au profit d'André.

Immeuble du 3.
Est-ce pour cette raison que le 3, indigné, s'est mis à tanguer et rouler? Le restaurant italien qui s'y est installé, le Michelangelo n'en
attire que mieux les affamés qui ont la dalle en pente!
André Barsacq, donc, fut choisi et à juste titre puisqu'il habita pendant des années le numéro 2.
Il rejoignit Charles Dullin au théâtre de l'Atelier, à trois cents mètres plus bas. Il y travailla avec Antonin Artaud, J.L. Barrault ou Roger Blin. En 1940, Dullin lui confia son
théâtre...
André Barsacq travailla également avec des grands cinéastes comme L'Herbier, Grémillon ou Max Ophuls.
Il participa à de mémorables spectacles d'opéra, notamment avec Callas dans Médée et La Tebaldi dans Tosca.
Il est, à ma connaissance, le seul hôte illustre de cette rue!

La Galerie Chappe, à l'angle avec la rue du même nom, au 4.
La galerie est très active et ses murs sur l'escalier de la rue Chappe se décorent de fresques souvent renouvelées.
A l'angle de la rue, côté pair, une clinique pour porcelaines et faïences cassées.
Dans la vitrine, quelques éclopés attendent leur résurrection...
Le 6.
Le petit immeuble au n° 6 ne présente aucun intérêt architectural mais il a été le théâtre d'un fait divers sanglant qui émut tout
le quartier et la presse spécialisée, en 1899.
Le Petit Journal nous raconte comment on découvrit la tenancière de cet hôtel meublé de modeste apparence, baignant dans son sang, au pied de son lit, la tête fracassée. La brave
femme, Mme Bertrand, honnête veuve dont le frère était curé en Belgique, avait été sauvagement assassinée par des voleurs qui ne trouvèrent que quelques sous. Le Petit Journal affirme que les
auteurs auront du mal à échapper au châtiment qu'ils méritent.
Plus d'un siècle plus tard, ils courent toujours!!!

Couverture du supplément illustré du Petit Journal du 5 novembre 1899. (document de "La vie secrète de Montmartre" de Philippe Mellot).
Le 11 est une maison, jolie comme un décor de théâtre.
Les rideaux rouges vont s'ouvrir et Colombine va se pencher à la fenêtre...
Le 15 a gardé les grandes baies vitrées d'un atelier d'artiste, Montmartre oblige. J'ignore si un peintre y habite. Il est loin le temps
où les rues de la Butte abritaient des artistes venus de toute l'Europe... Le Bateau lavoir, situé à 250 mètres de là, a replié ses voiles et ses toiles depuis longtemps.
Des amours batifolent sur la façade. On espère qu'ils sont aussi actifs à l'intérieur...

La rue en descente vers l'Est.

Le 17
Petit immeuble de rapport de la seconde moitié du 19ème. Une certaine harmonie due au rythme des
trois fenêtres et des pilastres.

Le 19

Luturlu...suite
Une devanture désaffectée qui a gardé son nom rigolo. Elle me fait penser à une chanson du 17ème siècle sur les amours de Monsieur :
Vous êtes un gentil Luturlu
Tutaine tonton tutaine
Tu tu
Pour faire cocu
Ton ton
Monsieur Ribaudon
Tutaine tuton tutu
Côté pair, quelques immeubles avec jardinets qui fleurissent au printemps et donnent à Montmartre son air
campagnard.
La porte du 27, petit immeuble typique du Montmartre de la 1ère moitié du 19ème siècle, construit
lors de l'ouverture de la rue Drevet, en 1840.
La fin de la rue avec les traces de son ancien nom et une lanterne dans le ciel...
lien :
Montmartre.La rue Andre Del Sarte (rue Saint-André) au 19ème
siècle.
Montmartre. Rue Feutrier.
....
Par chriswac
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Lundi 15 février 2010
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15
/02
/2010
09:00
La rue Saint-André en 1880. (Pour la rue aujourd'hui voir :
rue André Del Sarte Montmartre. )
Le Bulletin du Vieux Montmartre nous donne de précieux renseignements sur notre rue du temps où elle s'appelait rue
Saint-André.
La gravure ci-dessus nous montre l'escalier Sainte-Marie (aujourd'hui rue Paul Albert) avec à droite, au niveau de l'arbre, la rue Saint André qui se prolongeait tout au long de l'actuelle rue
Ronsard pour arriver Place Saint-Pierre.

La rue André Del Sarte au moment où elle change de nom pour s'appeler rue Ronsard.
Pour redonner vie à la rue du 19ème siècle, je cite le texte écrit par Eugène Gaignette dans le Bulletin du Vieux Montmartre de 1922.
"Mes parents sont venus, un peu avant la guerre de 1870, habiter le logement que j'occupe actuellement. C'est vous dire que j'ai connu toutes les transformations de l'ancienne
rue Saint-André, d'abord simple sentier aboutissant à la Butte, ensuite rue finissant en impasse, aboutissant ensuite à la place Saint-Pierre, par un retour en équerre, qui englobait alors les rues
actuelles Charles Nodier, Cazotte, le marché couvert, la rue Ronsard et de l'autre côté, la rue Foyatier."
Ière surprise : Gaignette écrit :
" Au numéro 15, Benjamin Constant eut son atelier. Il ne reste personne pour parler de lui."

Le 15 aujourd'hui.
Benjamin Constant, une des grandes figures politiques et littéraires de la fin du 18ème et de la 1ère moitié du 19ème, aurait travaillé dans notre rue!
L'amant de Mme de Staël, l'auteur d'Adolphe, aurait respiré l'air rupestre de Montmartre!
Eh bien non!
Il ne s'agit pas de lui mais d'un peintre qui eut un grand renom en son temps : Jean-Joseph Benjamin Constant(1845-1902). Il fut élève de Cabanel avant d'être influencé par Delacroix et de
s'inspirer de l'Orient. On lui doit entre autres oeuvres, le plafond de l'Hôtel de ville de Paris, celui de l'Opéra Comique et quelques fresques murales de la Sorbonne. C'est lui qui aurait milité
pour que la rue porte le nom du peintre florentin.
"Entrée de Mohamed II à Constantinople"
Benjamin Constant (1876).
"La rue Saint-André prit le nom de Luc-Lambin, à l'époque de la Séparation de l'Eglise et de l'Etat et quelques années après celui d'André Del Sarte, à l'instigation, je crois de Benjamin
Constant."
Poursuivons la lecture de Gaignette :
" La poste, peu familiarisée avec le grand peintre italien, dirigeait nos lettres rue Saint-André-des-Arts, d'autant plus que le public les adressait souvent rue Saint
André-del-Sarthe!"
Les habitants de la rue souriront, eux qui reçoivent si souvent des enveloppes libellées rue "André del Sarthe" quand ce n'est pas "André del Sartre"!

Le 2 et le 4, modestes immeubles qui sont
restés tels que Gaignette les a connus. Le 2, comme le 10 sont protégés. Le
2 date du tout début du 19ème puisqu'il figure sur le cadastre de 1810.Il est très caractéristique de l'ancien village
de Montmartre.

Le 6 où a vécu Gaignette.
"Quand nous sommes venus là, les numéros 2, 4 et 6 étaient ce qu'ils sont aujourd'hui. Le 8 était un petit pavillon séparé du 6 par un jardin tonnelle où l'on venait banqueter "à la campagne".
Lisbonne était mon voisin au numéro 8. Il avait acquis une voiture ayant appartenu au duc de Brunswick, et qu'il avait peinte en rouge. Dans cet équipage, attelé de deux chevaux étiques, adornés de
grelots, le colonel revenait se coucher à 2 ou 3 heures du matin et réveillait toute la rue par le bruit de ferraille de son véhicule."
Deuxième surprise : Maxime Lisbonne, un des héros de la Commune dont il fut surnommé le d'Artagnan, l'homme de théâtre, le créateur de cabarets, le combattant infatigable pour la justice et la
mémoire... Cet homme exceptionnel a vécu, de retour du bagne en 1880, dans notre rue qu'il n'a quittée que dans les dernières années de sa vie pour aller mourir à la Ferté Allais, en mai 1905,
quelques mois après sa vieille amie, Louise Michel!

Le 8 aujourd'hui. Un immeuble de briques a remplacé la maison du colonel Lisbonne et la tonnelle qui abrita des repas champêtres! Même le café, le Del Sarte qui s'y était
installé a fermé ses portes il y a une dizaine d'années!
Il y aurait beaucoup à dire sur ce personnage hors du commun, patriote, républicain qui s'éleva contre le silence, l'indifférence et le mépris des radicocos et des saucissialistes
(dixit Willette) sur le sort fait aux fédérés traités comme des criminels et envoyés au bagne.
Il créa plusieurs journaux : l'Ami du Peuple et plus tard, le Citoyen de Montmartre.
Il dirigea les Bouffes du Nord où il monta Nadine, une pièce de Louise Michel.
Il ouvrit sur le boulevard Clichy, la Taverne du Bagne, décorée de fresques dénonçant les horreurs de la déportation.
Plus tard, il créa la Brasserie des Frites Révolutionnaires où les frites étaient servies par une voiture cellulaire. C'est là que Marcel Legay chanta "Ecoute ô mon coeur", la chanson
qui fait toujours monter aux yeux des Artésiens, quelques larmes!
Chapeau l'artiste! Nous sommes fiers d'être, à quelques générations près, tes voisins!
Revenons à notre Gaignette :
"Il y avait deux puits dans la rue. L'un au numéro 4, partie de la boutique où le marchand de vin serre maintenant son charbon, un autre entre le 17 et le 19 affectant une forme circulaire
au-dessus de l'échoppe".

Le puits cadenassé au 17 bis. C'est l'ancienne échoppe dont parle Gaignette.
Ce dernier puits existe toujours, c'est celui que les habitants du quartier nomment le puits des insurgés et qui aurait permis aux combattants de la Commune de se désaltérer.
"Au 12 était une vacherie qui disparut peu avant celle de la rue Carrière, aujourd'hui Seveste, et attenante au bureau de tabac au coin de la rue d'Orsel."

Le 12.
Plus de vaches mais un marchand de BD pour bédéphiles éclairés et un cabinet d'infirmières!
"Après le 12, des petites cabanes, comme aux deux côtés de l'escalier Sainte-Marie de si curieux aspect. (...) derrière les cabanes de gauche, une chaumière occupée par la Mère aux
Chèvres dont les élèves étaient les libres occupants."

Cabanes du maquis (peuvent donner une idée des cabanes de
la rue Saint-André)

cabanes du maquis de Montmartre

Un des immeubles bâtis à l'emplacement
des cabanes.
Ultime précision donnée par Gaignette sur la dernière maison au 24:


"Au 24 actuel, maison avec statuette en terre cuite entre deux jardins dont le second était limité par la rue pierre Picard. A la suite petit monticule, au tournant de la rue (...) Sur cet
emplacement un hôtel borgne et une masure d'un étage, le tout au lieu-dit la Butte aux Cochons."
Et voilà! Ne manquaient que les cochons!
Et la panthère... qui surveille la rue, depuis son appui de fenêtre, au numéro 13...

Je tiens à remercier Hélène G., qui m'a fait parvenir ce document exceptionnel qui m'a permis d'écrire cette page.
Liens : rue André Del Sarte Montmartre.
Autres rues à proximité :
Montmartre. Rue Feutrier.
rue Ronsard Montmartre.
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Par chriswac
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Vendredi 12 février 2010
5
12
/02
/2010
07:50

A l'écart du flot touristique, la rue Feutrier dévale la pente Est de Montmartre, entre la rue Paul Albert et la rue André Del Sarte ( rue André Del Sarte Montmartre. )

Elle s'ouvre sur le ciel et les arbres du square Louise Michel.
Mais qui était ce Feutrier dont elle porte le nom?
Il y a bien à Beauvais une artère à la gloire de François-Jean-Hyacinthe Feutrier, évêque de cette bonne ville...
Mais il ne s'agit pas de lui, non, notre Feutrier n'est autre que le propriétaire des terrains qui furent lotis dans la première moitié du XIXème et dont la partie basse faisait partie
de la commune de Montmartre.

Le dernier immeuble abrite au numéro 40, un lieu convivial qui porte un nom exotique (le français est ringard paraît-il). Ce n'est pas une école d'art mais une Art school.
Précisément : Paglieri Art School.
On y "customise des fringues, crée des accessoires, apprend la peinture, achète des créations..."

On y apprend peut-être à consolider les immeubles de la rue qui ont une fâcheuse tendance à se disloquer, comme tant d'autres dans ce quartier construit sur les carrières.



Mais je vous invite à descendre la rue et à vous arrêter un instant devant le 21.

Petit immeuble montmartrois à la porte bleue que des touristes allemands viennent photographier.
De 1894 à 1896, il abrita Rosa Luxembourg. Elle y reçut quelques amis engagés dans la rédaction du journal social-démocrate : La Cause Ouvrière.

Si j'en crois les délibérations des élus parisiens, une plaque commémorative devrait être apposée sur la façade :
"Lors de son exil parisien, Rosa Luxembourg (1871-1919) militante internationaliste, a résidé ici."
Cette inauguration est prévue le 8 mars 2010, journée de la femme.
Voir : inauguration du 8 mars : Rue Feutrier. Rosa
Luxembourg.




Quelques jolies portes de fonte...

Un tournant d'où l'on aperçoit le Sacré-Coeur...


Et au croisement avec la rue Müller, le Blue Note, bar musical, ancien Jazz'O'Brasil, venu de la rue Mouffetard, pour s'installer en 2001 sur les pentes de la Butte.

Une brocante...

Un bar et un hôtel meublé (il faut payer très cher quand on est pauvre pour pouvoir habiter Paris).

Un immeuble pittoresque comme on dit...


Quelques couleurs dans le gris dominant...

Et puis un pincement au coeur devant la devanture des Editions Sindbad, liquidées en 1994. Elles faisaient un travail remarquable en traduisant la littérature arabe et persane. Aujourd'hui, le nom
s'efface peu à peu... Un bon génie sortira-t-il de la lampe pour lui redonner vie?

Une boulangerie dont l'entrée donne sur la rue André Del sarte... Elle existe depuis la création de la rue.
Peut-être Rosa Luxembourg y acheta-t-elle son pain quotidien...
En quittant cette rue de Montmartre, pourquoi ne pas souhaiter la voir changer de nom? Que le propriétaire Feutrier laisse la place à Rosa Luxembourg qui pourrait ainsi dialoguer avec Louise Michel
dont le square n'est qu'à quelques pas...

Non ce ne sont pas nos deux révolutionnaires mais des passantes insolites, rue
Feutrier...
.. rue Ronsard Montmartre.
...
Par chriswac
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Samedi 23 janvier 2010
6
23
/01
/2010
08:38
Par chriswac
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