Mercredi 30 décembre 2009
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Selon les pays et les cultures, on trouve de très nombreuses représentations de Bouddha.
Cependant, on peut considérer qu'il existe six mudras (position des mains) essentielles :
BHUMISPARSA Geste de la prise de la terre à témoin.
La main droite, paume en dedans, touche la terre pour la prendre à témoin. La main gauche repose sur les jambes, paume tournée vers le ciel. c'est une des représentations les plus courantes. C'est
le geste de l'Illumination.
Paume tournée vers le Ciel
Main droite dirigée vers la terre (Bouddha de Vientiane)
ABHAYA ou Apaisement des querelles.
Bouddha est debout ou en marche. Une ou deux mains levées, la paume en avant. C'est le geste de l'absence de crainte, de l'apaisement.
DHYANA ou Attitude de méditation.
Les deux mains reposent l'une sur l'autre, les paumes tournées vers le ciel. La main droite est posée sur la main gauche. Les jambes sont pliées en tailleur (position du lotus).
C'est la mudra que les occidentaux connaissent le mieux. Celle de la plupart des bouddhas en plastique ou en laiton que l'on achète dans les bazars avec des bâtonnets d'encens...
VITARKA ou Geste de l'Argumentation.
Bouddha peut être assis ou debout. Le bras droit est levé, main à demi ouverte pour que le pouce et l'index se joignent et forment un cercle. Ce cercle symbolise la roue, l'enseignement. La main
gauche peut faire le même geste, comme ici pour le Bouddha Amitâbha du musée Guimet.

Varada. Geste du don ou de la Charité. La main droite est pendante, paume en dehors.
Bouddha laotien, dit Bouddha de la pluie. C'est une variation de la VARADAMUDRA.
Les mains au lieu de se présenter la paume en avant, sont dirigées le long du corps.

Dharmaçakra. La
Prédication.
Position proche de la Vitarka (l'argumentation).
Les mains rapprochées devant la poitrine font tourner la Roue de la Loi. La main droite, paume en dehors, pouce et index se touchant et l'autre main, paume en
dedans, pouce et index se touchant et venant contre ceux de la main droite.
Ces six mudras sont celles que vous rencontrerez le plus souvent mais parmi les autres, deux peuvent être encore mentionnées, car assez fréquentes
:

ANJALI. L'Adoration.
Les deux mains sont jointes, paume contre paume.
Cette mudra est représentée le plus souvent dans les attitudes debout.

VAJRA. La mystique du sixième élément.
Les cinq doigts de la main droite symbolisent les cinq éléments. Ils se referment autour de l'index de la main gauche qui est le sixième élément. Cette mudra représente l'union de la
matière et du spirituel.
Oserai-je dire que cette union me semble très sensuelle, pour ne pas dire plus... Il y a là du yoni et du lingam... union mystique du féminin et du masculin. Extase mystique qui n'est pas sans
rappeler le Cantique des Cantiques...
... Le Bouddha Amida (Amitâbha) Cernushi.
...
Par chriswac
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Publié dans : asie
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Mardi 29 décembre 2009
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08:14
Le cantou : espace où l'on rassemble des hommes et des femmes atteints de la maladie
d'Alzheimer...
Espace où ils se côtoient, se rassemblent et s'éparpillent entre des murs aux portes cadenassées.
Cette après-midi un chat est venu.
Non pas dans le cantou, interdit aux animaux, mais contre les grandes vitres toujours fermées qui donnent sur un jardin clos.
Une femme, pantalon de sport fuchsia, pull turquoise, cheveux de neige, s'est levée de son fauteuil, sourire aux lèvres.
Elle est allée vers le chat et a caressé la vitre froide.
"Tu es revenue
Ma Princesse
Tu es revenue"
Le chat a frotté le museau contre la main posée à plat sur le panneau de verre. Une petite buée s'est formée, un petit nuage.

lien : Poème pour la chatte Missou
...
Par chriswac
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Publié dans : les chats. Poèmes, photos, histoires.
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Dimanche 27 décembre 2009
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Un vieil album de cuir rouge dont la couverture gondole un peu...
Des centaines de photos étonnamment petites...
Des centaines de minuscules ouvertures sur la porte blindée du temps...
Ma mère, ma presque nonagénaire est une enfant...

Elle joue les poupées qu'on admire et adore.
Elle a toujours eu ce besoin d'être complimentée et aimée. Sans doute dans sa fratrie de trois, se sentait-elle le vilain canard.

Est-ce une réalité ou bien une sensibilité exacerbée et jalouse qui lui donna cette certitude d'être la moins aimée?
Sur les photos, la soeur aînée, grande et svelte, la soeur admirée, me paraît moins jolie que ma mère aux yeux vifs sous sa crinière.
Le petit frère, garçon longtemps espéré, est le petit dieu, porteur de toutes les espérances de postérité pour son géniteur, marseillais d'origine, et un tantinet
macho.

C'était une époque où à chaque mardi-gras, les enfants se déguisaient et participaient à de joyeuses fêtes.
Il y avait dans la cave un immense coffre de bois où étaient pliés les costumes de carnaval, costumes de paysannes, de fées ou de marquises...




Elle a gardé longtemps ce goût des costumes et des fêtes.
Je me souviens, enfant, avoir été ébloui par sa longue robe de tulle pailleté. J'étais sûr, alors, qu'elle pouvait réaliser tous mes voeux et qu'elle n'avait nul besoin de
baguette... Un seul baiser, trop rare, suffisait...
Un vent estival semble souffler sur ces trois vacanciers qui penchent sur leur droite :
Edmonde aux cheveux blonds et aux yeux clairs
Edmonde qui sera dans quelques années élue reine de beauté...
Pierre le garçon tant aimé
le brillant garçon
fierté de la famille et....
Janine aux cheveux presque crépus
Janine qu'on ne complimente pas
Janine dont les brillants résultats scolaires sont considérés comme ordinaires...

Janine qui collectionne les poupées et qui les dorlote.
Janine qui ne peut s'empêcher de parler aux animaux de rencontre et qui plus tard aura sept poupées (euh! pardon! sept enfants) et des chiens et des chats...

Janine qui restera toujours une quêteuse d'amour
qui restera toujours une enfant....
Une enfant de 88 ans fragile et capricieuse, insupportable et exigeante...
et quelques fois
quelques rares fois
tendre et émouvante...
Ma mère
Mon enfant
lien : Poème. Ma mère (2)
...
Par chriswac
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Vendredi 25 décembre 2009
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17:35

Nuit du 24 décembre. La nuit sombre.
Ce soir je pense à toi petite soeur
La ville est secouée d'étincelles
Les étoiles de verre clignent sur les trottoirs
Ce soir je pense à toi petite soeur
Aux milliers de baisers qu'il fallait te donner
Pour éloigner la peur au moment de dormir
C'est la nuit de Noël ma vivante asphyxiée
La nuit noire où tu as cessé de vivre
Malgré l'ange aux yeux clairs qui voulait te sauver
C'est la nuit de Noël mon oiseau mazouté
La nuit où le goudron t'a englué les yeux
La nuit où le courant t'a entraînée au fond
C'est la nuit de Noël ma douce et ma rebelle
La nuit où ton enfant t'a serrée dans ses bras
Pour t'arracher aux algues noires
C'est la nuit de Noël ma lointaine ma soeur
La nuit sans un canot sans une voile blanche
Le lent écroulement des falaises de glace
Ce soir je pense à toi petite soeur
Ce soir j'attends sur le noir sans limites
Que ton sourire enfin se prenne à mon filet.

Lien : Poème. Ma mère. Mots secrets.
...
Par chriswac
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Mercredi 23 décembre 2009
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17:45

On l'appelle la veuve rouge et on l'aime dans le quartier. Elle fait partie, comme
Michou, du Montmartre qu'on a toujours connu, avec ses originaux et ses poètes.
Michou, c'est le côté bleu, avec sa veste d'azur et ses hublots de rêveur.
Loulie, c'est le côté rouge avec sa chevelure de renard, sa grande cape couleur "temps des cerises".
On l'aime bien Loulie. Et comme elle fréquente beaucoup le square Louise Michel, certains l'ont surnommée la veuve rouge.
Elle ne déteste pas ça, Loulie. Parce qu'elle admire la Vierge Rouge et ne manque jamais de poser sur sa tombe, à Levallois, le 9 janvier, une carte postale avec des oeillets
d'un côté et la trace de ses lèvres de l'autre.

Chaque soir, elle a un rendez-vous qu'elle ne manque jamais.
Elle descend de son petit studio, rue André Del Sarte, longe les grilles du jardin rue Ronsard, s'arrête en face du musée d'art naïf et installe sur le rebord de pierre
ses boîtes en plastique.
Les chats ne tardent pas à apparaître.
En fait, ils sont toujours là bien avant l'heure...
L'un planqué sous le lierre épais qui tapisse les faux rochers, l'autre sous un carton qu'un jardinier au bon coeur oublie de ramasser...
Ils s'approchent sans trop de cérémonie et ne font pas
longtemps semblant de dédaigner le festin offert. Car ils l'apprécient ce festin. Alors que bien des écuelles apportées par d'autres femmes nourricières ne se vident qu'à moitié, les boîtes de
Loulie sont nettoyées, si impeccablement, qu'elle n'a même pas besoin de les laver.
Mais ce soir là, il y a quelques années, à l'heure habituelle, quand la nuit se déplie jusqu'au bas de la butte, à peine écornée par les réverbères complices ou faiblards, la
veuve ne vint pas.
C'était un 24 décembre.
Les chats ont commencé à attendre. Et Dieu sait qu'ils en ont l'habitude les chats !
Attendre que cesse la pluie...
Attendre que les oiseaux viennent à portée de jeu...
Attendre que les hommes soient bons...
Attendre que se réalise la prophétie d'Isaïe...
Et quand ils n'attendent pas, ils font encore semblant d'attendre au cas où passerait par là une caresse disponible...
Peu à peu ils ont senti monter en eux une vague inquiétude.
Pas de Loulie, pas de repas, ce soir étrange où des familles entières gravissaient à une heure pas très catholique, les escaliers qui mènent à la basilique du Sacré-Coeur, la
grosse laiterie sans lait qui domine le quartier.
Leurs petits estomacs se sont mis, à l'unisson, à crier famine.
Ils ont gargouillé à qui miaou miaou et leurs oreilles se sont hissées comme de petites voiles guettant les pas vifs et saccadés, les pas de geisha, les pas de Loulie.

L'air s'est mis à vibrer.
La Savoyarde s'est éveillée dans son campanile, aussitôt suivie par les autres cloches des alentours, moins éminentes, mais soucieuses d'être à la hauteur de l'événement qui se
célébrait cette nuit-là dans le village de Montmartre.
Minuit sonnait.
C'est alors qu'elle est arrivée Loulie, non par la rue habituelle mais par les escaliers de la rue Paul Albert, jadis appelés escaliers Sainte-Marie.
Elle était métamorphosée, rajeunie et alerte.
Il y avait autour d'elle des gars du quartier : le boulanger, le matelassier, l'épicier, le tapissier de la rue Cazotte et Melchior, le commerçant du coin de la rue, dont la boutique
regorge de trésors venus des quatre coins du monde.
Ils regardaient avec des yeux de guirlande électrique la veuve qui survolait les marches et portait contre elle un infime chaton nouveau-né. Elle avait dégagé un sein gonflé et
doré comme une brioche auquel était accroché la petite bête qui tétait goulument
Elle s'est dirigée, environnée de sa cour, vers le rebord de pierre.
Elle s'est assise.
Les chats aussitôt se sont frottés contre elle, l'échine tendue et le ronron déchaîné, malgré la présence inhabituelle des gaillards, muets et attentifs.
Le matou gris qu'elle appelait Tio Tio s'est couché sur ses genoux.
La tricolore, miss Missou, comme elle disait, s'est allongée sur ses pieds et l'espiègle Titiche s'est installée dans le cabas, sur les boîtes dont le parfum faisait frissonner ses
vibrisses.

Les hommes se sont regroupés, en cercle chaleureux, autour de Loulie et de ses chats.
Ils souriaient comme le ravi de la crèche. Ils souriaient de toutes leurs dents, parmi lesquelles, il devait bien y avoir quelques canines.
Ils ne pouvaient détacher les yeux de ce chaton qui pressait de ses petites pattes le sein généreux.
Un homme, un peu paysan, qui passait par là en tirant sur sa bouffarde, s'est arrêté devant le spectacle. Il a sorti de sa poche un calepin et griffonné quelques lignes. Avant de
s'éloigner, il a demandé à Elie le tapissier comment s'appelait cette femme.
Rentré chez lui, il a écrit une chanson, car il aimait les gens et il était poète
Quand Loulie dégraffait son corsage
Pour
donner la gougoutte à son chat
Tous les gars, tous les gars du village
Etaient là.....

Je ne sais pas pourquoi, il a changé plus tard le prénom et préféré Margot, un prénom qui sent la terre et les sabots.
Sans doute, par délicatesse n'a-t-il pas voulu qu'on reconnaisse notre Loulie.
Ou peut-être, exilé dans le 14ème arrondissement, n'a-t-il pas voulu que ce Montmartre qu'il avait aimé et où il avait chanté, ne vienne raviver ses regrets de l'avoir
quitté.
Toute la suite de sa chanson n'est que pure invention.
Les femmes n'ont pas été jalouses et n'ont pas immolé le chaton.
Au contraire, apaisées par cette étrange nuit, elles ont attendu le retour de leurs hommes et les ont embrassés avec une tendresse inhabituelle.
Le chaton, aussitôt baptisé Noël, a été recueilli par Melchior et il est resté pendant des années la mascotte de la rue André Del Sarte.
Loulie est maintenant très vieille mais elle a gardé sa chevelure de renard et sa cape du temps des cerises. Elle vient toujours, le soir, s'asseoir sur le
rebord de pierre du square Louise Michel, et les chats du quartier viennent toujours se serrer contre elle en ronronnant de tout leur coeur.

Lien : Un chat de Montmartre.
...
Par chriswac
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Publié dans : les chats. Poèmes, photos, histoires.
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