Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 08:05

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13ème division, une des tombes les plus modestes du cimetière Montmartre, étroite, glissée entre des chapelles de pierres, à quelques pas du mur d'enceinte et des bruits de la ville...

C'est la tombe d'un des plus grands poètes du XIXème siècle, Alfred de Vigny (1757-1837).

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Un poète dont j'aimais lire et relire les vers, pessimistes et beaux, à l'âge de la révolte et des peurs qu'est l'adolescence...

Je n'ai jamais oublié...  

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La Mort du Loup !   Un des plus beaux poèmes sur la cruauté de l'homme, la fragilité de la vie animale et la leçon qu'elle nous donne. Imaginez que les chasseurs aient le coeur touché par le regard et la dignité de l'animal qu'ils viennent de blesser à mort! Imaginez que le torero s'agenouille et demande pardon à la bête innocente qu'il a torturée... Imaginez que les tueurs du dimanche, comme le Saint Patron qu'ils se sont choisis, voient apparaître le visage du Christ sur celui de leur victime!

"Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,                                      Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes!                                           Comment on doit quitter la vie et tous ses maux                                                C'est vous qui le savez, sublimes animaux!                                                              A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse                                                     Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse."

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Sur la stèle, une plaque de marbre a été restaurée. Le premier nom qui y figure est celui de la mère de Vigny...

Une mère autoritaire qui reporta sur son fils l'amour qu'elle n'éprouvait pas pour son vieux mari, épousé par raison...

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      Etrange plaque tombale de Jeanne Marie Amélie de Baraudin, veuve de...fille de... et mère d'Alfred de Vigny...

Cette maternité étant sa plus grande fierté.

Mère et fils...Vieille histoire... Le fils aimé, admiré, a-t-il recherché une femme qui fût à la hauteur de celle qui lui donna le jour?

"L'Homme a toujours besoin de caresse et d'amour,                                                                                                  Sa mère l'en abreuve alors qu'il vient au jour" (...)

Après la première hémorragie cérébrale de sa mère, Vigny est troublé de voir la dégradation de cet être adoré. Son pessimisme naturel est encore renforcé par cette violente indifférence du temps qui  dégrade les corps. 

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      La femme qu'il a épousée, Lydia Bunbury, morte un an avant lui et qui repose dans le même caveau, fut sans doute celle qui lui correspondait le moins.   Il ne trouvait jamais chez elle la confidente et l'amante rêvées. La brève passion qu'il eut pour elle l'aveugla. Il l'épousa en 1825 et ne tarda pas à découvrir que son prétendu goût pour la littérature n'était qu'une posture.

Lydia répugnait à parler français (elle était anglaise, fille d'un riche colon caricaturalement british ). Elle n'aimait pas lire, n'avait aucune attirance pour la poésie et aucune sympathie pour les amis de son mari.

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                               Une des rares photos (médiocre) de Lydia Bunbury

Lydia qui ne se sent pas aimée, se laisse aller, grossit, devient obèse. Vigny s'occupe d'elle dans les dernières années, avec un soin et une attention rares. Il faut la lever, la nourrir... alors qu'il souffre lui même d'un cancer de l'estomac. Mais les témoins de leur vie restaient frappés par le silence de leur relation. 

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      Nul doute que Lydia avait eu vent des aventures de son mari. Car malgré sa vision négative de la femme, Vigny eut de nombreuses amantes.

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Marie Dorval qui joua Kitty dans sa pièce "Chatterton", fut l'une d'elles. Cette même Marie Dorval qui vécut avec George Sand une passion qui inspira à la romancière son roman  "Lelia".

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Parmi les plus connues il y eut également Louise Colet. Femme de goût puisqu'elle fut maîtresse de Flaubert, de Musset, de Villemain...

...Et d'autres encore, moins connues, comme Tryphima Holmés qui lui donna une fille, ou Augusta Bouvard dont il eut un fils, Auguste qui naquit après sa mort...

Ces femmes lui ont-elles permis d'oublier le jugement sans appel qui était le sien dans la Colère de Samson :

"Une lutte éternelle en tout temps, en tout lieu                                                             Se livre sur la Terre, en présence de Dieu,                                                                 Entre la bonté d'Homme et la ruse de Femme.                                                        Car la Femme est un être impur de corps et d'âme".                                                                                                  

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Vigny meurt dans son manoir du Maine-Giraud où il s'était réfugié après la mort de sa mère. Il y vivait de puis des années loin du monde littéraire et des salons. Il ressemblait au paria, au solitaire sans illusions sur l'humaine condition qu'il avait représenté sous les traits du poète ou du prophète. 

Le prophète à qui il dédie un de ses plus beaux textes qui est une prière adressée à Dieu par Moïse :


"Je vivrai donc toujours puissant et solitaire?                                                                       Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre!"

 

Liens : cimetière montmartre:
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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 09:00

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 Personne n'a chanté pour eux le kaddish. Personne ne les a couchés dans la terre. Ils sont morts, après un voyage d'épouvante et de souffrance, assassinés dans les camps...

Leur corps de cendres a rejoint les nuages, loin, si loin de chez eux, loin de leur ville, loin de Montmartre où certains étaient nés...

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      Ceux qui ne les ont pas oubliés ont gravé leur nom sur la pierre.

J'ai marché dans les allées étroites et je les ai rencontrés. j'ai rencontré quelques uns de ces noms d'enfants, de femmes, d'hommes, arrêtés, convoyés, assassinés.

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      Yankel, Mala, et Haïa Krys, Chaïa, Mivka et Etel Szewer...

 "Déportés et tués par les nazis, uniquement parce que vous étiez Juifs".

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Berick Goltzmann.

Sa femme lui a survécu 40 ans.

Comment peut-on survivre ?

Quel courage, quelle volonté, quel amour aussi. Qui aurait pu garder mieux qu'elle, sa mémoire, ce dernier rempart de sable...   

Je me rappelle le témoignage de Sam Braun, un homme remarquable qui va de collège en lycée, à Paris comme en banlieue et en province, donner aux jeunes en même temps qu'un témoignage terrible, une extraordinaire leçon de vie. Après avoir voulu mourir de n'être pas mort avec ses parents et sa soeur à Auschwitz, il a décidé de devenir médecin. Il a compris que s'il se laissait aller à la désespérance, l'oeuvre de mort des nazis parvenait à ses fins... 

 

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Mr et Mme Georges Baër. Leur nom  est écrit sur un livre corné à la page Auschwitz.

 Un livre dont les pages suivantes sont restées blanches.  Blanches de tous les possibles...

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Quelques mois après avoir écrit cet article, j'ai reçu un courrier et une photo qui m'ont beaucoup touché et qui redonnent vie à ce couple assassiné :

"Je suis "tombée" par hasard sur la photo que vous avez publiée sur votre blog de la plaque apposée à la mémoire de Mr et Mme Georges Baër au cimetière juif de Montmartre. Les Baër étaient mes parrains. Je n'ai conservé que très peu de souvenirs d'eux : j'avais trois ans lorsque je les ai vus pour la dernière fois. J'ai su par le Mémorial de Serge Klarsfeld que Mr Baër se prénommait Georges Nathanaël; Mme Baër portait les prénoms de Marguerite Babette. Pour moi ils étaient "Prapra" et "Mamie". Prapra était avocat.

Ils ont été déportés par l'avant-dernier convoi parti de France. Ils étaient déjà âgés : 66 et 64 ans respectivement. Mamie était diabétique et boitait à cause d'une luxation congénitale de la hanche. Ils ont été évidemment gazés immédiatement après leur arrivée à Birkenau, à moins que Mamie ne soit morte dans le wagon à bestiaux qui les emportait vers l'horreur suprême.

C'est une ou un concierge d'un immeuble voisin du leur qui les avait dénoncés, ayant remarqué que Mamie promenait son chien tous les matins. Comment cet individu savait-il que les Baër étaient juifs? Quelle somme dérisoire a-t-il reçu des Allemands ou du gouvernement français pour cet acte infâme?

Les Baër n'avaient pas d'enfants. Lui avait, je crois, des neveux ou des cousins qui ont fait apposer cette plaque.

Mon père, lui, a eu l'immense chance de revenir d'Auschwitz. Il avait été déporté par le tout premier convoi parti de France le 27 mars 1942. Il a survécu, j'en suis certaine, parce qu'il était médecin. Il ne parlait jamais de sa déportation."

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Mamie est à gauche sur la photo avec le petit chien qui bien malgré lui attira l'attention d'un voisin malveillant (et criminel)... Prapra lit son journal. Nous sommes en 1939. 

La femme qui m'a contacté est la petite fille, visage tourné vers le sourire de sa mère.

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      Sur le marbre qui reflète le ciel, une famille : Jacques et Jacqueline Birman, leurs filles Anne, Catherine et Marie, Julien Levi qui est peut-être le mari de l'une des filles.

"Disparus" en déportation.

Comme on dit "disparus"en mer quand la tempête ne rend pas les corps.

Non pas gazés, non pas brûlés..."disparus"

 

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Tant de noms sur cette tombe! Tant de destins !

Henry Klotz, "croix de guerre 1914-1918, arrêté par les nazis  et leurs complices en juillet 44, mort en août 44."

 "Leurs complices".

Pour ne pas dire : par la police française... comme si la trahison du pays aimé pour lequel on s'était battu, ne pouvait être dite...

Le nom qui suit est celui de son fils : François, "Mort au champ d'honneur, parachuté lors du débarquement" 

Et vient ensuite la longue liste de ceux, filles et fils, cousins et neveux qui ont été déportés : Lucienne, Denise, Georges, Maurice, Claudine, Fernand, Louis.... "Tous déportés le 31 juillet 1944, par le convoi 77, assassinés dans les chambres à gaz d'Auschwitz Birkenau".

 

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      Une autre famille : Maurice, Emmeline et leurs filles Edith et Marianne...

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Sur cette plaque, les noms de ceux qui ont été "anéantis" ne sont pas écrits...

"En souvenir"...  un mot banal comme on en écrit sur les cartes postales. Souvenir du néant.

 

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Maurice Schrameck... "Mort pour la France à Auschwitz". 

 

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Zelman Boruch Brajer. Lui, il est revenu...

Sur la pierre ne sont pas gravés ses titres, ses médailles mais ces seuls mots : "Ancien déporté d'Auschwitz Birkenau".

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De nombreuses tombes sont abandonnées et menacées de destruction.

Le temps a une croix gammée à la place du coeur.

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"Ainsi parle l'Eternel. On entend des cris à Rama. Des lamentations, des larmes amères : Rachel pleure ses enfants; elle refuse d'être consolée, car ils ne sont plus".  

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   Liens : Cimetière
 
                                       Cimetière Montmartre. Classement alphabétique. Calvaire et Saint-Vincent.
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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 08:25

 

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La rue des Trois Frères commence au carrefour avec la rue d'Orsel. La plupart de ses immeubles ont été construits au milieu du XIXème siècle (entre 1840 et 1860), ce qui lui donne son unité qui serait un peu monotone si la rue n'était capricieuse et courbe..

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Le premier immeuble de style romantique a gardé ses façades harmonieuses sur la rue d'Orsel et la rue des Trois Frères. Au rez de chaussée, l'ancienne boulangerie 1900 a été remplacée par un magasin de vêtements pour hommes, comme il y en a de plus en plus dans ce quartier boboïsé.

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                Peinture fixée sur verre: Les Lavandières.

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                                       Les Moissons.

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Par chance, la boutique a conservé le plafond de verre peint avec son ciel de printemps et ses peintures extérieures. Ce décor est signé de l'atelier Benoist et fils dont on peut voir d'autres réalisations dans notre quartier : la boulangerie du 128 rue Lamarck et celle du 159 rue Ordener, occupée aujourd'hui par une société de services.

Ces décors poétiques et fragiles font partie du charme suranné d'un Paris qui tend à disparaître. Ils devraient être classés et restaurés avant qu'il ne soit trop tard.

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                                                N°1 rue des Trois Frères.

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L'immeuble, construit en 1850, est représentatif du style troubadour composite avec ses balcons gothiques, son tympan où un amour joue avec des guirlandes, ses salamandres et ses têtes de lions!

 

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C'est le plus bel immeuble de la rue. J'imagine que pourrait apparaitre à la fenêtre une héroïne romantique, Marie Dorval ou Marguerite Gauthier (qui habitait en réalité un peu plus bas, rue des Martyrs).

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 Au N°2. "Act'2". Un magasin toujours très branché, tenu par des gens adorables dont le seul défaut est de fumer et de laisser parfois un léger parfum de nicotine sur les vêtements accrochés aux cintres! 

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Au N°6. Une jolie boutique : Dentelles et ribambelles. Pour les amateurs d'oursons et de miniatures pour maison de poupées.

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Le dernier immeuble avant le carrefour, abrite un café à la mode "Le progrès" apprécié des artistes du quartier, des peintres et des écrivains qui redonneront peut-être à Montmartre un peu de son lustre d'antan...

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Le carrefour permet la jonction des rues Tardieu (au milieu), Chappe (en haut à gauche), Yvonne le Tac (devant) et des Trois Frères (à droite et à gauche).

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Mais au fait, il serait temps de s'interroger sur ce nom : les Trois Frères...

Evoque t-il un célèbre conte de Grimm, ou les courageux frères Debray, les meuniers qui tinrent tête aux Prussiens (mais qui étaient quatre!), ou un autre légende montmartroise?

Que nenni! une fois de plus, dans ce quartier qui fut héroïque et fauché, ce sont des propriétaires, alléchés par le fromage de la Butte, qui entreprirent le lotissement de leurs terrains à partir de 1840. Ils s'appelaient Dufour et lorsqu'ils envisagèrent d'acheter les terrains des meuniers, un peu plus haut, il paraît qu'ils se firent tancer par ces mots : "Vous ne pouvez pas être au four et au moulin!"

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L'artère actuelle sur ses presque 400 mètres va jusqu'à la rue Ravignan mais avant 1868, la partie comprise entre la rue Drevet et Ravignan, s'appelait rue Léonie (du nom de la femme d'un....PROPRIETAIRE).

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Ici ou là un détail architectural apporte un grain de fantaisie à l'ensemble un peu plat des façades de tous ses immeubles de rapport construits en leur temps pour être loués... et dont les appartements aujourd'hui se vendent comme des petits pains... disons plutôt des petits lingots d'or!

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Et pourtant, ils bougent ces immeubles... Ils sont construits sur les carrières et qui sait s'ils n'ont pas la vélléité d'y retourner un jour!

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Voilà un restaurant qui se veut "rigolo" et croit renouer avec la tradition spirituelle et vacharde des cabarets montmartrois où le client était mis en boîte. Mais n'est pas spirituel qui veut... L'accueil risque de vous congeler plutôt que de vous faire fondre!

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Ne vous jetez pas dans la gueule du lion!

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      Au N°20, un immeuble qui rompt avec le style des autres. Il est plus tardif, construit à la fin du XIXème siècle. La pharmacie est presque en face d'un dispensaire célèbre, celui de Clémenceau...

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23 rue des Trois Frères... La plus belle adresse de la rue. Ici Montmartre est vraiment Montmartre, un village de coeur et d'âme.

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Ici, Georges Clémenceau créa un dispensaire. Il y travailla pendant plus de vingt ans!

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                                     Clémenceau par Nadar.

Clémenceau n'a eu à faire que quelques pas depuis sa mairie de la Place des Abbesses où il avait été nommé par Arago et le Gouvernement de Défense nationale. 

Il est avant la lettre, un des précurseurs de ce qui deviendra la mèdecine du travail. Il est en effet révolté par les conditions effroyables dans lesquelles les ouvriers et les ouvrières sont contraints d'effectuer leur tâche. Il s'attaque notamment à l'utilisation de produits toxiques comme la céruse responsable de saturnisme. Il sera un des artisans de la loi qui l'interdira dans les travaux de peinture. 

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Sa rencontre avec Louise Michel a lieu dans ce quartier alors populaire où les deux, admirateurs de Blanqui et adeptes du "Ni Dieu ni maître" s'engagent dans la défense des plus démunis. Lui avec son dispensaire, elle avec son école pour les "enfants pauvres".

Ils resteront proches jusqu'à la mort de Louise Michel qui ainsi n'aura pas à déplorer l'évolution de son vieil ami anarchiste devenu en 1906, ministre de l'intérieur et briseur de grèves! 

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                              Les Trois Frères et le croisement avec la rue Drevet.

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Croisement avec la rue Drevet, hier et aujourd'hui.

L'immeuble d'angle a été victime d'un incendie en septembre 2010. Il était squatté depuis des années...

Mais ici s'arrête notre première balade dans la rue des Trois Frères, à l'endroit précis où elle s'appelait jadis rue Léonie...

Nous pousserons jusqu'à la rue Ravignan très prochainement...

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LIENS

 

      .Rue des Trois Frères.  2ème partie


Rues de Montmartre. Classement alphabétique.


 

Montmartre. rue Girardon.

Montmartre. Rue de l'Abreuvoir.

Montmartre. Rue Tholozé.

Montmartre. Rue du chevalier de la Barre. (I). De Ramey à Lamarck.

Montmartre. Rue Cortot.

Montmartre. Rue de la Bonne.

Montmartre. Place des Abbesses.

Montmartre. Le Passage Cottin.

Montmartre. Rue Saint Rustique.

Montmartre. Rue Norvins.

Montmartre. Impasse Traînée. Rue Poulbot.

Montmartre. Square Saint pierre. Square Louise Michel.

Montmartre. Place du Tertre.

 

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Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 08:00

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Il fallait s'y attendre... Le Kama Sutra vu par Dubout ne pouvait avoir d'indien que certains accoutrements ou accessoires évocateurs d'un orient fantasmé. Il ne pouvait être que franchouillard et indifférent au mysticisme des temples de Khajuraho!

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Les femmes ne pouvaient être que plantureuses et excessives aux prises avec leurs petits bonshommes ridicules.

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Contrairement aux préceptes du livre sacré, Dubout a marié les femmes "éléphant" avec les hommes "lièvre", ce qui ne peut donner que des unions insatisfaisantes, malgré les turbans et les babouches qui remplacent le béret et les charentaises!

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Entrons donc dans le Kama Sutra vu par Dubout. Humour, rigolade et dérision sont du voyage!

 

1- Les figures imposées : balançoires, toupies, trapèzes, acrobaties...

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Poussez, poussez l'escarpolette... Tous les lecteurs du Livre Saint sont estomaqués par les inventions et les exercices proposés.

Dubout ne cherche pas à approfondir... Il se moque gentiment. Ses illustrations ne suivent pas le texte. Ce n'est vraiment pas sa préoccupation! Il s'en balance...

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On s'envoie en l'air, on virevolte, on improvise, on en remontre au Kama Sutra qui n'imaginait pas tant de pirouettes!

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On suggère aux adeptes des rollers de mieux les utiliser lors de leurs virées dans les rues de Paris... Ce qui ferait patienter sans maugréer les automobilistes immobilisés...

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Quel bonheur de découvrir la brouette, avant Pascal...

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De se balancer sur un chameau dont la queue donne le tempo...

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De chevaucher vers le bois de Boulogne...

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Et de donner une nouvelle interprétation de la toupie... (cachez ce sabre que je ne saurais voir)

II- Les éléphants

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Evidemment pour nous occidentaux, il n'y a pas d'Inde sans éléphants. Les voilà donc dans le Kama de Dubout, joyeux et lubriques. Ils savent que leur trompe a plus fière allure que la petite queue des humains. La dame en semble ravie.

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Et Monsieur rêve de se parer des plumes du paon!

 

III Fellation, cunilingus et 69

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Alors que dans le vrai Kama Sutra il est très peu question de cette pratique plutôt réservée aux eunuques, elle est abondamment illustrée par Dubout.

Le Rajah, chaussettes en accordéon et bretelles déboutonnées a les plumets de son turban en berne...

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Le plaisir ne semble pas partagé!

IV Par devant et par derrière...

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Mais revenons aux classiques... 

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Les mains branchées dans les prises femelles sont métaphores de la double pénétration... Remarquons la grande pudeur de dubout qui ne représente presque jamais le sexe mâle.

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Il ne serait pas un peu écrabouillé le sexe de ce monsieur loucheur?

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Ces dames opulentes semblent satisfaites... Leur petit bonhomme aurait-il des arguments cachés? 

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L'amour n'est pas toujours un lit de roses...

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V Baisers

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Un peu de tendresse bordel!

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C'est peut-être dans ces dessins que Dubout laisse apparaître sa vraie nature. S'il se moque du Kama Sutra c'est avec gentillesse. Ses personnages veulent nous faire sourire.

Et le sourire c'est le début de l'amour!

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Liens: Art érotique :

Art érotique. Inde. Miniatures. (1)

Erotisme. Peintures dessins de la Chine ancienne.

Cocteau. Dessins érotiques. Nus.

Montmartre.Musée de l'érotisme. Nicole Claveloux.

Montmartre.Musée de l'érotisme Pigalle. Eric Provoost.

Montmartre.Musée de l'érotisme. Exposition Antoine Bernhart.

Musée de l'érotisme. Montmartre. Tarzan.

Musée de l'érotisme. Pigalle.


 

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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 08:00

 

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                                   Nicole Claveloux. Contes de la Fève et du Gland.

 

Le petit oiseau Clito 

 

Il est heureux dans le feuillage

Le petit oiseau dans son nid

Occupé par son babillage

Dans la crèche où Dieu le bénit

 

Mais je suis un mauvais garçon

Je suis chasseur et polisson

Je sais dénicher dans les branches

Le doux refuge où il s'épanche

 

Je mets la main sur la cachette

Aux poils frisés de barbichette

Ma langue y fait quelques lichettes

Pour le dresser sur sa couchette

 

Petit oiseau mon oisillon

Je te prends tout cru dans ma bouche

Plus frissonnant qu'un moinillon

Qui bande et frémit sous la douche

 

Je te fais sauter sur ma langue

Comme un gardon dans la friture

Comme un petit bateau qui tangue

Dans le courant qui le triture

 

Tu es brûlant tu te démènes

Entre mes lèvres qui t'enchaînent

Tu rougis plus chaud que la braise

Et tu supplies que je t'apaise

 

Ma salive est insuffisante

Et je vais chercher une lance

Pour calmer ta chaleur intense

Sous les jets d'une eau bienfaisante

 

Il est heureux dans son feuillage

Le petit oiseau dans son nid

Ragaillardi par l'arrosage

Comme un soleil après la pluie


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                                        Nicole Claveloux. Contes de la fève et du Gland;

 

Tous les poèmes érotiques de Chris Wac :  Liste et liens des Poèmes érotiques du blog. classement.

 

 

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Liens. cunilingus.

poème érotique: La langue à la chatte.

Poème érotique : cunnilingus.

Poème érotique:  lécher la chatte.

Poème érotique. 69 sur la plage.



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