OLERON

Vendredi 30 avril 2010 5 30 /04 /Avr /2010 10:15

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                                                                                      Grand Village

 

Les glycines d'avril dans l'île d'Oléron...

Elles ne sont certes pas la fleur emblématique de la région mais elles fleurissent en cascades bleues alors que les roses trémières ne sont encore que de grosses salades au pied des murs.

 

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                                                                                          Petit village

 

Colette les décrit comme un "lac mauve" Et Mucha les représente sur ses affiches comme des lustres d'améthystes au-dessus des femmes lianes. 

 

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                                                                                       Grand Village  

 

Leur nom fuyant, leur nom d'étoffe soyeuse, leur vient du grec et évoque leur douceur, leur suavité, leur parfum délicat et sucré .

 

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                                                                                       Grand Village

 

Elles annoncent l'été et pourtant, elles sont souvent liées  à la nostalgie, au temps qui passe.

 

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                                                                                        Grand Village

 

Elles viennent paraît-il de Chine et du Japon. Leur nom chinois : "Zi Tang" ne brille pas par son originalité : "rampante couleur lilas".

Il est vrai qu'elles fleurissent souvent à côté du lilas, fleurs montantes à côté de ses fleurs tombantes...

 

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                                                                                         Saint Trojan

 

 

Si Apollinaire pour évoquer le colchique parle de "cerne et de lilas", c'est à la glycine qu'il compare la femme entrevue, la femme attirante :

 

"Vous dont je ne sais pas le nom ô ma voisine

Mince comme une abeille ô fée apparaissant

Parfois à la fenêtre et quelquefois glissant

Serpentine onduleuse à damner ô voisine

Et pourtant soeur des fleurs ô grappe de glycine                (Mélusine)

 

 

Il en parle aussi dans les onze mille verges, de façon plus érotique:

 

"Les glycines ont remplacé mes poils."

 

 

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                                                                                         Saint Trojan

 

 

Le poète de Cyrano l'évoque en amoureux transi : 

 

     "A mon balcon cette glycine

     Tend ses bras fleuris dans le soir

     Avec le tendre désespoir

     D'une princesse de Racine."

 

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                                                                              Saint Trojan (la poste)

 

Verhaeren, le mélancolique, en dit quelques mots, toujours tristes :

 

  "La glycine est fanée et morte est l'aubépine"

 

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                                                                              Saint Trojan (la poste)

 

On la trouve encore chez Charles Cros :

 

"Sous la glycine et le cytise

Tous deux seuls, que faut-il qu'on dise?"

 

 

 

 

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                                                                                         Saint Trojan

 

Et pour finir en toute modestie, on la trouve dans ce poème que j'ai écrit dans l'île d'Oléron, un jour d'avril!

 

 

Larmes bleues larmes grises

Il pleut des larmes de glycine

Collier cassé des améthystes

Cendre laissée par les étoiles

 

Larmes bleues larmes grises

La mariée a jeté son voile

Avec ses regrets dans la brise

Avec les cernes de ses yeux

 

Larmes bleues larmes grises

Mille baisers donnés t'épuisent

Mille plaisirs reçus te grisent

Pouvons-nous encore être heureux

 

Larmes bleues larmes grises

Les ombres du passé fleurissent

La soie fanée les boucles grises

Il est temps de penser à Dieu

 

 

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... Lien :Roses tremieres

 

 

 

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Par chriswac - Publié dans : OLERON - Communauté : vos poèmes
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /Jan /2010 08:06

  

Loti1

      Elle existe bien la maison où pierre Loti, enfant, a passé des vacances inoubliables qu'il a racontées avec émotion dans Le roman d'un enfant.
     Je l'avais cherchée en vain l'été dernier et puis, fin novembre, j'ai reçu grâce à Christine qui habite Saint-Pierre, là où, derrière un grand mur, l'écrivain passe son éternité, avec ses chats, des photos de la fameuse maison.



    J'y suis allé en cette fin novembre et je me suis demandé comment j'avais fait pour passer à côté d'elle, alors qu'un chat blanc prenait le soleil sur le trottoir...
   Un chat blanc!  Mais bien sûr! j'aurais dû y penser!
   Pierre Loti, l'amoureux de ses chats pour lesquels il faisait imprimer des cartes de visite, avait délégué un de ces petits félins pour me montrer le chemin!



    Au cas où je n'aurais pas compris, un bon chien, à la fenêtre d'en face, m'indiquait de la tête la direction à prendre.

 

    A l'angle de la rue du Général de Gaulle (comment s'appelait-elle du temps de Loti?) et de la rue de Saint-Denis, je l'ai vue cette maison qui appartenait alors au maire de Saint-Georges dont dépendait le village de la Brée.
    J'ai ouvert le livre de Pierre loti  et j'y ai lu les mots qu'il emprunte à sa soeur, Marie, pour la présenter....



C'était au milieu du village, sur la place, chez M. le maire.
Car la maison de M. le maire avait deux ailes, bien étendues sans mesurer l'espace.
Elle éclatait au soleil, éblouissante de chaux; ses contrevents massifs, tenus par de gros crochets de fer, étaient peints en vert foncé suivant l'usage de l'île.


     J'ai lu ces pages en m'approchant de la maison. C'était à la fois très doux et très triste de confronter les époques, l'été merveilleux de l'enfance et la réalité d'aujourd'hui. 

 

Un parterre était planté en guirlande tout alentour, poussant vigoureusement dans le sable. 

 

Des belles-de-jour , qui dépassaient de leurs jolies têtes jaunes, roses ou rouges, des fouillis de résédas, et qui s'épanouissaient à midi, avec une douce odeur d'oranger.



 

En face, un petit chemin creux ensablé descendait rapidement à la plage.



Pierre Loti parle longuement de la grand'côte:

  Cette partie de l'île qui regarde le large, les infinis de l'océan; partie sans cesse battue par les vents d'ouest. Ses plages s'étendent sans aucune courbure, droites, infinies, et les brisants de la mer, arrêtés par rien, aussi majestueux qu'à la côte saharienne, y déroulent, sur des lieues de longueur, avec de grands bruits, leurs tristes volutes blanches.

C'est à La Brée que le jeune garçon connaît son premier amour pour une petite fille du village, Véronique, que sa soeur décrit longuement :

     A peu près de son âge, un peu plus jeune peut-être, six ou sept ans. Un petit visage doux et rêveur, au teint mat, avec deux admirables yeux gris; tout cela abrité sous une kichenote blanche (kichenote, un très vieux mot du pays, désignant une très vieille coiffure : espèce de béguin cartonné, qui s'avance comme les cornettes des bonnes soeurs, pour abriter du soleil). Véronique se glissait tout près de Pierre, finissait par s'emparer de sa main et ne la quittait plus. Ils marchaient comme des bébés qui se plaisent, se tenant ferme à pleins doigts...Puis un baiser, par-ci par-là. Voudris ben vous biser (je voudrais bien vous embrasser), disait-elle en lui tendant ses petits bras avec une tendresse touchante.



      Mais les vacances prennent fin. Pierre ramasse tous ses trésors, ses coquillages et ses cailloux. Il prend place avec Marie dans la voiture qui les emmène. Il voit s'éloigner le village, et, debout sur le chemin de la plage, Véronique qui sanglote...

Marie écrit  :  
                          Alors je me sentis prise d'une rêverie inquiète en regardant Pierre. Je me demandai : "Que sera-ce de cet enfant?"
"Que sera-ce aussi de sa petite amie, dont la silhouette apparaît, persistante, au bout du chemin? Qu'y a-t-il de désespérance dans ce tout petit coeur; qu'y a-t-il d'angoisse, en présence de cet abandon?"

 




Lien : Oléron. La Brée. L'église.

Promenade dans Saint-Georges. Oléron.

Oléron. Eglise de Saint-Georges.  

Oléron.Eglise de Saint-Denis.

 

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Par chriswac - Publié dans : OLERON - Communauté : Voyages
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 15:50



      Les touristes pressés qui passent dans la région sans y séjourner ne connaissent souvent de l'île d'Oléron que son viaduc et le phare de Chassiron. 
     Ils empruntent pour gagner la pointe nord de l'île, une route encombrée avec embouteillages garantis avant les feux et les tartes qui se sont multipliées, plus nombreuses que les pains de la parabole!
    Cette route est bordée de centres commerciaux qui rivalisent de gigantisme et de laideur : Dolus et ses hangars de la consommation,Saint-Pierre et ses kilomètres de publicités, son Leclerc monumental... Une catastrophe de laideur et de démesure dans un paysage délicat où toute agression paraît démesurée.



     Il faut du temps, de la disponibilité pour apprécier les petits villages et les petites routes dans les marais. Il faut y flâner et voir passer les nuages et changer les couleurs. Il faut regarder les marées métamorphoser les côtes...
   Une fois que vous aimerez cette île, vous pourrez prendre le temps d'aller comme tout le monde visiter Chassiron.
    Evitez Juillet et août où le parking du phare est saturé et où fleurissent les baraques à pizzas et les boutiques de souvenirs effroyables

   Préférez un jour d'automne ou d'hiver, un jour de vent et de goélands...



   Un peu d'histoire avant de gravir les 189 marches de granit et les deux échelles de meunier (35 marches) qui mènent à l'astragale.



   C'est Colbert qui décida la construction de ce phare et de celui des Baleines dans l'île de Ré. Il était important de baliser le passage dangereux des navires dans le pertuis. Le premier phare est mis en service en 1685. Il s'agit d'une tour avec feux de bois.L'importance du trafic maritime rend nécessaire l'édification d'un phare de plus grande portée. Ce sera le phare actuel qui commencera à envoyer ses signaux le 1er décembre 1836.


Vue du haut du phare, vers Saint-Denis... On aperçoit le Fort Boyard sur la droite.

     Le phare s'inspire d'un plan dû à un ingénieur français : Augustin Fresnel. A sa base une rotonde sert de logement aux gardiens. La tour mesure 46,2 mètres de hauteur. L'alternance des bandes noires et blanches permet d'identifier Chassiron de jour. Identification nécessaire, étant donnée la proximité d'autres phares comme celui des Baleines (couleur pierre) ou de la Coubre (rouge et blanc).

    La nuit, c'est un éclat blanc toutes les dix secondes qui le signale aux navires (quatre éclats blancs toutes les 15 secondes pour les Baleines, 2 éclats blancs toutes les dix secondes pour la Coubre.


Vue du haut du phare. Marée haute et tamaris.


Vue vers le nord. Marée haute.


La balise d'Antioche.

 


La croix d'anneaux de chaînage.

     Une croix très simple, tournée vers le large rend hommage aux Péris en mer. Antioche était surnommé "le mauvais rocher" tant les naufrages y étaient fréquents. Le dernier d'importance date de 1925. Le Port Caledonia vient se fracasser sur le rocher. Tout l'équipage périt. Les 23 corps rejetés à la côte, reposent aujourd'hui dans le petit cimetière de Saint-Denis. Mais combien de corps, jamais retrouvés, n'ont eu pour sépulture que l'océan?


Vue du phare. La maison des gardiens de l'ancien phare.

     Cette petite maison est une dépendance de la tour à feu construite sur ordre de Colbert en 1685.

    Une plaque gravée est apposée sur le mur : "Ici, depuis la nuit des temps, les hommes et l'île ont subi ensemble la dure loi de l'océan qui est toujours vainqueur."

   On aimerait ne pas voir dans ces paroles une prophétie.
   Le changement climatique ne risque-t-il pas de donner à l'océan la victoire définitive sur une île qui n'est qu'à quelques mètres au-dessus du niveau des eaux?



Vue de la côte ouest vers le sud.


Même vue à marée basse


Les falaises de calcaire.

       Avec un peu de chance vous ramasserez un fossile enroulé sur lui même depuis des millénaires et que les vents et les marées ont libéré de son long sommeil.


Côte est vers Saint-Denis


Même côte à marée basse.

 

Les goélands à l'abri dans une crique


La forme du vent.

   Par un sentier côtier, vous pourrez prolonger votre promenade vers les Huttes, avec une pensée pour les arbres dont la chevelure cherche le sud mais dont les pieds comme ceux du phare restent enracinés au nord!




Lien  Goélands et autres oiseaux.... Oléron


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Par chriswac - Publié dans : OLERON - Communauté : Voyages
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 08:35


    La côte de Charente offre de nombreux exemples d'architecture militaire.
   Il était vital au XVIIème siècle de protéger le port de Rochefort.
   Le Fort Louvois permettait, face à la citadelle du Château d'Oléron d'en interdire l'accès méridional.






     On aperçoit ici les remparts du Château...
     Le fort apparaît à marée haute comme une île de pierres, un fer à cheval jeté sur les courants marins.
     Louvois, ministre de Louis XIV en ordonna la construction sur un rocher appelé "le Chapus". 
     Ferry, déjà architecte du Château en dressa les plans, mais c'est Vauban qui à la mort de Louvois, reprit le projet qu'il réduisit presque de moitié. L'ovale prévu par Ferry devint ainsi ce demi-cercle dominé par un donjon.





     A marée basse l'accès se fait par une chaussée empierrée de 400 mètres .
     La base est recouverte de coquillages et d'algues qui la transforment en pierres vivantes.
    Le donjon, haut de 24 mètres vous accueille à l'entrée.



    Le blason sculpté en 1694 rappelle le pouvoir du roi.
    On y voit les fleurs de lys, la couronne et le sceptre.
    La religion catholique est symbolisée par le collier de l'ordre du Saint-Esprit avec ses coquilles Saint-Jacques (histoire de se rappeler au bon souvenir des protestants)...



    Le campanile au sommet de la tour et la batterie haute



  L'entrée du donjon, le pont levis au-desssus des douves...



 Les latrines, côté extérieur... 
 Les déjections tombaient directement dans la mer...




Côté intérieur...
La porte a disparu mais l'endroit est assez spacieux, bien éclairé, bien aéré et bien plus agréable que beaucoup de "toilettes" publiques!






La batterie haute...
Au loin apparaît le pont qui a enchaîné Oléron au continent.
L'île est désormais en laisse et a perdu toute chance de s'échapper au grand large!




La caserne qui abritait jusquà 35 hommes...
 On y peut voir les appartements, la cantine, la halle aux vivres avec sa citerne d'eau douce.






Le magasin à poudre avec son toit en dalles de pierres...
Il a résisté aux bombardements allemands qui ont endommagé le fort. Il est impressionnant et ressemble comme celui du château à une chapelle romane.
 


La batterie basse, de forme semi-circulaire pouvait recevoir 16 canons.






Une élégante échauguette,  poste de guet avancé, suspendu au-dessus des flots.



    L'intérieur du donjon et de la caserne ne présente pas un très grand intérêt. Pour justifier le prix d'entrée, un musée de l'huître y a été installé, de quoi vous dégoûter de cet animalcule), ainsi qu'un historique du fort, avec gravures fastidieuses.
La maquette de la région est plus réussie;  elle vous montre clairement le dispositif de défense.



Appartement du commandant...



La voûte du magasin à poudre...



Le corps de garde...
Au rez de chaussée, l'intendance et au-dessus la chambre des gardes...



  L'intérêt de la visite tient à la magie du lieu, à la couleur des pierres, à l'odeur de la mer, au cri des mouettes.
Le temps s'immobilise; on entend tonner les canons. On imagine les voiliers...

 Un fantôme d'anneau qui a cogné pendant des siècles contre le rempart vous regarde repartir...


Lien :Le Château. Oléron. La citadelle.


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Par chriswac - Publié dans : OLERON - Communauté : Voyages
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /Oct /2009 09:20



     Sur le port du Château, cohabitent en bonne intelligence des cabanes ostréicoles et des  cabanes reconverties en ateliers de création. Aujourd'hui, j'ai voulu privilégier les premières .



    Les couleurs sont souvent étonnantes. Elles sont la plupart du temps dues au hasard des fonds de pots de peinture utilisés pour les bateaux.



     J'ai parfois pensé devant l'audace des rapprochements de couleurs aux saris des femmes du Rajasthan...
     Vous voyez qu'Oléron peut nous emmener  vers des rivages inattendus!











































...Et je quitte le port avec cette cabane et cette barque fantômes, couleur de la cendre et du passé. Quelques traces tenaces sur la porte violentée... comme une nostalgie, un adieu.
Les cabanes meurent aussi...







Lien : Cabanes ostréicoles. Saint-Trojan. Oléron. Photos. (I)

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Par chriswac - Publié dans : OLERON - Communauté : Voyages
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