MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités

Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 08:40

Matho

 

      Il y avait dans l'atelier de François Gabriel, un tableau étonnant de Marcel Matho, l'artiste qui conçut l'affiche que le photographe utilisait comme enseigne, au 36 rue Muller, aujourd'hui 2 rue Utrillo.

 

françois Gabriel-copie-1

      Le tableau représente quatre des gloires de la vie artistique de la fin du XIXème siècle. Elles y sont croquées d'un trait vif et élégant. 

Ces caricatures méritent d'être connues. Elles viennent s'ajouter à des milliers d'autres, mais, étant inédites, elles apportent un regard nouveau sur ces artistes... 

 

Matho Edouard de Max

      Tout d'abord, Edouard de Max, bien oublié aujourd'hui mais qui fut considéré comme le plus grand acteur lyrique de son temps. Il est né en 1869 en Roumanie et il fit sa carrière à Paris où il connut vite la célébrité. Il a joué aux côtés de Marguerite Moréno, Sarah Bernhardt et Antonin Artaud.

Edouard-de-max-photo.jpg

      Il ne craignait pas de faire scandale en affichant ouvertement son homosexualité et en jouant nu dans le Prométhée de Jean Lorrain dont il fut l'amant.

de Max prométhée 

 Un dessin plus tardif de Cocteau le montre, cou relâché, cheveux teints... mais toujours l'air très satisfait de lui-même! 

 

de Max

Nous découvrons ensuite, dans sa maturité rayonnante, la grande, l'unique, l'irremplaçable Sarah Bernhardt.

Matho-Sarah-Bernhardt.jpg

      On a du mal à imaginer la passion qu'elle suscitait et les foules qu'elle déplaçait en Europe comme en Amérique...

sarah-bernhardt.jpg

Cette femme exceptionnelle possédait un charisme qui subjuguait les spectateurs. Victor Hugo la surnomma "la voix d'or" et Jean Cocteau inventa pour elle l'expression aujourd'hui galvaudée de "monstre sacré".

 

       sarah-photo.jpg

 

 Elle inspira bien des créateurs de l'Art Nouveau dont Mucha qui devint son affichiste officiel lorsqu'elle reprit le théâtre des Nations qu'elle rebaptisa modestement théâtre Sarah Bernhardt.

 Edmond Rostand  écrivit pour elle "l'Aiglon" et Oscar Wilde répondit à la commande qu'elle lui fit d'une nouvelle "Salomé".

 

Medee_1898.JPG

                                                   Affiche de Mucha pour Médée.

 

Elle s'engagea politiquement avec courage en soutenant Emile Zola lors de l'affaire Dreyfus et en prenant fait et cause pour Louise Michel. Enfin, elle milita sans relâche, bien avant Badinter, contre la peine de mort.


 

Matho-Edmond-Rostand.jpg

 Edmond Rostand l'appréciait beaucoup et lui dut en grande partie le formidable succès de l'Aiglon. (Quelle Sarah Bernhardt du XXIème siècle serait capable de redonner vie à cette pièce injouable?)

      edmond_rostand-photo.jpg

 Il pose ici en académicien, moustache conquérante et oeil vif! 

Matho-Polaire.jpg

      La dernière caricature est celle de Polaire, de son vrai nom Emilie Marie Bouchaud, née à Alger, bien loin de la banquise!

Elle plut beaucoup à Willy et Colette qui lui confièrent le rôle de Claudine au théâtre. Les trois firent la paire, si l'on peut dire, puisqu'ils vécurent un certain temps une relation qui défraya la chronique.

 

polaire photo

polaire-photo.jpg

Polaire avait une voix qui plaisait et qui lui permit de créer des "tubes" comme "tha ma ra boum  di hé" ou "tchique tchique". Elle obtint également un grand succès en interprétant "la prière de la Charlotte" de Rictus que Monique Morelli, une autre chanteuse montmartroise, reprendra plus tard... 

Polaire-photo-2.jpg

      Sa taille de guêpe et sa sensualité sont restées légendaires...

 

Matho

Alors quel plaisir de retrouver nos quatre artistes sur ce tableau qui est resté dans la famille de François Gabriel!

Remarquons que Marcel Matho n'a pas gâté les hommes mais a traité les femmes avec beaucoup plus de sympathie... Les hommes font la gueule et les femmes sourient, mais tous sont tournés vers le public et attendent les applaudissements... 

 

Lien :  Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

 

 

 

Par chriswac - Publié dans : MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités - Communauté : Les amoureux de Paris
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Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 07:02

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      Dans la maison de Gustave Moreau, il vous faudra des heures et des heures pour découvrir les milliers de dessins, esquisses et tableaux du peintre et voyager de l'orient fabuleux surchargé de bijoux et d'effluves, au dépouillement quasi abstrait de certaines de ses oeuvres.
   Voyager aussi de la sensualité à l'inquiétude et au questionnement.


    Le Christ entre les deux larrons fait partie de cette interrogation et de cette recherche.
 
    La grande toile nous donne à voir  les trois suppliciés sur un fond de ciel menaçant.
    Les ténèbres vont bientôt recouvrir la terre. Les nuées s'accumulent déjà, à droite, du côté du "mauvais larron".

2009 1205Moreau0069

    Ce qui frappe tout d'abord, c'est la composition qui décentre le Christ pour le rapprocher du "bon larron" sur la gauche du tableau, et qui isole l'autre supplicié dont le visage se détourne.
   Le Christ, aérien, ne montre aucun signe de souffrance, malgré la plaie ouverte sur son flanc.
   Ses bras étendus comme des ailes, le portent comme s'ils n'étaient pas cloués sur le bois qui s'efface.
Il penche la tête et regarde celui qui lui parle et se tend vers lui...



christ et larrons

    Un dessin préparatoire montre à quel point le peintre voulait projeter en avant l'homme, qui au dernier moment de sa vie, au plus douloureux, se détachait de lui-même pour avoir compassion devant l'innocent :
"Pour nous c'est justice, mais lui n'a rien fait d'injuste.
Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu seras dans ton règne".

2009 1205Moreau0074

     L'homme semble en mouvement, comme décollé du bois du supplice. Tout son visage est tendu, le regard intense, la bouche ouverte pour la dernière supplique avant de mourir.

     Il va recevoir en réponse, les paroles de la vie :

"Crois-moi, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis."


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    L'autre supplicié consacre ses dernières forces à se détourner, le corps noueux et douloureux.
   Ce n'est pas son refus de croire en la divinité du Christ qui l'isole mais son manque de compassion pour l'innocent, son manque de "fraternité" dans l'épreuve partagée.
   Il n'est préoccupé que de lui même et s'il s'adresse au Christ c'est pour le provoquer et l'insulter :
"C'est toi le messie!
Viens à ta rescousse et à la nôtre!"

   C'est sur cet homme que les couleurs sont les plus vives. C'est lui dont le corps est le plus sensuel, bassin en avant, sexe à peine caché par un linge qui glisse...
Il ne croit pas à un après. Il se réfugie dans la chaleur vivante de ses bras, comme s'il cherchait une caresse humaine.

Le linge vole autour de lui comme des flammes blanches.
Son visage semble recevoir les derniers feux d'un astre qui disparaît. 

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    Au pied des arbres du supplice dont le tronc est parcouru de filets sanglants, se presse une foule indistincte et confuse. N'en émergent que les têtes des chevaux blancs.

   Les condamnés sont élevés très au-dessus... Ils sont déjà dans le ciel ou contre le ciel, pour celui qui refuse un au-delà mais qui, par l'expérience terrible qu'il est en train de vivre, s'est dégagé du magma humain. 


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    Cette élévation est encore plus manifeste dans un autre tableau qui projette les croix dans le ciel comme des fusées. Dali s'en souviendra peut-être quand il représentera le Christ penché, depuis sa croix sur la planète entière...


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Lien : Gustave Moreau. Les rois mages.

 

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

Musée Gustave Moreau
14 rue de La Rochefoucauld
75009 Paris
Tel : 01 48 74 38 50
Lundi et mercredi de 11 h à 17 h 15
Autres jours de 10 h à 12 h 45 et de 14 h à 17 h 15


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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /Déc /2009 09:40


    Le musée Gustave Moreau est un des lieux les plus étonnants de Paris. Le peintre a voulu que sa propre maison reçoive les visiteurs qui ont l'impression d'y être  invités et de découvrir son univers. 




    Dans la galerie du deuxième étage, une grande toile presque carrée (2,90 sur 2,82) nous entraîne dans un paysage étrange, baigné d'une lumière grise aux reflets blancs.
   On ne sait si la nuit descend  ou si l'aube s'élève.
   Dans une lumière onirique, avance comme une vague,  une procession dont l'avant garde a la blancheur de l'écume...



       ...et dont la crête est constituée par les trois rois mages sur leurs chevaux.
         Ils se laissent porter, guidés par l'étoile, veillés par la colombe du Saint-Esprit.
        Les rochers dont les contours rappellent le groupe qui avance, s'opposent cependant à lui : bloc pétrifié, bloc immobile et agressif que le cortège en mouvement va laisser derrière lui.
         Alors que le paysage est fait de gris, de noir et de blanc, la couleur commence à frémir sur les rois.
         Comme s'ils étaient en train de se créer, d'être créés par leur marche vers la crèche.
         On imagine qu'au moment où ils rencontreront l'enfant, elle fera briller leurs yeux et scintiller les bijoux et les étoffes.
  "Que la lumière soit"
  "Que la couleur soit".



    Le roi noir a la tête levée vers l'étoile.
    Il est en partie caché par le cheval blanc.
    Moreau a écrit sous une étude de ce tableau : "
La race noire est enfantine et naïve dans ses croyances".
    Préjugés d'une époque où la France des Droits de l'Homme colonisait l'Afrique et où ce mot de race appliqué à l'unique famille humaine, allait avoir les terribles conséquences que l'on connaît...
 
   Le cheval blanc, les yeux bien ouverts, frappé de lumière, est au centre de la toile, entre l'étoile claire et la colombe de lumière.
    Il sait où il va.
     Les deux autres chevaux ont la tête baissée.
     Lui, il la tient bien droite. 



   Il porte le roi oriental dont la race est
"dorée, indolente et sensuelle".
   "La race des rêves".

   Le seul des trois rois à ne pas lever la tête vers la comète.
   Le roi qui regarde devant. Là où la réalité va se transfigurer.
   Le roi habitué à vivre dans les contes. Celui qui sait que tout est possible au cours de cette première ou de cette mille et deuxième nuit.
   Son visage très fin, féminin, est frôlé par un oiseau bleu, ombre de l'oiseau blanc qui plane au-dessus de lui.

   Au premier plan, le roi blanc, tout aussi féminin, tête levée vers l'étoile...    Il est selon le peintre de" la race intelligente et droite dans la foi".
..
   Sa couronne où l'on aperçoit la fleur de lys se confond avec sa chevelure. son visage est tendu. Il questionne. Son oeil est vif. Il vérifie qu'il n'est pas abusé par une illusion d'optique.



     Son cheval  noir et nerveux, regarde le spectateur pour l'inviter à entrer dans le mystère et l'interroger à son tour.



   Devant les chevaux, un groupe d'écuyers comme dessinés à la craie. Devant eux, marche l'avant-garde... 



    Ce sont de jeunes pages vêtus de blanc à la façon des lévites (comme écrit Moreau). Ils regardent l'étoile et avancent en chantant. Ils tiennent des branchages qui ressemblent à des palmes et sont destinés à chasser les serpents.
   Les palmes ne peuvent manquer d'évoquer les Rameaux,  l'entrée triomphale du Christ à Jérusalem, porté par un âne blanc...
   Elles évoquent aussi la passion et l'immense procession des martyrs.
  
    Les pages sont beaux et lumineux.
 
     Par quel art, avec si peu de traits et si peu de détails, le peintre obtient-il cette précision, cette présence?
 
   Dessin de craie sur l'asphalte de la nuit...







        À l'arrière du cortège, la foule des musiciens et des guerriers...
        Quelques taches de couleur font émerger des gazelles aux colliers de perles...





       et un visage qui se tourne vers l'étoile.

        Gustave Moreau, à propos des grands maîtres qu'il admire, écrit :
"Ils ennoblissent leur sujet en l'encadrant dans une profusion de formules décoratives. Leur respect, leur piété ressemblent à ceux des Rois Mages apportant sur le seuil de la crèche le tribut des contrées lointaines".





     Au premier plan, le cadavre d'un vautour.
     Les charognards ne tournent plus dans le ciel, au-dessus du cortège protégé par l'oiseau de lumière.
     Le mal et la mort ne sauraient faire partie de cette humanité qui monte vers la vie. 

    Une toile fascinante, à la fois lumineuse et crépusculaire. La gauche du tableau avec la foule indistincte et mal dégagée du magma de la création, le centre avec les rois qui entraînent derrière eux les continents, et à droite, comme déjà entrés dans l'éternité, ces jeunes hommes qui traversent la mort et les apparences comme un miroir....  








Musée Gustave Moreau.
14 rue de La Rochefoucauld.
75009 Paris 
Heures d'ouverture : 
Lundi et mercredi de 11h à 17h15
Autres jours : de 10h à 12h45 et de 14h à 17h15.



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Fontevraud. Fresques de Thomas Pot.



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Mercredi 26 août 2009 3 26 /08 /Août /2009 13:15






     Pour quelques jours à Paris, j'ai voulu revoir certaines toiles du musée d'art naïf de Montmartre dans la Halle Saint-Pierre. Les toiles étaient parties en vacances sans doute! Le musée tout entier offrait son espace à deux peintres : Macréau et Boix-Vives. Je me suis laissé aspirer par l'univers de ce dernier.



     J'ignorais tout de lui, je dois l'avouer, alors que les amateurs d'art brut le connaissent depuis longtemps. J'ai  appris qu'un jeune berger catalan avait quitté, à 17 ans, son pays pour chercher en France du travail. Après des années difficiles, il avait ouvert un commerce en Haute-Savoie, à Moutiers. Il fit prospérer son affaire et n'aurait sans doute attiré l'attention de personne, si en 1962, la mort de sa femme, ne l'avait soudain foudroyé. Il se retira des affaires et commença à peindre... Il peignit pendant 7 ans jusqu'à son rendez-vous, dans un hôpital de Grenoble avec la mort toujours exacte.
     7 ans et plus de 2000 oeuvres!



                                               Pêcheurs dans un lac de montagne

     Le feuillet qu'on vous donne à l'entrée de l'expo n'y va pas de main morte! On vous parle de Fra Angelico, de Van Gogh... On évoque l'art roman catalan et le baroque savoyard!
Serions-nous passés à côté du plus grand peintre de tous les temps?



                                                             Religieuse lunaire

     Sans doute le jeune berger catalan a-t-il été frappé par la simplicité et la force des fresques romanes. Sans doute a-t-il été sensible, plus tard, à l'exubérance des chapelles savoyardes...
     Mais ce qui est frappant dans ses toiles et ses cartons peints dans l'hiver de sa vie, alors que sa respiration était entravée par un asthme chronique, c'est le remplissage de l'espace.   Un remplissage étonnant que nous avons déjà rencontré chez Séraphine de Senlis.

 
                                                               Fleurs et arbres

    Lui qui vit sous le ciel de Savoie, ne montre jamais l'horizon. Ses toiles ne sont pas des fenêtres, mais des peintures sur des murs, sur des falaises. Ses personnages sont des animaux déguisés, des singes jouant la comédie humaine.

 
                                                     Princesse africaine

 
                                                                  Dame noble

 
                                                    Famille respectable


                                                     Fumeur d'Albertville

     Curieusement,  le cousinage auquel on pourrait penser, n'est pas mentionné. Il serait du côté de l'Afrique peut-être ou des aborigènes. Une manière directe et magique de projeter les formes et les couleurs comme un geste vital, la libération nécessaire d'un trop plein de vie, trop plein d'angoisses, trop plein de peurs.

 
                                                          Esprits inconnus

 
                                                         Projet tapisserie

      Cette présence grouillante de la nature, des hommes, des animaux et des esprits est parfois si oppressante que le peintre les écarte pour aller vers l'abstraction.


                                                            Drapeaux


                                                           Drapeau au chien

 
                                                          Grand animal noir

    Dans les grottes, dans la nuit, à la lueur des torches, les hommes des cavernes jetaient des animaux sur les parois. Des animaux qui s'éveillaient la nuit quand la terre dormait.

     les oiseaux de Boix-Vives chantent sur ses toiles alors que leur créateur dort depuis 40 ans sous la terre.
Ils attendent, immobiles, que se couche le soleil.
Ils attendent, immobiles, que ce monde finisse.

 


Lien : Camille Bombois peintre à Montmartre

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

 





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Par chriswac - Publié dans : MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités - Communauté : Les amoureux de Paris
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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 07:06



 Un beau jour de printemps qui ressemble à l'été, un jour idéal pour aller à la rencontre de Dalida dont le nom malgré le tragique et la solitude évoque la vie et le soleil. Je passe par les vignes de Montmartre, reliquat d'un vignoble qui du temps des Abbesses dévalait les pentes et occupait un vaste espace aujourd'hui loti. Il fournissait un petit vin de bon renom qu'on appelait Goutte d'or et qui a donné son nom à un quartier populaire de Paris non loin de là. La dernière cuvée a été baptisée Cuvée Dalida !









  Nous voici Place Dalida, une très jolie petite place ombragée située à quelques centaines de mètres de sa maison. Un buste un peu sévère regarde passer sans le voir un groupe d'enfants. Ce buste commence à faire l'objet d'un véritable culte de la part d'adultes qui caressent les seins de bronze. Il y a ainsi, ici et là de telles vénérations : le pied de Saint Pierre à Rome et dans l'église de Montmartre, le sexe de Victor Noir au Père Lachaise... Les seins de Dalida. Ces derniers me paraissent et de loin mériter plus que les autres un tel hommage !



 Je prends la rue Girardon et sur le chemin j'accepte le salut de Marcel Aymé qui en hommage à son Passe-Muraille a été représenté par Cocteau, traversant les murs. Il semble venir de la nuit et de la mort où il repose et n'avoir pas la force de faire le dernier pas qui le projetterait parmi nous. Je remarque que sa main a reçu elle aussi bien des caresses... Je l'ai moi-même saisie et j'ai cru un moment que ce petit coup de main l'aiderait à se dégager de ce vilain mur...

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 J'arrive rue d'Orchampt, devant la maison de Dalida. Elle l'aima ce refuge qu'elle avait choisi au plus haut de la butte et qui ouvre ses fenêtrtes sur Paris tout entier.
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                            Rue d'orchampt. L'escalier...
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                                      La chambre de Dalida
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                                                          Le salon
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                                               La salle à manger
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                           La petite Austin de Dalida, rue d'Orchampt.

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                                                Sur le perron

 Dalida réservait deux étages aux amis qu'elle aimait recevoir et qu'elle aurait voulu regrouper comme une grande famille dans ce "village" qu'elle avait élu.







Je descends la rue Lepic et j'arrive très vite au cimetière de Montmartre la dernière demeure de Dalida. Elle y est représentée debout, les yeux clos sur elle même, fermés à la lumière du jour mais comme ouverts  sur un monde plus vaste et plus lumineux. Le soleil qu'elle ne voit plus, ce soleil d'Egypte où elle est née, semble irradier d'elle même. Un coeur de fleurs blanches a été dépopsé à ses pieds... Il n'est pas si loin ce jour de mai où Dalida décida de mettre fin à ses jours. Aujourd'hui le soleil et les fleurs viennent lui dire qu'on ne l'oublie pas.
 
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