Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 08:15








Roman : D'un père l'autre.




Avant qu'il ne paraisse en février 2010, je vous présente mon troisième roman. Il se compose de trois parties. La première est celle de l'enfance. Un garçon tue son père. enfin, il rêve de le tuer tant sa haine est forte. Il n' a pas reçu d'amour. Il n'a reçu que du mépris et de la violence. Il raconte son enfance et la mort de sa mère dont il rend son père responsable.

Le roman s'ouvre sur un parricide. Le père est étranglé dans son lit par son fils. Le roman se ferme sur un parricide. Le père, malade et condamné, se laisse étrangler par son fils, dans un acte d'amour partagé. C'est donc l'histoire d'un parcours qui va de la haine à l'amour. Du crime de haine au crime d'amour.

Ière partie : D'un père.

Extrait : les poupées.

" C'est bien souvent que Léo se sent rejeté par ses frères. Il n'en souffre pas vraiment. Il n'aime pas leurs jeux. Les pistolets, les sabres, les ballons de foot le laissent indifférent. Il ne sort jamais de leur boîte à chaussures les petits soldats que son père lui a offerts. Il préfère les poupons de celluloïd qu'il habille et déshabille sans se lasser. il a pour eux une garde-robe complète qu'il a rangée dans un grand tiroir de la commode de bois sombre. les petits pulls de laine tricotée, les pantalons de coton, les bonnets de couleurs vives sont soigneusement pliés par tailles. Sur la droite, les vêtements minuscules destinés aux baigneurs roses, sur la gauche, les plus grandes tailles, celles qui conviennent à Boubou, le géant de la bande, un enfant noir de quarante centimètres. C'est le préféré de Léo qui s'est mis en tête d'organiser un orphelinat dont sa soeur, Lou, est l'infirmière et lui le médecin. Pas question de jouer au papa et à la maman. Léo ne supporte pas l'idée de ressembler à son père, à n'importe quel père. Il recueille les malheureux, les abandonnés, les enfants victimes de parents tortionnaires. David se moque de lui quand il le surprend, dans la chambre de Lou, occupé à parler à des poupées. Son père s'en irrite et accuse sa femme de mal élever ce garçon qui ressemble à une fille. Un jour, alors qu'il cherche Léo pour l'emmener avec ses deux frères à un match de foot de l'équipe locale, il le trouve, assis sur le lit de sa soeur, avec sur les genoux, le poupon noir auquel il fredonne une berceuse. Il se précipite sur lui, arrache le négrillon qu'il saisit par un bras et balance par la fenêtre avec une telle force que le membre détaché lui reste dans la main. Léo bondit à la fenêtre. Il voit, à côté de la bordure de grès du trottoir, Boubou, sur le dos, le bras levé comme pour un appel. Il ferme les yeux quand passe une camionnette. Quand il les rouvre, la petite main est toujours tendue vers le ciel, le corps est aplati et au-dessus de l'écharpe de laine rouge, la tête a explosé, projetant de tous côtés des écailles noires. Léo se précipite sur son père. Il s'acharne contre lui, à coups de pied, à coups de poing. Il ne peut s'arrêter. Il ne le veut pas. Il veut faire reculer cet homme sans coeur. Il veut frapper et frapper encore. Une gifle magistrale, un aller-retour violent l'arrête net, l'envoie en arrière. Il gardera jusqu'au lendemain la trace rouge de la main de son père sur le visage. Mais il n'a pas eu mal. Il n'a rien senti."

...

Lien : D'un père l'autre. La mort du père. 3ème roman (2ème partie)

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Tony Yves 27/06/2009 11:44

La suite, elle m'a touché combien de pères comme ça . qui ne peuvent se résoudre à laisser la personnalité de leurs enfants s'exprimer Il faut dire que c'est la seul chose qui ne s'apprend pas devenir des parents

Tony Yves 27/06/2009 11:37

J'ai un peu souri au début de ton extrait. Même si je ne jouais pas avec les poupées mon père m'offrait à chaque Noël des cadeaux militaites , des chars ,des avions et je détestai ça, remarque ce n'était pas très grave car comme il trouvait toujours que quelque chose ne fonctionnait pas dans l'heure qui suivait le jouet était démonté et jamais il n'était remonté. Cela pourrait sembler triste pourtant aujourd'hui quand j'y pense cela me fait sourire, c'est un souvenir de mon père que la cancer à emporté

Lou 25/06/2009 13:31

j'ai laissé un commentaire sur la 2ème partie du roman. Je trouve le sujet passionnant. Est-ce que tu as vécu cette histoire?CiaoLou 

chriswac 25/06/2009 13:38


Tu sais il y a toujours un peu de vécu dans ce qu'on raconte. Mais en réalité, même si certains souvenirs sont vrais, mon père était très différent. Absent mais heureux d'avoir des enfants. Et puis
je te rassure, je ne l'ai pas tué!
Es-tu Italienne?
Ciao bella!
 


Frederique 24/06/2009 11:14

Bravo Christian, ce passage est très prenant, j'ai envie de lire la suite! Jolie photo aussi, très belle expression songeuse et mutine.

Présentation

  • : Montmartre secret
  • Montmartre secret
  • : Pour les Amoureux de Montmartre, des Chats.de l'île d'Oléron, des Voyages. Les Amis Inconnus et les Poètes...
  • Contact

Recherche