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Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /Nov /2009 09:05


    Henri Cernushi, grand amoureux de l'art asiatique, a fait construire son hôtel de l'avenue Vélasquez pour recevoir sa collection de plusieurs milliers d'oeuvres rares et souvent remarquables.
    L'imposant Bouddha de bronze (18ème siècle) de 4 mètres de haut, a nécessité un aménagement particulier, dans une salle immense aux larges verrières.



    C'est au Japon qu'il en a fait l'acquisition. La statue était à l'extérieur d'un temple de Meguro (faubourg de Tokyo), le Banryûji.



   Le temple fut détruit par un incendie auquel échappa la statue de bronze. H. Cernuschi l'acheta et la fit découper afin de pouvoir l'envoyer en France où elle fut réassemblée dans les ateliers Barbedienne, avant d'être exposée dans le Palais de l'Industrie, puis installée dans l'hôtel particulier de Monceau.




    Le temple incendié était consacré à l'enseignement. Au début de l'ère Meiji, il fut concurrencé par l'école publique instaurée alors. 




     Les mains de Bouddha symbolisent l'argumentation et la discussion. Le bras droit est levé, la main est ouverte, le pouce et l'index se joignent et forment un cercle, une roue, symbole de l'enseignement.
    Le bras gauche est au niveau de la hanche, la main effectue le même geste, paume tournée vers le haut.




     C'est le Vitarka Mûdra (que l'on rencontre très souvent dans la statuaire de Dvaravati).

    Le nimbe qui entoure la tête est plus récent. L'original ayant  été endommagé par l'incendie.



    La présence de ce bouddha de bronze donne au musée une atmosphère de paix et de sérénité. L'imposante statue ne pèse pas. Elle semble s"élever et nous entraîner avec elle. 





...Et de l'autre côté des vitres, le jardin lui-même, malgré la brume automnale, fleurit et invite à la méditation.




Lien :  Art chinois. Chevaux. Cernuschi.
Par chriswac - Publié dans : ASIE - Communauté : Voyages
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 08:45

 

Cernuschi-28-001.jpg

                          Terre cuite. Sichuan. Epoque des Han de l'Est (25-220)

     Les amoureux de l'Asie qui ont la chance d'habiter Paris, connaissent bien le musée Cernuschi et ses trésors.

     L'art chinois a toujours excellé dans la représentation des chevaux et c'est tout naturellement que je suis allé à leur rencontre...

    Dès l'entrée un cheval dansant m'accueille. Il est d'acquisition récente et attend sa place dans les vastes salles lumineuses. 
 

 


                            Cheval et cavalier. Terre cuite. Han de l'Ouest (206 av JC - 9 ap JC).



 Ce cheval, souple et nerveux, se moque de la vitrine où il est enfermé... Il prend son temps après une chevauchée de plus de deux mille ans!




                          Cheval dansant. (Wuma) Terre cuite. Dynastie des Tang (618-907).

    Les chevaux tiennent une place essentielle dans la civilisation chinoise.
    Ils sont les artisans des victoires de la dynastie Tang qui après moins d'un siécle, en rassemble plus de 700 000  dans les haras du Shaanxi et du Gansu.
   Les aristocrates les aiment au point de devenir, pour ne pas les quitter, de fervents adeptes du polo.
   Les artistes ne se lassent pas de les peindre ou de les modeler. 

   Ce cheval dansant n'évoque pas les carnages mais la grâce et l'invitation au voyage...




                                                 Cheval (Bois). Gansu. Wuwei. Tang.

     Celui-là semble retourner à l'arbre dont il est venu. Avant la métamorphose, il nous envoie un regard doux et triste. 


                          Huit cavalières musiciennes. Terre cuite. Début du 8ème. Tang.

    Ces huit musiciennes souriantes nous charment, comme elles charment leurs chevaux paisibles.



   Les empereurs Tang étaient accompagnés dans leur tombeau par ces figurines de terre, qui jouaient pour eux de leurs instruments  silencieux.



 

   Nul doute que leur mélodie qui se moque du temps et de l'espace, continue d'apprivoiser la mort.


                           Cavalier timbalier. Terre cuite. Dynastie des Sui (581-618). 

   Une musique moins agréable, une percussion sourde provoquent la réprobation du cheval qui voudrait être un peu plus loin, dans la vitrine des musiciennes...

 
                                Cavalier. Terre cuite. Dynastie des Wei du Nord (386-534).




                                           Cheval terre cuite. Wei du nord (386-534)

    Ce cheval sans cavalier, je le trouve particulièrement beau. Aucun souci de réalisme mais une encolure trop large, une tête trop petite... pour donner cette image de vie et d'élan, cette noblesse et ce mouvement...
 
  La vraie création... Celle qui passe par les fresques des cavernes et va jusqu'à Picasso...



                          Guerrier sur cheval caparaçonné. Terre cuite. Wei du Nord (386-534).


                           Dalle. Elément de chambre funéraire. Chine du Sud (6ème siècle).

    Les siècles ont usé la pierre. Le cheval est pourtant fidèle et continue sa marche vers ce point ultime où tout se désagrège.

Cernuschi-28-067.jpg





                               Cheval. Bois. Gansu. Wuwei. Han de l'Ouest (209 av JC- 9 ap JC)

    Encore une oeuvre à vous couper le souffle. Un hennissement qui vient jusqu'à nous après des millénaires. 


                                        Cheval. terre cuite. Han de l'Ouest.


    Tous ces chevaux étonnants vous attendent près du Parc Monceau...
    Ils vous feront voyager un instant dans le passé et la beauté.


                                                   Le musée Cernuschi

Liens :

bronze Edo. Art japonais. cerf. biche. grues.

Art chinois. Chameaux. Figuriness funéraires.

 Chevaux. art chinois. Guimet.  

 




...



 

Par chriswac - Publié dans : ASIE - Communauté : Voyages
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /Juin /2009 06:59

De retour à Paris, j'ai le Laos dans la tête, dans le coeur, dans les yeux. Il faut laisser les images, les regards, les sourires voler comme des papillons qui se poseront quand ils le voudront dans la mémoire. La gentillesse et la douceur des gens est ce qui immédiatement nous libère de nos défenses et de notre cuirasse d'occidental. En les rencontrant, j'ai pensé aux Béatitudes des Evangiles : "Heureux ceux qui ont une âme de pauvre...Heureux les doux..." Moi qui manque tant de douceur et de patience, je devrais faire retraite parmi eux!

Le matin, à l'aube, les moines quittent leur temple pour quêter leur nourriture. Dans le moindre village ou comme ici à Luang prabang, ils passent dans les rues où les fidèles agenouillés leur offrent du riz, des gâteaux et parfois des billets. Cette générosité leur permettra d'acquérir des mérites qui leur éviteront une mauvaise réincarnation et hâtera leur accession au Nirvâna.
Ce qui est frappant quand on rencontre ces moines et ces novices, c'est leur beauté. Tant de religieux par le monde ont triste figure et sinistre tenue! Ces hommes là sont beaux. Ils donneraient envie de les suivre. Sans doute la doctrine de Bouddha les aide-t-elle à être présent au monde sans y être inutilement attachés. Ils sont à la fois graves et gais. Aucune ostentation en eux, aucun enjeu dans leur relation.

Ils ne demandent qu'à vous parler, à vous sourire, comme celui-là qui nous interrogea sur notre pays qu'il connaissait bien mieux que les Français ne connaissent le Laos dont ils ignorent souvent quelle est la capitale! Bien sûr il ne faut pas idéaliser ce Bouddhisme (le plus authentique, celui du petit Véhicule) qui peut dans sa pratique nous irriter. Ainsi, une femme de notre groupe qui posa la main sur le bras d'un jeune moine, le fit-elle bondir comme si le diable l'avait agressé, rougir de confusion et disparaître au plus vite. Dans cette religion comme dans les autres il vaut mieux ne pas naître femme!

Mais aujourd'hui je ne veux garder que les couleurs et la douceur de ces rencontres.
Un moine, dans un petit temple sur les rives du Mékong, arrache les mauvaises herbes, doucement, sans se presser, comme si cet exercice allait de pair avec le lent arrachage en nous des pensées néfastes
.

Avant de replonger dans l'agitation parisienne, ce visage me rappelle le sens profond de la vie. Il nous dit que chaque minute est grave et précieuse.


Lien : Laos. Visages. Pirogues. Moines.
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /Mai /2009 16:17


A l'entrée du musée Guimet, impossible de le manquer, il est là, immense, colossal, c'est le Naga de la Chaussée des Géants d'Angkor. Un fragment plutôt : la tête du Naga et deux divinités qui portent son corps. Il a été volé par nos archéologues en 1874 sur le site d'un des temples d'Angkor, le Preah Khan (l'Epée Sacrée). 

 

Le fragment rapporté avec d'autres statues remarquables provoqua l'engouement du public lors de l'exposition universelle de 1878. Les visiteurs découvraient alors un art monumental qui avait su donner aux pierres une douceur de chair et aux visages un sourire qui ne se retrouve en Occident que dans le meilleur de l'art roman..

 

Le Naga est un génie-serpent, venu tout droit de la mythologie indienne et omniprésent dans les temples cambodgiens. Il symbolise les eaux et les richesses souterraines.



Alors que Bouddha était en méditation, un violent orage éclata. Les eaux tumultueuses menaçaient de l'emporter. Le cobra Naga sortit alors du fond des abysses, se lova autour du sage pour le réchauffer et  déploya sa tête au-dessus de lui.
Bouddha est rarement représenté recouvert par le serpent.  Le plus souvent il est assis sur ses anneaux, la tête protégée comme par un parapluie vivant.

 

Symboliquement, sur les ponts qui traversent les douves et mènent vers les sanctuaires d'Angkor, les rampes sculptées représentent le Naga, trait d'union entre le monde des hommes et le monde des dieux. Il est à la fois divinité des eaux et arc en ciel qui après la pluie relie ciel et terre. 

 

Il est fermement tenu par des divinités (les devas) et des démons (les asuras). Ici vient s'ajouter une autre légende sacrée : le barattage de la mer de lait. Dieux et démons en quête de la liqueur d'éternité que recèle l'océan, remuent les eaux avec une montagne, le Mandara. ils sont un instant unis dans la recherche du trésor des trésors.

 

Mais peu importe que l'on connaisse ou non la mythologie indienne. La force et la douceur qui émanent de ces pierres nous touchent. Elles nous donnent envie d'écarter les murs pour permettre au Serpent-montagne de prendre le large. Il saura guetter l'arc en ciel et retrouver le temple qu'il n'aurait jamais dû quitter, entre les arbres-lianes et les visages des dieux.

 

Lien : Un paravent japonais. Ecole de Kano.Guimet  
Par chriswac - Publié dans : ASIE - Communauté : Voyages
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Samedi 21 mars 2009 6 21 /03 /Mars /2009 17:43

  
                                                                                                                             Le Pura Kehen où habitent les âmes divinisées des rois défunts. La troisième cour abrite un méru de onze toits dédié au Dieu du feu. et dans la partie la plus sacrée (angle nord est) un autel à trois trônes consacré à la trilogie hindouiste : Brahma le Créateur, Vichnou le Mainteneur, Shiva le Destructeur. Ces trois Dieux seraient comme les trois faces d'un même Dieu dont la puissance serait symbolisée par ces trois aspects essentiels : donner la vie, la préserver, la reprendre. Avant d'accéder à cette partie la plus sacrée vous découvrirez un banian dont les branches et les racines touffues abritent le kulkul qui renferme le tambour d'appel à la prière.



 Ce temple peu visité est une version réduite du célèbre
Pura Besakih dont la visite s'avère souvent une épreuve redoutable tant y sont nombreux ceux que les balinais appellent les moustiques, vendeurs de toutes sortes et guides insistants jusqu'à l'énervement et la  grossiéreté pourtant si peu balinaise. Le harcèlement est tel : marchands, guides, scooters...qu'il vaut mieux s'abstenir de visiter ce temple et profiter de ceux qui comme le Pura Kehen restent paisibles et invitent à la méditation.  De plus vous pourrez accéder aux différentes enceintes, ce qui est impossible dans de nombreux autres temples.



A propos des offrandes  déposées continuellement devant les autels, il y a toute une symbolique qui peut échapper au visiteur. Elles sont souvent couronnées de bétel qui représente la Trinité Hindouiste et comportent des éléments de couleurs différentes: rouge pour Brahma, noir ou vert pour Vichnou, blanc pour Shiva. Elles sont la plupart du temps composées d'aliments déposés sur une feuille.

 

  Ci-dessus, la base sculptée d'un autel dans cette pierre grise, volcanique si caractéristique de l'île. Un petit chien blanc nous a accompagnés dans notre balade entre les autels. Nous n'avions rien à lui donner sinon quelques caresses. Les chiens à Bali sont omniprésents. On les voit partout, trottinant sur les routes, couchés sur les bas côtés, filant dans les campagnes. Ils sont ignorés des habitants; on ne rencontre aucune agressivité à leur égard mais ils traînent pour la plupart une vie misérable, constamment en quête de nourriture. Beaucoup sont des squelettes de chiens. Sur la plage de Jimbaran ils se rassemblent le soir, espérant profiter des déchets des restaurants. Il suffit de prendre le ferry et de mettre le pied sur Java pour ne plus en voir un seul. Il y est animal impur tandis qu'à Bali, il est laissé à lui même. 



Quelques fois, un chien se fait adopter et coule une existence heureuse, comme celui dont on aperçoit la queue chez un prêtre hindouiste. A gauche, un chat nous regarde depuis son observatoire dans le temple de
Rambut Siwi.





Depuis la terrasse du 
Pura Rambut Siwi, on découvre la côte et la magnifique plage de sable noir où l'industrie touristique n'a pas encore mis les pattes.
    Le temple est établi au milieu des frangipaniers. Il a été créé au XVIème siècle par le prêtre
Nirartha que nous avons déja rencontré au Pura Ulu Watu. Quand Nirartha est venu ici pour la première fois, une épidémie ravageait la région et notamment le proche village de Gading Wani. Il la fit disparaître et les villageois lui demandèrent de s'établir chez eux où il serait vénéré.Mais Nirartha qui se sentait appelé ailleurs refusa et laissa une mèche de sa chevelure aux villageois en gage de protection. Ils la conservèrent précieusement  dans un coffret, l'enterrèrent sous le temple. Elle est aujourd'hui veillée par ce chat noir et blanc. Le nom du temple rappelle cette origine, il signifie adoration des cheveux.



 Le temple est construit en briques rouges et en pierre volcanique. Il est richement sculpté de scènes tirées du Mahabharata. Les statues y sont comme partout dans l'île habillées de sarongs noir et blanc (le bien et le mal) et portent à l'oreille des fleurs d'hibiscus ou de frangipanier.     



La rampe est un dragon qui domine la mer et la falaise creusée de nombreuses grottes transformées en sanctuaires. Dans l'une d'elles un tigre aurait élu domicile et coulerait des jours heureux ! Le dragon ou Barong est omniprésent à Bali. Il symbolise la santé et il est opposé à la sorcière Rangda dont la statue vous accueille à l'entrée du temple.  Tous deux sont régulièrement représentés dans les danses rituelles. Ils luttent mais aucun ne domine vraiment. Bien et mal s'affrontent mais aucun ne triomphe.  




Pour terminer la visite, un petit baiser au dragon souriant et à ceux qui lisent cette page.  

Lien : Le kawah Ijen depuis Banyuwangui                

Par chriswac - Publié dans : ASIE - Communauté : Voyages
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