Partager l'article ! Montmartre.Musée de l'érotisme. Exposition Antoine Bernhart.: Un choc au musée de l'érotisme. ...
Un choc au musée de l'érotisme.
Les peintures de Bernhart.
Elles couvrent les murs de leur cauchemar.
Vous entrez dans un cauchemar.
Tortures, mutilation, décapitation, pénétration, fellation... tout est au même niveau : le sexe et le crime.
Etonnement du spectateur qui vient dans ce musée pour jouir et se réjouir devant les représentations sensuelles ou spirituelles de la sexualité et qui se trouve
propulsé en enfer.
Il a été prévenu par le titre de l'expo : l'enfer des enfers.
Un enfer bien différent de celui de Bosch ou de celui des fresques gothiques.
Un enfer sans Dieu, sans diable, sans hommes.
Un monde de poupées, de mannequins, de robots.
Un meccano de l'horreur.
Il faut pour que l'on se sente concerné, un minimum de ressemblance avec nous-mêmes.
Il y a là une accumulation de bouches carnivores, de fellations blessantes, de sodomie mutilantes, de caresses assassines.
Une répétition mécanique des crimes et des agressions.
Mais au fond le titre ne serait-il pas trompeur?
L'enfer a souvent été peint dans les églises.
On y voyait des flammes et des diables, on y voyait des hommes et des femmes entraînés dans un supplice sans fin.
Jérôme Bosch est sans doute un des plus grands visionnaires de l'enfer. Mais son enfer a quelque chose de naïf.
Il n'est pas sans rapport avec une imagination de poète, un mélange de couleurs, de surréalisme et de folie.
L'enfer de Bernhart est triste. Il est sans couleurs. Ou plutôt les couleurs dominantes sont le noir, le blanc et le rouge de sinistre mémoire.
La femme, être faible par excellence est l'objet privilégié de toutes les tortures.
Elle est là sexe ouvert au sexe masculin turgescent et répugnant, toujours démesuré, fantasme de tous les mâles soucieux de la taille de leur instrument viril.
L'homosexualité toujours présente n'échappe pas à la tristesse et à la menace.
Le peintre a choisi de représenter ce déchaînement de sexe et de tortures par des scènes "jouées" par des poupées à grosses têtes et aux yeux démesurés.
C'est une manière de mettre à distance ces cauchemars en demandant à des poupons de les incarner.
Il y a dans ces tableaux une accumulation de symboles.
Où il y a sexe, il y a arme.
Le couteau n'est jamais loin.
Le plaisir est absent.
Et ce ce qui frappe le plus le spectateur, c'est l'absence de sensualité.
Vous voyez un, deux, cent tableaux...
vous voyez apparaître des chiens, des chevaux, des grenades... mais c'est toujours le même tableau. La même négation de l'érotisme.
Alors... Il vaut mieux ne pas trop s'attarder, chercher ailleurs le trouble et la jouissance!
Je n'ai trouvé pour essayer de comprendre cette exposition qu'une interprétation "morale" qui déplairait à son auteur.
Les yeux ouverts devant la violence... Les yeux des enfants qui reçoivent les images du monde... Images de guerre, de mort, de catastrophes... L'impuissance devant un monde d'exploitation et de
mort... Un monde qui ignore la tendresse et l'amour...
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