MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités

Samedi 8 janvier 2011 6 08 /01 /Jan /2011 09:15

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      Le Prométhée foudroyé de Gustave Moreau (1869) a été peint un an après le Prométhée exposé au salon de 1868.

Combien pourtant il est différent...

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Le Prométhée de 1868, bien qu'enchaîné, est assis comme un roi au sommet du monde. Il est indifférent à la torture et ignore le vautour qui s'est approché par derrière pour arracher des lambeaux de foie. Notons que l'aigle du supplice a été remplacé par un charognard qui ne s'attaque habituellement qu'aux cadavres.

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Prométhée, le visage tourné vers l'horizon, ignore le dépeceur qui finira par mourir avant d'être remplacé par un autre charognard, comme le rappelle le cadavre, au pied du Titan condamné, lui, à ne pas mourir.

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Prométhée ne regrette pas son vol. Le feu qu'il a voulu donner aux hommes, brille au-dessus de sa tête, comme la flamme de Pentecôte au-dessus des disciples, la flamme de l'Esprit et de la Vie plus forte que la mort.

Gautier a su voir dans ce tableau sa dimension christique : "Mr Gustave Moreau n'a pas donné à son Prométhée les proportions colossales du Prométhée d'Eschyle. Ce n'est pas un Titan. C'est un homme auquel il nous semble que l'artiste ait voulu donner quelque ressemblance avec le Christ dont, selon quelques Pères de l'Eglise, il est la figure et la prédiction païennes. Car lui aussi il voulut racheter les hommes et souffrit pour eux."

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Gautier, en vrai poète, savait "voir". Que n'aurait-il écrit devant le Prométhée foudroyé? 

L'oeuvre, d'une touche moins léchée, moins académique, l'aurait sans doute inspiré. Prométhée n'est plus impassible, regard tourné vers l'avenir et la chute des dieux de l'Olympe. Son corps de souffrance est attaché au sommet d'un piton rocheux, comme exposé sur une croix.

Pas de clarté, pas de couleurs... des gris, des ocres, des blancs... le rouge presque brun du sang coagulé...

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Les jambes sont repliées comme celles du crucifié. La tête penchée sur le côté semble souffler son dernier souffle tandis que les yeux se révulsent.

Le corps n'est plus le corps athlétique du premier Prométhée, il est le corps torturé, le ventre creusé, les côtes saillantes... La dernière force du supplicié se concentre dans sa main repliée sur le flambeau dont la flamme continue de s'élever contre le ciel.

Près de lui, l'aigle-vautour, Jupiter, ressemble à un oiseau mort, un squelette d'oiseau.

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      ...Tandis que la foudre vient achever le condamné.

Moreau invente donc cette mise à mort, comme si le supplice excédait les dieux et qu'il fallait y mettre un terme.

Evidemment, l'aspect christique reconnu par Gautier dans le premier tableau, est ici plus manifeste encore. C'est après le chemin de croix et la montée au calvaire, après le fouet, les épines et les clous, le dernier coup de lance..

Moreau entoure le visage du Christ de l'auréole des icônes.

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Une humanité distincte et indistincte se mêle et s'emmêle sous ce Prométhée. Une humanité en devenir, une humanité en voie de recréation. Certains corps sont à peine esquissés, les bras imprécis, les visages sans yeux.

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      Les Océanides selon le mythe... Une pyramide de femmes, certaines indifférentes, d'autres concernées...

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Une humanité blafarde qui participe au mystère et peut recevoir la lumière du flambeau que Prométhée n'a pas lâché et que la foudre n'a pas éteint.

Oeuvre étonnante, oeuvre forte qui touchera le croyant comme l'incroyant, plus que le Prométhée impassible.

"Christ païen" est -il écrit dans les notes de visite du musée! 

Bizarre, bizarre... Le chrétien Gustave Moreau n'a pas représenté un Christ païen, n'en déplaise aux rédacteurs de catalogues, mais un Prométhée chrétien... 

Un Prométhée-Moreau qui au-delà de la mort tend vers nous le flambeau...

 

Musée Gustave Moreau.

14 rue de La Rochefoucauld. 75009.

(tel : 01 48 74 38 50.   fax : 01 48074018 71)

Métro: Trinité. Saint-Georges.  Bus : 67-68-74-32-43-49

Ouvert tous les jours sauf mardi et 1er janvier, 1er mai et 25 décembre:

De 10h à 12h45 et de 14h à 17h15.

 

Liens :

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

  Gustave Moreau. Le christ et les deux larrons.

Gustave Moreau. Les rois mages.

musée de la vie romantique, rue Chaptal (1)

musée de la vie romantique (2) Ary Scheffer.

Camille Bombois peintre à Montmartre


 

 

Par chriswac - Publié dans : MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités - Communauté : Les amoureux de Paris
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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 07:25

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     Aujourd'hui je reviens rue Paul Albert, tout en haut, au 19, petit immeuble de céramique jaune où j'ai vécu, avec pour voisins, au 21, le Centre Israélite et au 17, Monique Morelli et Leonardi. Ceux qui ont entendu Morelli ne peuvent oublier cette voix profonde et intense, une voix à rameuter tous les piafs de Paris, à dresser des barricades, à faire jaillir la mer sous les pavés... A faire honte à la mort, comme dans ce poème de Villon:

 

 

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J'habitais au premier étage de cet immeuble, tout contre la maison de Morelli. Quand j'emménageais, j'ignorais que j'allais avoir à côté de moi cette artiste que j'admirais et dont je passais sans me lasser les albums. Un soir, les fenêtres de ma chambre étaient ouvertes...J'entendis monter cette voix que je connaissais, accompagnée de l'accordéon.. J'ai cru d'abord qu'un voisin partageait avec moi le même amour de Morelli... Mais la voix s'arrêta puis reprit, monta puis s'arrêta de nouveau... C'était bien elle, Morelli qui répétait avec son fidèle Léonardi !  Je me suis assis sur le lit et j'ai écouté pendant deux heures, sans perdre une miette de ce récital inespéré.

 
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     Je n'ai vécu qu'un an rue Paul Albert et je n'ai jamais osé lui parler. J'aurais rencontré Sylvie Vartan ou Sheila, j'aurais trouvé le hasard amusant et je n'aurais eu aucun mal à leur dire quelques mots. Mais Morelli !!! C'était comme si je tombais nez à nez avec Villon, Ronsard, Aragon, Carco, Mac Orlan, Rictus, Couté, Corbière....groupés autour leur interprète drapée de rouge.

 
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   J'ai bourlingué ensuite par le monde et ses mirages. Je transportais avec moi des enregistrements de ma voisine et je ne manquais pas de les utiliser lorsque j'étudiais avec mes élèves libanais les poètes français. Un silence profond suivait chaque audition et cette voix sensuelle et tragique semblait être chez elle dans ce pays de rochers et d'eaux vives.

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Bien des années plus tard, je suis revenu vivre à Montmartre. Un peu plus bas, rue Müller. De mes fenêtres pourtant, je pouvais voir la rue Paul Albert et la maison de Morelli. Un soir, je remontais la rue et j'ai rencontré Léonardi. J'ai osé lui parler, lui dire à quel point j'admirais sa compagne et comment je l'avais emmenée avec moi au Liban. Il me dit alors qu'elle était très mal et il m'invita à entrer pour la voir, lui parler, lui dire comment des jeunes, si loin d'ici, aimaient l'entendre et entendre grâce à elle des poèmes vivants et vibrants. J'ai dit que j'avais un rendez-vous mais que je viendrais dès que possible.

Deux jours après, elle était morte.

 

Morelli de Montmartre, Léonardi est mort aujourd'hui, ton fils Patrick est mort... Ta maison a été vendue... Tes tableaux, tes souvenirs ont été dispersés dans des ventes aux enchères...

Mais ta voix, ta voix Morelli, elle est là, dans nos rues de la Butte, avec Carco ou Mac Orlan, elle est là dans nos coeurs, vivante comme une flamme dans notre nuit.

 

 

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                                                              Avec léonardi
Liens.
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Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 09:05



     Montmartre réserve bien des surprises au piéton amoureux de Paris. Ainsi, suffit-il de passer la porte du 43bis rue Damrémont pour découvrir une merveille : un ensemble intact de panneaux de faïence de Poulbot !

    L'ensemble fut commandé en 1910 par le propriétaire des bains-douches qui étaient alors installés dans l'immeuble.

     Les douze panneaux représentent les quatre saisons sur la Butte.

     Ils ont pour héros les gosses du maquis montmartrois que l'artiste n'a cessé de peindre avec son talent et surtout son coeur.

     Car Poulbot n'avait de cesse de leur venir en aide.

     S'il l'avait pu, il aurait accueilli toute la misère de son quartier et peut être du monde!

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                                                           Le printemps.


     Montmartre frémit avec la nature...

     Les enfants ont envie de danser, de sauter à la corde, de faire voler les cerfs volants dans le ciel clair...











      Il y a toujours dans les dessins de Poulbot des éléments très précis, des rues, des maisons que les montmartrois peuvent reconnaître, comme sur ce dernier panneau la maison de Rosimond, devenue depuis sur l'impulsion de Malraux (né à une centaine de mètres de cet immeuble, au 53 rue Damrémont) le musée du vieux Montmartre.

      Le peintre nous rappelle que ses oeuvres ne sont pas de pures inventions.

      Les enfants qu'il représente sont de chair et d'os.

      Nous les trouvons mignons car ils le sont, comme les touristes au Laos ou en Birmanie trouvent les gamins des villages très photogéniques...

      Mais attention, il y a souvent chez Poulbot, dans un coin du tableau, un enfant qui pleure ou qui s'enferme dans sa tristesse.





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                                                             L'été.

    C'est la saison des vacances pour les enfants. Ils resteront sur leur Butte. Les congé payés n'ont pas encore été inventés...

    Le bon élève a fait un accroc à sa culotte. Il est mécontent d'avoir gâché son jour de gloire. Petite déchirure et grand drame !


 
   Quelques-uns défilent, drapeau en tête, pour le 14 Juillet. Ils sont les révoltés de demain, ceux qui peut-être prendront d'autres bastilles...



   On reconnaît à l'arrière plan, le"castel d'un philosophe", bricolé par un habitant du maquis, impasse Girardon.


   




    Une petite fille esseulée serre sa poupée et fait de gros yeux à qui oserait la menacer...




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                                                         L'automne.


    C'est la saison rousse. Les vendanges de Montmartre n'ont pas encore été inventées pour venir en aide aux gamins du quartier. 

    Les fontaines permettent tous les jeux. 



   Trois enfants se promènent bras dessus, bras dessous en chantant...
   Ce trio de gosses solidaires, foulant les pavés, se retrouve fréquemment dans les dessins de Poulbot.
   Dans leur misère, les petits vivent, loin des adultes, comme une troupe de moineaux insouciants.



    Un loupiot de corvée de seau hygiénique, a saisi le balai-chiottes pour en faire un goupillon...



     Tandis qu'un peu plus loin, les mères font la queue pour acheter du pain au moulin de la Galette...





    ...et qu'un apprenti Ben-Hur dans son char, s'élance au pas nonchalant de son cheval-avant et de son cheval-arrière vers un ennemi qui ne semble pas vraiment menaçant.  






   Parmi les jeux les plus appréciés, la fameuse partie de billes... Attention à la pichenette qui se prépare!

 
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                                                     L'hiver.

   L'hiver offre d'inépuisables terrains de jeux et de glissades... Malgré les joues rosies et les mains nues...



    Un petit bonhomme transi prépare très sérieusement une bonne boule de neige...



 ...alors que d'autres en ont déjà fait provision!



   Bonnets et pèlerines protègent comme ils peuvent les poulbots.



    Toute la tendresse du monde dans le geste de cette grande soeur penchée sur son oisillon de frérot qu'elle couve avec un châle taillé dans un vieux rideau.



  C'est avec ces deux-là que nous quittons l'entrée de l'immeuble aux merveilles

  Je vous rappelle l'adresse : 43bis rue Damrémont. Vous pourrez y pénétrer les jours ouvrables car, par chance, un laboratoire d'analyses médicales est installé au rez-de-chaussée et la porte reste ouverte.

Profitez-en et bonne visite!


Liens Poulbot :

Poulbot. Jeunesse. Débuts.

Poulbot. Maturité. Succès. Les Gosses. (2)

Poulbot. Engagement social. Petits Poulbots. (3)

Poulbot. Dessins. La Maternelle de Léon Frapié. (1)

Poulbot. Poil de carotte. Illustrations. (1)

 Nouvel An. Poulbot. Hiver. voeux.

Montmartre. Impasse Traînée. Rue Poulbot.

 P
oulbot les loupiots de Bruant

 

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Par chriswac - Publié dans : MONTMARTRE Peintres.Artistes.Clébrités - Communauté : Les amoureux de Paris
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Jeudi 1 juillet 2010 4 01 /07 /Juil /2010 08:00

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Louise Weber est devenue une légende montmartroise et c'est grâce à Toulouse Lautrec qu'elle est aujourd'hui connue dans le monde entier.

Elle ne pouvait naître qu'en été (juillet 1866) dans une banlieue populaire (Clichy La Garenne).

Ses parents sont des Juifs alsaciens modestes qui ne se doutaient certes pas que leur fille poserait ainsi, les seins offerts aux regards avides de ses admirateurs.

 

. la goulue nue

Elle passe à la postérité sous le nom de "La Goulue" que lui aurait valu sa propension à vider tous les verres qui se trouvaient sur son passage. Peut-être se souvint-on également, en la baptisant, qu'elle fut plus ou moins découverte par un dénommé Goulu-Chilapane qui l'accueillit dans son hôtel particulier de l'avenue du Bois.

Son corps sensuel, un peu provocant correspond au goût de l'époque qui appréciait la féminité généreuse.

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                                      La Goulue (à droite) et Casque d'or (à gauche)

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C'est au Moulin Rouge qu'elle rencontre la gloire, après avoir dansé au Moulin de la Galette, à l'Elysée-Montmartre et au Jardin de Paris.

Il est difficile d'imaginer en voyant ces photos, avec quelle vitalité canaille elle danse le cancan. Elle en est le vedette et elle a toutes les audaces, interpellant les mâles quel que fût leur rang.

Elle n'hésite pas à lancer au prince de Galles, futur Edouard VII : "Hé Galles! Tu paies l'champagne! C'est  toi qui régales ou c'est ta mère qui invite?"

Imaginez la meneuse de revue du Moulin-Rouge, lançant à notre président : "Hé Sarkozy! Tu paies l'champagne! C'est toi qui régales ou c'est Carla qui invite?"

On n'ose imaginer la réponse... 

Autres temps, autres moeurs!

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                         La Goulue et Valentin le Désossé à l'Elysée-Montmartre

Valentin le désossé en fait son élève préférée. C'est avec elle qu'il danse le chahut. Toulouse Lautrec les représente tous les deux sur la célèbre afffiche du Moulin rouge.

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Etonnante affiche d'une simplicité qui n'est qu'apparente. Valentin apparaît, silhouetté en gris au premier plan tandis qu'à l'arrière des ombres chinoises suggèrent tout un monde de noceurs, chapeaux hauts- de-forme et aigrettes, tournés vers la vedette, celle qui saute comme "une chèvre" et lève la jambe comme aucune autre, faisant tourbillonner ses jupons affolants.

Le regard est attiré vers ses cuisses, vers la corolle blanche qui accroche la lumière. En quelques traits Lautrec suggère le mouvement et l'audace.

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Le peintre reste l'ami de la Goulue bien après les triomphes. Sur cette photo, ils sont côte à côte, comme un couple de bons vivants...

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                             La goulue et sa soeur au Moulin-Rouge (1892). Lithographie.

Elle est représentée sur cette litho, croquée de dos, silhouette nerveuse et coiffure portée comme un emblème, une plume d'apache!

La femme à ses côtés a parfois été prise pour sa soeur car elle l'accompagnait souvent. Il s'agit en réalité de la Môme Fromage, grande amie de la Goulue.

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                          Au Moulin-Rouge ou la Promenade (La Goulue). 1892. Peinture sur carton

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                  La goulue entrant au Moulin-Rouge. 1892. Huile sur carton.

C'est un des portraits les plus célèbres de la Goulue. Lautrec ne l'a pas flattée. Elle arrive en tenue provocante, les seins presque nus, le corps souple et cambré.

  Elle est saisie à son insu, un sourire amer, un sourire qui tourne à la grimace et qui est empreint de lassitude sur un visage fatigué. Le corps joue toujours le jeu mais le visage tombe le masque. Le temps commence à gagner la partie...  

la goulue cabane

Bientôt la goulue plaira moins. Elle se mettra à son compte et s'exhibera dans les foires foraines. Son ami peint pour elle les grands panneaux décoratifs exposés en façade de sa baraque.

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                             La danse au Moulin-Rouge. 1895. Huile sur toile. 298x316cm.

 Pour attirer le passant, il rappelle le prestigieux passé de l'artiste. Il la représente au Moulin-Rouge avec Valentin le Désossé (Jane Avril apparaît à l'arrière-plan, avec son immense chapeau).

la goulue baraque

                    La danse mauresque (Les Almées) 1895. Huile sur toile. 285x307cm.

Le deuxième panneau est une annonce de son nouveau spectacle donné dans la baraque. On reconnaît au premier plan Jane Avril, Lautrec lui-même, blotti contre elle, le critique Félix Fénéon.

Quelques années plus tard, la Goulue endettée devra vendre ces panneaux qui seront découpés par un marchand cupide et stupide. Ce n'est qu'en 1929 qu'ils seront rachetés et restaurés par le Louvre. Ils sont aujourd'hui exposés au musée d'Orsay.

 

Les dernières année de La Goulue ressemblent à un roman tragique. Elle apprend à dompter les fauves qui  l'agressent au cours d'un spectacle. Son mari, Joseph Nicolas Droxler, épousé en 1900, magicien de métier,  ne parvient pas à s'escamoter devant les balles prussiennes et meurt à la guerre de 1914.

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            Le petit Journal : La Goulue et son mari agressés par un puma (24 janvier 1904)

Son fils, né de père inconnu mais qu'elle prétend "prince"meurt à 27 ans.

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                             La Goulue fait la parade à côté de son fils Simon... 

Elle va vivre dans une roulotte à Saint-Ouen. Elle recueille sans rancune des animaux de cirque éclopés, des chiens et des chats qu'elle nourrit en se privant du nécessaire. 

Elle retourne au Moulin-Rouge mais sans y entrer, sur le trottoir où elle vend des cacahuètes et des cigarettes.

Elle meurt à l'hôpital Lariboisière en janvier 1929 et elle est enterrée à Pantin. C'est en 1992 que ses restes sont transférés à quelques dizaines de mètres du Moulin-rouge, au cimetière Montmartre où sa tombe est toujours fleurie.

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      A en croire les nuages qui juponnent si souvent dans le ciel de Paris, La Goulue danse toujours le french-cancan pour les anges!


Liens : Montmartre: Jane Avril, Toulouse Lautrec.

 

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

Chateau Rouge historique


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Mercredi 23 juin 2010 3 23 /06 /Juin /2010 09:00

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                  Jardin de Paris: Jane Avril, 1893. Lithographie 4 couleurs (124 x 91,5 cm)

 Jane Avril est à part dans le monde nocturne de Montmartre. Elle n'a pas la sensualité débridée de Nini patte en l'air ou de la Goulue. Elle séduit sans se prostituer; elle danse sans se déshabiller. Etrange et mystérieuse, elle traverse la nuit comme un navire traverse un détroit houleux.  

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Toulouse Lautrec ne s'y trompe pas... Il la reconnaît comme une soeur douloureuse. Pour elle, il délaisse la Goulue à la sensualité débordante. Il la regarde, il l'aime, il saisit sa solitude, son désarroi, sa dignité. Il la montre telle qu'elle est quand elle danse, avec cette énergie qui stupéfie, avec cette distinction qu'on retrouvera plus tard chez Marlène dietrich...

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                      Jane Avril entrant au Moulin Rouge. 1892. Huile sur carton (102 x 55 cm)

Dans la rue, elle marche seule, avec son lourd passé de petite fille mal aimée, d'enfant battue par une mère alcoolique qui n'était préoccupée que d'elle et d'elle seule. Elle se sait fragile, à la merci d'une crise d'épilepsie. Elle a rendu visite à Charcot à la Salpétrière. Elle a espéré qu'il la guérirait de ses angoisses et de cette hystérie qui parfois la submerge et lui vaut des surnoms sans pitié : Jane la folle, Mélinite...

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      Entre artistes on se comprend. On voit ce que les autres ne voient pas. Cette tristesse, ce refuge du corps dans les étoffes fermées.

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         Jane Avril sortant du Moulin Rouge. 1893. Peinture et gouache sur carton (84,3 x 63,4 cm)

Ce désir inexprimé d'un ailleurs. D'une vie avec un homme aimé, loin des paillettes et des bulles de champagne.

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Comment imaginer que ce visage-là déchaîne l'enthousiasme et la passion?

C'est qu'elle est double Jane Avril. Elle est la danseuse montmartroise, du Divan Japonais, des Folies Bergères... Elle est en même temps l'amie d'écrivains rares comme Huysmans ou Alphonse allais qui rêve de l'épouser...

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Sur l'affiche du Divan Japonais, elle est assise devant la scène où Yvette Guilbert croise ses gants noirs, mais c'est elle la vedette. Elle est la longue dame noire. Elle est l'élégante à l'éventail vers qui se penche Edouard Dujardin, ami de Mallarmé et passionné de Wagner ...

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                              Jane Avril dansant. 1892. Huile sur carton (85,5 x 45 cm)

Elle est l'ambassadrice d'un French-Cancan qui serait dansé par une reine. C'est elle qui à Londres ou à Madrid, en donnera l'image la plus vive et la plus poétique. Une danse violente de sexe et de passion, mais aussi une danse de l' immédiat, du moment réel contre l'éternité abstraite.

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Jusqu'à la mort du peintre, elle restera son amie. Il y eut entre eux une proximité plus forte que l'union des corps.

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                       Jane Avril. 1899. Lithographie 4 couleurs (56 x 34 cm)

Le peintre l'a vue, l'a peinte comme un voyant sait peindre. Le mouvement, l'ondulation, le jeu, la tragédie...

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Le serpent qui frôle le sein sur la robe noire. Le serpent de Cléopâtre. Le serpent du temps qui glisse...

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Jane Avril a fini par trouver l'homme de sa vie, le journaliste et dessinateur Maurice Biais qu'elle a suivi à Jouy en Josas pour y vivre 16 années un peu plus paisibles...

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                                              Jane Avril par Maurice Biais

Quand il meurt, il la laisse sans un sou et Jane n'a même pas la ressource de vendre les dessins et les croquis que Toulouse Lautrec lui a offerts. Il y a longtemps déjà qu'elle en a fait cadeau à des amants de passage...

Sacha Guitry interviendra pour la faire entrer dans un hospice où elle passera les dix dernières années de sa vie.

 Elle dansera une ultime fois, à 67 ans, invitée par Max Dearly.

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Elle mourra huit ans plus tard et sera enterrée au Père Lachaise.

Sans doute eût-elle préféré Montmartre où elle rencontra son  grand ami, Toulouse Lautrec, celui grâce à qui elle est vivante aujourd'hui....

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Liens :

Liste et liens: Peintres et personnages de Montmartre. Classement alphabetique.

Musée de l'érotisme. Pigalle.

Poulbot. Panneaux de Faïence. Rue Damrémont. Montmartre.

 

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