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Montmartre secret

Montmartre secret

Pour les Amoureux de Montmartre sans oublier les voyages lointains, l'île d'Oléron, les chats de tous les jours. Pour les amis inconnus et les poètes.

Publié le par chriswac
Publié dans : #MONTMARTRE Cimetière.

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Une dernière balade avant l'envol pour l'Indonésie via Singapour. Impossible de ne pas saluer Dalida et son auréole de soleil. Etrange comme le temps lui donne de l'éclat et de la profondeur. Peut-être parce que précisément c'est la chanson de Ferré qui lui ressemble le plus : Avec le temps, va, tout s'en va, même les plus chouettes souvenirs, ça a une de ces gueules, à la galerie j'farfouille dans les rayons d'la mort, le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule.... Peut-être aussi parce que sous le kitch et les plumes, apparaît la véritable élégance d'une femme noble et tourmentée. Un tourment qui prit fin une nuit de mai, par quelques mots griffonnés : La vie est devenue insupportable. Pardonnez-moi.

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Deux allées en contrebas, cette étrange sculpture en partie en relief en partie en creux.  Elle ne fait pas très sérieux et ressemble à un jeu d'optique. Qui représente-t-elle? Vous pouvez le deviner.... Un psychanalyste!!! Un certain Guy Pitchal. Vous pouvez deviner également qui il eut comme patiente célèbre... Une certaine Dalida. Jacqueline Pitchal, femme de Guy écrivit un livre sur son amitié avec la chanteuse : Tu m'appelais petite soeur. Ont ils imaginé, le psy et sa patiente, qu'ils seraient si proches un jour et pour si longtemps ?


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A quelques encablures de là, repose en silence Boum Boum (de son vrai nom Geronimo Medrano).
  Un des derniers clowns solitaires du 19ème avant l'apparition de l'Auguste. Il plaisait beaucoup avec sa gueule enfarinée et ses trois touffes de cheveux. Il s'adressait à l'orchestre par ces seuls mots : Boum boum. Le vieux cirque montmartrois où il officiait, le cirque Fernando fut construit en dur à l'angle de la rue des martyrs et du boulevard de Rochechouart et racheté par les Medrano. Les parisiens qui ont plus de 40 ans se rappellent sans doute ce très beau bâtiment circulaire, de fonte décorée. Ils ont vu, le coeur gros sa destruction dans les années pompidoliennes où il était bon d'adapter Paris à la voiture et où on massacrait sans remords les extraordinaires halles de Baltard. Le cirque a été remplacé par un horrible immeuble de marbre gris, infiniment plus triste que le cimetière vibrant de Montmartre. Cet immeuble sinistre s'appelle ...Le Bouglione!!!

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Encore une artiste. Nous avons du mal à imaginer à quel point elle fut populaire. Elle savait allumer les mâles avec son sourire très affranchi et sa manière de faire voler ses jupons pour laisser entrevoir sa culotte. Son habitude de passer entre les tables et de vider les verres des clients ravis lui valut son surnom de Goulue. Sa gloire fut au zénith à l'époque du Moulin Rouge où elle dansait le chahut avec un pinardier dégingandé surnommé Valentin le Desossé. Une partie du renom dont elle bénéficie encore aujourd'ui, elle le doit à Toulouse Lautrec qui la représenta souvent et qui, lorsqu'elle décida de se mettre à son compte en ouvrant une baraque foraine de danse orientale lui peignit les panneaux de sa roulotte. Vous pouvez les admirer aujourd'huui au musée d'Orsay. 

La Goulue vieillit mal, ne se console pas de la mort de Bouton d'or son fils et va faire de petits boulots pour survivre. Elle reviendra au Moulin Rouge, non pas pour être la reine du Cancan mais pour vendre des sucreries sur le trottoir à l'entrée de l'établissement. Elle est morte à Saint Ouen et ce n'est qu'en 1992 qu'elle fut transférée au cours d'une grande fête montmartroise dans ce cimetière situé à quelques mètres du Moulin Rouge.



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Restons  un peu dans la danse avec Degas.
 Si au début de son oeuvre il va comme Gericault à Longchamp peindre jockeys et courses de chevaux, c'est peu à peu le monde des théâtres et des ballets qui l'attire et le fascine. Il n'est certs pas d'esprit politiquement révolutionnaire, fils de banquier qu'il est , à l'abri de tout souci financier. Mais il sait peindre les femmes du peuple comme les repasseuses qui reviennent comme un thème récurent. Il n'est pas comme les Impressionnistes passionné de nature, de grand air, de lumière naturelle. "Je ne veux pas perdre la tête face à la nature"

Il préfère la lumière artificielle des éclairages au gaz dans les théâtres. Il s'attache de plus en plus à peindre les artistes et il donne consciemment ou nom une image forte de la Société de son temps. D'un côté une classe de bourgeois repus et de l'autre un monde de féérie, d'artifices, de maquillages créé pour leur plaire par tout un petit peuple d'artistes misérables malgré la splendeur de leurs ailes de papillons.

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Salut Georges. Demain je prends l'avion qui me rapprochera un peu, très peu de tes records et j'aurai une pensée pour toi qui as frôlé les étoiles.

 

Lien : Cimetière Montmartre. Classement alphabétique. Calvaire et Saint-Vincent.

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L
En tous cas le psychanalyste de Dalida n'a pas réussi sa thérapie, vu le résultat !
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