Dimanche 11 octobre 2009
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08:45
Etoile noire
Mes enfants je suis née sept fois en vous mettant au monde
Avant vous je n'étais que moi
Je n'avais qu'un village et vous m'avez ouvert les frontières
Je n'avais qu'un amour et vous m'avez donné l'amour
Sept fois j'ai appris à marcher
Sept fois j'ai appris à parler
sept fois j'ai été amoureuse pour la première fois
Mes enfants je suis morte deux fois quand la mort vous a pris
J'ai refermé ma porte et je me suis pendue un soir d'automne
Après avoir en vain appelé au secours
J'ai cessé de respirer dans la nuit de Noël
Et j'ai replié mes poumons
Comme un oiseau dans le goudron
Mes enfants vous avez détaché ma corde
Vous m'avez donné vos poumons
J'ai continué de vivre
Malgré l'étoile noire
Cousue à vif sur ma poitrine
Mes enfants grâce à vous je suis encore au monde
J'ai joie de votre joie et j'ai peur de vos peurs
Je ris avec vous dans les vagues
Je prends avec vous des avions
Je m'endors avec vous près du Gange
Et quand le temps malade se pend à mes genoux
Et tire mes paupières
Je marche avec vos jambes
Je vois avec vos yeux
Mes enfants je vivrai avec vous dans le monde
Bien après que la mort m'aura couchée en terre
Je serai dans l'éclat d'un miroir
Dans un de vos sourires
Ou dans un de vos gestes
Dans la veilleuse auprès du lit
Dans le chat qui dormira contre vous
Je serai dans le vent léger qui passera sous vos yeux
Quand vous ne pourrez pas y retenir vos larmes
....
Poème. Ma mère (3) Anniversaire.
..
Par chriswac
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Samedi 3 octobre 2009
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09:20
Le chasseur
Admirez le valeureux chasseur
Déguisé en guerrier ou en trappeur
Avec son treillis et ses bottes
Son nez de clown et sa culotte
Avant le coq il est levé
Pour aller avec ses coquins
Dans le marais ou la forêt
Tirer son coup sur les lapins
Tout ce qui tremble et fuit l'affole
La perdrix le faisan la grive
Au point que son arme dérive
Sur l'aigrette ou le rossignol
Malheur à vous les chats errants
Malheur à vous les oies sauvages
Le tueur vous montre les dents
Ici s'arrête le voyage
Si les canards étaient armés
Le héros resterait couché
Il aurait alors le temps pour
Apprendre à mieux faire l'amour.
lien :
Poème. La mort est un toréador.
...
Par chriswac
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Lundi 28 septembre 2009
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09:05
Par chriswac
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Mercredi 23 septembre 2009
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09:10
Automne sale saison
Automne
Saison du linge sale
Les maillots sont rangés dans les armoires
Le ciel étend ses draps mouillés
Et le soleil trop pâle
N'essaie plus de cacher ses taches de vieillard
Automne
Saison de mise à mort
Les animaux s'enfuient au son du cor
Les oies décrochent sous le plomb
Et le jour moribond
Ne peut plus déplier ses ailes de goudron
Automne
Saison des hôpitaux
Les amis fatigués se préparent
Ils oublient leurs vieilles photos
Et la nuit sous ses voiles
N'a plus pour les guider un seul éclat d'étoile
Automne
Saison du temps qui passe
Les amoureux s'étreignent du regard
Les draps recueillent leur tendresse
Mais un sommeil de glace
Paralyse leur main qui tente la caresse.
lien :
Poème. Amour-miracle.
...
Par chriswac
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Jeudi 20 août 2009
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07:45
S'il est un Dieu dans les nuages
Qu'il revienne un instant sur terre
Et qu'il jette un regard de père
Sur cette femme sans bagages
Qu'a-t-elle encore à déclarer
Qui la retienne d'embarquer
Ni compte en banque ni livret
Ni pièces d'or ni bracelet
Son corps est plus léger que l'air
Il n'a jamais eu de prison
Il n'est pas le propriétaire
D'un terrain ou d'une maison
Et pourtant elle est arrimée
Au lit de fer de la clinique
Avec des tubes de plastique
Ancrés profonds dans ses poignets
Sur son visage un masque gris
Lui interdit de respirer
Le ciel et les rues de Paris
Où elle aimait tant divaguer
Qu'a-t-elle encore à déclarer
Qui la retienne d'embarquer
Plus un ami plus un amant
Pas un enfant pas un parent
Tout ce qu'elle a c'est un cancer
Qui dans sa gorge est installé
Aucun voyou pour le voler
Aucun scalpel pour le trancher
Il se vautre et il se prélasse
Avec l'air de n'y pas toucher
Il distribue ses métastases
Comme il enverrait des baisers
Il pèse et pose, il prend son temps
Il va et vient sans s'étonner
Il la goûte du bout des dents
Pour mieux savourer la curée
S'il est un Dieu dans les nuages
Qu'il donne l'ordre à ce cancer
D'aller plus vite et plus sauvage
Pour la laisser quitter la terre.
lien : Poème pour Elisabeth (cancer)
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Par chriswac
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