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Il y a des fleuves qui vous entraînent dans des contrées sauvages où le temps n'est pas le nôtre, où les les
hommes, les animaux et les esprits se partagent et se disputent parfois le territoire mouvant des eaux. Le Mékong est de ceux-là. Il traverse plusieurs pays, naît au Tibet, passe sans rancune par
la Chine avant d'être frontière entre Birmanie et Laos, Thaïlande et Laos, faire un tour au Cambodge et se perdre dans la mer au Vietnam. Son nom laotien signifie : "Mère des eaux". Une mère qu'on a violentée en de certains endroits, en coulant du béton dans son
lit pour jeter d'une rive à l'autre des barrages, gros fournisseurs d'hydroélectricité et de catastrophes écologiques. Ainsi des villages ont-ils été rayés de la carte et des territoires où
vivaient des espèces rares et parfois non encore recensée ont-ils été noyés.
Sur les 4 400 km qu'il parcourt, presque 1 900 sont au Laos qui est donc le pays où il semble être
le plus à l'aise malgré ces violences. Il est vrai que la traversée de la Chine l'avait bien préparé à ces brutalités.
Les buffles élevés pour aider les paysans dans les champs et les rizières ont plus de chance que le dauphin blanc qui comme le
pa beuk est en voie de disparition. On l'appelle dauphin de l'Irrawady, du nom du fleuve birman où il prospérait jadis. Il rejoindra bientôt à son corps défendant le Nirvâna, la bienheureuse
non-existence promise par bouddha!
Une photo du bateau qui nous permit de naviguer jusqu'au Vat Phou (dont il porte le nom),
temple Khmer plus ancien qu'Angkor et construit au pied d'une colline appelée Linga Parvata, les hindouiste y voyant un phallus, un Linga, image même de Shiva.
Un peu plus loin, le fleuve s'élargit et avant d'arriver au Cambodge. Il enserre de nombreuses îles. la région de Khong est appelée pays des 4000
îles...
Tandis que les Laotiens s'activent et les regardent avec bienveillance ...
Et que ce rocher immuable continue d'abriter dans ses flancs des milliers de statues qui regardent de haut couler le fleuve et la vie des hommes...
Vous avez l'art rarissime de la relation de voyage que seuls quelques uns : Chateaubriand, Nerval, Rimbaud (lettres à sa soeur) Stendhal, Céline (?) ... possédaient.
Vous savez mêler la description et les remarques personnelles qui en font la valeur et qui, surtout, évitent la platitude que pourrait avoir le "plat récit qui est le mien !"
Votre père déteste (détestait ?) l'expression, c'est pourquoi je la prends à mon compte : vous avez TOUT A FAIT raison de nous prendre par la main et nous conduire par où vous êtes passé.
Continuez à nous séduire, bien qu' "ailleurs l'herbe est toujours plus verte !" !