Jeudi 23 juillet 2009 4 23 /07 /2009 09:35


Disparaître

Je suis loin je suis bien
Sous le ciel sans mensonge

Je flotte à la face des eaux
Comme un requin blessé
Et sur mon ventre blanc
Se posent les oiseaux

Les portables peuvent sonner
de leurs mélodies ridicules
Le courrier peut s'entasser
Dans la boîte inutile
Avec les nouvelles abominables
Avec les plaies et les cancers
Avec les mots gantés de blanc 
Précis comme des chirurgiens

Je suis si loin déjà
Où le courant m'entraîne
Je glisse en souriant
Vers ce point qui m'aspire
Vers cette mer sans fond
Où je vais redescendre

Déjà me paralyse
Le froid délicieux
Déjà les algues noires
passent devant mes yeux

Je me prends les chevilles
Je me love sur moi
Comme une pierre fossile
Je m'engloutis
Dans l'argile des eaux

Rien ne parviendra plus
Des rumeurs du rivage
Je ne saurai plus rien
Des saisons et de l'âge
Et jamais
Non jamais
Je n'apprendrai la mort
De ceux que j'aime.






Lien : Poème. Tristesse.


... 
Par chriswac - Publié dans : poèmes - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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Commentaires

Le " thème " est profond, triste, angoissant mais ce poème fait partie pour moi de tes plus beaux. Nicole
Commentaire n°1 posté par Nicole le 29/07/2009 à 09h30
Merci mais sans toi il serait totalement désespéré.
Réponse de chriswac le 29/07/2009 à 17h53

Disparaître                                                                         Vivre

Je suis bien                                                                        Je suis bien

Sous le ciel sans nuage                                                     Sous le ciel sans nuage

 

Je flotte à la face des eaux                                                Je flotte à la face des eaux

Comme un requin blessé                                                   Comme un Moïse sauvé

Et sur mon ventre blanc                                                     Et sur mon berceau blanc

Se posent les oiseaux                                                        Se posent les oiseaux

 

Les portables peuvent sonner                                            Les portables sonnent

De leurs mélodies ridicules                                                Ils m'apportent des nouvelles de ceux que j'aime

Le courrier peut s'entasser                                                Le courrier dans ma boîte

Dans la boîte inutile                                                           M'apporte des échos

Avec des nouvelles abominables                                      Tantôt bons, tantôt moins bons

Avec les plaies et les cancers                                           Avec des mots gantés de blancs

Avec les mots gantés de blanc                                          Précis comme des rapports

Précis comme des chirurgiens                                           D'autopsie

 

Commentaire n°2 posté par castelego le 23/07/2009 à 19h19
Merci pour ton texte en positif sur mon négatif. Mais si tu me connais un peu, tu sais que la mélancolie fait partie de moi-même. Et puis ce désir de disparaître avant d'apprendre la mort de ceux qu'on aime, n'est-ce pas un désir d'absolu, un refus du néant? De nous deux, tu es le plus "croyant"...
A bientôt. 
Réponse de chriswac le 23/07/2009 à 19h46

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