Dimanche 14 février 2010
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08:00
Par chriswac
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Vendredi 12 février 2010
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07:50

A l'écart du flot touristique, la rue Feutrier dévale la pente Est de Montmartre, entre la rue Paul Albert et la rue André Del Sarte ( rue André Del Sarte Montmartre. )

Elle s'ouvre sur le ciel et les arbres du square Louise Michel.
Mais qui était ce Feutrier dont elle porte le nom?
Il y a bien à Beauvais une artère à la gloire de François-Jean-Hyacinthe Feutrier, évêque de cette bonne ville et fils héritier de Jean
le propriétaire des terrains qui furent lotis dans la première moitié du XIXème et dont la partie basse était incluse dans la commune de Montmartre. C'est vraisemblablement de ce
propriétaire que la rue perpétue le nom...

Le dernier immeuble abrite au numéro 40, un lieu convivial qui porte un nom exotique (le français est ringard paraît-il). Ce n'est pas une école d'art mais une Art school.
Précisément : Paglieri Art School.
On y "customise des fringues, crée des accessoires, apprend la peinture, achète des créations..."

On y apprend peut-être à consolider les immeubles de la rue qui ont une fâcheuse tendance à se disloquer, comme tant d'autres dans ce quartier construit sur les carrières.



Mais je vous invite à descendre la rue et à vous arrêter un instant devant le 21.

Petit immeuble montmartrois à la porte bleue que des touristes allemands viennent photographier.
De 1894 à 1896, il abrita Rosa Luxembourg. Elle y reçut quelques amis engagés dans la rédaction du journal social-démocrate : La Cause Ouvrière.

Si j'en crois les délibérations des élus parisiens, une plaque commémorative devrait être apposée sur la façade :
"Lors de son exil parisien, Rosa Luxembourg (1871-1919) militante internationaliste, a résidé ici."
Cette inauguration est prévue le 8 mars 2010, journée de la femme.
Voir : inauguration du 8 mars : Rue Feutrier. Rosa
Luxembourg.




Quelques jolies portes de fonte...

Un tournant d'où l'on aperçoit le Sacré-Coeur...


Et au croisement avec la rue Müller, le Blue Note, bar musical, ancien Jazz'O'Brasil, venu de la rue Mouffetard, pour s'installer en 2001 sur les pentes de la Butte.

Une brocante...

Un bar et un hôtel meublé (il faut payer très cher quand on est pauvre pour pouvoir habiter Paris).

Un immeuble pittoresque comme on dit...


Quelques couleurs dans le gris dominant...

Et puis un pincement au coeur devant la devanture des Editions Sindbad, liquidées en 1994. Elles faisaient un travail remarquable en traduisant la littérature arabe et persane. Aujourd'hui, le
nom s'efface peu à peu... Un bon génie sortira-t-il de la lampe pour lui redonner vie?

Une boulangerie dont l'entrée donne sur la rue André Del sarte... Elle existe depuis la création de la rue.
Peut-être Rosa Luxembourg y acheta-t-elle son pain quotidien...
En quittant cette rue de Montmartre, pourquoi ne pas souhaiter la voir changer de nom? Que le propriétaire Feutrier laisse la place à Rosa Luxembourg qui pourrait ainsi dialoguer avec Louise
Michel dont le square n'est qu'à quelques pas...

Non ce ne sont pas nos deux révolutionnaires mais des passantes insolites, rue
Feutrier...
.. rue Ronsard Montmartre.
...
Par chriswac
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Mardi 9 février 2010
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09
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/2010
08:15

Pour ma petite soeur Sylvie qui prit le TGV de Montpellier pour venir voir son père mourant et qui arriva trop tard. Apparemment.
Entre Montpellier et Paris
Galopez chevaux noirs
Galopez chevaux blancs
Que vos sabots frappent les rails
Qu'ils soulèvent le train
sur le tapis des étincelles
Mon père va mourir
Et je sais qu'il m'attend
Volez crinières noires
Volez crinières blanches
Que vos drapeaux prennent le vent
Qu'ils emportent le train
dans le battement de leurs ailes
Mon père va mourir
Et je sais qu'il m'attend
Hennissez bouches noires
Hennissez bouches blanches
Que vos cris dégagent la route
qu'ils libèrent le train
Et pulvérisent les barrières
Mon père va mourir
Et je sais qu'il m'attend
Couchez-vous chevaux noirs
Couchez-vous chevaux blancs
Que vos genoux se ploient
Et que le train s'arrête
Je vois descendre un cheval d'or
Mon père est mort
Il vient me bénir en passant
...

Lien : Poème.Dernier Visage de mon père.
...
Par chriswac
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Dimanche 7 février 2010
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07
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/2010
07:50
Matin clair, matin de lumière sur la petite église de Sceaux. Nous sommes réunis, enfants et petits enfants autour du cercueil, comme autour d'une barque qui va s'éloigner du quai et partir
en pleine mer, dans le scintillement du soleil.
Pour ceux qui ont connu mon père et qui l'ont aimé, voici les textes de cet au-revoir.
Accueil :
Vincent, mon petit frère lit les mots que papa a écrits, dix ans plus tôt, en prévision de ce jour.
J'aurais aimé vous accueillir moi-même pour vous remercier d'être venus ici autour de mon épouse et de notre famille, mais pour des raisons que vous comprendrez, je suis sans micro, et
contraint d'emprunter le système vocal de celui de mes fils qui sera volontaire!
Je voudrais vous associer à ma joie d'être retourné dans la demeure éternelle de Dieu. Je voudrais vous demander de chasser la tristesse. Ne me cherchez pas parmi les morts mais dans
vos souvenirs des moments partagés, dans la communion de la vie.
J'ai retrouvé au moment où je vous parle, tous ceux qui sont partis avant moi. J'ai retrouvé mon fils Jean-Loup et ma fille Marianne avec lesquels je n'ai cessé de vivre.
Vous qui êtes présents aujourd'hui, je continuerai de vous protéger plus intensément parce que la mort n'est qu'un passage et que mes prières pour vous seront désormais des
intercessions directes.
Avec ceux que j'ai rejoints, avec vous tous, réunis dans cette église, dans la sérénité, avec le sourire de l'Espérance, que la messe commence!
Que mes petits enfants allument les cierges dont la flamme prise au Cierge pascal, symbolise la continuité de la Vie et la Résurrection du Christ qui préfigure la mienne et la
vôtre.

Première lecture : Première épître de saint-Paul aux Corinthiens.
Quand je parlerais la langue des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je ne suis qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit.
Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n'ai
pas l'amour, je ne suis rien.
Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert de rien.
L'amour est indulgent; l'amour est serviable; il n'est pas envieux; il ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas; il ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas,
ne tient pas compte du mal; il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il met sa joie dans la vérité. Il excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.
L'amour ne passe jamais.
Les prophéties? Elles disparaîtront; Les langues? Elles se tairont. La science? elle disparaîtra. Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce
qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra.
Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Une fois devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.
Car nous voyons à présent à travers un miroir obscur, mais alors ce sera face à face.
A présent, je connais d'une manière partielle, mais alors je connaîtrai comme je suis connu.
Maintenant donc trois choses demeurent : la foi, l'espérance et l'amour. Mais la plus grande des trois, c'est l'amour.
A propos de ce texte, une chose extraordinaire s'est produite... Mon père l'avait prévu, il y a dix ans. Or, c'est le texte que la liturgie avait choisi cette année
2010 pour la messe anticipée du samedi 30 janvier, le jour de sa mort. Il a donc été lu dans toutes les églises, deux heures après sa mort.

Psaume 22
Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer.
Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre;
Il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom.
Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,
Car tu es avec moi : ton bâton me guide et me
rassure.
Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis:
Tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie;
J'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.
Dessin offert par jean-Loup à son père. L'ange de la Résurrection vient ouvrir les tombeaux.
Evangile (Luc 24)
Le premier jour de la semaine, à la pointe de l'aurore, elles allèrent à la tombe, portant les aromates qu'elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre
roulée devant le tombeau, mais étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Et il advint, comme elles demeuraient perplexes, que deux hommes se tinrent devant elles, en habit
éblouissant; Et tandis que, saisies d'effroi, elles tenaient leur visage incliné vers le sol, ils leur dirent : "Pourquoi cherchez-vous parmi les morts, Celui qui est vivant?"
C'est ce même évangile que mon père avait choisi après la mort de son fils
aîné. C'est lui qui demanda qu'on arrêtât la lecture sur cette interrogation. La réponse vient après. "il est ressuscité". Mais papa ne voulait pas donner la réponse à la question, sachant que ses
enfants et petits enfant n'étaient pas chrétiens pour la plupart. Il voulait que chacun réponde à la question avec son coeur.

Prière universelle . Lue par ses deux filles, Rosine et Sylvie et par son plus jeune fils Vincent.
"Ne cherchez pas parmi les morts celui qui est vivant."
Nous te bénissons Seigneur pour les parents que tu nous as donnés et qui se sont unis devant toi, un jour de février, dans la cathédrale
d'Arras.
Pour notre père qui nous réunit aujourd'hui aujourd'hui et qui reste vivant.
Vivant dans
ses enfants, ses petits enfants, ses arrière petits enfants Mila et Nino.
Vivant dans les ombres et les lumières qui nous habitent. Les étés de l'île
d'Oléron, les repas qu'il aimait servir, les poèmes dont il nous fit cadeau, l'humour qui animait son regard.
Vivant dans les mots qu'il nous laisse
et cette phrase, sans cesse répétée ces dernières années : "Mes enfants, vous êtes mon bonheur, vous êtes ce qu'il y a de plus beau dans ma vie."
"Maintenant, trois choses demeurent, la foi, l'espérance et l'amour. Mais la plus grande des trois, c'est l'amour."
Nous te bénissons Seigneur
Pour celui qui prend son père dans ses bras et le lave comme on lave un
enfant.
Pour celui qui choisit de devenir infirmier, de mettre sa jeunesse, sa force et son sourire au service des malades.
Pour ceux qui s'engagent dans le service des autres, des malheureux, des isolés, des réfugiés, des personnes âgées.
"Là ou deux ou trois sont réunis pour prier, je suis au milieu d'eux."
Nous te bénissons Seigneur
Pour notre assemblée de ce jour, pour ceux qui sont venus te dire ce que peut-être ils n'ont jamais dit et que tu entends aujourd'hui.
Pour toutes ces vies réunies autour de toi, avec leurs pensées, leurs rêves, leurs projets, leurs secrets, comme autant de flammes autour d'un départ.
Permets que chacun de nous, alors que se taisent un instant les bruits du monde, entende résonner dans son coeur les mots que papa veut lui dire : "Je t'aime".
Témoignages :
Mon frère Bruno lit la dédicace que papa a écrite sur un livre qu'il lui a offert pour un Noël du passé. Ce livre, c'est l'Almanach du jardinier.
"Pour que tu plantes parmi tes graines, celles des fleurs qui disent :
"Je t'aime"
"J'espère"
"Ne m'oublie pas..."
Ton vieux papa, en ce Noël 94.
Bruno ajoute ces mots :
J'ai regardé ce qui était écrit dans cet almanach à la date du 30 janvier, jour de la mort de papa :
"Commandez maintenant les graines à semer au printemps."

Ma soeur Sylvie lit la dédicace que papa a écrite sur un de ses recueils de poésie, " Sur fond de Gueule" avec l'acrostiche de son prénom :
Sous l'ombrage de mes années
Y veille un hibou qui hulule...
Le temps où tu n'étais pas née
Voyait fleurir des campanules
Il en reste ces brins fanés
Et l'amour que l'on s'est donné.
A celle qui est et restera la petite princesse blonde de son papa.
Enfin, je lis un petit texte que j'ai écrit la veille.
Il s'est dépouillé de tout ce qu'il avait.
Il a tout donné.
Et quand il n'avait plus rien, la maladie est venue se servir et se repaître de sa mémoire.
Un matin, il s'est réveillé comme un enfant apeuré qui ne reconnaît rien autour de lui.
Il y avait dans sa résidence de la Faïencerie, une amie, une artiste qui peignait chaque jour pour lui une aquarelle nouvelle.
Il y avait un de ses fils qui en retenant ses larmes, prenait soin de lui avec des gestes de tendresse dont on imagine seules les mères capables.
Il y avait une de ses filles qui s'étendait près de lui, lui prenait la main et lui parlait.
Et puis il y eut ce soir de novembre.
La disparition dans la nuit.
Il y eut ce départ de Sceaux.
Il y eut cette chute et cette ultime opération.
Trois mois terribles.
Trois mois de nudité et d'exil.
Trois mois pendant lesquels les seuls mots qui venaient à ses lèvres étaient des remerciements pour ceux qui le soignaient et des "je t'aime" pour ceux dont le nom émergeait de
l'oubli.
Il ne jouait plus de jeu.
Il ne portait plus de masque.
Il était loin de notre comédie et de nos mensonges.
Il avait le visage de la pauvreté et de l'humilité.
Et c'est alors que sur lui se refléta un autre visage.
Un visage de pauvre.
Un visage d'humilié.
Le visage du Christ.
Un des premiers tableaux de Jean-Loup Wacrenier, offert à son père.
Petite famille, mon père et les quatre premiers enfants. Jean-Loup, Christian, Bruno et Rosine.

Grande famille: mon père, ma mère, ma grand-mère paternelle et les sept enfants. Sylvie derrière ma grand-mère, Marianne sur la chaise et Vincent au premier
plan.
Lien : Poème. Mon père est mort.
...
Par chriswac
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Samedi 6 février 2010
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06
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/2010
08:25

Il s'est dépouillé
Il a donné tout ce qu'il avait
Et quand il n'avait plus rien la maladie est venue se servir
Et se repaître de sa mémoire
Un matin il s'est réveillé comme un enfant apeuré
Qui ne reconnaît rien autour de lui
Il y avait à la Faïencerie une artiste
Qui peignait chaque jour pour lui
Une aquarelle nouvelle
il y avait un de ses fils qui en retenant ses larmes
Prenait soin de lui avec des gestes de tendresse
Dont on imagine seules les mères capables
Il y avait une de ses filles qui s'étendait près de lui
Tenait sa main serrée dans la sienne et lui parlait sans fin
Et puis il y eut ce soir de novembre
La disparition dans la nuit
il y eut ce départ de Sceaux
Il y eut cette chute et cette ultime opération
Trois mois terribles
Trois mois de nudité et d'exil
Trois mois pendant lesquels les seuls mots qui venaient à ses lèvres
Etaient des remerciements pour ceux qui le soignaient
et des "je t'aime" pour ceux dont le nom émergeait de l'oubli
Il ne jouait plus de jeu
Il ne portait plus de masque
Il était loin de notre comédie et de nos mensonges
Il avait le visage de la pauvreté
Il avait le visage de l'humilité
Et c'est alors que vint se refléter sur lui un autre visage
Un visage de pauvre
Un visage d'humilié
Le visage du Christ
Liens : Poème. Mon père est mort.
Poème. Alzheimer. Dernier lien.
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Par chriswac
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