Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /2009 16:00


La dernière partie du roman fait écho à la première mais le chemin s'inverse. Alors que l'enfant s'éloignait de son père, l'adulte va se rapprocher de lui. Lou, la soeur de Léo retrouve la trace de son frère grâce à la maison d'édition qui publie ses livres. elle lui apprend que leur père est atteint par la maladie d'Alzheimer et que la progression du mal est telle que s'il veut le revoir, il doit venir au plus vite. Léo qui n'a pas abandonné son désir de vengeance, tient à revoir son père pour s'expliquer avec lui avant qu'il ne perde tout souvenir. Il retrouve un homme affaibli et perdu. Il tente de lui parler. Il découvre des aspects inconnus de cet homme. Il reçoit des révélations sur sa propre enfance. Peu à peu, sans lui pardonner vraiment, il se rapproche de lui jusqu'au jour où il se rend compte que malgré lui, il l'appelle "papa", mot qu'il n'avait jamais pu prononcer. Quand le mal est trop insupportable, quand tout espoir est perdu, Léo vient la nuit embrasser son père qui attend son fils. Il le serre contre lui et l'étouffe. 


3ème partie

L'autre

extrait : le rendez-vous

"(...)   Comme il a froid pense Léo. Pourquoi l'a-t-on laissé avec ce seul drap sur le corps? pourquoi les couvertures inaccessibles, sont-elles pliées sur une chaise près de la fenêtre? Il se penche, prend son père dans les bras, le soulève et tente de l'asseoir. Il provoque un court gémissement suivi d'un râle. Il lit la souffrance sur son visage émacié. Il n'insiste pas, le laisse repartir en arrière en soutenant son dos et sa tête. Il écarte l'oreiller afin qu'il puisse reposer, bien à plat, comme il en a l'habitude. Il passe la main sur son visage, suit du doigt les cernes mauves, s'attarde sous le menton, comme il l'a vu faire avec son chat. Il caresse la pomme d'Adam, le cou si fragile. Il descend vers la poitrine aux côtes saillantes, pose la main sur le coeur qui bat sourdement. Son père essaye de lever les bras, d'attirer à lui son fils. Léo pose la tête sur sa poitrine, contre son coeur. Il ferme les yeux. Il est bien. Il sent dans ses cheveux une main légère, sur sa tempe, sur sa joue. elle reste là, sur sa joue. Léo garde les yeux bien clos. Il est à l'abri entre le coeur et la main de son père. Il ne bouge pas. Il ne veut pas bouger. Pour la première fois, si proche, pour la première fois contre la poitrine nue de son père. Contre le coeur de son père.
Des mots à peine audibles. Non, il ne rêve pas. Il entend des mots qui se précisent. Une fois, deux fois, trois fois...Aide-moi. Oui, son père prononce ces mots, en appuyant la main sur le visage de son fils : Aide-moi...
Léo se redresse. Il le regarde. Quelques centimètres les séparent : "Papa, je veux t'aider. Je suis venu t'aider.
- Aime-moi..."
Léo sursaute. il n'est pas sûr d'avoir compris. Il passe la main derrière la tête de son père et la soulève à peine : Papa... Oui... Je t'aime.
Il reçoit en réponse une légère pression sur le bras. Il serre contre lui le visage de son père. C'est contre son coeur qu'il tient maintenant son père. Il reste ainsi, les yeux fermés avec son père qui a fermé les siens.
La suite, Léo la vit comme dans un rêve. Des nuages assombrissent le ciel. La lumière du jour faiblit. La chambre s'obscurcit. Ses gestes se font lents, comme s'il évoluait dans les profondeurs. Il prend l'oreiller et le glisse entre sa poitrine et le visage de son père. Il passe les deux mains derrière son crâne et il serre. Les yeux, le nez, la bouche contre le duvet, son père esquisse un timide mouvement de recul. Puis il s'abandonne. Il se laisse faire. Il laisse s'enfoncer sa tête dans l'épaisseur de l'oreiller. Il entend battre son sang. Ou peut-être est-ce celui de son fils dont il est si proche maintenant? Léo continue de serrer. Il serre de plus en plus fort. Il n'arrête pas quand il sent les mains de son père s'agripper à ses bras. Il n'arrête pas quand il sent tressaillir les jambes de son père sous le drap. Il pose les lèvres sur les cheveux de son père. Il attend que tout se calme. Il attend longtemps après le dernier sursaut. Il tient son père contre lui, fermement, comme un noyé qu'il ramènerait au rivage. Il tire l'oreiller chiffonné qui tombe à côté du lit. Il regarde son père. Ses yeux sont ouverts. Sa bouche est ouverte. Il l'étend. Il ramène ses bras le long de son corps. Il remonte le drap. il se relève.
Il voit, debout contre le mur, sous la croix noire, Suzie qui n'a pas bougé : Laissez-moi seule avec lui. Je vais m'asseoir près de lui. C'est mon tour maintenant. Dépêchez-vous de rentrer avant l'orage."







Lien : Alzheimer. Un poème. (2)

 
Par chriswac - Publié dans : Mes romans - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /2009 09:06




D'un père l'autre    (2ème partie)

Entre deux

La deuxième partie du roman couvre presque trente ans. Elle est courte et ne comprend que trois chapitres.
Le bac en poche, Léo est parti de chez lui. Il est allé aussi loin qu'il a pu pour oublier son enfance. Mais sa haine reste bien ancrée en lui malgré sa vie voyageuse et l'amour qu'il trouvera enfin. Il se mariera avec Faranak, une belle Iranienne avec laquelle il partagera une vie insouciante d'étudiant prolongé...
 Avant de la rencontrer, il est guidé guidé vers sa vie d'homme par Chloé, étudiante comme lui à la fac d'Aix.


Extrait :

Chloé

"...Ce que vécut Léo, ses amours, ses réussites, ses échecs, ses lâchetés, il les consigna dans son journal. Il raconta comment il trichait avec les sentiments. Comment persistait en lui ce besoin d'être aimé et cette incapacité d'aimer. Il exposa sans complaisance ses ambigüités et ses fuites. Il eut avec quelques hommes des amours qui durèrent une saison et puis un jour, il fut choisi par une jeune fille un peu folle qui l'aima dès le premier regard, le dragua, le coucha dans son lit et le fit entrer dans l'amour des femmes. Elle avait jeté son dévolu sur l'étudiant mélancolique qui suivait les mêmes cours de littérature comparée. elle s'était assise à côté de lui, ava
it étalé sur la table en empiétant sur son espace, un gros classeur à spirale, une trousse de cuir rouge, une petite bouteille d'eau minérale, un paquet de chewing-gum, un miroir de poche, la reproduction d'un tableau de Klee, un couteau corse à cran d'arrêt... Elle avait attendu sa réaction. Il avait souri et lui avait demandé si elle avait l'intention d'utiliser son arme. A la fin du cours, elle lui avait proposé d'aller boire un café. D'accord pour gazouiller, avait-il répondu. Il avait reconnu le tableau de Klee, la machine à gazouiller et n'avait pu s'empêcher d'étaler sa science. Qu'importe, Chloé dont il avait lu le nom gravé sur le manche de corne, n'avait qu'une envie : coucher le garçon ténébreux dans son lit. Après le café, elle l'avait invité à monter chez elle. Léo aurait parlé pendant des heures si Chloé qui avait bien compris qu'il fuyait dans le labyrinthe des mots, ne s'était approchée de lui et n'avait posé les lèvres sur sa bouche. Chloé était une grande amoureuse des hommes. Elle sut entraîner celui-là, si peu expérimenté et si peu audacieux, dans les caresses les plus sensuelles et dans la découverte du corps de l'autre. Léo, guidé par elle, connut enfin ce qu'était l'amour partagé, le plaisir donné et reçu dans la même étreinte. Il découvrit la jouissance de la femme. Il comprit qu'il pouvait en être l'artisan. Il en fut si bouleversé qu'il voulut plusieurs fois faire l'amour. Chloé, amusée et ravie avait fini par le calmer en posant les lèvres sur son sexe, comme elle les avait posées sur sa bouche bavarde pour la faire taire. (...)



Lien : D'un père l'autre. La mort du père. 3ème roman (3ème partie)


...
 
Par chriswac - Publié dans : Mes romans - Communauté : Les amoureux de Paris
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /2009 09:15








Roman : D'un père l'autre.




Avant qu'il ne paraisse en février 2010, je vous présente mon troisième roman. Il se compose de trois parties. La première est celle de l'enfance. Un garçon tue son père. enfin, il rêve de le tuer tant sa haine est forte. Il n' a pas reçu d'amour. Il n'a reçu que du mépris et de la violence. Il raconte son enfance et la mort de sa mère dont il rend son père responsable.

Le roman s'ouvre sur un parricide. Le père est étranglé dans son lit par son fils. Le roman se ferme sur un parricide. Le père, malade et condamné, se laisse étrangler par son fils, dans un acte d'amour partagé. C'est donc l'histoire d'un parcours qui va de la haine à l'amour. Du crime de haine au crime d'amour.

Ière partie : D'un père.

Extrait : les poupées.

" C'est bien souvent que Léo se sent rejeté par ses frères. Il n'en souffre pas vraiment. Il n'aime pas leurs jeux. Les pistolets, les sabres, les ballons de foot le laissent indifférent. Il ne sort jamais de leur boîte à chaussures les petits soldats que son père lui a offerts. Il préfère les poupons de celluloïd qu'il habille et déshabille sans se lasser. il a pour eux une garde-robe complète qu'il a rangée dans un grand tiroir de la commode de bois sombre. les petits pulls de laine tricotée, les pantalons de coton, les bonnets de couleurs vives sont soigneusement pliés par tailles. Sur la droite, les vêtements minuscules destinés aux baigneurs roses, sur la gauche, les plus grandes tailles, celles qui conviennent à Boubou, le géant de la bande, un enfant noir de quarante centimètres. C'est le préféré de Léo qui s'est mis en tête d'organiser un orphelinat dont sa soeur, Lou, est l'infirmière et lui le médecin. Pas question de jouer au papa et à la maman. Léo ne supporte pas l'idée de ressembler à son père, à n'importe quel père. Il recueille les malheureux, les abandonnés, les enfants victimes de parents tortionnaires. David se moque de lui quand il le surprend, dans la chambre de Lou, occupé à parler à des poupées. Son père s'en irrite et accuse sa femme de mal élever ce garçon qui ressemble à une fille. Un jour, alors qu'il cherche Léo pour l'emmener avec ses deux frères à un match de foot de l'équipe locale, il le trouve, assis sur le lit de sa soeur, avec sur les genoux, le poupon noir auquel il fredonne une berceuse. Il se précipite sur lui, arrache le négrillon qu'il saisit par un bras et balance par la fenêtre avec une telle force que le membre détaché lui reste dans la main. Léo bondit à la fenêtre. Il voit, à côté de la bordure de grès du trottoir, Boubou, sur le dos, le bras levé comme pour un appel. Il ferme les yeux quand passe une camionnette. Quand il les rouvre, la petite main est toujours tendue vers le ciel, le corps est aplati et au-dessus de l'écharpe de laine rouge, la tête a explosé, projetant de tous côtés des écailles noires. Léo se précipite sur son père. Il s'acharne contre lui, à coups de pied, à coups de poing. Il ne peut s'arrêter. Il ne le veut pas. Il veut faire reculer cet homme sans coeur. Il veut frapper et frapper encore. Une gifle magistrale, un aller-retour violent l'arrête net, l'envoie en arrière. Il gardera jusqu'au lendemain la trace rouge de la main de son père sur le visage. Mais il n'a pas eu mal. Il n'a rien senti."

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Lien : D'un père l'autre. La mort du père. 3ème roman (2ème partie)

 
Par chriswac - Publié dans : Mes romans - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /2009 07:30





L'orgasme

Odeur de sable et d'algues brunes
Entre tes jambes entre les dunes
Je hume en cherchant l'origine
De ce parfum qui m'assassine

Ô les marées les nuits de lune
L'odeur du sel et de l'écume
Et le désir de se coucher
Dans la vague de tes baisers

Exauce-moi mauvais génie
je désire être assez petit
Pour plonger dans la fente rouge
Où mouillent des milliers de bouches

Je veux être avalé vivant
Léché comme un petit enfant
Roulé par des milliers de langues
Et dévoré comme une mangue

Porté par la houle des spasmes
Enlacé à ton clitoris
Je veux survivre avec délice
Au tsu
nami de ton orgasme.









Lien : poème érotique. La douche.







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Par chriswac - Publié dans : poèmes érotiques - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /2009 14:58



Le chagrin

Viens dans mes bras mon tout petit
Ne pleure pas je t'en supplie

Avec tes larmes de loupiot
Tu fais déborder le ruisseau

Le ruisseau court dans la rivière
Qui gonfle et se jette à la mer

La mer se déchaîne en hurlant
Et recouvre les continents

tous les enfants et leurs parents
Les chats, les chiens et les panthères

Essayent de nager dans la mer
Avec les poissons, les baleines

Ils nagent, nagent à perdre haleine
En espérant gagner à temps

Le grand bateau où les attend
Noé avec ses éléphants

Mais si Noé part le premier
Tu sais, ils seront tous noyés

Alors surtout ne pleure pas
Sèche tes larmes et souris-moi

Quand tu souris le ciel est bleu
Et tout le monde est amoureux.

 




Lien : Poème enfant. Peur de la nuit.  



 
Par chriswac - Publié dans : poèmes enfants - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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