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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 08:15




     La chapelle, dans l'axe du choeur, semble vous entraîner vers les hauteurs célestes.
    Il faut d'ailleurs gravir plusieurs marches pour y accéder et découvrir sa voûte étoilée.
    Elle est plus chaleureuse que la grande église un peu glaçante. Les peintures sont dues à Romain Cazes, élève d'Ingres dont il a retenu les leçons d'académisme mais ni le génie, ni l'inquiétude diffuse. Il a été, comme bien des peintres conventionnels de son temps, très apprécié par la bourgeoisie pieuse qui lui a confié la décoration de nombreuses églises.

    Cinq panneaux nous donnent un raccourci de la vie de Marie.



    L'annonciation : Marie, les bras ouverts reçoit, à genoux, les paroles stupéfiantes de l'ange qui ne manque pas d'allure dans sa belle tunique vieux rose mais dont les ailes seraient bien incapables de le soutenir dans les airs.
   Etrange, cette habitude de doter les créatures divines d'ailes minuscules.

    Le deuxième panneau représente la visitation : Marie et Elisabeth se rencontrent, sous le vol immobile de l'Esprit Saint.
    Le petit que porte Elisabeth remue et s'enthousiasme dans le ventre maternel. Il a reconnu à quelques centimètres de lui, un autre petit, dont il annoncera plus tard la venue...

    Peinture convenue, aussi peu spirituelle que possible. 



     Le couronnement de la Vierge : Père et fils sont assis confortablement comme s'ils trônaient dans un canapé Second Empire.
     L'Esprit volète au-dessus d'eux et les réunit dans le triangle trinitaire tandis que Marie, agenouillée, reçoit la couronne des mains de son fils...



     Marie au pied de la croix: Le plus médiocre tableau de la série.
     Marie est plantée devant le crucifié comme si elle lui reprochait d'avoir fait une bêtise.
     Le peintre lui a donné l'allure d'une lourde ménagère.
     Nous sommes très loin de l'absolu chef d'oeuvre qu'est la Piéta d'Avignon qui représente la vierge de douleur comme peu d'artistes ont su le faire. Nous sommes très loin aussi de Pasolini qui fit jouer le rôle de Marie à sa propre mère, comme s'il pressentait qu'elle se tiendrait un jour devant le corps martyrisé de son fils, ramassé dans un terrain vague.

    Nous sommes très loin de la souffrance indicible de toutes les mères du monde devant la mort de leur enfant



Le dernier panneau : l'Assomption de Marie.

     Des anges vigoureux entraînent vers les cieux, celle qui ouvre déjà les bras pour serrer contre elle son fils. 
     La scène est peinte bien avant la proclamation du dogme qui ne sera institué que sous Pie XII, en 1950.
     Mais depuis des siècles, l'église fêtait la Vierge, le 15 août. Au VIème siècle, à Byzance, l'empereur Maurice avait inauguré ce jour-là, la fête de la Dormition de la Vierge.
     L'iconographie orthodoxe, profondément spirituelle, représente Marie "endormie" tandis que son fils emporte dans ses bras un nouveau-né emmailloté. C'est l'âme de sa mère. Extraordinaire image que celle de ce fils portant sa mère, comme il avait été porté par elle. Pressentiment de l'achèvement et de l'éternité. Notre assomption catholique est bien fade, comparée au vertige de la Dormition orthodoxe.



    Un vitrail rouge et bleu adresse une prière à la Vierge en majesté. 

    A l'entrée de la chapelle deux fresques représentent, à gauche, la naissance de Marie et à droite, sa présentation au Temple.





    Tableaux de bonne facture mais théâtralisés et peu inspirés.

    Signalons encore les fresques des évangélistes dans le choeur, plates et convenues.


    
   Saint-Jean se tourne vers le ciel comme pour écrire sous la dictée céleste... Son aigle familier veille à ses côtés.

    Enfin, avant de quitter l'église, jetez un oeil dans le transept gauche sur les représentations de Saint-Ignace de Loyola, lié à Montmartre par le voeu fameux, prononcé dans l'abbaye d'en-bas, et que rappelle une plaque dans l'actuelle crypte du martyrium, rue Yvonne le Tac. (voir: Montmartre. Crypte du martyrium.)  


François-Xavier est envoyé en mission, en Inde, par Ignace avec lequel il pria, le fameux 15 août 1534.

Dans l'autre transept, un autre saint lié à l'histoire de Montmartre : Saint-Denis...



   ...Ce qui peut vous inciter à prendre le métro, avant de perdre la tête, et vous rendre à St Denis, visiter la basilique, véritable merveille qui vous réconciliera avec l'art sacré!


Lien: Eglise Notre Dame de Clignancourt. (1) Extérieur, entrée.




...







 

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commentaires

Julien 15/02/2011 19:02



Ok je vous tiens au courant. Mais vous n'avez pas une adresse email où je puis vous envoyer des photos, svp? Merci. J.



julien 28/01/2011 17:41



Bonjour Monsieur


Elles ne sont pas de CAZES comme vous l'écrivez mais de BARRIAS, les peintures...


Cordialement


Julien



chriswac 28/01/2011 17:53



 


Je me permets de vous recontacter pour vous demander de m'aider pour l'identification de ce peintre pour la chapelle. Tantôt il s'agit de cazes, tantôt de Laffon... Je ne trouve rien de
définitif. pouvez-vous avoir la gentillesse de m'indiquer vos sources afin que je puisse corriger mon article. Je vous en remercie par avance.


christian



Frederique 05/12/2009 15:29


L'ambiance change carrément, malgré le style empesé (ou engoncé). Ce peintre ne savait pas retranscrire les sentiments. En effet comme toi je ne vois que l'humour pour commenter cela.


René 26/10/2009 15:16


C'est vrai que le 19ème bourgeois est assez lourd et aussi peu mystique que possible. Mais on a vu pire depuis! J'apprécie vos trois articles qui permettent une visite complète d'une église que
vous rendez intéressante. Merci


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